Imprimerie nationale

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Imprimerie nationale
logo de Imprimerie nationale
Logotype de l'Imprimerie nationale (jusqu'au )[1]
illustration de Imprimerie nationale
Symbole en fer forgé (lettres « I » et » N » entrecroisées) sur la grille du site de la Convention, occupé de 1921 à 2005 par l’Imprimerie nationale[a].

Création 1640
Fondateurs Armand Jean du Plessis de Richelieu
Personnages clés 1994 : changement de statut
Forme juridique Société anonyme
Siège social 104, avenue du Président-Kennedy, Paris
France
Direction Didier Trutt
Actionnaires APE État français (100 %)
Activité Imprimerie
Produits impressions de documents nationaux officiels et archivage electronique
Effectif 700[2]
Site web imprimerienationale.fr

Chiffre d’affaires 210 millions d’euros (en 2015)[2]

L’Imprimerie nationale[b] est l'imprimerie de l'État français, héritée d'une imprimerie créée en 1538 sous François Ier et qui devient ensuite l'Imprimerie royale instituée par le cardinal de Richelieu en 1640 à la demande de Louis XIII.

Depuis le , il s'agit d’une entreprise commerciale sous forme de société anonyme[3],[4], dont l'État est l'unique actionnaire[5]. Son président-directeur général est Didier Trutt[6],[7] depuis .

Elle annonce en 2018 qu'elle va désormais utiliser la marque commerciale IN Groupe[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancien site parisien de l'Imprimerie nationale (Convention, dans le 15e arrondissement).

Résumé historique jusqu'en 1993[modifier | modifier le code]

L'Imprimerie royale est fondée en 1640 par le cardinal de Richelieu sous Louis XIII, et s'installe au Louvre. Ensuite, les divers gouvernements de la France la nomment successivement, selon le régime politique en vigueur : l'Imprimerie de la République ; l'Imprimerie impériale ; à nouveau l'Imprimerie royale ; puis depuis 1870 l'Imprimerie nationale.

L'Imprimerie nationale détient aussi le « cabinet des poinçons », un atelier du livre et une bibliothèque historique. Elle possède de nombreuses fontes fondamentales pour l'histoire de l'imprimerie occidentale, telles que les originaux des Didot.

Ancienne direction centrale du ministère chargé du Budget, l'Imprimerie nationale change de statut le pour devenir une société anonyme[3] dont l'État français demeure l'unique actionnaire[5] par l'intermédiaire de l'Agence des participations de l'État (l’APE).

Directeurs de l’« Imprimerie royale » (du Louvre)[modifier | modifier le code]

Dates marquantes de 1538 à nos jours[modifier | modifier le code]

  • 1538 : François Ier accorde un privilège à un imprimeur qui devint « Imprimeur du Roi pour le grec ».
  • 1540 : l'Imprimeur du Roi pour le grec devient « Imprimeur du Roi pour le grec, le latin et l'hébreu ».
  • 1640 : Louis XIII, à l'instigation de Richelieu, transforme cette imprimerie en Manufacture royale de l'imprimerie qui devient ensuite l'« Imprimerie royale ». Elle s'installe alors au Louvre.
  • 1670 : Colbert lance la collection « Le Cabinet du Roi ».
  • 1749 : les premiers volumes de l’Histoire naturelle de Buffon sortent des presses.
  • 1790 : l’« Imprimerie royale » (du Louvre) devint l’« Imprimerie du Louvre ».
  • 1792 : l’Imprimerie nationale exécutive quitte le Louvre, lieu qu'elle occupait depuis 1640.
  • 1795 : l'hôtel de Penthièvre abrite les deux imprimeries officielles sous le nom d’« Imprimerie de la République ».
Cour d'entrée de l’Imprimerie impériale alors installée à l'hôtel de Rohan (1867).
Bâtiment de l'Imprimerie nationale en cours de construction rue de la Convention (1905).
  • 1809 : l'Imprimerie impériale s'installe à l'hôtel de Rohan. Y sont imprimés les vingt-trois premiers volumes de la Description de l’Égypte.
  • 1813 : publication du décret en vue de la formation de compositeurs orientalistes.
  • 1814 : l'Imprimerie impériale redevient l’Imprimerie royale.
  • 1848 : l’Imprimerie royale redevient l’Imprimerie nationale.
  • 1852 : l’Imprimerie nationale redevient l’Imprimerie impériale.
  • 1870 : l'Imprimerie impériale redevient l'Imprimerie nationale, nom qu'elle conserve depuis.
  • 1871 : durant la Commune de Paris, l'Imprimerie nationale est présidée par Édouard Moreau de Beauvière et dirigée par l'ouvrier typographe communard Louis-Guillaume Debock, qui la gère scrupuleusement. Il sauve de l'incendie volontaire et de l'anéantissement les Archives nationales voisines.
  • 1900 : sous l'impulsion d'Ambroise Vollard, le premier livre de peintre est réalisé à l'Imprimerie nationale. Les presses livrent également un Paul Verlaine illustré par Pierre Bonnard.
  • 1903 : la première pierre de la nouvelle usine dans la plaine de Javel (au 27, rue de la Convention) est scellée.
  • 1910 : l'Imprimerie nationale est mise sous la tutelle du ministère des Finances.
  • 1921 : l'Imprimerie nationale investit la rue de la Convention.
  • 1961 : publication du décret du sur l'organisation de l'Imprimerie nationale[8].
  • 1974 : l'Imprimerie nationale ouvre son site de Douai sur la commune de Flers-en-Escrebieux.
  • 1992 : inauguration de l'usine de Bondoufle par Michel Charasse, alors ministre délégué au Budget.
  • 1994 : l'Imprimerie nationale devient la société anonyme Imprimerie nationale dont la totalité du capital est détenu par l'État[c].
  • 1995 : sortie du premier cédérom conçu par l'Imprimerie nationale.
  • 2002 : l'Imprimerie nationale devient l'opérateur de confiance chargé de la gestion des cartes du chronotachygraphe.
  • 2006 : démarrage de la fabrication et personnalisation de passeports électroniques.
  • 2008 : démarrage de la fabrication et personnalisation de passeports biométriques.
  • 2009 : démarrage de la fabrication et personnalisation du certificat d'immatriculation de véhicules SIV.
  • 2011 : démarrage de la fabrication et personnalisation du titre de séjour européen.
  • 2012 : démarrage de la fabrication et personnalisation du permis de conduire européen électronique.
  • 2017 : démarrage de la fabrication et personnalisation de la carte d'identification professionnelle BTP.

Histoire récente (depuis 1993)[modifier | modifier le code]

Le nouveau site de l’Imprimerie nationale à Ivry-sur-Seine qui héberge l'atelier du livre d'art et de l'estampe.

Devenue société anonyme le , l’Imprimerie nationale acquiert en 1997 les sociétés Saqqarah International, Mizeret, ISTRA-IN puis IDC, ce qui la conduit à créer la marque « groupe Imprimerie nationale ». De fournisseur exclusif de l'État, le groupe est contraint de se soumettre à la loi du marché et offre dès lors ses services dans tous les domaines de l'impression, ouvrant ainsi ses portes aux grandes entreprises. La même année sont créés les ateliers de production de cartes en plastique. En 1998 est installée une presse dix groupes, la « dix couleurs », sur le site de Paris.

En 2000, la filiale IDC, spécialisée dans l'impression numérique, devient INumeric et, en 2001, la filiale Mizeret devient J. Print. La même année voit l'installation d'une rotative KBA, 64 pages A4 en quadrichromie sur le site de Bondoufle.

En 2003, les bâtiments de la rue de la Convention sont vendus au groupe Carlyle pour 85 millions d'euros. L'Imprimerie nationale quitte le site en 2005. Afin d'y regrouper des services éparpillés du ministère des Affaires étrangères, l'État rachète ces mêmes locaux après travaux en 2007 pour 376,5 millions d'euros, compte tenu d’environ 120 millions d'euros de travaux (ce qui représente néanmoins 4,5 fois le prix auquel l’État les avait vendus[9]. Les ouvrages sont revendus à l'éditeur français privé Actes Sud[10],[11]. La société Carlyle ne serait pas taxée sur les plus-values dans cette affaire[12].

En 2005, le gouvernement privatise la plupart des sites du groupe et se dessaisit ainsi des imprimeries ISTRA à Schiltigheim au profit du groupe Opale Partenaires, d'Évry Rotatives à Bondoufle au profit d'un groupe d'investisseurs allemand (Arques) et ferma le site de Paris Convention. Le site de Bondoufle est mis en liquidation le . Seuls subsistent les sites de l'Imprimerie nationale de Douai et de Choisy-le-Roi (impression feuilles). Ce dernier est mis en location gérance le sous la raison sociale « IN Choisy », en prévision de sa cession à un opérateur privé et dans le cadre d'un troisième plan social qui ramène les effectifs de 123 à 40 salariés.

Fin 2005, les employés de l'Imprimerie nationale et quelques élus (maires, députés, conseillers généraux) bloquent le président-directeur général de l'entreprise dans la mairie de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord. En effet, les employés viennent d'apprendre que les nouveaux passeports électroniques vont être fabriqués par la société Oberthur à la suite d’un appel d'offres en règle passé par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, et le PDG de l'Imprimerie, Loïc de la Cochetière. Mais, après un recours devant le Conseil d'État, le monopole de l'Imprimerie nationale est conforté dans le prolongement de la loi du qui dispose que l’Imprimerie « est seule autorisée à réaliser les documents déclarés secrets où l’exécution doit s’accompagner de mesures particulières de sécurité, et notamment les titres d’identité, passeports et visas. » Cette loi de 1993 avait pourtant été signée par Nicolas Sarkozy lui-même[d],[13] Après que l'Imprimerie nationale a récupéré le marché des passeports biométriques lié aux nouvelles lois en vigueur aux États-Unis, les retards occasionnés dans la délivrance de ceux-ci auraient causé aux voyagistes une perte de 500 millions d'euros[14].

Le , une grève visant l'amélioration de l'accompagnement social des futurs licenciés éclate et l'usine de Choisy-le-Roi est occupée par les salariés. La grève dure jusqu'au , soit cinq semaines. Au terme de ce conflit, le plan social 2005 initialement dénoncé est reconduit à l'exception de la durée des congés de reclassement qui sont limités à soixante mois. En contrepartie, les primes de départ volontaire sont revues à la hausse. Début , la division « Feuilles » et le bâtiment de Choisy-le-Roi sont cédés au groupe La Galiote-Prenant. Seulement environ quinze salariés sont repris dans la nouvelle entreprise dont l'appellation reste inchangée (IN-Choisy)[réf. nécessaire].

Identité visuelle (logotype)[modifier | modifier le code]

Caractères typographiques[modifier | modifier le code]

L’imprimerie nationale a une collection de polices d’écriture qui lui est exclusive[15]. Pour l’écriture latine, celles-ci sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cliché de 2011 de la grille d’enceinte du bâtiment alors occupé par des services du ministère des Affaires étrangères.
  2. Il s'agit, depuis le , d'une société anonyme dont le nom est « Imprimerie nationale »[3],[4].
  3. La transformation en société anonyme est effective le [3] ; le versement des fonds de l’État dans le capital est effectif au [5], ce qui permet à la société anonyme de commencer à fonctionner à partir de cette seconde date.
  4. L'affaire de la fabrication des passeports électroniques est analysée dans l'émission Arrêt sur images, diffusée sur France 5, le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Dossier de presse du 24 avril 2018 » [PDF], sur imprimerienationale.fr (consulté le 29 septembre 2018).
  2. a et b « Imprimerie nationale, chiffres-clés : IN Groupe en 10 chiffres », sur imprimerienationale.fr (consulté le 29 septembre 2018).
  3. a b c et d « Légifrance, loi no 93-1419 du 31 décembre 1993 modifiée relative à l'Imprimerie nationale - article 1er », sur legifrance/gouv.fr, Journal officiel de la République française (consulté le 29 septembre 2018).
  4. a et b « Fiche de la société Imprimerie nationale au registre du commerce et des sociétés », sur societe.com (consulté le 29 septembre 2018).
  5. a b et c « Légifrance, arrêté du 31 décembre 1993 relatif à l'apport des droits, biens et obligations attachés aux missions des services relevant du budget annexe de l'Imprimerie nationale à la société Imprimerie nationale » [PDF], sur legifrance/gouv.fr, JORF (consulté le 29 septembre 2018).
  6. « Légifrance, décret du 4 août 2009 portant nomination au conseil d’administration de l’Imprimerie nationale » [PDF], sur legifrance.gouv.fr, JORF (consulté le 29 septembre 2018).
  7. « Légifrance, décret du 17 septembre 2009 portant nomination du président du conseil d’administration de l’Imprimerie nationale - M. Trutt (Didier) » [PDF], sur legifrance.gouv.fr, JORF (consulté le 29 septembre 2018).
  8. « Légifrance, décret n° 61-1318 du 4 décembre 1961 relatif à l'organisation et au fonctionnement de l'Imprimerie nationale » [PDF], sur legifrance.gouv.fr, JORF (consulté le 29 septembre 2018).
  9. « L'État rachète 4,5 fois plus cher un immeuble qu'il avait vendu »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur boursorama.com, .
  10. « L’imprimerie nationale livrée à la spéculation »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur lhumanite.fr.
  11. « L'Imprimerie Nationale] sur la page investissements du site du groupe Carlyle »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur thecarlylegroup.com.
  12. « Imprimerie nationale : Carlyle ne serait pas taxé sur les plus-values »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur lefigaro.fr.
  13. « Imprimerie nationale, passeports privatisés ? »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur humanite.fr.
  14. « Les premiers passeports biométriques seront délivrés en avril », sur zdnet.fr (consulté le 29 septembre 2018).
  15. Franck Jalleau, « Conception et numérisation des caractères de l’Imprimerie nationale : parcours d’un patrimoine typographique » [PDF], sur unicaen.fr, Schedae, 2007, prépublication no 53, fascicule no 3 (consulté le 29 septembre 2018), p. 11-14.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Bernard :
    • Notice historique sur l’Imprimerie nationale, éd. Dumoulin, Paris, 1848, In 32, 128 p., portrait de Gutenberg ;
    • Histoire de l’Imprimerie royale du Louvre, suivie d’un catalogue chronologique des publications (1640 – An III), Imprimerie impériale, Paris, 1867, In-8°, XII-311 p. (reprod. en fac-sim. : Amsterdam : P. Schippers, 1966, 23 cm, X-311 p., index.).
  • Arthur Christian (préface de Jules Clarétie), Débuts de l’imprimerie en France – L’Imprimerie nationale – L’Hôtel de Rohan, Imprimerie nationale, Paris, 1904, In-8°, XXIV-345 p., ill.
  • Collectif, « Histoire de l’Imprimerie nationale », Art et Métiers du Livre, novembre-décembre 2004, no 245, p. 46-59, ill.
  • François-Antoine-Brutus Duprat :
    • Précis historique sur l’Imprimerie impériale et ses types, Librairie orientale de Benjamin Duprat, Paris, 1848. In-8°, VIII-158 p. ;
    • Histoire de l’Imprimerie impériale de France, suivie des spécimens des types étrangers et français de cet établissement, Imprimerie impériale, Paris, 1861. In-8°, IV-578 p. Lire en ligne.
  • Paul-Marie Grinevald :
    • « Publications et collections de l’Imprimerie nationale », Histoire de l’édition française, Promodis, Paris, 1985, tome III, p. 208-209 ;
    • « Richelieu et l’Imprimerie nationale », Richelieu et le monde de l’esprit, Imprimerie nationale, Paris, 1985, p. 237-248 ;
    • « L’Imprimerie nationale », Histoire de l’édition française, Promodis, Paris, 1986, tome IV, p. 170-171 ;
    • « La bibliothèque de l’Imprimerie nationale », Art et métiers du livre, juin 1987, no 145, p. 56-62, ill. ;
    • « Les caractères orientaux et l’orientalisme à l’Imprimerie nationale », Art et métiers du livre, décembre 1990, no 165 (acte du colloque : Le Romantisme typographique) ;
    • « L’art du livre à l’Imprimerie nationale », Métiers d’art, 1990, no 43, p. 85-91, ill. ;
    • « L’Imprimerie nationale », Le XVe arrondissement, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1996, p. 214-217, ill. (sur la construction de son usine, 1903-1910) ;
    • « Le Cabinet des poinçons de l’Imprimerie nationale », Art et Métiers du Livre, novembre-décembre 1996, no 200, p. 46-49, ill. ;
    • « Les éditions orientalistes de l’Imprimerie nationale au XIXe siècle », Le Livre et l’historien, Études offertes en l’honneur du Professeur Henri-Jean Martin, Droz, Genève, 1997, p. 795-804 (Histoire et civilisation du livre 24) ;
    • « Les Grecs du Roi », Graphê, janvier 2004, no 27, p. 2-5, ill.
  • Geneviève Willemetz (avant-propos, notes, bibliographie et index par Paul-Marie Grinevald), Jean Anisson 1648-1721 – Un homme d’affaires et de culture au Grand Siècle, éditions des Cendres, Paris, 2004, 14 × 21,5 cm, 206 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]