Guillaume Bonnet (sculpteur)

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Guillaume Bonnet
Cimetière de Loyasse - Guillaume Bonnet - Buste.jpg
Guillaume Bonnet (1820-1873), Autoportrait,
Lyon, cimetière de Loyasse.
Biographie
Naissance
Décès
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LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Conjoint
Catherine Regaudiat
Autres informations
Maîtres
Œuvres principales

Guillaume Bonnet est un sculpteur et médailleur français, né le à Saint-Germain-Laval et mort le à Lyon[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Guillaume Bonnet est le fils aîné de François Bonnet (1798-1834) et de Marguerite Désendre (1796-1834). Son père, d'abord cultivateur dans le hameau de Marcillieux, devient mousselinier et installe sa famille à Vaise en 1832. Il meurt deux ans plus tard, rapidement suivi par son épouse. Guillaume Bonnet est alors pris en charge par une dame charitable[2], Mme Picard[3] et également placé sous la protection de Faissolle, ancien directeur des Poudres. Un de ses instituteurs, frère de la Doctrine chrétienne, remarque son talent pour la sculpture.

Formation[modifier | modifier le code]

En 1836, il entre dans l'atelier de Léopold de Ruolz, professeur de sculpture à l'École des beaux-arts de Lyon. Il commence petit à petit à se faire reconnaître : il obtient une première mention au prix de sculpture en 1840 et en 1841, un premier prix d'ornement. En 1842, la médaille d'or du prix de sculpture lui est offerte par le gouvernement.

Il arrive alors à Paris, encouragé par son maître. Là, il travaille successivement dans des ateliers de James Pradier (1790-1852), Jules Ramey (1796-1852) ou encore Auguste Dumont (1801-1884). Parallèlement à sa formation de sculpteur, Guillaume Bonnet apprend la gravure en médaille chez Raymond Gayrard (1777-1858) puis chez Jacques-Édouard Gatteaux. En 1843, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris. Sa première oeuvre connue est un buste d'enfant, entre 1844 et 1846, une sculpture d'une grande vérité et d'une grande finesse[4]. Il obtient le second prix de Rome en gravure de médaille et pierre fine avec une médaille représentant Mercure formant le caducée.

Débuts dans la sculpture et voyage en Italie[modifier | modifier le code]

À Paris, il fréquente les grandes personnalités de son temps : Juliette Récamier, par l'intermédiaire de Madame de Vigan, François-René de Chateaubriand ou Henri Lacordaire. Ces rencontres lui valent d'ailleurs d'importants succès au Salon, où il expose, entre 1845 et 1848, notamment deux portraits du père Lacordaire et de Chateaubriand. Il obtient alors sa première commande de l'État : un buste de Descartes, ainsi qu'une embauche sur le chantier du Louvre, dirigé par Félix Duban.

En 1849, Guillaume Bonnet revient en région lyonnaise d'abord sur le chantier de la Collégiale Notre-Dame d'Espérance à Montbrison, dirigé par Pierre Bossan, puis sur celui de l'église Saint-Pierre de Vaise, construite par Tony Desjardins.

Eglise saint-Pierre de Vaise. Fronton et sculptures réalisées par Guillaume Bonnet en 1849.


Mais il n'est pas seulement récompensé pour ses sculptures. En effet, en 1852, il remporte, avec Clair Tisseur, le concours pour la création d'une épée d'honneur à l'attention de Boniface de Castellane, offerte par les Lyonnais « reconnaissants de sa conduite ferme, prudente, loyale, pendant les journées de décembre 1851 », ainsi qu'une médaille, dessinée par Antoine-Marie Chenavard (1787-1883). Les commandes affluent mais il se cantonne à la région lyonnaise. Il fait d'ailleurs appel à des praticiens, notamment pour répondre aux commandes de l'Eglise. Il exécute encore, cette même année, des bustes de commande, entre autres celui de M. Simonnet, secrétaire de la Chambre de commerce.

Entre novembre 1853 et mai 1854, Guillaume Bonnet fait le voyage d'Italie pour parfaire sa connaissance de l'antique et de la Renaissance.

Retour en France et vie lyonnaise[modifier | modifier le code]

Atlantes et armes de la ville, flanqués des allégories des Arts industriels et des Arts de l’ingénieur, horloge du fronton du palais de la Bourse de Lyon.

À son retour à Lyon, il participe à de nombreux chantiers : les travaux de restauration de l'Hôtel de ville de Lyon - l'acrotère sud et les statues ornant l'aile gauche, ainsi que les figures allégoriques de la cheminée et les génies du plafond de la salle des fêtes -, la décoration du palais du Commerce (actuel palais de la Bourse), celle de la porte principale de la maison de son ami, le Dr Gérard, rue de l’Hôtel de Ville - représentation des Arts et du Commerce -, le fronton de la grande porte de la Caisse d'Epargne - deux figures symboliques - ou encore la fontaine de la place Morand (actuelle place du maréchal Lyautey). On peut également ajouter à cette liste les deux cariatides qui ornent le portail de la Maison Berlotti, en face du palais de la Bourse ainsi que les portraits en pied de Philibert Delorme et de Simon Maupin pour la façade du bâtiment situé en face de la façade principale de l’hôtel de ville de Lyon. Le sculpteur est donc appelé sur tous les chantiers importants de la ville.

En particulier, le chantier du palais de la Bourse est l'une de ses plus importantes réalisations. René Dardel, le créateur et l’architecte en chef du palais de la Bourse, lui passe commande des sculptures les plus importantes pour orner cet édifice. Un premier projet, produit par Dardel et étudié dans toutes ses parties par Bonnet, ne répond pas à son idéal, et l'architecte soumet un nouveau plan. À l’intérieur du palais, il sculpte en bois les 24 cariatides qui supportent le plafond de la grande salle de la Bourse. À l’extérieur, il est l'auteur de la statuaire des façades nord et sud[5]. En face du couvent des Cordeliers, le fronton de l’horloge est entouré de deux grandes figures représentant La Paix et L’Abondance. De chaque côté, sur un groupe de deux colonnes figurent les génies de L’Étude et celui de La Science. Les angles des deux portes d’entrée sont ornés de bas-reliefs de La Justice, La Prudence, La Force et La Tempérance. Aux angles des portes cintrées figurent deux petits génies tenant des branches de chênes et d’olivier. Sur la façade principale, place de la Bourse, un autre fronton d’horloge est entouré de deux génies et de quatre atlantes en termes supportant les armes de la ville. De chaque côté, deux figures assises, de quatre mètres de hauteur, représentent Les Arts industriels et Les Arts de l’ingénieur, roulage et navigation. D’autres figures supportent l'entablement de l’édifice.

Thalie et Calliope, Guillaume Bonnet, 1862. Opéra de Lyon.

Il réalise encore deux muses sur l'attique de l'Opéra, Thalie et Calliope, et la statue d'Amédée Bonnet à l'Hôtel-Dieu.

Statue de Claude-Marius Vaïsse, réalisée par Guillaume Bonnet en 1865. Parc de la tête d'Or.

Ces travaux méritent à Bonnet, de la part de son premier maître à Paris, Auguste Dumont, ce compliment flatteur « Mon cher ami, vous avez fait en quelques mois plus que je n’ai fait dans ma vie entière ! »

[réf. nécessaire]. L'empereur Napoléon III lui remet la croix de la Légion d’honneur lors de l’inauguration du palais de la Bourse. Sa participation au décor de l'édifice lui vaut d'ailleurs le surnom de "Michel-Ange lyonnais". Il réalise les bustes posthumes des "Lyonnais dignes de mémoire". Il répond au concours lancé en 1865 par la ville de Lyon pour l'érection d'une statue du préfet Claude-Marius Vaïsse sur la place de l'Impératrice. Sa candidature est retenue au même titre que celles de Jean-Marie Bonnassieux, Augustin Courtet, Joseph Fabisch - avec qui est de nombreuses fois en concurrence - et François-Félix Roubaud[6]. Il a également sculpté plusieurs maquettes de la Vierge en lien avec les différentes apparitions du XIXè siècle (La Salette, Lourdes).

Il est élu le 4 décembre 1860 à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon au fauteuil 3, section 4 Lettres-arts, sur un rapport de Antoine-Marie Chenavard.

Le , il épouse Catherine Regaudiat, dont il aura une fille, Jeanne-Antoinette Bonnet. Celle-ci épouse le le peintre Étienne Couvert[réf. nécessaire].

Guillaume Bonnet meurt le à Lyon[2]. Il est inhumé au Cimetière de Loyasse, dans une concession perpétuelle gratuite accordée par délibération du conseil municipal de Lyon. Un monument a été élevé à sa gloire par une commission présidée par Antoine-Marie Chenavard. Il a été réalisé par son confrère et disciple Etienne Pagny (1829-1898), par galvanoplastie.

On raconte l'anecdote suivante à propos de l'autoportrait de Bonnet, placé sur son tombeau au cimetière de Loyasse : "On me croit laid. C'est une erreur, je suis beau mais on ne sait pas me voir. J'expliquerai ma physionomie dans mon buste. Je ne veux pas être un homme incompris". Marcas, qui rapporte cette anecdote explique que Bonnet s'est représenté en penseur du Moyen-Age, un penseur dont le visage exprime l'énergie, la volonté et l'intelligence[4].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

  • Chazay-d'Azergues : tombeau de Jean-Baptiste Philibert Rimbourg.
  • Écully : tombeau de Jean Baptiste Roye-Vial.
  • Lourdes, basilique de l'Immaculée-Conception : maître-autel, 1873.
  • Lyon :
  • Montbrison, collégiale Notre-Dame-d'Espérance : maître-autel (bas-reliefs et statues), 1852 (?).
  • Oullins : La Ville de Lyon couronnant le buste de Jacquard, 1861, bas-relief en marbre ornant la tombe de Joseph Marie Jacquard[14]
  • Arlès-Dufour, 1872.
  • Buste d'enfant (Hector Tyr), 1844-1846.
  • Buste de Joseph Gensoul, chirurgien, 1861.
  • Catherine Bonnet, née Regaudiat, 1866. Médaillon en bronze.
  • Jeton de l'association de la Fabrique lyonnaise (musée Gadagne), 1868.
  • Lucie Guimet, 1871.
  • Maquette de la Vierge de Lourdes, 1872.
  • Médaille commémorative de l'Exposition de Lyon, 1872.
  • Médaille de l'ambulance de la gare de Perrache, 1870-1871.
  • Médaille de la société des sciences industrielles à l'effigie de Ampère et Jacquard (MBAL), 1868.
  • Mercure formant le caducée, 2ème grand Prix de Rome, 1847. Médaillon en bronze.
  • M. de Ruolz, madame et son fils (trois effigies), 1849. Médaillon en bronze.
  • Pie IX, 1847, exposé au salon de 1847.
  • René Descartes, 1848.
  • Simon Maupin et Philibert Delorme, massif des Terreaux, 1858 (détruites en 1879).
  • Statuette de Chateaubriand, 1847 (?)
  • Statuette du père Lacordaire et de Xavier de Ravignan (jésuite), 1846, coll part.
  • Vierge de la Salette, 1851.


Galerie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Séverine Penlou, « Rôles et fonctions de la sculpture religieuse à Lyon de 1850 à 1914, Guillaume Bonnet (Saint-Germain-Laval 1820 – Lyon 1873), thèse de doctorat d’Histoire », sur theses.univ-lyon2.fr, .
  2. a et b (en) Bénézit (ISBN 9780199773787 et 9780199899913, lire en ligne).
  3. Z. Marcas, Le Salut Public du 6 mai 1873.
  4. a et b Elisabeth Hardouin-Fugier, Guillaume Bonnet (1820-1873), à propos des bustes de la série "Les Lyonnais célèbres", p. 44
  5. a et b « Le palais du Commerce », sur patrimoine-lyon.org.
  6. Gérard Bruyère, Les collections d'art du palais Saint-Jean
  7. « Buste de Guillaume Bonnet », notice sur numelyo.bm-lyon.fr.
  8. « Lyon (69) : cimetière de Loyasse », notice sur landrucimetieres.fr.
  9. « Médaillon de Claude Bonnefond », notice sur numelyo.bm-lyon.fr.
  10. « Médaillon de Michel Genod », notice sur numelyo.bm-lyon.fr.
  11. « Buste de Prosper Meynier », notice sur numelyo.bm-lyon.fr.
  12. a b et c « Bonnet (Guillaume) », dans Adolphe Vachet, Nos Lyonnais d'hier : 1831-1910, Lyon, (lire en ligne), p. 46.
  13. « Monument à Claude Marie Louis Malibran – Lyon (fondu et remplacé) », notice sur e-monumen.net.
  14. « Jacquard Joseph Marie (1752-1834) », notice sur landrucimetieres.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]