Philibert Delorme

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Philibert Delorme
Image illustrative de l'article Philibert Delorme
Présentation
Naissance
Lyon (France)
Décès
Paris (France)
Nationalité française
Mouvement(s) Renaissance

Philibert de l'Orme, également connu sous son nom de Delorme, né à Lyon vers 1510 et mort le 8 janvier 1570 à Paris, est un architecte français de la Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît non pas vers 1510 mais en 1514 (son horoscope apparaît dans les bandeaux de la première édition de son traité en 1567)[1] dans une famille de maître-maçons ; son père, Jehan Delorme ayant participé à la reconstruction de l'église des Carmes[2]. Il n'existe aucune information sur sa jeunesse et sa formation initiale. Il est probable qu'il ait suivi les traces de son père, notamment sur les travaux de construction des remparts de la ville[3].

Voyage en Italie[modifier | modifier le code]

De 1533 à 1536, il séjourne à Rome où il acquiert un solide savoir technique et une bonne connaissance archéologique. Il côtoie le milieu érudit de la ville et se lie avec le cardinal Jean du Bellay (ambassadeur de France à Rome)[3].

Retour à Lyon[modifier | modifier le code]

galerie De l'Orme de l'hôtel de Bullioud rue juiverie.

En 1536, il est de retour à Lyon et un ami du cardinal du Bellay, le marchaud Bullioud, lui confie la tâche de réunir trois corps de bâtiment indépendants entourant une petite cour, qu'il possède rue Juiverie. Le jeune architecte réalise donc une galerie à trois baies en anse de panier voûtées d'arêtes reposant sur deux trompes. On attribue également quelques autres réalisations lyonnaises mineures, mais il ne reste pas longtemps dans sa ville natale[3].

Travaux pour Jean du Bellay[modifier | modifier le code]

Château de Saint-Maur fin XVIe siècle

Son ami le cardinal lui confie entre 1541 et 1544 la conception de son château de Saint-Maur-des-Fossés. Manifeste de la Renaissance française, il s'agit un quadrilatère inspiré des villas italiennes[3].

Son parcours à la cour de France[modifier | modifier le code]

Jean du Bellay fait connaître De l'Orme à la cour de François Ier et de Henri II. Ce château suscite l’intérêt et Delorme attire l’attention du roi. Courtisan avisé, il parvient à se faire doté des revenus de plusieurs abbayes. Parmi elles, l'Abbaye Saint-Serge d'Angers dont il portera le plus ordinairement le titre d'abbé dans les derniers temps de sa vie. Il obtient finalement le titre de surintendant des bâtiments du roi. Il rencontre, par l'intermédiaire de son frère Jean Delorme (contrôleur général des Bâtiments de France), l'architecte angevin de la Renaissance Jean Delespine. Delorme multiplie les chantiers, et, de 1545 à 1557, tous les chantiers importants l'ont vu passer ou ont été dirigés par lui[3]. Lors de la construction du château de Fontainebleau, il collabore avec Le Primatice, Nicolò dell'Abbate et Scibec de Carpi (en)[4].

Philibert Delorme donne pour Henri II les plans des châteaux d'Anet et de Meudon.

Disgrâce et fin de vie[modifier | modifier le code]

Ses prétentions et sa vanité lui attirent de lourdes inimitiés, dont celles de Pierre de Ronsard ou Bernard Palissy. À la mort de Henri II, il tombe en disgrâce, accusé de malversations. Il passe le reste de son existence à rédiger des traités théoriques et entame la rédaction d'une somme de l’architecture. Il a publié un Traité complet de l'art de bâtir, suivi des Nouvelles inventions pour bien bâtir et à petits frais, Paris, 1561. Le premier tome de sa somme d'architecture est publié en 1567. Delorme n’ira pas au-delà.

Sur la fin de sa vie, il retrouve le chemin de la cour, la régente Catherine de Médicis lui confiant la tâche de tracer le Palais des Tuileries[3].

Style[modifier | modifier le code]

Exemple de toit en carène

Enthousiaste de l'architecture antique, Philibert Delorme s'efforce de l'adapter au climat et aux mœurs de la France de la Renaissance. Il est le premier à porter le titre d'« architecte du roi » sous Henri II. Selon A. Jouanna il a fait « passer l'architecte du statut d'ouvrier à celui d'artiste ». Delorme rompt avec la tradition des maîtres maçons constructeurs des cathédrales qui ont tout appris sur les chantiers. Il incarne la figure de l’architecte de la Renaissance, porteur d’une culture savante.

Il s'est aussi distingué comme inventeur vers 1550 de la technique de construction des toits de carène, dite également charpente « à petits bois », technique largement répandue dans plusieurs régions françaises, par exemple en Lozère autour de Mende. Il est aussi l'initiateur de l'assemblage de bois pour fabriquer de grandes pièces de bois, poutres en lamellé. Plus tard, cette technique aboutira à la charpente en lamellé-collé.

Réalisations[modifier | modifier le code]

croquis de la galerie de l’hôtel Bullioud

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Philibert De l'Orme est un théoricien de l'architecture dont les écrits ont eu une grande importance dans l'histoire de l'architecture française.

  • Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais [1] (1561) ;
  • Le Premier Tome de l'Architecture [2] (1567) et [3] (1576).

L'Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Premier tome de l'Architecture.

Le Premier tome de l’Architecture est un ouvrage écrit par Philibert de L’Orme publié à Paris chez F. Morel en 1567. De format in-folio, il contient 283 folios, sans le folio 248, une épître dédicatoire et une table. Après plusieurs années passées au service de Henri II et de Catherine de Médicis, il tombe en disgrâce et n'obtient plus de commandes royales. Il poursuit alors sa vie à écrire des traités d'architecture dont une somme ambitieuse dont cet ouvrage est le premier tome, mais qu'il n'aura pas le temps d'achever. L'ouvrage contient un grand nombre de gravures dont l'Allégorie du bon architecte.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon (coord.), Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès,‎ , 1054 p. (ISBN 9782915266658, notice BnF no FRBNF42001687)
  • S. Ramond et L. Virassamynaïken, Lyon Renaissance. Art et humanisme, Paris, Musée des Beaux-Arts de Lyon / Somogy, 2015

Ouvrages biographiques spécialisés[modifier | modifier le code]

  • F. Lemerle & Y. Pauwels, Philibert De L'Orme (1514-1570). Un architecte dans l'histoire: Arts - Sciences - Techniques (= Études Renaissantes 17), Turnhout: Brepols Publishers, 2016, ISBN 978-2-503-56560-6;
  • Yves Pauwels, " Philibert De l’Orme, Lyonnois, architecte », S. Ramond et L. Virassamynaïken, Lyon Renaissance. Art et humanisme, Paris, Musée des Beaux-Arts de Lyon / Somogy, 2015, p. 198-203.
  • Anthony Blunt, Philibert De L’Orme, Londres, 1958 ; trad. française, Paris, 1963.
  • Boudon, Françoise, Blécon, Jean, Philibert Delorme et le château royal de Saint-Léger-en-Yvelines, Éditions Picard, Paris, 1985 ;
  • Potié, Philippe, Philibert de l'Orme. Figures de la pensée constructive, Parenthèses, Marseille, 1996 ;
  • Yves Pauwels, « Les Français à la recherche d’un langage. Les ordres hétérodoxes de Philibert De L’Orme et Pierre Lescot », Revue de l’Art, 112, 1996, p. 9-15 ;
  • M. Morresi, « Philibert de l’Orme. Le patrie della lingua », in A. Blunt, Philibert de l’Orme, Milan, Electa, 1997, p. 159-193 ;
  • Giuseppe Fallacara Concetta Cavallini, Le nouvelles inventions di Philibert de l'Orme, 2009 ;
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Philibert De l'Ormen Architecte du roi (1514-1570), Mengès, Paris, 2000.

Ouvrages de contexte[modifier | modifier le code]

  • Léon Charvet, Lyon artistique. Architectes : notices biographiques et bibliographiques avec une table des édifices et la liste chronologique des noms, Lyon, Bernoux et Cumin,‎ , 436 p. (lire en ligne), p. 275 à 298 ;
  • J.-M. Pérouse de Montclos, L’architecture à la française. Du milieu du XVe siècle à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Picard, 2011 (1re éd. : Paris, 1982) ;
  • Yves Pauwels, L'architecture au temps de la Pléiade, Monfort, Paris, 2002 ;
  • Yves Pauwels, Aux marges de la règle. Essai sur les ordres d’architecture à la Renaissance, Wavre, Mardaga, 2008 ;
  • Yves Pauwels, L’architecture et le livre en France à la Renaissance : « une magnifique décadence » ?, Paris, Classiques Garnier, coll. « Arts de la Renaissance », 2013.

Études sur ses écrits[modifier | modifier le code]

  • Philibert de l'Orme, Traité d'architecture... , présentés par Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, L. Laget, 1988. (Réunit les reprod. en fac-sim. de : "Inventions pour bien bastir et à petits fraiz", Paris, F. Morel, 1561 et "Premier tome de l'architecture", Paris, F. Morel, 1567.)
  • J.-M. Pérouse de Montclos, « Les éditions des traités de Philibert De L’Orme au XVIIe siècle », J. Guillaume (éd.), Les traités d’architecture à la Renaissance, Paris, Picard, 1988, p. 355-366.
  • Yves Pauwels, « Philibert De L’Orme et Cesare Cesariano : le "piédestal dorique" du Premier Tome de l’Architecture », Revue de l’Art, 91, 1991, p. 39-43 ;
  • Yves Pauwels, « Les antiques romains dans les traités de Philibert De L’Orme et Jean Bullant », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée, 106, 1994-2, p. 531-547 ;
  • Pierre Mardaga Architecture de Philibert de l'Orme: Oeuvre entière contenant onze livres 1995 ;
  • A. Ceccarelli Pellegrino, Le "bon architecte" de Philibert De L’Orme. Hypotextes et anticipations, Paris/Fassano, Schena/Nizet, 1996 ;
  • Archives Royales de Chenonceau. Lettres et Devis de P. de l'Orme, 2010 ;
  • Mélanie Lebeaux, « La stéréotomie en Périgord à la Renaissance : un exemple de persistances architecturales reprises par la tratadistique française du XVIe siècle. », Les Cahiers de Framespa [En ligne], 5 | 2010, mis en ligne le 13 mai 2010, consulté le 12 novembre 2015. URL : http://framespa.revues.org/107
  • Yves Pauwels, L’architecture et le livre en France à la Renaissance : « Une magnifique décadence » ?, Paris, Classiques Garnier, 2013, p. 123-127, 175-189, 221-238.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [Voir Jean-Marie Pérouse de Montclos, « Horoscope de Philibert de L’Orme », Revue de l’Art, n° 72, 1986, p. 16-18
  2. L'édifice n'existe plus et se situait entre la place des Terreaux et la Place Sathonay.
  3. a, b, c, d, e et f Dico, p. 373.
  4. Arlette Jouanna, La France de la Renaissance, Perrin, 2009, Paris, p. 143.

Bâtiments portants son nom[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]