Gloria, laus et honor

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Entrée de Jésus à Jérusalem, miniature romane du début du XIIe siècle

L'hymne Gloria, laus ou « Gloria, laus et honor tibi » (en français: À toi gloire, louange et honneur) était traditionnellement attribuée, avec le titre d'un chant de procession, à l'évêque Théodulfe d'Orléans (mort vers 820), lorsqu'il était détenu à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers vers 810-815. Ce chant est toujours en vigueur aujourd'hui pour la procession du dimanche des Rameaux dans l'Église catholique.

Historique[modifier | modifier le code]

La tradition rapporte que Théodulfe aurait chanté cette hymne le dimanche des Rameaux 821, alors que Louis le Pieux passait en procession sous la fenêtre de sa cellule. Il en fut si ému qu'il a ordonné sa libération et son retour au siège épiscopal d'Orléans, mais cela contredit le fait qu'aujourd'hui les historiens s'accordent pour déclarer que Théodulfe est bien mort en détention.

L'expression Gloria, laus est le titre de la bulle de canonisation de saint Louis par le pape Boniface VIII qui suggeraot un parallèle entre l'entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem et celle du roi de France dans le ciel[1].

Pourtant, si l'on consulte les manuscrits, il est évident, non seulement, que son origine est plus ancienne, mais également, que le rite romain au sein du Vatican avait établi son usage dans la liturgie ecclésiastique. En effet, cette hymne se trouve exactement dans le dit Graduel de Sainte-Cécile de Transtevere, manuscrit du chant vieux-romain. Il s'agit d'un graduel du chant officiel papal :

  • Graduel de Sainte-Cécile de Transtevere (copié en 1071 à Rome), folio 69v, Gloria laus et honor [manuscrits en ligne]

Il est vrai que ce document fut copié au XIe siècle, en profitant des neumes inventés en faveur du chant grégorien. Toutefois, le répertoire du chant vieux-romain avait été établi, avant que la Gloria, laus en grégorien ne soit fixé dans le royaume carolingien. En conséquence, il est certain qu'au moins au milieu du VIIIe siècle, la schola cantorum exécutait sans aucun doute cette hymne à Rome.

De plus, le texte se caractèrise exactement de la liturgie ecclésiastique, aisement adaptée au dimanche des Rameaux. Dans la rubrique du folio 69v, le terme æcclesimæ confirme ce caractère. Faute de documents scientifiques au regard de ce sujet, encore faut-il des études approfondies.

Dans d'autres traditions[modifier | modifier le code]

Celle-ci fut traduit, et est toujours en usage dans des cérémonies anglicanes sous le titre All Glory, Laud and Honour, ainsi que dans les offices luthériens du dimanche des Rameaux, en différences langues, comme en allemand, Rhum, Preis und Ehre.

Texte latin et traduction[modifier | modifier le code]

L'hymne, formée de distiques élégiaques, s'inspire de l'Évangile selon Matthieu XXI, 1-16, ainsi que du livre des Psaumes 117, 26 et le reste[2],[3].


R/ Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor,
Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur.
Pour toi le cortège des enfants chanta "Hosanna !"

1.- Israel es tu rex, Davidis et inclyta proles,
Nomine qui in Domini, rex benedicte, venis.
Tu es le roi d'Israël, tu es le glorieux rejeton de David,
roi béni qui viens au nom du Seigneur.

2.- Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis,
et mortalis homo, et cuncta creata simul.
Le chœur céleste en entier te loue au plus haut des cieux ;
à lui se joint l'homme mortel et toute la création.

3.- Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit ;
Cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
Le peuple hébreu vint au devant de toi avec des palmes,
avec nos prières, nos vœux et nos hymnes, nous voici devant toi.

4.- Hi tibi passuro solvebant munia laudis ;
nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
Ceux-ci te payaient leur tribut de louanges, alors que tu allais souffrir ;
Et nous, voici que nous te célébrons par nos chants, maintenant que tu règnes.

5.- Hi placuere tibi, placeat devotio nostra ;
rex bone, rex clemens, cui bona cuncta placent.
Ils ont su te plaire, que te plaise aussi notre dévotion :
bon Roi, doux Roi, à qui plaît tout ce qui est bon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prosper Guéranger, Saint Louis et la papauté, ASJ, , p. 10
  2. http://gregorien.info/chant/id/3533/0/fr
  3. Liturgie latine. Mélodies grégoriennes, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, , 136 p. (ISBN 2852742527), pp. 90-91

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • À Lendru, Théodulfe, évêque d'Orléans et l'hymne Gloria, laus. La procession des Rameaux, in: La Province du Maine, no 6, 1926, p. 60–72.