Trente pièces d'argent

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Judas rapportant 30 deniers par Rembrandt, 1629.

Trente pièces d'argent est le prix pour lequel Judas Iscariote a trahi Jésus de Nazareth, d'après l'Évangile selon Matthieu 26:15.

Récit du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Selon les évangiles, Judas Iscariote était un disciple de Jésus. Avant la Cène, Judas alla voir les grand-prêtres et accepta de leur livrer Jésus en échange de trente pièces d'argent. Jésus fut ensuite arrêté au jardin de Gethsémani, où Judas révéla son identité aux soldats en lui donnant un baiser.

D'après le chapitre 27 de l'évangile attribué à Matthieu, Judas est ultérieurement pris de remords et rend l'argent aux grand-prêtres, qui s'en servent pour acheter le « champ du potier ».

La référence à des prophéties de la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

L'évangile selon Matthieu renvoie pour cette trahison contre argent à une prophétie de la Bible hébraïque attribuée à Jérémie ; selon E. Cuvillier, la citation que produit l'évangile combine en fait Zacharie 11, 12-13, et Jérémie, 18, 2-3 ; 19, 1-2, et 32, 6-15[1].

Voilà ce que l'on peut lire dans Mt, 27, 9 : "Alors s'accomplit ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : "Et ils prirent les trente pièces d'argent : c'est le prix de celui qui fut évalué, de celui qu'ont évalué les fils d'Israël. Et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que le Seigneur me l'avait ordonné" ".

Dans ses notes de la Bible, Augustin Calmet, bénédictin du XVIIIe siècle, analyse surtout le texte-source de la prophétie de Zacharie, en soulignant les différences assez considérables qui séparent les deux occurrences des fameux "trente deniers".

A. Calmet rappelle le texte du Livre de Zacharie (XI, 12, 13), où le prophète dit : "Je leur dis : Si vous le trouvez bon, donnez-moi ma récompense. Sinon ne le faites pas. Ils pesèrent alors trente pièces d'argent pour ma récompense. Et le Seigneur me dit : Allez donner au potier cet argent, ce beau prix auquel ils m'ont apprécié ; et j'allai dans la maison du Seigneur les donner au potier". Puis le bénédictin commente Matthieu dans ces termes : "Les expressions rapportées par l'évangéliste ne sont pas précisément les mêmes que celles du prophète". En effet, dans Zacharie, "c'est le prophète même qui demande le prix qui lui est ensuite donné. Il le demande pour lui et à titre de récompense, c'est à lui qu'on le donne, et c'est à titre de récompense qu'on le lui donne. C'est lui-même qui le porte dans le temple, et c'est lui-même qui le donne au potier. Aucune de ces circonstances ne se trouve dans l'accomplissement[2]".

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Évangile selon Matthieu », dans Camille Focant et Daniel Marguerat (dirs.), Le Nouveau Testament commenté, Bayard/Labor et Fides, 2012, p. 143.
  2. Augustin Calmet, Sainte Bible en latin et en français, avec des notes, préface du Livre de Zacharie, éd de 1822, p. 460-461.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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