Gazole non routier

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Le gazole non routier (GNR) est un carburant utilisé en France pour les engins mobiles non routiers, notamment dans les secteurs agricoles, forestiers, fluviaux ou des travaux publics.

Autorisé en France à partir du , il devient obligatoire pour tous les engins mobiles non routiers : dans les travaux publics à partir du , et pour les tracteurs agricoles et forestiers à partir du . Il remplace, pour ces engins, le fioul domestique (FOD) qui ne respectait pas la directive européenne 2009/30/CE imposant une très faible teneur en soufre[1].

Il dispose d’une coloration rouge identique au FOD pour maintenir une fiscalité spéciale et ainsi encourager son utilisation.

Conformité aux normes constructeurs[modifier | modifier le code]

Le GNR est homologué par les fabricants de moteurs dans le cadre de la norme EN 590. En cas de litige ou de panne, la qualité du carburant ne sera nullement remise en cause[2].

Tenue au froid des gazoles[modifier | modifier le code]

En France, il existe un gazole d'hiver livré du 1er novembre au , normé à −15 °C et un gazole été du 1er avril au , normé à °C[3].

Il est possible d'ajouter des additifs pour améliorer la tenue au froid des carburants diesel (gazole, GNR, fioul). Toutefois une procédure d'utilisation précise est à respecter :

  • toujours additiver avant d'être à °C et mettre à l'abri les engins exposés à des températures plus froides ;
  • ne pas additiver un carburant gelé et stocker les additifs dans un local à au moins °C.

Les antifigeants agissent sur la cristallisation des paraffines en la retardant mais, en aucun cas, ne sauraient dégeler un carburant gelé qu'il faut réchauffer (ne pas utiliser de flamme) avant d'ajouter l'additif. Il est recommandé d'utiliser préférentiellement des additifs de dernière génération, notamment végétaux, et de ne pas utiliser d'essences dans les motorisations common rail. Avantages des additifs sur base végétale, ils ne sont pas dangereux (non classé toxique ou CMR) pour les utilisateurs et issus du développement durable. Une recommandation du ministère du Travail encourage les employeurs à mettre en place cette substitution verte.

Stockage du gazole non routier[modifier | modifier le code]

Le gazole non routier contient au maximum 7 % d'esters méthyliques d'acide gras (EMAG), ce qui engendre des difficultés au stockage. Ces biocarburants ont en effet tendance à avoir des propriétés détergentes notamment sur les cuves de stockage et/ou entraîner des problèmes moteur/filtres. L'eau de condensation joue aussi un rôle en permettant le développement de bactéries dans les cuves ; l'entretien des cuves est donc important.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Le gazole non routier bénéficiait jusqu'à 2020 de dégrèvements fiscaux sur la TICPE (18,82 c€/L au lieu de 59,4 c€/l), ce qui réduisait de près de moitié le coût du gazole[4]. La loi de Finances pour 2020 prévoyait la suppression de cet avantage fiscal en trois étapes : juillet 2020, janvier 2021 et janvier 2022. A la suite de la pandémie de Covid-19, le gouvernement a décidé de reporter cette suppression qui sera effectuée en une seule fois au 1er juillet 2021. Les entreprises du secteur protestent car il n'existe souvent pas d'alternative aux moteurs thermiques pour les gros engins de chantier ; le surcoût estimé à 700 millions d'euros en année sera répercuté sur les clients, qui sont essentiellement publics : État et surtout collectivités locales[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le gazole non routier », sur developpement-durable.gouv.fr, (consulté le 26 mai 2011)
  2. « Informations sur le gazole non routier »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur gazole-non-routier.info, (consulté le 2 juin 2011)
  3. agriconomie.com
  4. GNR - Gazole Non Routier, FNTP, 19 juin 2020.
  5. Taxation du gazole : nouveau sursis pour les travaux publics, Les Échos, 18 juin 2020.

Articles connexes[modifier | modifier le code]