Fuste

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Une fuste est, selon Marie-France et Thierry Houdart, une maison en rondins. Cette nouvelle acception du terme est apparue 1995 avec la sortie de leur livre L'art de la fuste : apprentissage.

Origine[modifier | modifier le code]

Dans le parler du Queyras, le féminin fusto désigne une poutre[1].

Par métonymie, dans le Dauphiné, fusto désigne également une grange en bois[2]. Francisé en « fuste » (féminin), le terme s'est vu cantonné au sens nouveau de « maison en rondins » par des artisans charpentiers, construisant des maisons selon cette technique.

La fusto[modifier | modifier le code]

Les maisons anciennes à Saint-Véran dans les Hautes-Alpes ont un plan particulier adapté à la vie montagnarde. Le rez-de-chaussée, en partie enterré, est construit en murs de pierre de 50 à 70 cm d'épaisseur tandis que la partie supérieure, à usage de grange, dite la fusto, est faite de longs troncs de mélèze empilés croisés aux angles, le tout sous un toit de bardeaux en mélèze. La fusto comprend deux volumes séparés par une cloison de même nature, et une série de balcons superposés destinés au séchage des récoltes. La charpente de la fusto se réduit à des pannes encastrées dans les murs pignons et sur lesquelles viennent se fixer les planches de mélèze d'une portée de 2 mètres. La pente des deux versants supérieurs est de l'ordre de 35 degrés[3].

La « fuste »[modifier | modifier le code]

Fuste dans le Vercors (2004)

Le terme féminin de « fuste », au sens inventé de maison en rondins bruts[4], est apparu 1995 avec la sortie du livre L'art de la fuste : apprentissage, de Marie-France et Thierry Houdart, créateurs, en 1980, d'une entreprise artisanale de construction de maisons en bois brut. Se revendiquant pionniers de la renaissance de cette technique en France, ils ont réalisé maisons d'habitation et bâtiments publics en mélèze des forêts de haute Corrèze et enseignent ce mode de construction à des artisans et des autoconstructeurs lors de stages[5].

Techniques de construction[modifier | modifier le code]

Ces maisons sont normalement construites de rondins de bois brut, écorcés et taillés à la main, de diamètre compris entre 20 et 45 cm ou de madriers taillés à la main d'une épaisseur comprise entre 20 et 30 cm, voire de poutres taillées de façon artisanale.

Croisement aux angles[modifier | modifier le code]

Chaque tronc ou fût, simplement écorcé, conserve sa forme, ses courbures, et vient épouser celui qui le précède. La technique d'ajustage consiste à tracer chaque fût en suivant la forme de celui qui le précède, puis à le creuser sous sa face inférieure de manière à permettre le croisement à l'angle du mur et l'encastrement en long sur le bois précédent.

Assemblage, transport, remontage[modifier | modifier le code]

La fuste est tout d'abord construite chez le fustier, puis démontée, transportée chez le client et remontée sur une dalle viabilisée (eau, électricité, évacuation) ou un vide sur pilotis, elle est modulable, agrandissable, démontable, transportable. Portes et fenêtres sont montées sur rails verticaux car les fûts de bois vont se tasser pendant deux à trois ans, suivant si le rondin a été coupé l'hiver précédent ou deux hivers précédents. Il en découle un tassement qui peut varier entre 1-2 % jusqu'à 5 % si l'arbre venait juste d'être coupé.

La construction chez le fustier, en fonction de la complication, dure deux à trois mois ; le remontage chez le client prend deux à quatre semaines, davantage pour un grand bâtiment.

Caractéristiques constructives[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où les essences employées sont locales, où les processus de transformation sont peu voraces en énergie et non polluants, où les systèmes de préservation du bois sont inoffensifs pour l'environnement, la construction d'une maison en fustes est écologique.

La méthode de fabrication de la fuste ainsi que tous les matériaux utilisés sont écologiques et sans trop de conséquences sur l’effet de serre, le produit s’inscrit donc dans le cycle de croissance de la biomasse. Par ailleurs, une fuste a un bilan carbone très positif. Une fuste de 100 m2 faite de rondins de 25 cm de diamètre piège environ 8 tonnes de CO2.

Toutefois le système est à lui seul très difficilement capable d'assurer l'isolation thermique (La conductivité thermique du bois=0,15 à 0,20, est des plus moyennes) et l'étanchéité à l'air du bâtiment. Ce qu'on gagne en énergie grise, se perd éventuellement en énergie dépensée pour le chauffage. Sauf si les troncs utilisées sont de taille respectable et que, par ailleurs, l'étanchéité des pièces en bois a été particulièrement soignée et éventuellement corrigée après le tassement des pièces en bois. Les techniques modernes de construction permettent de pallier presque tous les problèmes.

Dans les pays ou ce système a été importé, le système est souvent dédoublé par un parement plus mince, et l'interstice rempli d'isolant[6].

Les substances utilisées dans la construction traditionnelle : huiles naturelles, goudron de bois, urine de cheval pour le bardage du toit sont historiquement utilisés et coûtent un peu plus cher que les peintures et les vernis de synthèse de par leur mise en œuvre artisanale. Ces produits peu volatils sont à priori mieux tolérés que les substances issues de la pétrochimie.

La résistance au feu d'une fuste est supérieure à celle d'une maison en maçonnerie, un tronc ne brûle pas il se consume lentement (en cas d'incendie d'une maison conventionnelle, les pompiers ont pour consigne de ne pas y pénétrer mais cette consigne n'existe pas pour les fustes).

La résistance élastique du bois étant supérieure à celle de la maçonnerie, les maisons et autres constructions en bois sont tout indiquées dans les zones à haut potentiel sismique.

La tenue dans le temps d'une fuste est comparable à celle d'une construction en maçonnerie, certaines fustes ont aujourd'hui plus de 400 ans ; la déforestation causée par la construction est ainsi largement compensée par un temps de repousse suffisant à la régénération du patrimoine boisé.

Coût[modifier | modifier le code]

Lorsque fabriquée de manière entièrement artisanale, la fuste s'adresse à une clientèle pour qui le prix n'est pas un critère de choix. En effet, elle revient alors nettement plus cher que les chalets en bois de weekend ou les maisons en bois, fabriqués de poutres taillées industriellement, à la fraise et rassemblées de manière industrielle, devenus déjà coutumiers dans certaines parties d’Europe. À noter que ce dernier type de constructions bon marché n’est pas utilisé comme espace à vivre dans les pays nordiques.

Une fuste coûte environ de 650 euros (en autoconstruction) à 1 400 euros (clés en main) du m² au sol, hors complications (cloisons, étages, escaliers) ; pour exemple, en 2009, une fuste de plain-pied, d'une surface de 75 m2 au sol avec une loggia de 30 m2 (soit 105 m2 habitables), sur un terrain de 2 000 m2 en Corrèze, revenait à 110 000 euros, terrain compris.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot se retrouve en ancien français sous la forme « fuste » avec exactement le même sens de « poutre ». Cf. R. Grandsaignes d'Hauterive, Dictionnaire d'ancien français. Moyen Âge et Renaissance, Librairie Larousse, Paris, 1947, p. 310.
  2. Henri Raulin, volume Dauphiné du Corpus de l'architecture rurale française, Berger-Levrault, 1977, p. 73.
  3. Henri Raulin, op. cit., pp. 51-52.
  4. L'art de la Fuste, site de Marie-France et Thierry Houdart : « Le mot « fuste » désigne traditionnellement les maisons faites de bois bruts ou fûts, empilés et entrecroisés aux angles ».
  5. L'art de la Fuste, op. cit. : « Les auteurs, Thierry et Marie-France Houdart, ont été les pionniers du renouveau de cette technique en France, en créant en Corrèze, en 1980, l'entreprise artisanale de construction de maisons en bois brut "Les Bois de la Combe Noire". Ils ont une expérience de construction de plus de 30 ans et ont réalisé, dans toute la France, maisons d'habitation et bâtiments publics, construits uniquement en mélèze des forêts de Haute-Corrèze et enseignent ce mode de construction depuis 10 ans. Très nombreux sont les artisans et autoconstructeurs qui ont appris leur savoir faire dans ces ouvrages et lors de stages à la combe noire en Corrèze ».
  6. Jean-Pierre Oliva, L'isolation écologique, Terre vivante, Mens, 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La maison de bois rond, André Julien, Éditions de Mortagne, 1985, (ISBN 2-89074-198-2)
  • L'art de la fuste, M-F et T. Houdart, Bois sacré, 1998, (ISBN 2-9509925-3-6)
  • (en) Building with logs, Bernard Allan Mackie, Firefly Books Ltd, 1997, (ISBN 1-55209-102-3)
  • Hirsitalo, Risto Vuolle-Apiala, Rakennusalan Kustantajat RAK, 1996, (ISBN 952-9687-85-0)
  • Hirsityöt, Risto Vuolle-Apiala, Gummerus Kirjapaino Oy, 1999, (ISBN 951-664-026-5)

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