Banga (maison)

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Un banga à Mtsamoudou (commune de Bandrele).

Un banga est une petite maison aux murs peints et aux inscriptions colorées à l'orée des villages mahorais.

Rite de passage[modifier | modifier le code]

Les cases en tôle des bidonvilles modernes sont improprement appelées « bangas ».

Construire un banga est un rite de passage[1]. À la puberté, les garçons quittent leurs parents et se bâtissent une case en terre (sur une structure en bois et sous un toit de chaume de cocotier[2]) avec des matériaux fournis par la famille ou trouvés par soi-même (l'entraide, « musada », est primordiale dans ce processus[3]). Après avoir été maçon, le jeune se fait peintre pour orner sa nouvelle case. Il cherche à surprendre et attirer une âme sœur dans une cabane enchantée.

Cette tradition permet d'autre part de soulager la famille et de faire de la place dans la maison principale pour les prochaines naissances[3].

À Mayotte, traditionnellement matriarcale, ce sont les femmes qui sont propriétaires des maisons, construites pour elles par la famille (aidée par la dot). Ainsi, le banga est une habitation temporaire pour les hommes (la seule dont ils seront l'unique propriétaire), en attendant de trouver une femme chez qui s'installer[3]. Les bangas étant des constructions fragiles car faites entièrement d'éléments naturels, ils demandent beaucoup d'entretien et renseignent donc facilement sur le savoir-faire, l'ardeur au travail et le sens de l'organisation du propriétaire[3].

Cette tradition est aujourd'hui presque entièrement disparue à Mayotte, même si quelques passionnés comme l’entrepreneur Fayadhu Halidi tentent d'en faire perdurer la mémoire et le savoir-faire[2]. Un banga apparaît sur un timbre de Mayotte de 1997, puis en 2011 sur la pièce de 10 euros de Mayotte, dans la série des monuments, avec la mosquée de Tsingoni, un maki et un corail.

Cependant, le terme de banga est aussi utilisé de nos jours pour désigner les cabanes en tôle de récupération que l'on trouve en abondance dans les bidonvilles de Mayotte[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Le Fur, Jean-Claude Pichard et Anne-Marie Pichard (préf. Claude Allibert), Bangas, Mamoudzou, B'wi, , 112 p. (ISBN 2-9503793-0-3).
  • Jean-Marie Vidal, « Les bangas de Mayotte », Transitions, no 37 « Rites culturels et droits de la personne »,‎ .
  • Guy Fontaine, Mayotte, Paris, Karthala, coll. « Méridiens », , 197 p. (ISBN 2-86537-607-9, lire en ligne), p. 69–70.
  • Josy Cassagnaud, « Le banga : Expression d'un rite de passage », Études Océan indien, nos 33-34 « Regards sur Mayotte »,‎ , p. 197–213 (ISBN 2-85831-135-8, résumé).
  • Claude Chanudet, « Le banga : Forme emblématique de la culture mahoraise », Études Océan indien, nos 33-34 « Regards sur Mayotte »,‎ , p. 213–220 (ISBN 2-85831-135-8, résumé).
  • Josy Cassagnaud, Le Banga de Mayotte comme rite de passage, Paris, Connaissances et Savoirs, , 151 p. (ISBN 2-7539-0077-9).
  • Régis Airault, « Survenir adolescent dans l'entre-deux culturel : L'exemple des bangas de Mayotte », Enfances & Psy, no 35 « L'enfant et l'animal »,‎ 2e semestre 2007, p. 147–156 (ISBN 978-2-7492-0733-9, DOI 10.3917/ep.035.0147).
  • Josy Cassagnaud, « Le banga de Mayotte : Significations d'un rite de passage », Mayotte magazine, no 1,‎ , p. 14–19 (lire en ligne).
  • Josy Cassagnaud (préf. Thierry Goguel d'Allondans), Rites de Mayotte ou chronique d'une mort annoncée ?, Paris, Connaissances et Savoirs, , 584 p. (ISBN 978-2-7539-0155-1).
  • Thierry Gaillat, « Le Banga : patrimoine interculturel mahorais ? », dans Yvon Rolland, Julie Dumonteil, Thierry Gaillat, et Issa Kanté (dir.), Heritage and Exchanges, Multilingual and Intercultural Approaches in Training Context, Cambridge, Cambridge Scholars Publishing, , 312 p. (ISBN 978-1-4438-8037-4, HAL hal-01461539), p. 63–84.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Airault 2007.
  2. a et b Castelliti 2018.
  3. a b c et d Paul 2019.