Maison bulle

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Maison bulle de Minzier réalisée par Claude Costy et Pascal Haüsermann

La « maison bulle » est un concept architectural datant des années 1960, il utilise principalement le voile de béton armé sans coffrage.

Historique[modifier | modifier le code]

Maison bulle à Dakar, au Sénégal.

Le concept de maison bulle est développé à partir des années 1960 par des architectes tels que Antti Lovag, Claude Costy et Pascal Haüsermann. Ils réalisent notamment : La Maison Bernard I[1], le palais Bulles de Pierre Cardin (ou maison Bernard II), la Maison Gaudet (ou maison du Rouréou), la maison bulle de Minzier[2], la maison Unal, la Maison d'Hélène et Christian Roux[3]. Les difficultés pour obtenir les permis de construire entravent son expansion, mais son coût réduit contribue à sa pérennisation, il se construit régulièrement des maisons bulles en France[4].

Aux États-Unis, avant l'invention des maisons bulles, dans les années 1940, Wallace Neff avait construit des Bubble Houses (Litchfield Park, Arizona) (en) en utilisant un ballon gonflé sur lequel le béton était coulé, formant un dôme ellipsoïdal. Cette méthode de construction aussi appelée Goodyear Balloon Houses, est reprise en 1954 en Floride par Eliot Noyes pour deux autres Bubble Houses (Hobe Sound, Florida) (en). Nous ne connaissons pas de lien entre ces créations et le concept de maison bulle pour lequel le voile de béton armé offre de plus larges possibilités de réalisation. Il ne faut pas confondre les deux mouvements architecturaux.

Au Sénégal, 1200 maisons bulles - basées sur la technique de Wallace Neff - sont construites à Dakar pour répondre à la croissance démographique dans les années 1950. Il en resterait environ 200 en 2020[5].

Techniques[modifier | modifier le code]

Le voile de béton armé sans coffrage est inventé par Pascal Häusermann qui construisit pour son père, en 1959, la Villa le Dolmen[6], à Grilly, dans l'Ain. Le béton est posé à la main ou projeté et reste pris dans le ferraillage (agrémenté parfois de tissus ou de grilles métalliques). Ce procédé servira pour la plupart des maisons bulles, sa mise en œuvre sera surtout développée par Claude Costy puis par les différents auto-constructeurs.

Ce sont souvent des maisons auto-construites. Comme la maison Unal en Ardèche. Ou une Maison Bulle Bioclimatique Enterrée à Montgivray dans l'Indre que Philippe Delage construit[7], comme Joël Unal, il propose d'accompagner et former les auto-constructeurs[8].

Référence architecturale[modifier | modifier le code]

Certaines de ces maisons comme la Maison Gaudet, la Villa Roux, la Maison Butscher de Visan et la Maison Unal sont classées, inscrites au titre des monuments historiques.

La maison bulle est architecture organique car les réalisations sont en relation forte avec la nature, très intégrées à leur environnement. Mais elles se distinguent de l'architecture de Frank Lloyd Wright, par leurs formes rondes[9] qui évoquent les organes biologiques et non les formes géométriques de l'architecture habituelle ou classique. L'attrait pour les courbes trouve son origine[10] dans les constructions traditionnelles (huttes, cases, grottes), et les voutes résonnent avec de nombreux courants architecturaux anciens ou contemporains.

Comme les techniques utilisées permettent des formes libres, la maison bulle appartient au courant architecture sculpture analysé par Michel Ragon[11]. Il relève d'une « nouvelle naturalité » pour Jacques Couëlle ou est un « nouveau baroquisme » selon les termes de Michel Ragon[12].

Ce type d'habitat est précurseur de la Blob architecture, il eut de rares déclinaisons dans des équipements publics (salle polyvalente et école maternelle à Douvaine) ou hôtel (le Museumotel), et inspira la maison des Barbapapa[13].

Exemples[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les maisons d'Antti Lovag, documentaire de Hugues Peyret 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Conçue par Antti Lovag, située à Port-la-Galère,Théoule-sur-Mer » (consulté le )
  2. « Maison bulle de minzier architecture organique en voile de béton », sur Maison Bulle Minzier (consulté le ).
  3. « Reportage sur cette maison située à Fontaines-sur-Saône près de Lyon, conçue par Antti Lovag, "Question maison" de France 5 » (consulté le )
  4. « S'il faut en croire le site de l'association « Homme et habitat», regroupant des constructeurs de maisons-bulles. » (consulté le )
  5. Manon Laplace, « Sénégal : les maisons bulles de Dakar, un héritage menacé », sur jeuneafrique.com, (consulté le )
  6. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-01180-2903.html
  7. « En recourant au financement participatif (en anglais crowdfunding) » (consulté le )
  8. « Site de Philippe Delage sur les maisons bulles bioclimatiques et enterrées » (consulté le )
  9. « Christian Roux, président de l'association « Homme et habitat», regroupant des constructeurs de maisons-bulles, signe ici un Plaidoyer pour des maisons avec des courbes. » (consulté le )
  10. « Origines des maisons bulles selon la revue Habitat, n°23, avril 2003, ISSN 1140-8499 » (consulté le )
  11. Michel Ragon, Où vivrons-nous demain ?, Paris, Robert Laffont,
  12. urbamedia.com
  13. « En hommage à Antti Lovag quelques pages illustrent ce que la créatrice des Barbapapa doit aux maisons bulles » (consulté le )
  14. a et b « Théoule-sur-Mer - Maison Bernard - Ministère de la Culture », sur www.culture.gouv.fr (consulté le )
  15. Stéphane Dreyfus, « Beg Meil, le « village des Barbapapas » en Bretagne », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liaisons externes[modifier | modifier le code]