Construction en rondins empilés

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Maison en rondins empilés, Bavière
Grenier en rondins empilés, construit au Moyen Âge (1193), Rollag, Norvège
Maison en rondins empilés, Japon

La construction en rondins empilés est un système constructif en bois, faisant usage de troncs, rondins ou madriers de bois massifs. Ce système constructif emploie des grumes écorcées et ajustées les unes aux autres, dont le diamètre fait entre 25 et 35 cm[1].

Extension[modifier | modifier le code]

Ce type de construction, que l'on a assez récemment remis aux goût du jour, fut largement utilisé dans les Alpes françaises, autrichiennes, et suisses ainsi que dans le nord de l'Europe.

Le meilleur réservoir de savoir-faire en matière de construction en rondins empilés est l'Estonie et les pays nordiques au sens large (Suède, Finlande, Norvège sans oublier le Canada et l'Alaska), où elle a toujours été pratiquée avec de nombreuses variantes dans les entailles, les modes de calfeutrage, les entourages de fenêtres, etc.

Intérêt écologique[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où les essences employées sont locales, où les processus de transformation sont peu voraces en énergie et non polluants, les systèmes de préservation du bois sont inoffensifs pour l'environnement, une construction en rondins de bois est écologique. Toutefois, le système est à lui seul très difficilement capable d'assurer l'isolation thermique (La conductivité thermique du bois=0,15 à 0,20, est des plus moyennes) et l'étanchéité à l'air du bâtiment. Ce qu'on gagne en énergie grise, se perd éventuellement en énergie dépensée pour le chauffage.

Dans les pays ou ce système a été importé, pour s'accorder aux exigences d'isolation et urbanistiques locales, le système est souvent dédoublé par un parement plus mince, ou une peau extérieure en matériaux locaux (brique, etc.) et l'interstice rempli d'isolant[2] (Mur creux). Dans l'édification du bâtiment, on ne prend alors en considération que le fait que les matériaux vont se tasser de manière différenciée.

Préfabrication[modifier | modifier le code]

Le système autorise une préfabrication poussée et un montage rapide, éventuellement en autoconstruction.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Détails d'angle[modifier | modifier le code]

Profils[modifier | modifier le code]

Il existe une grande variété de profils :

  • profil en forme de D : plat à l'intérieur et rond à l'extérieur ;
  • profils entièrement rond ;
  • profils carrés : usinées avec une gorge qui peut être calfeutrée ;
  • Profil scandinave : rainure en demi-lune.

Presque tous les rondins profilés sont assemblés par rainure et languette, ce qui élimine la nécessité du colmatage.

Ancienneté[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Il existe, aux confins du Lot-et-Garonne et de la Dordogne, un isolat de maisons bâties par empilage, sur la tranche, d'épais madriers sciés. Ces maisons sont de petits rectangles sans étage, à façade en gouttereau sous toit surbaissé de tuiles-canal ou toit aigu en tuiles plates. Leur origine reste incertaine (maisons de défricheurs du XVIIe siècle, maisons plus tardives de bûcherons ou de scieurs de long ?)[3].

Les maisons anciennes à Saint-Véran dans les Hautes-Alpes ont un plan particulier adapté à la vie montagnarde. Le rez-de-chaussée, en partie enterré, est construit en murs de pierre de 50 à 70 cm d'épaisseur tandis que la partie supérieure, à usage de grange, dite la fusto, est faite de longs troncs de mélèze empilés croisés aux angles, le tout sous un toit de bardeaux en mélèze. La fusto comprend deux volumes séparés par une cloison de même nature, et une série de balcons superposés destinés au séchage des récoltes. La charpente de la fusto se réduit à des pannes encastrées dans les murs pignons et sur lesquelles viennent se fixer les planches de mélèze d'une portée de 2 mètres. La pente des deux versants supérieurs est de l'ordre de 35 degrés[4].

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

En Amérique du Nord, la technique du « pièce sur pièce » ou empilement de tronc équarris suivant un plan rectangulaire rudimentaire et simple a été utilisée couramment par les colons qui avaient apporté cette technique d'Europe.

Tour d'horizon[modifier | modifier le code]

Détails techniques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Clémens, « Géographie historique de la maison à empilage en Agenais », dans Géographie historique du village et de la maison rurale, Actes du colloque de Bazas des 19-21 octobre 1978, Éd. du CNRS, 1980, pp. 161-167.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Construire avec le bois, Collection « techniques de conception », Le Moniteur, Paris 1999.
  2. Jean-Pierre Oliva, L'isolation écologique, Terre vivante, Mens, 2001.
  3. Comité du Pastourais, « Construction en empilage dans le Nord Agenais », in Bulletin du Pastourais, No 7, 1979.
  4. Henri Raulin, volume Dauphiné du Corpus de l'architecture rurale française, Berger-Levrault, 1977, pp. 51-52.