Néobasque

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Le style néobasque (ou néo-basque) est un style architectural néorégionaliste né au début du XXe siècle dans l'extrême sud-ouest français et ayant perduré jusqu'en 1940. Ce style s'inspire principalement de la métairie de la province du Labourd.

Le style basco-landais en est une variante où s'exprime l'influence plus discrète de l'architecture vernaculaire landaise.

Le style néobasque a été présent, de façon sporadique, au Pays basque espagnol.

En France[modifier | modifier le code]

La métairie labourdine prise pour modèle[modifier | modifier le code]

Dans les dernières années du XIXe siècle et entre 1900 et 1940, un courant régionaliste original s’impose dans la construction des maisons des riches villégiateurs de la côte basque et de la côte gasconne voisine. Il prend pour modèle la métairie de la province basque du Labourd. Cette métairie se caractérise par un pignon-façade blanc sous un toit à deux pans symétriques, des colombages et des volets en bois de même couleur et une porte d’entrée souvent placée au fond d’un porche.

Diffusion des premiers pavillons de style néobasque[modifier | modifier le code]

La villa Arnaga est classée par les monuments historiques.

Les architectes renouvellent le style en prenant de grandes libertés. Une place plus importante est faite aux pierres apparentes ou à leur substitut. De nouveaux matériaux sont introduits (béton armé). Les toits se font plus asymétriques. Les ouvertures vers l’extérieur se multiplient. De nouveaux choix chromatiques sont expérimentés. Les habitations prennent de la hauteur. De nombreuses villas sont ainsi construites pour de riches villégiateurs sur la côte basco-landaise. La villa Arnaga, construite par l'architecte Joseph-Albert Tournaire pour le compte d'Edmond Rostand entre 1903 et 1906, est un exemple encore très respectueux du modèle originel.

Mais ce style a aussi concerné des maisons moins cossues construites au sein de lotissements ou en ville. Celles-ci reprennent sans-doute plus fidèlement les canons architecturaux de la métairie labourdine et participent à une architecture contemporaine plus minimaliste. Elles sont visibles au Pays basque, dans les Landes mais, aussi, dans le Béarn et la Bigorre. Ainsi, avant de se replier sur le Pays basque et les Landes, ce style a également su plaire plus à l'est.

Extension aux édifices publics et à l'habitat collectif[modifier | modifier le code]

Le style s'est étendu aux édifices publics et à l'habitat collectif dès les années 1920. C'est à cette époque qu'est bâtie la station balnéaire landaise d'Hossegor[1]. Des bâtiments de plus en plus monumentaux sont alors construits, tels que le Sporting Casino dû aux architectes Louis et Benjamin Gomez et Henri Godbarge.

Regain au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

À Ciboure, le complexe Sokoburu à Hendaye-Plage et le quartier Zubiburu inauguré en 2008[2] sont des exemples des plus visibles d'un regain du style.

À Biscarrosse, la résidence Pierre & Vacances a été construite dans le style basco-landais[3]

En Espagne[modifier | modifier le code]

Le Pays basque espagnol a également connu un renouveau du style basque. La gare de Bilbao-Atxuri, conçue par Manuel María Smith, et un certain nombre de villas à Bilbao, ainsi que l'ancienne gare de Zumaia, sont autant d'exemples de constructions néobasques. L'hôtel Vega, œuvre de Pedro Guimón Eguiguren à Ondarroa, appartient à une variante moderniste du style néobasque. L'emprise du style néobasque sur l'environnement architectural urbain du Pays basque espagnol reste encore cependant bien plus sporadique qu'en France. Le style basque est alors, avant tout, l'apanage des centres-villes historiques qui ont été conservés.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. Maignan, Naissance d'Hossegor, sadipac.com, 2010.
  2. Inauguration des logements sociaux de Zubiburu.
  3. Tederic Merger, Le style basco-landais, gasconha.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Godbarge, Arts basques anciens et modernes. Origines - Évolution, Éditeur David Chabas, Hossegor, 1931, VIII-128 p.
  • Pierre Bidart et Gérard Collomb, L’architecture rurale française. Pays aquitains, bordelais, Gascogne, Pays basques, Béarn, Bigorre, Éditions A. Die, 1984, pp. 36-39.
  • Geneviève Mesuret et Maurice Culot, Institut français d’architecture, Architecture de Biarritz et de la Côte basque. De la Belle Époque aux années 30, Éditions Mardaga, 1990.
  • Claude Laroche, Hossegor, la station des sports élégants. 1920-1940, Éditions Norma, 1991, 159 p.
  • Claude Laroche, Architecture et identité régionale. Hossegor 1923-1939, Éditions Le Festin, 1993, 271 p.
  • Atelier Lavigne, architectes associés, Catherine Roi, architecte-urbaniste, Soorts-Hossegor, Landes (40). Site Patrimonial Remarquable, mai 2018, 172 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]