Jean Nocher

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean Nocher
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
Nationalité
Lieu de travail
Activités
Autres informations
Parti politique

Jean Nocher, de son vrai nom Gaston Charon[1], né le 27 septembre 1908 à Poitiers et mort le 24 juin 1967 à Bougival[2], est un journaliste et polémiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir été élève à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm (Lettres)[3], Jean Nocher devient journaliste de presse en 1934 après une lettre publiée dans L'Œuvre et suivie de différents articles dans ce même journal qu'il quittera après la publication, le 4 mai 1939, de l'article de Marcel Déat « Mourir pour Dantzig ? ».

Dès 1940, il fonde à Saint-Étienne les premiers noyaux de résistance, devient chef départemental du mouvement Franc-Tireur, organise les premiers groupes francs de la Loire[4], reçoit les premiers parachutages et ouvre la voie au célèbre terrorisme. En décembre 1941, il y fonde le premier journal clandestin de la région, L'Espoir[5].

Le , il est arrêté à Saint-Étienne avec une quinzaine de ses compagnons de lutte et enfermé à la prison Saint-Paul, livré à la Gestapo et incarcéré à la prison Montluc[6]. Jugé par le premier et le seul « Tribunal d'état » où Joseph Darnand ait siégé comme vice-président, et acquitté faute de preuves grâce au talent de Maître de Fraissinette, futur déporté et maire de Saint-Étienne, Nocher est finalement libéré après un nouveau séjour de neuf mois dans un camp d'internement à Évaux-les-Bains[6]. Fin 1943, il retourne dans le Forez et reprend la lutte. En août 1944, il rédige le dernier Franc-tireur clandestin[7].

Il commence sa carrière à la radio publique française peu après la Libération[1]. En 1946, il est contraint de quitter son poste à la suite d'une émission dénommée Plate-forme 70 sur le danger du nucléaire, mise en onde sous forme de reportage, et dont le générique est « oublié »[1] ; l'émission tronquée crée une panique chez les auditeurs[1]. Cet épisode marque le début de son intérêt pour la littérature d'anticipation et pour le danger de la guerre nucléaire qu'il développera par la suite[1].

Il rejoint l'Union démocratique et socialiste de la Résistance avant d'en être exclu en 1948 par Eugène Claudius-Petit[8]. Nocher devient alors l'un des principaux rédacteurs de L'Étincelle, journal du Rassemblement du peuple français (RPF), le parti fondé par Charles de Gaulle en 1947. Ses articles contribuent à donner une image radicale et droitière du RPF, comme l'ont noté Jean Lacouture puis Éric Roussel dans leurs biographies du Général. Ainsi, en octobre 1947, il écrit, à propos de Jean-Paul Sartre : « Enterrons cette pourriture et que la jeunesse se lève pour donner un autre souffle à la France. Une morale qui ne mène pas à coup sûr au plagiat, au masochisme, à l’inceste, à la pédérastie, […] à l'opiomanie, à l'onomatopisme, à la psychasthénie scatologique […], à la démence précoce, à l'impuissance psychique. L'heure va sonner où une autre école rendra à la France son vrai visage : un visage au regard droit, monsieur Jean-Paul Sartre. »

Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955, il est député de la Loire[4], sous l'étiquette du Rassemblement du peuple français (RPF)[2].

En 1958, il revient dans l'audiovisuel public. Il tient une chronique quotidienne En direct avec vous jusqu'à sa mort[1]. Il anime des émissions sur la Résistance. Il est devenu célèbre pour ses chroniques quotidiennes et les séries d'émissions radiophoniques de science-fiction En direct du futur.

Publications[modifier | modifier le code]

  • J.-G. Charon [nom de plume], Les Coopératives rurales et l'État, en Tchécoslovaquie et en Roumanie, en collaboration avec R. Polin, publié par le Centre de Documentation Sociale de l'École Normale Supérieure, préface de G. Bouglé, Éditions Alcan, 1932.
  • Frankenstein, l'Âge d'or ou la fin du Monde ? Essai de civilisation machiniste, Éditions Nouvelles, 1934.
  • Révolutionnaires, où allez-vous ? Esquisse d'un plan constructif, en collaboration avec Jove, Éditions Fustier, 1935.
  • Pauvre Français ! introduction au Recensement des richesses de la France, publié par le groupe Dynamo, Fustier, 1936.
  • Témoignage de la Jeunesse qui vient. Essai sur le Dynamisme et critique du monde qui meurt, illustrations de Jean Effel, Fustier, 1937.
  • Manifeste de l'abondance. Charte du socialisme distributif, Nantal, 1938.
  • Clochards, en argot, avec 30 dessins de Roland Coudon, Paris, Éditions Girard, 1939 ; rééd. en Suisse, Genève, Éditions du Rhône, 1943.
  • Gueules noires, avec dessins de Roland Coudon, Éditions modernes, 1942.
  • « Liberté chérie... », Éditions du M.L.N., 1944.
  • La Liberté chantait dans sa prison, préface de Maurice Schumann, illustrations de Jean Burkalter, Éditions de "L'espoir", Saint-Étienne, 1945.
  • Geôles de la Liberté, Journal de cellule d'un Combattant de la Résistance ; suivi d'Écrits clandestins publiés de 1941 à 1944 et d'Articles publiés ouvertement de 1940 à 1942, préface du Commandant Marey ex-Hervé, chef départemental des FFI, Éditions de "L'espoir", Saint-Étienne, 1945 ; Éd. Kundig, 1945.
  • Les clandestins : la vie ardente et secrète de la Résistance, Gallimard, 1946.
  • Plate-forme 70, ou l'âge atomique, S.P.E.R. (Saint-Étienne), 1946.
  • Le Pamphlet atomique, fascicules (1947-1949) :
    • 1. Messieurs, les "Grands", un petit vous dit merde !, mars 1947
    • 2. J'accuse de Sabotage !, avril 1947
    • 3. Le temps des cocus, pentecôte 1947
    • 4. Ubureau au poteau ! ou les gaîtés du Dirigisme, juin 1947
    • 5. Hitler est vivant, août 1947
    • 6. Voici la fin du monde, octobre 1947
    • 7. Le mystère de Gaulle, octobre 1947
    • 8. Les vampires, janvier 1948
    • 9. J'accuse de trahison les dessous de la 3° Farce, février 1948
    • 10. Pour "en sortir", sauvetage de la France !... Voici enfin un plan de salut public,
    • 11. Trafiquants et profiteurs de la Résistance - Enfin des révélations, mai 1948
    • 12. Presse purée et Radio-alimentation, juin 1948
    • 13. Messieurs du parlement foutez-nous le camp !..., juillet 1948
    • 14. Ces gueules... se sont payé la vôtre !, septembre 1948
    • 15. Où passe votre argent ?, octobre 1948
    • 16. La guerre est déclarée. Voici le Plan d'invasion 49., décembre 1948
    • 17. Les grandes lubriques de la presse libertine et... respectueuse, janvier 1949
    • 18. Sadiques contemporains, février 1949
    • 19. Scandale de la justice : Pourquoi j'ai révélé l'affaire Marie, mars 1949
    • 20. Un Français qui veut vivre libre parle aux Français qui vont mourir, avril 1949
    • 21. La Conocratie, voici notre régime d'Étatisme partisan et de liberté dirigée, mai 1949
    • 22. Nos gros bonnets à poil, juin 1949
    • 23. Défense du Cochon de payant, juillet-août 1949, juillet-août 1949
    • 24. En plein merdier (degré de putréfaction du régime des partis), octobre 1949
  • L'Aventure Héroïque de Skornicki-Montero, Patriote Français, 1947
  • J'ai choisi la Vérité, 1948
  • La Conocratie, 1949.
  • Gloire à ma Loire, Dumas, 1953.
  • Sélection d'entretiens radiophoniques (émission « En direct avec vous ») :
    • En direct avec vous, 1960-61
    • Directs !, Del Duca, 1961
    • En direct du futur, 1962. Les entretiens sont précédés du texte de quatre émissions d'anticipation (Plate-forme 70, Le Salon des Arts-Mé-85, Mars ou l'automation, Les Êtres d'ailleurs sont déjà là) ; et ils sont suivis d'œuvres clandestines (Journal de cellule, Poèmes clandestins), préface de Maurice Schumann.
  • Histoires d'amour et d'humour (nouvelles), Del Duca, 1964.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Jean Nocher », sur RR0 (consulté le 12 décembre 2014).
  2. a et b « Jean, Gaston Charon dit Nocher », sur l'Assemblée nationale (consulté le 12 décembre 2014).
  3. Alain Peyrefitte, Rue d'Ulm : Chroniques de la vie normalienne, Fayard, , 660 p. (ISBN 2213644969 et 9782213644967).
  4. a et b notice BnF no FRBNF14021956 (consultée le 12 décembre 2014).
  5. « Documents », sur forez info (consulté le 12 décembre 2014).
  6. a et b Pascale Froment, René Bousquet, Fayard, coll. « Pour une histoire du XXe siècle », , 644 p. (ISBN 2213664242 et 9782213664248).
  7. « Vers la Libération », sur forez info (consulté le 12 décembre 2014).
  8. Monique Luirard, La Région stéphanoise dans la guerre et dans la paix (1936–1951), Université Saint-Étienne, , p. 721–724, 749.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.