Pierre Gattaz

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Pierre Gattaz
Image illustrative de l'article Pierre Gattaz
Fonctions
Président du MEDEF
En fonction depuis le
(1 an, 10 mois et 3 jours)
Prédécesseur Laurence Parisot
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt (Seine)
Nationalité Française
Diplômé de ENST Bretagne
Université George Washington
Profession Chef d'entreprise

Pierre Gattaz, né le à Boulogne-Billancourt, est un industriel français.

Il est président du directoire de l'entreprise Radiall[1], depuis 1994. Parallèlement à ses activités de chef d’entreprise, il occupe diverses fonctions au sein d'organisations professionnelles, d’abord sectorielles puis généralistes, dont celle de président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication de 2007 à 2013. Il est élu à la présidence du MEDEF le , succédant à Laurence Parisot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Pierre Gattaz est le fils d'Yvon Gattaz[2], chef d'entreprise français et président du CNPF de 1981 à 1986, et de Geneviève Gattaz.

Diplômé de l’École nationale supérieure des télécommunications de Bretagne, il est également titulaire d’un « Certificate in Administrative Management » à l'université George Washington, université privée de Washington[2].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

De 1984 à 1989, Pierre Gattaz rejoint l’entreprise Dassault Électronique en tant qu’ingénieur d’affaires[3] et devient ensuite chef de projet export. Il a successivement occupé, de 1989 à 1992, la fonction de directeur général des entreprises Fontaine électronique et de Convergie (une filiale du groupe Dynaction dans le secteur de l'énergie).

En 1994, il reprend la direction de l'entreprise familiale Radiall, créée par Lucien et Yvon Gattaz, en 1952. À la tête de Radiall, il connaîtra notamment la crise des télécoms de 2001, qui le conduira à modifier les orientations stratégiques de son entreprise et à explorer de nouveaux marchés.

Il loue la « solidité » du capitalisme familial, dans lequel l'on « travaille dans la durée » et l'on « évite les risques maximums »[4].

Activités syndicales[modifier | modifier le code]

Activités syndicales dans le secteur de l'industrie[modifier | modifier le code]

Activités syndicales dans le secteur de l'industrie électronique[modifier | modifier le code]

Pierre Gattaz est élu président du Syndicat des industries de composants électroniques passifs (SYCEP) en 1999[5]. Le SYCEP devient par la suite le Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (GIXEL).

C'est dans ce cadre que Pierre Gattaz mène une réflexion sur l’évolution de la filière électronique et numérique française. Cette réflexion donne lieu à plusieurs rapports[6],[7],[8]. Un de ces rapports, le « Livre Bleu », préconise le développement des technologies liées à « la biométrie, la vidéosurveillance et [aux] contrôles. » Les auteurs du rapport notent que « la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population [c]es technologies […]. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes[9]. » Est notamment recommandée l'éducation des enfants dès l'école maternelle afin de favoriser l'acceptation de ces technologies[9]. Le GIXEL est récompensé pour ces propos par le prix Orwell Novlang lors des Big Brother Awards de 2004[10].

Pierre Gattaz est président du Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques de 1999 à 2003. Il est président fondateur de la Filière des industries électroniques et numériques de 2002 à 2007, avant d’être élu président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, organisation professionnelle qui regroupe les industries des nouvelles technologies de l’énergie et du numérique[11] (FIEEC) en 2007.

Autres activités syndicales dans le secteur de l'industrie[modifier | modifier le code]

Pierre Gattaz est nommé, le 17 juin 2009, président du Conseil national qualité et performance[12] (CNQP), organe de réflexion visant à promouvoir l’approche qualité en France.

En juin 2010, il devient président du Groupe des Fédérations industrielles[13] (le GFI représente 15 fédérations industrielles, soit 80 % de l’industrie française). Il est également membre du bureau du Conseil national de l'industrie, membre du conseil d'administration du think-tank la Fabrique de l'Industrie et membre du bureau de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM)[14].

Activités syndicales au sein du MEDEF[modifier | modifier le code]

Ascension au sein du MEDEF[modifier | modifier le code]

En 2007, Pierre Gattaz intègre le comité exécutif[15] du Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

Le , il remporte la primaire interne à l'UIMM afin de désigner un candidat pour la présidence du MEDEF[16]. Parmi ses thèmes de campagnes, figure notamment l'idée de réduire de 5 % par an les Codes du travail et des impôts, ou encore d'envoyer les énarques en stage en tant que directeur général d'une PME[17]. En mai 2013, il reçoit le soutien de la Fédération bancaire française[18] et le 13 juin 2013, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi se rallient, à la surprise générale, à sa candidature. Pierre Gattaz est élu président de l'organisation patronale le 3 juillet 2013.

Prises de positions syndicales[modifier | modifier le code]

Parmi ses premières déclarations, le nouveau président du MEDEF demande une baisse de 100 milliards d'euros d'impôts et de charges pesant sur les entreprises, afin qu'elles ne soient plus « asphyxiées, ligotées et terrorisées »[19].

En , il propose la création d'un « SMIC intermédiaire » pour les « publics éloignés de l’emploi  »[20],[21], c'est-à-dire une rémunération inférieure au SMIC pour les « jeunes » et les chômeurs de longue durée.

Prises de positions extra-syndicales et politiques[modifier | modifier le code]

Pierre Gattaz conserve le caractère politique donné par ses prédécesseurs au syndicalisme du MEDEF. Il se prononce à plusieurs reprises, notamment lors d'une conférence organisée au ministère de l'Économie, pour la suppression de l'ISF, considérant que cet impôt freine la croissance des entreprises[22]. Selon lui, « à un moment, il faut dire "l'ISF c'est dramatique pour le pays, ça détruit l'emploi, ça détruit la croissance". Il faut le supprimer, point »[22]. Ceci lui vaut des critiques jusqu'au sein de son propre camp. En effet, l'ISF est un impôt qui frappe seulement le patrimoine des personnes physiques et non celui des entreprises. Christophe de Margerie indique ainsi que l'ISF est avant tout un « problème personnel » pour les dirigeants d'entreprises; en conséquence, il reproche à Pierre Gattaz de faire de l'ISF « un problème MEDEF [i.e. un problème relevant du syndicalisme patronal][23] ». Il ajoute: « la priorité des priorités des patrons, [ce n'est pas] de supprimer l'ISF. Non, notre priorité, c'est de contribuer à la richesse de l'économie française[24] ».

Fonctions[modifier | modifier le code]

  • Depuis 1994 : président du directoire de Radiall (CA de 203 millions d’euros, avec en moyenne 2 513 employés sur 2011[25])
  • Depuis 2006 : administrateur de la Cegos (formation professionnelle)
  • Depuis octobre 2007 : président de la FIEEC[26] (29 syndicats, 3 000 entreprises, 98 milliards de CA dont 40 % à l’export, 420 000 emplois) et membre du comité exécutif du MEDEF[27]
  • Depuis juin 2010 : président du GFI (15 fédérations industrielles représentant 80 % de l’industrie française)
  • Depuis 2011 : membre du bureau du CNI, membre fondateur de la Fabrique (think-tank de l’Industrie)
  • Depuis 2012 : membre du bureau de l’UIMM
  • 3 juillet 2013 : élu à la présidence du MEDEF

Patrimoine et revenus[modifier | modifier le code]

Avec 250 millions d'euros, Pierre Gattaz est classé 224e fortune de France en 2014 par le magazine Challenges[28]. Selon ce même classement, sa fortune aurait plus que doublé en un an.

La société Radiall lui a versé une rémunération de 426 092 euros pour l'année 2013 au titre de ses fonctions de président du directoire de ladite société, soit une augmentation de près de 30 % par rapport à l'année précédente[29]. Cette augmentation fait polémique au moment de sa révélation[30], étant donné que Pierre Gattaz s'était jusque là prononcé en faveur d'une modération des salaires[21].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Rapport de propositions au Gouvernement : « Une stratégie industrielle pour les marchés du futur », FIEEC, juin 2008
  • Pierre Gattaz, Le printemps des magiciens : La révolution industrielle, c'est maintenant, Nouveau Monde, coll. « Avenirs »,‎ , 191 p. (ISBN 2847364846 et 9782847364842)
  • Les 7 piliers de la Croissance, éditions du Nouveau Monde, 2013
  • Français, bougeons-nous !, éditions du Nouveau Monde, 2014

Tribunes dans la presse spécialisée[modifier | modifier le code]

  • « Des marchés extrêmement instables, des rigidités extrêmement contraignantes », Les Échos, no 18505,‎ , p. 48 (lire en ligne)
  • « La crise des télécoms, c’est aussi celle de la filière des composants électroniques », Les Échos, no 18778,‎ , p. 41 (lire en ligne)
  • « Protéger et renforcer l’électronique française », Les Échos, no 19059,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  • « Lettre ouverte à une jeunesse qui doit croire en son avenir », Les Échos, no 19713,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  • « Entre libéralisme et volontarisme industriel », La Tribune,‎ , p. 31
  • Pierre Gattaz et Laurent Gouzènes, « Le poison de l'euro trop cher », Les Échos, no 20158,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  • « Les grandes entreprises veulent une stratégie pour les industries du futur », Les Échos, no 20201,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  • « Oui à l’emprunt, mais pour des investissements importants », Le Figaro,‎
  • « Indispensable industrie », Les Échos, no 20678,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  • « Croissance : il faut renouer avec le temps des conquérants », Les Échos, no 20795,‎ (lire en ligne)
  • « Réindustrialiser la France : un enjeu collectif », Les Échos, no 21088,‎ , p. 9 (lire en ligne)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de la direction de Radiall.
  2. a et b Patrice Desmedt, « Pierre Gattaz, porte-parole de l'industrie », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne).
  3. Les Échos n° 20453 du 26 juin 2009 • page 13 - Pierre Gattaz
  4. Nicolas Cori, Pierre Gattaz. Epris d’entreprise, Libération, 13 juin 2013
  5. Article Les Échos no 17931 du 30 juin 1999, p. 59.
  6. « L'électronique française réclame des grands programmes aidés », Les Échos no 19194 du 6 juillet 2004, p. 24.
  7. « L'électronique française pour le retour des grands programmes », Les Échos no 19425 du 1er juin 2005, p. 25.
  8. « Filière électronique : François Loos veut restaurer l'attractivité de la France », Les Échos no 19431 du 9 juin 2005, p. 24.
  9. a et b Livre Bleu, p. 35
  10. Big Brother Awards 2004
  11. « Pierre Gattaz prend la présidence de la FIEEC - Fédération des industries électriques, électroniques et de communication », Les Échos, no 20025,‎ , p. 26 (lire en ligne).
  12. Brève de nomination de Pierre Gattaz en tant que président du CNQP parue dans Le Figaro Économie du 18 juin 2009.
  13. « Pierre Gattaz prend la Présidence du GFI », Les Échos,‎ , texte additionnel.
  14. Brève de nomination de Pierre Gattaz en tant que membre du bureau de l'UIMM parue dans Les Échos du 30 mai 2011.
  15. « Le MEDEF renouvelle son conseil exécutif », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  16. « L'UIMM choisit Pierre Gattaz pour la présidence du Medef », Le Figaro, 18 avril 2013.
  17. Agnès Laurent, « Pierre Gattaz, l'enfant de la base », in L'Express no 3233, semaine du 19 juin 2013, pages 72-75.
  18. « Medef : un nouveau soutien de poids pour Pierre Gattaz », Le Figaro, 27 mai 2013.
  19. Cécile Crouzel, « Pierre Gattaz exige 100 milliards de baisse des prélèvements », in Le Figaro, jeudi 4 juillet 2013, p. 18.
  20. "Esclavagiste", "indécent"... le "smic jeune" suggéré par Gattaz déchaîne les passions, La Tribune, 2014
  21. a et b Pierre Gattaz relance le débat sur le niveau du SMIC - Les Échos - 2014
  22. a et b « Fiscalité : Pierre Gattaz appelle à supprimer l'ISF », sur leparisien.fr,‎ (consulté le 13 janvier 2014)
  23. Extrait du discours de Christophe de Margerie lors des Universités d'Eté du MEDEF de 2013, publié par L'Opinion, 2013.
  24. "ISF : Margerie renvoie Gattaz dans les cordes", Lepoint.fr, 30 août 2013.
  25. Rapport financier 2011 (version rectifiée diffusée AMF 18 mai 2012).
  26. « Pierre Gataz prend la présidence de la FIEEC », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  27. « Le Medef renouvelle son conseil exécutif », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  28. Les plus grandes fortunes, Pierre Gattaz et sa famille
  29. Radiall, Rapport financier annuel 2013, p. 90
  30. http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/05/13/pierre-gattaz-veut-couper-court-a-la-polemique-sur-son-salaire_4416048_1698637.html

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