Château de Goulaine

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Château de Goulaine
Image illustrative de l’article Château de Goulaine
Vue de l'entrée du château.
Période ou style Renaissance
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire actuel Famille de Goulaine
Protection Logo monument historique Classé MH (1913)
Site web http://chateaudegoulaine.fr
Coordonnées 47° 12′ 15″ nord, 1° 24′ 10″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bretagne
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Haute-Goulaine

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Goulaine

Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique

(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Château de Goulaine

Le château de Goulaine se situe sur la commune de Haute-Goulaine à proximité immédiate du marais de Goulaine, dans le département français de la Loire-Atlantique. Il est classé Monument historique depuis le 13 août 1913[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Édifié sur les marches de Bretagne, ce château séparait autrefois le duché de Bretagne du royaume de France. Il est également le dernier des châteaux de la Loire, en allant de l'est vers l'ouest.

Le mythe veut que le château soit depuis plus de mille ans la résidence de la famille de Goulaine. Le château passe cependant à d'autres familles durant deux siècles entre 1666 et 1858. Le premier marquis de Goulaine n'a pas de fils à qui transmettre son titre et son château. A son décès ceux-ci passent par l'une de ses filles à la famille de Rosmadec, déjà marquis du Plessis-Josso, pour trois générations avant d'échoir à un neveu de la famille de Baillehache qui vend au bout de deux ans le domaine en 1786 à Piter Deurbroucq. Le domaine est racheté par une lointaine branche cadette au sixième degré de la famille de Goulaine en 1858 ayant relevé le titre de marquis après la Révolution.

Aujourd'hui, trente générations se sont déjà succédé dans les lieux [2],[3], qui sont ouverts à la visite du public.

Château de Goulaine désigne également le vin produit au château[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Armes de Goulaine, mêlant France et Angleterre

Au XIIe siècle, lorsque le duché de Bretagne devint indépendant, le premier Goulaine, Jean de Goulaine, alors capitaine de la ville de Nantes, fortifie la propriété, qui est encore de nos jours entourée de marais (classés Natura 2000), pour se protéger des attaques des Normands [5].

Les Goulaine étaient une famille d'ancienne noblesse, déjà citée lors de la VIIe croisade (1248). Au cours des Guerres de religion, les Goulaine combattent dans les rangs de la Ligue catholique : Gabriel, sieur de Goulaine, à la tête de cinquante lanciers, et son frère Jean, baron du Faouët, conquièrent en 1590 le château de Trogoff (Plouescat) et celui de Kérouzéré (Sibiril) [6].

Rallié à Henri IV, Gabriel de Goulaine obtient en 1621 de Louis XIII l'érection en marquisat de sa seigneurie de Goulaine.

Les familles de Goulaine, puis par alliance de Rosmadec et de Baillehache restent propriétaire du domaine sans interruption jusqu'en 1788, date à laquelle il est vendu à un armateur d'origine hollandaise, Piter Deurbroucq, fils cadet de Dominique, écuyer, consul de Nantes, conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France, et de Marguerite Sengstack, d'origine hollandaise elle aussi, qui n'y habitat pas. Ce dernier pour acheter le château de Jarzé revend en 1791 le château et le marquisat à son frère aîné Dominique Deurbroucq, dit Dom Deurbroucq fils, qui n'y habite pas non plus s'installant dès 1795 à Paris. Cette vente contribue à empêcher la destruction du château lors de la Révolution française.

En 1858, le domaine est racheté par un membre de la famille de Goulaine, qui l'a conservé du fait de son rachat familial vers 1960 par le marquis Robert de Goulaine grâce à la fortune de sa mère, née d' Argenson [3]. Le château conserve entre autres un portrait de Marc Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson (1696-1764), acquéreur en 1729 du domaine des Ormes où il fut exilé en février 1757 par Louis XV.

Architecture[modifier | modifier le code]

Ce château est, comme les autres châteaux de la Loire, construit en pierre de tuffeau. Il date de la fin du Moyen Âge, début Renaissance. Il dispose encore de vestiges de son ancien passé fortifié.

La volière aux papillons[modifier | modifier le code]

Depuis 1984, le château de Goulaine présentait une collection de plusieurs centaines de papillons tropicaux volant en liberté dans une papillonneraie parmi les plantes exotiques rares, créé en 1983 par le marquis Robert de Goulaine (1933-2010).La volière est fermée depuis 2016 et sera remplacée par une volière de papillons communs.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Vins[modifier | modifier le code]

Bien que l'on ne sache pas clairement quand le vignoble de la propriété a démarré la production commerciale de vin, plutôt qu'un vin simplement voué à la consommation familiale, le millésime durant lequel la propriété du Château de Goulaine s'est mise à produire du vin en fait la plus ancienne firme viticole encore en activité[7];

Il s'agit probablement de la troisième plus ancienne entreprise commerciale du monde[7],[8].

Cette entreprise familiale est considérée comme la plus ancienne d'Europe[9].

Le domaine du château est l'un des derniers châteaux de la Loire à encore produire du vin[3].

Beurre blanc[modifier | modifier le code]

À en croire la légende, rapportée par le cuisinier américain Bobby Flay, la sauce appelée beurre blanc aurait été inventée vers 1890 dans les cuisines du Château de Goulaine par sa cuisinière en chef, Clémence Lefeuvre[10].

Le musée officiel LU[modifier | modifier le code]

Depuis 1999, le château de Goulaine accueille dans ses anciennes écuries, la collection artistique et publicitaire de la célèbre marque de biscuits nantais LU. Dans ces 500 m2, les meubles de l'ancienne boutique de la rue Boileau à Nantes, sont présentés avec des objets rares, tels que des publicités ou la peinture originale du « Petit écolier » datant de 1897[11].

En 2019, le groupe Mondelez, propriétaire de la marque LU annonçait vouloir retirer du château les 600 pièces de la collection à la fin de la saison estivale. Dans le cadre d’un projet de mise en avant du patrimoine LU, le groupe réfléchit en effet à une manière de mettre davantage en lumière la collection auprès du grand public. En contrepartie de l’immobilisation de l’espace d'exposition, de l'entretien et de la médiation du musée, le château recevait du groupe agroalimentaire la somme de 60 000 euros par an qui permettait l'emploi de six salariés et contribuait pour un tiers des recettes du château[12],[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Classement du château de Goulaine », notice no PA00108627, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 19 juin 2010
  2. Marcis de Goulaine vivait en 1130, mais la généalogie commence avec Jean, mentionné en 1149 ; son fils, Mathieu, Jean II de Goulaine (XIVe siècle), obtint le droit d'organiser une foire le jour de la saint Martin (Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies…, 1816, vol. 7) ; la seigneurie de Goulaine fut érigée en marquisat pour Gabriel de Goulaine (mari de Marguerite de Bretagne) par Henri IV, en 1621 (Saint-Allais François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la Noblesse, s.v. « Goulaine » 2d ed. 1774, vol. 7, p. 338).
  3. a b et c F. Prial « A New Wine and Other Tricks From an Old Loire Vintner », Wine Talk, New York Times, November 5, 1997
  4. Château de Goulaine website.
  5. Les armoiries des Goulaine, parting England and France, accompagnées de la devise, « De cettuy-cy, de cettuy-là, j'accorde les couronnes, » est reprise par Pol Potier de Courcy, Nobiliaire et Armorial de Bretagne, qui note que Jean de Goulaine, Capitaine de Nantes, a été envoyé par Geoffroy, duc de Bretagne, pour négocier la paix entre Henry II d'Angleterre et Philippe Auguste en 1180, ce qui lui permit d'obtenir les armoiries et la devise qui sont désormais celles des Goulaine ; voir aussi Saint-Allais 1816.
  6. Montifault, « Notice sur les seigneuries de Trogoff », Bulletin de la Société archéologique du Finistère vol. 1-2 (1873-74) p. 81 note 19.
  7. a et b G. Harding A Wine Miscellany pg 13, Clarkson Potter Publishing, New York 2005 (ISBN 0-307-34635-8)
  8. « The 100 Oldest Companies in the World » accessed 8 January 2010
  9. Europe Intelligence Wire « The world's oldest family companies » Hull Daily Mail, January 10, 2007
  10. CBS News "Bobby Flay's New Year's Good Luck Dish" December 28th, 2006
  11. « Le musée de la biscuiterie LU », château de Goulaine (consulté le 24 mai 2016).
  12. « Loire-Atlantique. Présent depuis 20 ans au château de Goulaine, le musée LU fermera ses portes fin 2019 », sur actu.fr (consulté le 19 août 2019)
  13. Ambre Deharo, « Le géant Mondelez retire la collection LU d'un musée près de Nantes », sur Capital.fr, (consulté le 19 août 2019)

Pages connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Solen Peron : Le château de Goulaine, architecture, décors et politique familiale (Paris, nouvelles éditions Scala, 2013); Fanny del Volta : Château de Goulaine en route vers l'éternité ("Point de vue" n°3652 - du 18 au 24/07/2018, pp 52 à 57, ill. de photos de Luc Castel);

Liens externes[modifier | modifier le code]