Calcaire du Quiou

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Le calcaire du Quiou s'est formé au Miocène dans la zone médiane de la Bretagne, par sédimentation, dans une matrice argilo-sableuse, d'algues calcaires et de coquillages présents dans la mer des Faluns (Découvrir les fossiles des Faluns bretons) qui faisait de l'Ouest de cette région une île en la séparant du reste du continent (formation des Faluns et extension de la mer des Faluns).

Par son origine, cette roche est aussi appelée faluns de Tréfumel ou faluns de Saint-Juvat, deux communes voisines de la commune au centre de ce dépôt : Le Quiou. Une bonne partie des sites d'extractions passés se situaient entre les bourgs du Quiou et de Tréfumel.

Le calcaire du Quiou forme le centre d'un terroir Briovérien, schisto-gréseux, et est entouré de divers granites : au sud-est, le granite de Bécherel et le granite de Dingé fournissant des moellons brunâtres ; au nord-est le granite de Lanhélin (bleuté) ; au nord-ouest le granite de Lanvallay et les différents faciès du granite de Dinan (celui du Hinglé, de Brusvily, de Languédias).

Le calcaire du Quiou se présente sous trois états typiques : sédiment meuble ; calcaire biodétritique ; roche consolidée. Dans ce dernier cas, il prend le nom de « pierre de Jauge » et a été utilisé depuis 2000 ans comme pierre à bâtir; broyé et cuit comme mortier de jointoiement et enduit à la chaux des murs (Villa gallo-romaine du Quiou). Ses teintes sont variées : beige, ocre-jaune, blanc-gris. Il est habituellement d'une densité moyenne en raison de petites alvéoles.

Ce calcaire a été utilisé pour la construction du château du Hac, édifice daté du XVe siècle, situé sur la commune du Quiou. On le retrouve également dans les murs de certaines maisons d'habitation comme celles des bourgs du Quiou ou de Tréfumel...) où il donne cette couleur et cet aspect mordoré si original et caractéristique aux constructions de ces villages, tranchant avec le granite avec lequel il est parfois associé.

Si les couches les plus consolidées servaient aux constructions, les couches les plus "tendres" des faluns étaient destinées à la fabrication de chaux ou employées aux fins d'amendement des terres agricoles.

Les fours à chaux du Quiou, (ancienne usine Bougeard - 1892), aujourd'hui transformés en maison d'habitation (propriété privée), sont également bâtis en maçonnerie de pierre calcaire et implantés sur le lieu même d'extraction des faluns.

Cet ancien site industriel remarquable reste aujourd'hui le seul témoin de l'intense activité économique qui régnait alors dans le bassin falunien du Quiou/Tréfumel/Saint-Juvat au XIXe siècle.

Comme dans le bassin falunien de Chartres-de-Bretagne, au sud de Rennes, au XIXe siècle (vers 1845), les premières extractions se faisaient par puits et galeries, en carrières souterraines. Cependant, devant les nombreux accidents dus aux éboulements, de nouvelles législations sont mises en place à la fin du XIXe siècle (1898) et au début du XXe siècle (1910), les exploitations deviennent alors à ciel ouvert.

Les affleurements aujourd'hui sont rares, la plupart des carrières sont maintenant oblitérées car comblées ou remplies d'eau. Les profondeurs d'extraction sont, depuis la fin du XXe siècle, limitées par l'obligation de respecter la capacité de stockage de l'eau en profondeur (nappe phréatique des faluns).

L'entreprise Carrière sablon calcaire de Tréfumel (Carrière de La Perchais) possédait, jusqu'en décembre 2006, une autorisation d'extraction de 5000 T/an (Suivre son évolution).

Une installation de broyage exploitait le gisement, les éléments de pierre de Jauge étaient réservés et stockés pour la construction (restauration).

Cette production (sablon) est utilisée en amendement (secteur de Saint-Malo), en couche drainante destinée à recouvrir la surface des chemins de randonnées et, accessoirement, pour « couvrir les bâches de stockage du maïs » (sic).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Chauris, Le calcaire du Quiou-Tréfumel ou «  pierre de jauge », dans Le Pays de Dinan, 2006, p. 319-339.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pour découvrir les faluns du Quiou/Tréfumel et sa faune fossile :

  • Les fossiles des faluns bretons, pour la description de nombreuses espèces et leurs affinités avec les espèces tropicales actuelles, la carrière de "La Perchais", son histoire, son évolution...