Saint-Juvat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Saint-Juvat
Saint-Juvat
Mairie de Saint-Juvat.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Dinan
Intercommunalité Dinan Agglomération
Maire
Mandat
M. Dominique Ramard
2020-2026
Code postal 22630
Code commune 22308
Démographie
Gentilé Juvatien, Juvatienne
Population
municipale
646 hab. (2019 en diminution de 0,31 % par rapport à 2013)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 15″ nord, 2° 02′ 33″ ouest
Altitude 45 m
Min. 13 m
Max. 71 m
Superficie 17,41 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Dinan
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Lanvallay
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bretagne
Voir sur la carte administrative de Bretagne
City locator 14.svg
Saint-Juvat
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Voir sur la carte topographique des Côtes-d'Armor
City locator 14.svg
Saint-Juvat
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Juvat
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Juvat
Liens
Site web https://saint-juvat.fr

Saint-Juvat [sɛ̃ʒyva] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

En 1988, la commune a obtenu le Label « Communes du Patrimoine Rural de Bretagne » pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.

Géographie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[2].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 1]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]

  • Moyenne annuelle de température : 11,5 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 1,3 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 1,4 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 12,2 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 703 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,1 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,1 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Le Quiou », sur la commune du Quiou, mise en service en 1985[7] et qui se trouve à 3 km à vol d'oiseau[8],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 11,8 °C et la hauteur de précipitations de 714,9 mm pour la période 1981-2010[9]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 5], « Dinard », sur la commune de Pleurtuit, dans le département d'Ille-et-Vilaine, mise en service en 1950 et à 25 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 11,4 °C pour la période 1971-2000[11] à 11,6 °C pour 1981-2010[12], puis à 11,9 °C pour 1991-2020[13].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Saint-Juvat est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[14],[15],[16].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dinan, dont elle est une commune de la couronne[Note 7]. Cette aire, qui regroupe 25 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[17],[18].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (59,9 %), zones agricoles hétérogènes (27,1 %), prairies (11,3 %), zones urbanisées (1,8 %)[19].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[20].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia Sancti Juvati en 1156, 1181 et en 1187, Saint Juvat au XVe siècle[21].

Saint-Juvat est le nom d’un prêtre martyr du IVe siècle[21].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • Au XVIIe siècle, une petite école était tenue par le curé dans une petite chapelle, ce qui était contraire aux opinions du seigneur local quant à l'intérêt d'instruire le peuple[22].
  • Après les épidémies de 1583-1585, 1607 et 1630, Saint-Juvat est touchée en 1638 par l'épidémie de peste qui affecte également Tréfumel et Plouasne, après avoir sévi à Taden en 1636. La première victime officielle succombe le , mais l'épidémie fait peu d'autres victimes en comparaison des 116 décès de l'année suivante, six fois environ le nombre moyen. La narration qu'en fait le recteur Vérité! nous apprend que les précautions et les secours publiques n'ayant pas eu le succès attendu, les paroissiens se réunissent à la Toussaint pour unir leur ferveur dans un vœu, sollicitant la miséricorde divine et se concrétisant par des offrandes et des dons pour des messes, des processions et autres manifestations pieuses. Deux jours avant Noël, le vœu paraît avoir été exaucé selon les paroissiens et leur reconnaissance s'exprime à nouveau par des dons et même par l'intention d'agrandir l'église, intention sans suite[22].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Saint-Juvat porte les noms de 41 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale, dont un décédé sur le front belge pendant la Course à la mer, Pierre Brinjonc[23], la plupart des autres étant décédés sur le sol français[24].

Louis Chevestrier, né en 1880 à Saint-Juvat, soldat au 8e régiment d'infanterie coloniale, fut fusillé pour l'exemple le à Verderonne (Oise) pour « abandon de poste »[25].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Saint-Juvat porte les noms de deux soldats morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale : Marcel Doucéré et Marcel Leroy[26].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mai 1892 1923 Pierre Boschel    
Mai 1923 1945 Louis Leforestier    
1945 1954 Jules Bernard    
1954 1965 Louis Leforestier    
1965 1971 Joseph Erhel PCF Instituteur, élu en 1971 maire d'Erquy
1971 1977 Eugène Leforestier    
mars 1977 2001 Henri Ramard PS  
mars 2001 2008 Jean-Louis Rolland    
mars 2008 En cours Dominique Ramard [Ecologiste] Ingénieur, Conseiller régional (2010-2021)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[27]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[28].

En 2019, la commune comptait 646 habitants[Note 8], en diminution de 0,31 % par rapport à 2013 (Côtes-d'Armor : +0,59 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4191 1401 3551 3631 3971 4401 3851 4381 476
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4751 4651 5051 4551 4351 3631 3961 3361 328
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2681 2251 2011 023969909903824855
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
774704652664678648631626644
2014 2019 - - - - - - -
650646-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[29] puis Insee à partir de 2006[30].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Juvat date du XIVe siècle ; son porche est constitué de pierres de calcaire du Quiou et de granite de Languédias[31].
  • Du parvis de l'église jusqu'aux murs de l'école, de la mairie à la maladrerie, le village est particulièrement bien fleuri.
  • Croix de Justice du XIVe siècle, près de laquelle devaient se trouver les potences, ornée des armoiries du seigneur et de l'épée insigne de la justice. De section rectangulaire, la croix est chanfreinée et les chanfreins ornés de petites boules. Classée aux Monuments historiques[32].
  • Croix de cimetière, XVIIe siècle, au pied de l'église, ou se situait l'ancien cimetière. Croix composée d'un fût carré avec chanfreins et écussons, portant sur un soubassement formé d'un dé surmonté d'une tablette dont les angles sont supportés par de petites colonnes. La croix proprement dite ne semble pas être celle d'origine mais aurait substitué la croix d'origine au XVIIIe siècle. Inscrite aux Monuments historiques[33]

Environnement[modifier | modifier le code]

Le village a été récompensé par quatre fleurs en 1988 et la distinction Grand prix, régulièrement de 1989 à 2007 du concours des villes et villages fleuris[34]. Un prix de l'entente florale européenne a également été décerné à la commune en 1991.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[3].
  2. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  3. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
  4. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  5. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  6. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  7. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  8. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  2. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  3. 2021 : de nouvelles normales pour qualifier le climat en France, Météo-France, 14 janvier 2021.
  4. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  5. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  6. « Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Bretagne », sur www.chambres-agriculture-bretagne.fr, (consulté le )
  7. « Station Météo-France Le Quiou - métadonnées », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  8. « Orthodromie entre Saint-Juvat et Le Quiou », sur fr.distance.to (consulté le ).
  9. « Station Météo-France Le Quiou - fiche climatologique - statistiques 1981-2010 et records », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Orthodromie entre Saint-Juvat et Pleurtuit », sur fr.distance.to (consulté le ).
  11. « Station météorologique de Dinard - Normales pour la période 1971-2000 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  12. « Station météorologique de Dinard - Normales pour la période 1981-2010 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  13. « Station météorologique de Dinard - Normales pour la période 1991-2020 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  14. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  15. « Commune rurale-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  16. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  17. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  18. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  19. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  20. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  21. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Saint-Juvat ».
  22. a et b Yvonne Henry, « 1638, l'année tragique ou la peste à Saint-Juvat », dans Le Pays de Dinan, 2000, p. 229-241.
  23. Pierre Brinjonc, né le à Saint-Juvat, soldat du 2e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Tamines (Belgique)
  24. Memorialgenweb.org - Saint-Juvat : monument aux morts
  25. Anne Lessard, « 14-18. 51 fusillés bretons et toujours pas de réhabilitation », sur Le Telegramme, (consulté le ).
  26. Marcel Leroy, né le à Saint-Juvat, soldat au 46e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Taizy (Ardennes)
  27. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  28. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  29. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  30. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  31. * Louis Chauris, Le calcaire du Quiou-Tréfumel ou « pierre de jauge », dans Le Pays de Dinan, 2006, p. 319-339.
  32. « PA00089638 », notice no Croix de la Mettrie (de justice), base Mérimée, ministère français de la Culture.
  33. Notice no PA00089637, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  34. Source : Villes et Villages Fleuris

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :