Kevin Escoffier

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Kevin Escoffier
Image illustrative de l’article Kevin Escoffier
Kevin Escoffier en 2012,
à l'arrivée de la Krys Ocean Race
Contexte général
Sport voile
Période active depuis 2005
Site officiel sport.prb.fr
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France française
Nationalité France
Naissance (40 ans)
Lieu de naissance Saint-Malo (France)

Kevin Escoffier est un navigateur français né en 1980 à Saint-Malo. En double avec son père Franck-Yves, il gagne la Transat Jacques-Vabre 2005. En équipage, il remporte le trophée Jules-Verne en 2012, à bord du Maxi Banque populaire V de Loïck Peyron. Puis il gagne la Volvo Ocean Race 2017-2018, à bord du Dongfeng Race Team (en) de Charles Caudrelier.

Depuis 2019, il est le skipper du cinquième Imoca PRB avec lequel il participe au Vendée Globe 2020-2021[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il naît le à Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine[2]. Il est le fils de Franck-Yves Escoffier, patron pêcheur passionné de voile qui va s'illustrer dans la classe des multicoques de 50 pieds. La voile et le rugby sont deux traditions familiales. Kevin est plutôt attiré par le rugby. Mais c'est finalement la voile qui prend le dessus[3]. Il court en Class 8 et en Bénéteau 25[4].

À 19 ans, il quitte Saint-Malo pour suivre des études d'ingénieur en mécanique des matériaux et des structures[3], spécialisé dans la construction des bateaux de course[2] : il est trois ans à l'EPF de Sceaux, deux ans à l'École polytechnique de Montréal et huit mois à l'université du Maryland[5]. Il réalise son projet de fin d'études au sein de Mer agitée, l'écurie de course au large de Michel Desjoyeaux. Il y travaille sur Géant, l'Orma de Desjoyeaux[6].

Il enchaîne en participant à la conception du nouveau trimaran de son père, Crêpes Whaou! 2[6]. Le bateau est mis à l'eau en avril 2005. En novembre, à son bord, Kevin gagne avec son père la Transat Jacques-Vabre[7].

En 2006, il intègre le team PRB au moment de la construction du quatrième Imoca PRB, un plan Farr destiné à Vincent Riou. Le bateau est mis à l'eau en septembre[8].

Courses en équipage[modifier | modifier le code]

La même année[4], Escoffier entre dans le Team Banque populaire en tant que chef du projet Maxi Banque populaire V. Le bateau est mis à l'eau en 2008. Escoffier embarque pour toutes les campagnes de record de ce trimaran de 40 mètres[6], et notamment pour le trophée Jules-Verne remporté en 2012[9].

Il a l'occasion de faire deux autres tours du monde en équipage. Il dispute en effet la Volvo Ocean Race à bord du Volvo Ocean 65 (en) chinois Dongfeng Race Team (en), skippé par Charles Caudrelier[3]. À son bord, il termine 3e de l'édition 2014-2015[8], et remporte celle de 2017-2018[10].

Imoca[modifier | modifier le code]

Un bateau bondissant dans les vagues.
Le cinquième Imoca PRB, barré par Vincent Riou avant le départ du Vendée Globe 2012-2013.

En 2019, Escoffier quitte le Team Banque populaire pour retrouver l'entreprise PRB[11]. Il est appelé à succéder à Vincent Riou à la barre du cinquième Imoca PRB, lancé en 2010 et transformé en foiler en 2018[8],[12]. Escoffier base son projet au sein de la structure de Riou à Port-la-Forêt. À proximité se trouve le pôle Finistère course au large[11].

Il remporte le Grand Prix Guyader 2019 en équipage[4]. Dans la Fastnet Race, avec Nicolas Lunven, il termine 2e des Imoca. Les deux hommes sont également 2es du Défi Azimut et 2es de la Transat Jacques-Vabre[13].

Il fait partie du conseil d'administration de l'association IMOCA[14].

En 2020, Escoffier dispute sa première course en solitaire, la Vendée-Arctique-Les Sables-d'Olonne, réservée aux Imoca[15]. Il termine 5e[16]. Il prend part au Vendée Globe où il abandonne au 22e jour en 3e position après le naufrage de son bateau PRB auquel il survit.

Naufrage et sauvetage pendant le Vendée Globe 2020-2021[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2020, Kevin Escoffier à bord de PRB, un bateau de 11 ans, 3e dans le classement au 22e jour de la course, progressant dans les 40e Rugissants à 600 milles au sud-ouest du Cap, tribord amure dans un vent de sud-ouest de 20 à 30 nœuds, en J2 grande voile et 2 ris, genneker affalé, règle ses voiles sur une mer avec une houle de plus de 5 m. Soudain, il entend un bruit très important. Le bateau, après avoir surfé, s'est planté dans le creux d'une vague et s'est plié au niveau du pied de mât. L'étrave et l'arrière du bateau forment un angle de 90°. Kevin Escoffier rentre immédiatement dans le cockpit et perçoit l'eau qui monte très vite. Il envoie un message écrit à l'équipe PRB « Je coule. Ce n'est pas une blague. MAYDAY » reçu par Jean-Marc Le Failler, enfile immédiatement sa combinaison de survie (TPS) et s'empare de la balise de détresse du bateau. L'eau pénètre ensuite dans le matériel électronique qui produit de la fumée. Le radeau de survie situé à l'avant du bateau est déjà sous trois mètres d'eau. Kevin Escoffier utilise un couteau pour prendre le radeau de survie arrière qui est, lui aussi, sous l'eau mais beaucoup moins profond. Emporté par une déferlante, il n'a pas d'autre choix que de quitter le bateau et de déclencher le gonflage de son radeau dans lequel il peut ensuite monter[17],[18],[19],[20].

Il déclenche la balise de détresse du bateau à 14 h 46 (CET). Son signal est perçu par le CROSS Gris-Nez qui téléphone au directeur de course du Vendée-Globe, Jacques Caraës. Il déclenche une seconde balise qu’il porte toujours dans son ciré. Il peut alors voir la pointe de l’étrave de PRB dirigée vers le ciel.

Les secours (dont le MRCC Cape Town) se mettent en place en liaison avec, entre autres, à terre, Sébastien Josse, Christian Dumard, Jean-Jacques Laurent, Yves Auvinet, et Météo France qui permet l'utilisation d'un simulateur de dérive. Le bateau cargo le plus proche est à une vingtaine d'heures. Jacques Caraës communique à Jean Le Cam, à bord de Yes We Cam!, concurrent le plus proche, deux heures derrière, les coordonnées de la balise de détresse AIS MOB Man Over Board (40° 55′ S, 9° 18′ E )[21] pour qu'il s'y déroute avec l'autorisation d'utiliser son moteur.

Arrivé vers 17 h sur zone, Jean Le Cam aperçoit le radeau de survie de PRB, puis son skipper à l'intérieur. Le temps de manœuvrer pour revenir sur le radeau, handicapé par des creux de plus de 5 mètres, par des problèmes de moteur et par la nuit tombante, Jean le Cam perd le contact visuel et ne retrouve pas le signal de l’AIS dont la portée est réduite en raison de la mer formée. Malgré cinq à sept passages dans la zone, Kevin Escoffier est introuvable.

La direction de course demande à Yannick Bestaven (à bord de Maître CoQ IV) et à Boris Herrmann (à bord de Seaexplorer - Yacht Club De Monaco) puis à Sébastien Simon (à bord de Arkea-Paprec) de se diriger vers le radeau de survie, organisant un quadrillage de la zone suivant une procédure concertée entre les quatre skippers portant secours (voilure réduite, déplombage du moteur), qui reçoivent de Jacques Caraës un nouveau point de positionnement. Au moment du contact visuel avec Jean Le Cam, Kevin Escoffier prend espoir mais s’attend à devoir attendre la levée du jour et le retour de conditions météo plus faciles car vers 17 h, la houle et le vent rendent un transbordement très difficile[17].

Protégé des vagues qui tapent par une simple toile, Kevin Escoffier passe une douzaine d’heures dans son radeau de survie sur une eau à une douzaine de degrés Celsius. Il éteint sa balise individuelle pour que sa batterie reste chargée et pour être certain de pouvoir la rallumer si besoin le lendemain. Il pense à sa femme et sa fille. Il s’assoupit quelque temps et mange des rations de survie. Il doit écoper un peu d'eau qui réussit à entrer dans le radeau. Puis, dans la nuit, il entend le claquement de voile qui lui fait ouvrir la fermeture éclair de son radeau. Il voit le bateau de Jean Le Cam qui a fini par percevoir un point lumineux émis par le radeau de survie. Il s’est rapproché, s’est mis au vent du radeau et s’est laissé dériver jusqu'à lui. Il lui envoie un bout avec un flotteur que Kevin Escoffier arrive à attraper, permettant aux deux embarcations de se rapprocher l'une de l'autre. Yes we Cam! est ballotté par la houle au point que son hélice sort parfois de l’eau. Son moteur est à fond en marche arrière. Kevin Escoffier peut enfin accrocher la barre de transmission et sauter à bord de Yes we cam! finalisant son sauvetage vers 2 h 08 heure française le 1er décembre 2020.

Quelques heures après le sauvetage, il déclare qu'il continuera à faire du bateau[réf. nécessaire].

Le 6 décembre, Kevin Escoffier est transbordé du bateau de Jean Le Cam sur une petite embarcation semi-rigide puis de celle-ci vers la frégate militaire française le Nivôse prépositionnée aux îles Kerguelen.

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • 2010
    • Record de la traversée de la Méditerranée, à bord de Maxi Banque populaire V[4], mené par Pascal Bidégorry
  • 2018
    • 1er de la Volvo Ocean Race, à bord de Dongfeng Race Team, mené par Charles Caudrelier[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Actualités - Kevin Escoffier officiellement inscrit - Vendée Globe », sur www.vendeeglobe.org (consulté le 27 avril 2020)
  2. a et b « Kevin Escoffier », sur archive.theoceanrace.com, 2019 (consulté le 21 juillet 2020).
  3. a b c d et e « Kevin Escoffier, PRB », sur vendeeglobe.org (consulté le 21 juillet 2020).
  4. a b c d e f g h et i D'après Philippe Hillion, « Escoffier Kevin », sur lereportersablais.com (consulté le 21 juillet 2020).
  5. « À la rencontre de Kevin Escoffier », sur vendeeglobe.org, 29 août 2020 (consulté le 16 septembre 2020).
  6. a b et c Serge Messager, « Vendée-Arctique-Les Sables. Kevin Escoffier : « Nous sommes comme les pilotes de course », sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, 4 juillet 2020 (consulté le 23 juillet 2020).
  7. a et b Avec AFP, « Les Escoffier et le duo Dick-Peyron grands gagnants de la Transat Jacques-Vabre », sur lemonde.fr, 19 novembre 2005 (consulté le 24 juillet 2020).
  8. a b c et d « Imoca. Kevin Escoffier remplace Vincent Riou sur PRB », sur letelegramme.fr, 21 décembre 2018 (consulté le 21 juillet 2020).
  9. « Loïck Peyron indétrônable ! » sur adonnante.com, 7 janvier 2016 (consulté le 23 juillet 2020).
  10. « Transat Jacques-Vabre : Kevin Escoffier embarque Nicolas Lunven », sur lequipe.fr, 29 mai 2019 (consulté le 21 juillet 2020).
  11. a et b « Imoca. Kevin Escoffier : « J’ai dit oui à PRB en 5 minutes », sur ouest-france.fr, 21 décembre 2018 (consulté le 24 juillet 2020).
  12. « PRB se met aux foils, l'Imoca de Vincent Riou retrouve son élément ce lundi à Port-la-Forêt : « C’était une évidence », sur scanvoile.com, (consulté le 24 juillet 2020).
  13. a b c d e et f « Kevin Escoffier », sur imoca.org (consulté le 21 juillet 2020).
  14. « à propos », sur imoca.org (consulté le 16 novembre 2020).
  15. « Kevin Escoffier : « La compétition en solitaire, c'est passionnant ! » sur imoca.org, 6 juillet 2020 (consulté le 21 juillet 2020).
  16. « Victoire de Jérémie Beyou sur Charal », sur lequipe.fr, (consulté le ).
  17. a et b « Actualités - Kevin Escoffier : « Le bateau s’est comme replié » - Vendée Globe », sur www.vendeeglobe.org (consulté le 1er décembre 2020)
  18. « Actualités - Jean Le Cam récupère Kevin Escoffier sain et sauf - Vendée Globe », sur www.vendeeglobe.org (consulté le 1er décembre 2020)
  19. « Vendée Live #24 [FR] », sur Youtube.com, (consulté le 1er décembre 2020)
  20. « « Un truc de barjot », raconte Kevin Escoffier (PRB) à propos de son avarie sur le Vendée Globe », sur L'Équipe (consulté le 1er décembre 2020)
  21. « Kevin Escoffier déclenche sa balise de détresse, Jean le Cam se déroute », sur www.vendeeglobe.org (consulté le 28 novembre 2020)
  22. « Premier rendez-vous pour Loïck Peyron et le Maxi Banque Populaire V », sur snsmlyon.fr (consulté le 24 juillet 2020).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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