Bernard Friot (sociologue)

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Bernard Friot
Bernard Friot - Bourse du travail de Grasse - feb 2015.png
Bernard Friot le 27 février 2015 à la bourse du travail de Grasse.
Fonctions
Professeur d'université (d)
Professeur émérite
Maître de conférences
Biographie
Naissance
Nationalité
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Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Influencé par

Bernard Friot est un sociologue et économiste français né le à Neufchâteau (Vosges), professeur émérite à l'université Paris-Nanterre (Paris X)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est militant du Parti communiste français depuis le début des années 1970[2].

Bernard Friot commence sa carrière universitaire en 1971 à l'IUT de l’université de Lorraine en tant qu'assistant puis maître de conférences en économie. Sa thèse d’État d’économie soutenue en 1993 porte sur la construction de la Sécurité sociale en France de 1920 à 1980[3]. Il y conteste l’interprétation de 1945 qui fait de « la Sécurité sociale un élément nécessaire à la période fordiste du capitalisme ». Il insiste au contraire sur « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire »[2].

Il anime l'Institut européen du salariat et l'association d'éducation populaire Réseau Salariat, qui promeut l'idée d'un « salaire à vie » pour tous, une proposition alternative au revenu de base[4], idée que Friot dénonce comme étant « la roue de secours du capitalisme »[5].

Travaux et prises de position[modifier | modifier le code]

Ses recherches portent sur la sociologie du salariat[6] et la comparaison des systèmes de protection sociale en Europe. Ses travaux ont également porté sur les retraites, allant à l'encontre des réformes proposées par le gouvernement en 2010[7].

Il a plusieurs fois contesté des idées communément admises, comme en 2010 quand il soutient que le « chômage des jeunes » est un « mensonge d’État », car il s'applique en réalité aux jeunes actifs (c'est-à-dire à la recherche d'un emploi) et donc que « un taux de chômage de 25 %, cela veut dire que le quart de 30 % des jeunes est au chômage. Le quart de 30 % c'est 7,5 %, c'est 1 sur 12. C'est le poids du chômage qu'on trouve dans toutes les tranches d'âge et il n'y a aucune spécificité du poids du chômage chez les jeunes »[8].

Ses thèses autour du salaire à la qualification personnelle, son invention d'un salaire socialisé qui s'appliquerait aussi aux étudiants considérés en économie comme « non-actifs », sont reprises à leur compte par plusieurs associations et syndicats étudiants, notamment l'Union des étudiants communistes et Solidaires Étudiant-e-s, qui y fait explicitement référence dans sa charte[9]. Sa définition de la laïcité est de comprendre celle-ci comme étant un outil d’émancipation par rapport à des croyances considérées comme religieuses dans le domaine économique, croyances qui assurent selon lui le maintien du capitalisme[10],[11].

Il est à l'origine de la création en 2011 de l'association d'éducation populaire Réseau salariat[12].

Il dirige aux éditions Éditions La Dispute la collection Travail et salariat qui publie notamment des auteurs appartenant à l’Institut européen du salariat (IES), réseau de chercheurs en sciences sociales « qui promeut l’histoire, l’observation et la théorie du salariat, entendu comme un ensemble d’institutions de valorisation du travail concourant à la constitution d’une classe de salariés »[13].

Il a participé à deux émissions du site Hors Série pour présenter le salaire à la qualification personnelle, interrogé par Judith Bernard en septembre 2015 pour évoquer son ouvrage Émanciper le Travail et en septembre 2017 à l'occasion de la publication de Vaincre Macron.

Le 30 novembre 2015, il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[14],[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Université Paris Ouest Nanterre La défense - Bernard Friot
  2. a et b Bernard Friot « Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire » - Cécile Rousseau, L'Humanité, 14 août 2013
  3. Protection sociale et salarisation de la main d'œuvre : essai sur le cas français http://www.theses.fr/059765194
  4. Salaire universel, revenu universel, sécurité sociale professionnelle ? - Parti de gauche, Réseau salariat/Dailymotion, 22 août 2013 [vidéo]
  5. Émission Ce soir (ou jamais !) du 7 juin 2013 sur France Télévisions
  6. Louis Moreau de Bellaing, Bernard Friot, Puissances du salariat. Emploi et protection sociale à la française, Paris, la Dispute, 1998 (compte-rendu), L'Homme et la société, Année 1999, 134, p. 162-163
  7. Bernard Friot, L'Enjeu des Retraites, Paris, La Dispute, (ISBN 978-2-84303-163-2)
  8. Émission de radio Là-bas si j'y suis du sur France Inter
  9. Charte de Solidaires Étudiant-e-s – Syndicats de Luttes — « 2. L’étudiant-e »
  10. « Bernard Friot : Religion Capitaliste & Laïcité » [vidéo], YouTube,
  11. Ballast, « BALLAST | Interview de Bernard Friot : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire » », sur BALLAST, (consulté le 11 avril 2019) : « La majorité des chercheurs en sciences sociales écrivent l’histoire du point de vue de la domination de classe. Par leur fascination pour le pouvoir, ils sont un élément décisif du clergé de la religion capitaliste. Je ne parle pas ici des économistes orthodoxes, dont j’ai dit dès le début qu’ils sont le haut clergé de cette religion et qui pratiquent d’ailleurs, non pas la science sociale (pouah !), mais la science tout court ! Je parle d’un bas-clergé d’autant plus efficace qu’il critique une domination capitaliste dont il nie qu’elle ait commencé à être radicalement mise en cause. On retrouve là un ingrédient constitutif de la religion, qui, je le rappelle, n’est pas simple soumission, mais aussi soupir du soumis contre son maître. De même que la croyance dans la damnation des riches après la mort entretenait la soumission dans cette vie à ces riches haïs, de même la croyance dans une révolution qui n’aura jamais lieu que demain entretient le mythe de l’impuissance des dominés aujourd’hui. »
  12. Site officiel de Réseau salariat
  13. « L’IES: Présentation », sur Institut Européen du Salariat (consulté le 12 avril 2019)
  14. « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Mediapart,
  15. « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point/AFP,

Liens externes[modifier | modifier le code]