Pierre Laroque

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Pierre Laroque
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Pierre Laroque, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un haut fonctionnaire français. Il a été Directeur général des assurances sociales, puis de la Sécurité sociale d'octobre 1944 à octobre 1951. Souvent appelé le « père » de la sécurité sociale de 1945, c'est pourtant de concert avec Alexandre Parodi, ministre du Travail de septembre 1944 à novembre 1945, et Ambroise Croizat, député et ministre communiste du Travail et de la Sécurité sociale de novembre 1945 à mai 1947, qu'a été élaborée cette réforme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Conseil d'État[modifier | modifier le code]

Admis au Conseil d'État en 1929, Pierre Laroque doit à son entrée en 1931 au cabinet d'Adolphe Landry, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, de devenir un spécialiste des assurances sociales.

En mars 1938, il rédige un rapport intitulé « Les Nord-Africains en France », qui critique notamment le Service de surveillance et de protection des Nord-Africains, dépendant de la préfecture de police de Paris[1]. Il préconise dans le rapport la dissociation des activités de protection sociale et des activités répressives concernant les immigrés d'origine nord-africaine, mais faute de temps ces réformes ne sont pas mises en œuvre par le gouvernement de Front populaire[1].

Cabinet ministériel sous Vichy[modifier | modifier le code]

Il entre dans le cabinet du ministre René Belin dans le premier gouvernement du régime de Vichy, et participe à la rédaction de la loi du 16 août 1940 sur la réorganisation économique et suit le dossier des assurances. Avec Alexandre Parodi, il rédige un projet de « réforme des législations sur les Assurances sociales, les Allocations familiales et les congés payés ». De ce projet aboutira l’allocation aux vieux travailleurs salariés qui instaure en France le régime de retraite par répartition, formant ainsi la base de ce que sera la Sécurité Sociale[2].

Révoqué en octobre 1940 pour des origines juives comtadines, il entre dans le secteur privé, participe à Lyon à l'organisation de résistance « Combat » et rejoint Londres en avril 1943.

Fondateur de la sécurité sociale[modifier | modifier le code]

Rentré en France en juin 1944 avec le général de Gaulle, il est nommé directeur général de la Sécurité sociale française le 5 octobre 1944[3].

Remplacé par Jacques Doublet, il retourne au Conseil d'État en octobre 1951. Il est nommé président d'une sous-section de la section du contentieux deux ans plus tard, puis président adjoint en 1959, ce qui lui vaudra en 1962 d'affronter le général de Gaulle à propos de l'exercice des pouvoirs spéciaux au titre de l'article 16 de la Constitution (arrêt Canal). Président de la Caisse nationale de Sécurité sociale de 1953 à 1967, il constitue et préside la « Commission d'Étude des problèmes de la Vieillesse » qui aboutit en janvier 1962 au célèbre « rapport Laroque ». En août 1964, il est enfin nommé président de la section sociale du Conseil d'État, fonction qu'il exerce jusqu'à sa retraite en 1980.

Héritage[modifier | modifier le code]

Longtemps titulaire de la chaire de Questions sociales à l'Institut d'études politiques de Paris, il a formé des générations de fonctionnaires et de syndicalistes et a publié des mémoires : Au service de l'Homme et du Droit. Souvenirs et réflexions[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur par le décret du 13 juillet 1984[5].

Michèle Laroque, comédienne et humoriste, est parente au 7e degré de Pierre Laroque.

Hommage[modifier | modifier le code]

En 2006, la place Pierre-Laroque dans le 7e arrondissement de Paris est baptisée en son hommage.

Pensée[modifier | modifier le code]

Pour Pierre Laroque, « chaque classe forme un groupe relativement clos ; le passage de l'une à l'autre, sans être impossible, est difficile »[6]. La distinction des classes a une base « très largement économique », découlant des rapports de travail. La structure sociale tend à être dominée par une différenciation entre « une classe capitaliste, propriétaire des moyens de production », et « une classe de salariés ou prolétaires »[7]. Les « conflits de classes » se situent soit dans le cadre « de la structure sociale existante », soit remettent « en cause cette organisation sociale ». Mais « la difficulté rencontrée par une classe à obtenir ce qu'elle recherche dans le cadre de la structure existante peut la conduire progressivement à remettre en cause cette structure. »[8]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Blanchard, Emmanuel (2004), La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : la fin d’une police d’exception pour les Algériens de Paris (1944-1953) ?, in Bulletin de l'IHTP, no 83, juin 2004, dossier « Répression, contrôle et encadrement dans le monde colonial au XXe siècle ».
  2. Michel Dreyfus, Danièle Voldman, Michèle Ruffat et Vincent Viet, Se protéger, être protégé: Une histoire des assurances sociales en France, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753532359, lire en ligne)
  3. « 1945 : la création de la Sécurité sociale », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  4. Association pour l'Étude de l'Histoire de la Sécurité sociale, Paris
  5. Décret du 13 juillet 1984 portant élévation à la dignité de grand-croix et de grand officier et promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur
  6. Pierre Laroque, Les Classes sociales, Que sais-je ? no 341, 1977, p. 3.
  7. Pierre Laroque, Les Classes sociales, Que sais-je ? no 341, 1977, p. 21.
  8. Pierre Laroque, Les Classes sociales, Que sais-je ? no 341, 1977, p. 37 et 38.
  9. Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]