Bella Bellow

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Bella Bellow
Nom de naissance Georgette Nafiatou Adjoavi
Naissance
Tsévié, Drapeau du Togo Togo
Décès (à 28 ans)
Lilikopé, Drapeau du Togo Togo
Activité principale Chanteuse, compositrice, parolière
Genre musical Blues, musique africaine
Années actives De 1960 à 1973

Bella Bellow, de son vrai nom Georgette Nafiatou Adjoavi Bellow, née le à Tsévié et morte dans un accident de la route le à Lilikopé, est une chanteuse, compositrice et parolière togolaise.

Elle a l'occasion de se produire sur des scènes internationales, comme l'Olympia de Paris et le Stade Maracana de Rio de Janeiro. Toujours habillée en pagne wax, elle chante majoritairement dans sa langue maternelle, le mina (Gen). De sa voix rauque, elle a participé à la diffusion de la musique populaire togolaise et africaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Bella Bellow naît le à Tsévié, ville située à plus d'une trentaine de kilomètre de Lomé, dans la préfecture de Zio. Issue d'une famille nombreuse, de père d'origine nigériane et d'une mère d'origine ghanéenne, elle est la fille aînée d'une fratrie de sept enfants. Ses talents de chanteuse étant reconnus très tôt, elle est sollicitée dans sa ville natale pour chanter lors des manifestations culturelles et artistiques, ce qui fait naître en elle le goût pour les musiques et les danses traditionnelles[1].

Elle conjugue études et carrière artistique naissante avec un Brevet d'études du premier cycle (BEPC) obtenu au Lycée Bonnecarrère à Lomé (Togo). Une fois ses études primaires et secondaires effectuées, elle regagne Abidjan pour une formation en secrétariat, et en profite pour suivre des cours de solfège à l'Institut des Arts.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1965, elle chante à Cotonou à l'occasion de la fête de l'indépendance du Bénin, l'ex-Dahomey. En avril 1966, sa participation au premier Festival mondial des arts nègres à Dakar au Sénégal amorce une notoriété plus internationale[2]. Paul Ahyi, peintre togolais qu'elle avait eu comme professeur, lui organise une rencontre avec un impresario, Gérard Akueson. Il rassemble autour d'elle une équipe de musiciens : Slim Pezin à la guitare, Jeannot Madingué, à la basse, Ben's à la batterie et Manu Dibango au clavier et à l’arrangement[2]. Elle enregistre en 1969 Rockya, son premier album, sous le nom de scène Bella Bellow[3]. Elle met ensuite sur pied son propre groupe, Gabada.

Après le Festival panafricain d'Alger où elle rencontre la Sud-africaine Myriam Makeba, elle se produit à l'Olympia de Paris. Elle participe ensuite à plusieurs concerts en Europe, aux Antilles (Guadeloupe et Guyane) et au Festival de chanson populaire de Rio de Janeiro au Brésil.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En , elle se marie avec un magistrat togolais Théophile Jamier-Lévy, et donne naissance quelques mois plus tard à Nadia Elsa, la fille unique du couple.

Mort[modifier | modifier le code]

Bella Bellow revient le d'Atakpamé, sa ville natale, lorsqu'elle trouve la mort dans un accident de la circulation entre la petite localité de Lilikopé et Tsévié. Elle s'apprêtait à rejoindre l'artiste camerounais Manu Dibango[4]. Elle a 27 ans. Elle est inhumée le au cimetière de la Plage à Lomé[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • L'artiste béninoise Angélique Kidjo interprète Blewu aux cérémonies de commémoration du centenaire de l'Armistice le [6].
  • À l'occasion du quarantième anniversaire de sa disparition, une fondation portant son nom est officiellement lancée le à Lomé. Cette fondation, présidée par Nadia Elsa Agbodjan (l'unique fille de Bella Bellow), a pour but le développement et l'amélioration des conditions de vie et de l'émancipation de la jeunesse togolaise, contribuer au plein épanouissement des enfants déshérités, l’émancipation de la femme africaine en les organisant et en les amenant à réclamer leur droit, promouvoir le développement de la musique, contribuer à la réduction de la pauvreté.
  • L'orchestre Bella Bellow est créé en hommage à la première musicienne togolaise. C'est un groupe composé exclusivement de femmes, qui se produit régulièrement sur les scènes togolaises et sous-régionales. Cet orchestre rend hommage aux héroïnes du continent et entend faire de la musique un moyen d'épanouissement pour la femme.
  • La musicienne togolaise Bella Bellow est visible sur le recto de l'ancien billet de 10 000 francs CFA, émis entre 1979 et 1992, de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO)[7].
  • Elle est en effigie sur plusieurs timbres au Togo[7].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • En 1968, elle sort son premier album, Rockia, à Paris. Elle y est accompagnée par une équipe composée du Camerounais Manu Dibango, au saxophone, au clavier et à l'arrangement, Jeannot Madingué à la basse, Ben's à la batterie et Slim Pezin à la guitare[3].
  • En 1977 sort un album souvenir produit par le label Sonafric, spécialisé dans les musiques africaines[8].

Titres notoires[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Zelié
  • 1968 : Bléwu (Patience)
  • 1968 : Nye dzi (Mon cœur)
  • 1968 : O senye (Mon destin)
  • 1969 : Rockia
  • 1969 : Bouyélé
  • 1969 : Bem bem
  • 1977 : Lafoulou
  • 1977 : Denyigban (La mère patrie)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bella Bellow », Skyrock,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Bella Bellow », Music In Africa,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a et b « Vanessa Worou ou le patrimoine musical de Bella Bellow », sur Centre d'études stratégiques du bassin du Congo (CESBC) (consulté le )
  4. « Entretenir la flamme de Bella Bellow », Radio France internationale,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Bella Bellow : La pionnière de la chanson togolaise moderne », sur ufctogo.com (consulté le )
  6. « Angélique Kidjo interprétant Blewu », sur Youtube
  7. a et b « Bella Bellow,le regret éternel du Togo », sur La Musicaliste (consulté le )
  8. « Bella Bellow - Album Souvenir », sur Discogs (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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