Football féminin

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Un match entre les sections féminines du PSG et l'ASSE

Le football féminin, ou soccer féminin, suit exactement les mêmes règles que le football pratiqué par les hommes. De nos jours, le football féminin est encore très loin de posséder le même statut que son homologue masculin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines aux années 1960[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Débuts du football féminin.
Le British Ladies Football Club (The North team), en 1895. Debout : Lily Lynn, Nettie Honeyball, Williams, Edwards, Ide. Assises : Compton, F. B. Fenn, Nellie Gilbert, P. Smith, Rosa Thiere, Biggs.

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse[1]. Le 23 mars 1895, sous la houlette de Nettie Honeyball, un match de prestige opposant Londres du Nord et Londres de Sud est organisé à Crouch End, Londres. Les Nordistes s'imposent 7-0 (ou 7-1 selon les sources). Le 30 septembre 1917, se tient le premier match de football féminin disputé en France. Ce match met aux prises deux équipes du Fémina Sport (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912). Les clubs parisiens mettent en place le premier championnat juste après la Première Guerre mondiale[2]. Cette compétition s'ouvre aux clubs de province à partir de la saison 1920-1921. Les recettes sont telles, que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l'amateurisme marron[3]. Le Premier match international entre une formation anglaise de Preston, les Dick-Kerr's Ladies, et une sélection des meilleures joueuses françaises a lieu le 29 avril 1920. Ce match déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester. La France gagne 0-2 et boucle cette première tournée anglaise avec 2 victoires, 1 nul et 1 défaite. Les Anglaises se déplacent en France en octobre 1920 avant de jouer un match devant 53 000 spectateurs à Goodison Park.

Une jeune gardienne de but

Le 5 décembre 1921, La Football Association interdit le football féminin entraînant la fondation d'une ligue féminine cinq jours plus tard. La situation est comparable en France avec la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF) qui gère le football féminin en dehors du cadre de la FFFA[4]. Le décès d'une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l'interdiction. Henri Desgrange de (L'Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable! »[5]. Le championnat de France de football féminin où brilla notamment le Fémina Sport, s'arrête en 1933[6]. Pourtant favorable au sport féminin, le Régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes »[7]. Les références au discours médical pour justifier l’inadaptation des femmes à la pratique, ou tout du moins les spécificités de leur jeu, sont fréquentes [8]. Presque anecdotique, la pratique du football par des femmes perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent le football féminin[9]. On recense 2170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4900 la saison suivante[10].

Au niveau international, une première Coupe d'Europe est organisée en 1969[11]. Cette Coupe met aux prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ».

Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970[12]. C'est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l'UEFA (1984)[13] et la FIFA conviennent en (1991) qu'il faut mettre en place des compétitions plus « officielles » comme une Coupe du monde de football féminin et un Championnat d'Europe de football féminin[14].

Le football féminin moderne[modifier | modifier le code]

Suite au renouveau du football féminin qui débute à la fin des années 1960, cette discipline a pu mettre en place des compétitions calquées sur le modèle masculin avec des championnats nationaux, des épreuves internationales de clubs et d'équipes nationales. En Europe, ce mouvement est encadré par les fédérations nationales tandis qu'aux États-Unis, c'est le sport scolaire et les universités qui rendent possible cette évolution. L'adoption le 23 juin 1972 du Title IX permettant de financer le sport féminin scolaire et universitaire américain est déterminant[15]. Le football féminin en profite pleinement même si la pratique à haut niveau se limite seulement à quelques universités américaines: North Carolina Tar Heels au premier chef. Disposant d'une base de joueuses considérable de plusieurs millions de pratiquantes (plus que toutes les nations de l'UEFA réunies), on voit émerger une équipe nationale américaine de premier plan qui remporte deux Coupes du monde en 1991 et 1999, quatre médailles d'or et une d'argent lors des cinq tournois olympiques (1996-2012). Contrairement à sa version masculine, le tournoi olympique féminin met en présence les meilleures formations, sans conditions d'âge et s'impose dès sa première édition en 1996 comme l'un des rendez-vous majeurs du calendrier.

L'Europe et l'Amérique du Sud ne restent pas inactives, mais décident d'appliquer les mêmes schémas que ceux suivis par les pratiquants masculins. Les fédérations mettent ainsi en place des compétitions nationales dont le niveau s'élève progressivement, puis intègrent à leurs sélections nationales une équipe nationale féminine. La Norvège, vainqueur de la Coupe du monde 1995 et deux fois championne d'Europe en 1987 et 1993, et l'Allemagne, quatre fois championne d'Europe de 1989 à 1997, en s'appuyant sur des bases de joueuses plus nombreuses, dominent la fin du XXe siècle. La Norvège connait ensuite un net recul dans la hiérarchie suite à la montée en puissance d'autres nations comme l'Angleterre, la Suède et la France en Europe, le Brésil en Amérique du Sud et la Chine en Asie, tandis que l'Allemagne s'impose comme référence mondiale en remportant les Coupes du monde 2003 et 2007 et deux nouveaux titres européens en 2001 et 2005.

La FIFA publie quatre fois par an depuis juillet 2003 un classement des meilleures équipes nationales de football féminin. Ce classement est dominé par les États-Unis et l'Allemagne depuis plusieurs années[16].

Match international de football féminin

Au niveau des clubs, des intérêts privés américains mettent en place le premier championnat professionnel féminin en 2001 : la Women's United Soccer Association (WUSA). Huit franchises rassemblant les meilleures joueuses du monde, et pas seulement américaines, s'affrontent pendant trois saisons. À la fin de l'édition 2003, la Ligue cesse ses activités en raison d'importants déficits financiers. Ce championnat professionnel ne reprend qu'en 2009 avec la Women's Professional Soccer. Depuis, les meilleures compétitions de clubs se disputent aussi en Allemagne, en Suède ou en Angleterre, où les joueuses évoluent comme semi-professionnelles. À noter qu'en France le statut de joueur fédéral (semi-professionnel), est autorisé pour les joueuses à partir de 2009. Ainsi l'Olympique lyonnais a mis sur pieds une équipe féminine professionnelle depuis l'incorporation de la section féminine du FC Lyon au sein de l'OL en 2004[17]. Les médias français ne donnent que peu d'espace au football féminin. La demi-finale de la Coupe UEFA féminine à laquelle participait le club français de l'Olympique lyonnais fut traitée en une brève de moins de 70 mots dans le journal L'Équipe[18] alors qu'une demi-finale de coupe d'Europe des clubs champions impliquant un club français dans n'importe quelle autre discipline, (masculine ou féminine confondus), bénéficie d'un traitement bien plus conséquent. Tandis que plusieurs clubs de l'Hexagone trainent des pieds pour mettre en place des équipes féminines, en Allemagne la situation est toute différente. La Fédération allemande annonce ainsi en avril 2008 avoir dépassé le cap du million de licenciées féminines[19]. La France présente un des taux les plus faibles des pays occidentaux : en 2000, les footballeuses représentent seulement 1,4 % des effectifs de la fédération française (soit 28 065 licenciées)[20] ; on ne compte que 60 521 licenciées féminines au 1er juillet 2007[21]. Les meilleurs clubs européens se rencontrent chaque saison depuis la saison 2001-2002 en Coupe UEFA féminine. Les clubs allemands et suédois dominent les palmarès, mais l'équipe féminine de l'Olympique lyonnais est double tenante du trophée en mai 2011 et 2012 et devient le meilleur club d'Europe.

En 2011, le Japon devient la quatrième nation à gagner la Coupe du monde en disposant des États-Unis (2-2 a.p et 3-1 aux tirs au but).

Compétitions[modifier | modifier le code]

La première compétition de football féminin fut le championnat de France qui fut mis en place entre 1919 et 1932. Au niveau international, une première "Coupe d'Europe" est organisée en 1969. Elle met aux prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ». Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970. C'est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l'UEFA (1984) puis la FIFA (1991) conviennent qu'il faut mettre en place des compétitions plus « officielles ».

Joueuses emblématiques d'hier et d'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurence Prudhomme-Poncet, Histoire du football féminin au XXe siècle, Paris, L'Harmattan, 2003, p.24 (ISBN 2747547302)
  2. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., page 85
  3. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., pages 120-121
  4. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., chapitre « Les obstacles à la diffusion du football féminin », p.107-137
  5. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., page 134
  6. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., page 158
  7. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., page 181
  8. Christine Mennesson « La gestion de la pratique des femmes dans deux sports « masculins » : des formes contrastées de la domination masculine », Staps 1/2004 (no 63), p. 89-106
  9. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., pages 218
  10. Pascal Grégoire-Boutreau, Au bonheur des filles, Saint-Étienne, Les Cahiers intempestifs, 2003, p.38 (ISBN 2911698258)
  11. (it) Luca Bardoni et Gabriele Cecchi, Annuario des calcio femminile 1999-2000, Fornacette (PI), Mariposa, page 4
  12. (it) Luca Bardoni et Gabriele Cecchi, op. cit., page 230
  13. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., pages 223
  14. Laurence Prudhomme-Poncet, op. cit., page 224
  15. (en) « Achieving Success Under Title IX » sur le site du gouvernement américain. Consulté le 4 avril 2008
  16. FIFA, Classement mondial féminin de la FIFA, http://fr.fifa.com/worldfootball/ranking/lastranking/gender=f/fullranking.html
  17. « L'OL à l'accent féminin », sur le site officiel de l'UEFA, le 27 octobre 2007. Consulté le 23 mars 2008
  18. L'Équipe N°19 636 du lundi 7 avril 2008, page 8
  19. France Football, N°3235 du 8 avril 2008, page 6
  20. Christine Mennesson « La gestion de la pratique des femmes dans deux sports « masculins » : des formes contrastées de la domination masculine », Staps 1/2004 (no 63), p. 89-106
  21. Statistiques des licenciés à la FFF, sur le site officiel de la FFF. Consulté le 8 avril 2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Prudhomme-Poncet, Histoire du football féminin au XXe siècle, Paris, L'Harmattan, 2003, 295 p., (ISBN 2-7475-4730-2). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pascal Grégoire-Boutreau, Au bonheur des filles, Saint-Étienne, Les Cahiers intempestifs, 2003, 303 p., (ISBN 2-911698-25-8). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

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