Bataille d'Amiens (1918)

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Bataille d'Amiens (1918)
Le 8 août 1918, toile de William Longstaff
Le 8 août 1918, toile de William Longstaff
Informations générales
Date du 8 au
Lieu Somme, France
Issue Victoire franco-britannique
Belligérants
Drapeau français France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau de l'Australie Australie
Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France Eugène Debeney
Drapeau du Royaume-Uni Henry Rawlinson
Drapeau de l'Australie John Monash
Drapeau de l'Allemagne Georg von der Marwitz
Drapeau de l'Allemagne Oskar von Hutier
Forces en présence
1re armée française
4e armée britannique
IIe armée allemande
XVIIIe armée allemande
Pertes
46 000 mort, blessés ou disparus 40 000 morts, blessés ou disparus
30 000 capturés
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Coordonnées 49° 53′ 38″ N 2° 17′ 39″ E / 49.893913888889, 2.29425 ()49° 53′ 38″ Nord 2° 17′ 39″ Est / 49.893913888889, 2.29425 ()  

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Amiens (1918).

La bataille d'Amiens ou bataille de Montdidier eut lieu du 8 au 15 août 1918, pendant la 3e bataille de Picardie sur le front occidental, en France. Elle fit suite aux victoires allemandes du printemps et de la seconde bataille de la Marne. Les troupes alliées pour la première fois depuis 1918 commencèrent à prendre l'ascendant sur les troupes allemandes. Ce fut la première des batailles victorieuses qui se succédèrent rapidement dans ce qui fut plus tard nommé «l'Offensive des Cent-Jours», jusqu'à l'armistice.

Contexte[modifier | modifier le code]

La signature du traité de Brest-Litovsk avec la Russie permit aux Allemands de transférer des centaines de milliers d'hommes vers le front occidental. Hindenbourg et Luddendorff prévoyaient de lancer plusieurs offensives concrétisant cet avantage et de le transformer en victoire avant l'arrivée en ligne des troupes américaines.

Le 21 mars 1918, l'Empire allemand lança l'opération Michael, la première d'une série d'attaques par lesquelles il se proposait de percer les lignes alliées en plusieurs endroits du front occidental.
L'Opération Michael eut pour but de couper le front en deux en perçant l'aile droite de la Force expéditionnaire britannique pour repousser ces derniers vers les ports et les troupes françaises vers Paris. Après des succès initiaux, l'offensive s'enlisa devant Arras.

Un dernier effort fut tenté contre la ville d'Amiens, nœud ferroviaire vital, mais l'avance allemande fut arrêtée à Villers-Bretonneux le 4 avril par les Australiens appuyés par toutes les unités disponibles amenées tant bien que mal[1].

À l'issue de l'Offensive Marne-Reims, les Allemands perdirent leur supériorité en effectifs et leurs troupes étaient épuisées. Foch, qui commandait en chef les troupes alliées, ordonna une contre-offensive qui aboutit à la deuxième bataille de la Marne. Les Allemands, se rendant compte que leur position était intenable, se retirèrent de la Marne vers le nord. Foch décida alors de faire passer les Alliés à l'offensive[2].

Champ de bataille[modifier | modifier le code]

Le champ de bataille s'étendait de la ville d'Albert à la ville de Montdidier.

Les troupes anglaises se trouvaient entre les villes d'Albert et le canal de la Somme reliant Amiens à Péronne. La IVe armée britannique du général sir Henry Rawlinson était répartie sur 25 km de front, elle était formée de 7 divisions et de 4 divisions de réserve. La IIe armée du général Georg von der Marwitz était déployée entre la ville d'Albert et le canal de la Somme, elle était formée de 10 divisions et de 4 divisions de réserve.

Au sud du canal, était placée la XVIIIe armée allemande du général Oskar von Hutier formée de 12 divisions et de 4 divisions de réserve.

Article connexe : Marius Daille.

Entre le canal et la ligne de chemin de fer entre Amiens et Roye se trouvaient les Australiens du lieutenant-général John Monash et les Canadiens.

Au sud de la ligne de chemin de fer se trouvait la Ire armée française du général Eugène Debeney, elle était formée de 8 divisions et de 4 divisions de réserve.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirigeait l'offensive appelée Bataille d'Amiens. L'attaque était destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens, occupée par les Allemands depuis l'opération Michael, menée au mois de mars.

L'offensive fut déclenchée à 4h 20 du matin et dut avancer méthodiquement sur un front de 25 km. L'attaque précédée par un bref tir de barrage et plus de 400 tanks, survolés par de nombreux avions, ouvrait l'avancée des 11 divisions britanniques engagées dans la première phase de l'assaut. Du côté français, les moyens mis en œuvre étaient plus faibles, la 1re armée française déclencha une préparation d'artillerie de 45 minutes avant le début de l'attaque.

L'attaque franco-britannique fut un succès. Au soir du 8 août, la nouvelle ligne de front passait par les villages de Chipilly, Harbonnières et Beaucourt-en-Santerre soit 12 km plus à l'est. Les troupes françaises quant à elles avaient progressé de 8 km à l'intérieur des lignes allemandes et atteignaient les villages de Villers-aux-Erables et La Neuville-Sire-Bernard.

Le comportement de l'armée allemande donnait des signes de faiblesse, certaines unités en première ligne fuirent les combats sans opposer beaucoup de résistance, d'autres, quelque 15 000 soldats, se rendirent rapidement et 2 000 pièces d'artillerie furent capturées. Le lendemain, de nombreux autres soldats allemands furent faits prisonniers. Quand la nouvelle parvint au général Ludendorff, chef d'état major général adjoint, il qualifia le 8 août de «jour de deuil de l'armée allemande».

Le 10 août, la bataille d'Amiens-Montdidier évolua vers le sud du saillant tenu par les Allemands. La Ire armée française, avec à sa droite la 3e armée (Humbert) en direction de Lassigny, se dirigea sur Montdidier, elle força les Allemands à abandonner la ville et permit la réouverture de la ligne de chemin de fer Amiens-Paris.

Bilan[modifier | modifier le code]

À partir du 12 août, la résistance allemande se fit de plus en plus forte, la première phase de l'offensive arrivait à son terme.

Cependant, les résultats de la bataille d'Amiens du 8 août étaient les plus importants depuis le début de la guerre pour les Alliés :

  • la défaite allemande était nette. Les pertes allemandes s'élevaient à 40 000 hommes tués, blessés et 33 000 prisonniers.
  • Les pertes françaises et britanniques totalisaient 46 000 soldats.
Limite extrême de l'avance allemande le 8 août 1918

Opération du mois de septembre[modifier | modifier le code]

La Bataille d'Amiens terminée, les alliés déclenchèrent la Seconde bataille de la Somme.

30 août - 2 septembre[modifier | modifier le code]

Le repli des troupes allemandes du saillant à l'est d'Amiens était menacé par les attaques répétées des forces franco-britanniques. Les troupes australiennes et néo-zélandaises qui parvenaient à traverser la Somme prirent Péronne et Saint-Quentin. Plus tard, la prise de Quéant obligea les Allemands à abandonner la ligne Hindenburg, d'où ils avaient lancé leur offensive du printemps début mars.

3 - 10 septembre[modifier | modifier le code]

Poursuivis de près par les forces franco-britanniques, les Allemands achevèrent leur repli d'Amiens et occupèrent à nouveau la ligne Hindenburg. Les Britanniques ne purent plus poursuivre leur attaque en raison d'un manque de réserves. La bataille d'Amiens prit donc fin.
Les Britanniques et les Français subirent quelques 42 000 pertes, mais les Allemands perdirent plus de 100 000 soldats, dont 30 000 prisonniers. Le général Erich Ludendorff, chef d'état major général adjoint allemand, acquit la conviction que l'Allemagne ne pouvait plus gagner la guerre.

Décoration[modifier | modifier le code]

  • MONTDIDIER 1918 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historical Atlas of World War I. Anthony Livesey, Henry Holt and Company: New York. 1994
  2. Kaiserschlacht 1918 – The Final German Offensive. Randal Gray, Grolier Educational: Danbury, Connecticut. 1997

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]