Elsa Schiaparelli

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Elsa Schiaparelli
Shocking Pink Schiaparelli.jpg

Le fameux rose shocking, devenu sa signature.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Celestino Schiaparelli (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Giovanni Schiaparelli (oncle), Berry Berenson (petite-fille (d)), Marisa Berenson (petite-fille (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web

Elsa Schiaparelli, née le à Rome[1] et morte le (à 83 ans) à Paris, est une créatrice de mode[n 1] italienne, dont les activités de haute couture cessèrent en 1954. Elle est notamment l'inventrice du « Rose shocking ». En 2012, il est annoncé que la marque s'installe de nouveau à Paris au siège historique de la place Vendôme.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine italienne, issue d'une famille d'universitaires, fille de l'orientaliste Celestino Schiaparelli, Elsa Schiaparelli est la nièce de Giovanni Schiaparelli[4], inventeur des canaux martiens. Elle naît à Rome, au palais Corsini[5].

Elle étudie la philosophie, écrit des poèmes érotiques mais sa famille l'envoie au couvent, où elle entreprend une grève de la faim. Elle part pour Londres au début des années 1910[5]. Elle est l'épouse du comte Wilhelm de Wendt de Kerlor, un théosophe, rencontré dans la capitale britannique en 1912. Ensemble, ils eurent une fille, la comtesse Maria Luisa Yvonne Radha de Wendt de Kerlor. Elle est donc la grand-mère de Marisa et Berry Berenson, femme de l'acteur Anthony Perkins. Son mari la quitte ensuite pour la danseuse Isadora Duncan, à New York. Elle vit ensuite à Paris, où elle se lie d'amitié avec les dadaïstes et parcourt les marchés aux puces, où elle chine de beaux objets revendus ensuite à des antiquaires[5].

En 1927, elle ouvre à Paris son premier magasin, Pour le Sport, au 4 rue de la Paix[5]. Elle y crée des pulls avec de grands nœuds en trompe-l'œil qui font ses premiers succès (ses pulls sont qualifiés de « chef d'œuvre » par Vogue[5]). Quelques années plus tard, elle s'installe dans les locaux de la maison Chéruit, 21 place Vendôme (hôtel de Fontpertuis, avec 5 étages, 98 pièces et 500 employées)[5]. Pleine de « fantaisie[6] », Elle collabore avec des artistes surréalistes tels Salvador Dalí (qui crée un tissu avec homard pour l'une de ses robes), Jean Cocteau[1] ou Alberto Giacometti au cours des années 1930, mais également Jean-Michel Frank dont Elsa financera en partie la boutique parisienne. Ces artistes vont créer pour Schiaparelli des motifs, des objets, des décors, des accessoires[7]. Arletty compte parmi ses clientes[6], ainsi que Wallis Simpson[5].

Elle introduit dans l'esthétique vestimentaire de l'époque la dimension symbolique et le détournement de fonction, notamment en transformant un escarpin en chapeau ; selon Jean-Paul Gaultier, parlant de la fermeture éclair, « elle fut la première à placer le zip comme élément décoratif... comme une broderie »[1] ; elle introduit également le tweed pour le soir, la jupe-culotte et présente des silhouettes avec des épaules remboursées[5]. En 1936, elle lance le parfum Shocking dont le flacon qui représente un torse de femme, moulé d'après Mae West, fait scandale[n 2]. Elle réalise des costumes pour le cinéma, dont les films Femmes et Every Day's a Holiday (en)[7]. Comme le souligne Gertrud Lehnert, « Elsa Schiaparelli est l'une des personnalités les plus brillantes de l'histoire de la haute couture. Elle conçoit la mode comme un art, intrinsèquement lié à l'évolution des beaux-arts, et notamment de la peinture »[9]. Elle collabore ainsi avec des artistes comme Salvador Dalí. Elsa Schiaparelli est à cette époque considérée comme la rivale de Coco Chanel, qui déclare : « Schiaparelli déguise les femmes, moi je les habille ! »[5]. En 1940, elle s'exile aux États-Unis jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale[1] et confie sa maison de couture à un bras droit avant de revenir en France après la Libération[5].

Elle embauche un jeune modéliste, Hubert de Givenchy[10], qui ouvrira plus tard sa propre maison de haute couture. Elsa Schiaparelli développe les licences de fabrication[6]. En 1954, victime de difficultés financières, elle doit fermer boutique et déménage à New York. Après 1959, elle fait partie du Comité de réceptions de la Biennale de Paris. Elle meurt le à Paris, après une vie pleine de « créativité »[7]. Ses traits nous restent fixés par des portraits signés de Man Ray et de Jean-Francis Laglenne.

Renaissance[modifier | modifier le code]

En 2007, Diego Della Valle du groupe Tod's, également propriétaire du chausseur Roger Vivier, rachète la marque.

Au printemps-été 2012, the Met de New York la réunit à Miuccia Prada dans une exposition[11] nommée « Impossible Conversations ». Outre une étonnante conversation virtuelle filmée entre ces deux icônes de la mode, l'exposition met en relief les affinités entre les créations de Schiaparelli des années 1920 -1950 et celles contemporaines de Prada.

Après 60 ans d'absence, la marque annonce son retour[12], en juillet 2012, au 21 de la place Vendôme (ancienne adresse de la créatrice jusqu'en 1954) dans des salons décorés, de façon décrite comme « fantasque[n 3] », en partie par Vincent Darré[7]. Farida Khelfa, ancienne muse de Jean Paul Gaultier, en devient l'égérie publicitaire, et le couturier Christian Lacroix dessine une collection en hommage à la créatrice[13]. La direction de la création est assurée par le styliste Marco Zanini[14]. La marque devient « Membre invité » par la Chambre syndicale de la haute couture à la fin 2013[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Et Schiaparelli créa la mode, de Sabine Carbon Anna Piaggi[15]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Elsa Schiaparelli, Shocking Life, Londres, V & A Publications, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Créatrice de mode plutôt que grande couturière. Elle eut une activité de haute couture : dans le chapitre consacré à Schiaparelli, Yann Kerlau précise, en citant l'autobiographie de la « couturière », que celle-ci « ne connaissait rien à la couture. Son ignorance dans ce domaine était totale[2]. » Coco Chanel - sa « grande concurrente » d’après Jean-Paul Gaultier[1] - utilisait une forme de dérision envers Schiaparelli, moquant son absence de formation de la couture[3].
  2. L'anecdote est reprise dans un article abordant l'histoire des couturiers ayant travaillé pour le cinéma américain : « puis Elsa Schiaparelli qui habillera la déesse du sexe, Mae West, à distance, puisque refusant de se rendre à Hollywood. Alors qu'elle reçoit à Paris le mannequin en forme de buste de la pneumatique Mae, Schiaparelli se serait écriée « Schocking ! », exclamation qui deviendra le nom de son parfum star, dont le flacon bombé aura la forme du buste de Mae West[8] ».
  3. Farida Khelfa décrit la décoration dans une interview : « Tout est improvisé, […] sans unité de style ou d'époque, mais ça fonctionne. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Et Schiaparelli créa la mode, de Sabine Carbon Anna Piaggi
  2. Yann Kerlau 2010, p. 132
  3. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ , 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, présentation en ligne), « Les reines de la couture 1901 - 1959 », p. 126
  4. (en) « Shocking! The Art and Fashion of Elsa Schiaparelli - teacher's pack » [PDF], Philadelphia Museum of Art (consulté le 2 novembre 2009)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Anne-Cécile Beaudoin, « Schiaparelli - La Renaissance », Paris Match, semaine du 20 au 26 mars 2014, pages 102-104.
  6. a, b et c Jacques Brunel, « Schocking new », Vogue Paris, no 929,‎ , p. 92 à 93 (ISSN 0750-3628)
  7. a, b, c et d Patrick Cabasset (photogr. Christophe Roué), « La nouvelle vie de Schiaparelli », L'Officiel Paris, no 969,‎ , p. 240 à 245 (ISSN 0030-0403)
  8. Nelly Kaprièlian, « Miuccia la magnifique », Vogue Paris, Condé Nast Publications, no 937,‎ , p. 128 (ISSN 0750-3628)
  9. Gertrud Lehnert, Histoire de la mode au XXe siècle, ML Éditions, p. 38
  10. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), « Les nouvelles ressources de la profession », p. 123
  11. Elizabeth Gouslan, « Elsa Schiaparelli et Miuccia Prada, figures du style », sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro Madame,‎
  12. « Cocktail chez Schiaparelli », sur L'Officiel Paris, Éditions Jalou,‎
  13. (en) « Schiaparelli Fall Couture 2013 », Runway, sur wwd.com, WWD,‎ (consulté le 7 juillet 2013)
  14. a et b AFP, « Schiaparelli revient sur les podiums de la haute couture », Mode, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 11 décembre 2013)
  15. Diffusé sur Arte le 27 septembre 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]