Académie des langues kanak

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L’Académie des langues kanak (sigle ALK) est une académie chargée de promouvoir les langues kanak parlées dans la collectivité territoriale de Nouvelle-Calédonie. Prévue par l'accord de Nouméa, et par la loi organique subséquente, elle a été créée par la délibération n° 265 du Congrès de la Nouvelle-Calédonie du portant création et organisation de l'académie des langues kanak.

État et statut des langues kanaks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues kanak.

Le paysage linguistique kanak se caractérise d'abord par sa diversité, trait majeur de l'ensemble culturel océanien. Les langues kanak, au sens de l'ALK, appartiennent à la famille des langues austronésiennes, à l'exception du tayo, créole de Saint-Louis. L’A.L.K. considère qu'il existe aujourd'hui 40 langues et dialectes parlés en Nouvelle-Calédonie se décomposant ainsi :

  • 28 langues, classées en 3 groupes principaux : 13 langues du nord, 11 langues du sud et 4 langues des Loyauté ;
  • 11 dialectes
  • 1 créole : le tayo (Le Mont-Dore).

À partir des chiffres du recensement de 1996, le Laboratoire des civilisations à traditions orales (Lacito, qui relève du CNRS) a fait une estimation de 75 411 locuteurs, mais la réalité doit se situer en deçà (recensement de 2004 : 62 648 locuteurs), ainsi répartis :

  • îles Loyauté : 22,4 %
  • province Nord : 35,5 %
  • province Sud : 42,1 %.

Les trois langues les plus parlées sont le drehu (13 249 locuteurs), le nengone (7 958) et le paicî (6 056).

Pour l'administration, quatre langues kanak figurent en tant qu'épreuve facultative dans plusieurs concours de la fonction publique néo-calédonienne : l'ajië en plus des trois déjà citées.

Organisation[modifier | modifier le code]

Axes d'intervention[modifier | modifier le code]

Les deux axes d'intervention de l’ALK sont la normalisation d'une part, la promotion et le développement d'autre part du patrimoine linguistique.

En matière de normalisation, l'ALK doit faire l'état des normes d'usage pour les langues qui en sont déjà dotées et développer une norme pour celles qui n'en possèdent pas, en veillant à maintenir une cohérence d'ensemble.

Pour la promotion et le développement des langues kanak, son rôle doit consister à favoriser l'innovation linguistique, à participer à la validation des outils nécessaires, des enseignants, des programmes d'enseignement et des contenus, en liaison avec les autorités compétentes. Elle doit ouvrir des nouveaux espaces d'expression (santé, médias, éducation, transports, environnement et administration notamment).

Sections régionales[modifier | modifier le code]

Il est prévu 8 sections régionales qui travaillent avec les conseils d'aires coutumières. Chaque section a à sa tête un académicien, désigné par le Sénat coutumier sur proposition du conseil coutumier.

Direction[modifier | modifier le code]

L'ALK est dirigée par un directeur et administrée par un conseil d'administration. Un conseil scientifique et technique assiste le conseil d'administration par ses avis consultatifs sur les questions linguistiques. Outre les huit académiciens, certains organismes siégent au conseil d'administration avec voix consultative : l'Agence de développement de la culture kanak (ADCK) ou encore l'université de la Nouvelle-Calédonie. La création de l'ALK a été inscrite dans le contrat de développement inter-collectivités 2006-2010.

Depuis 2007, la direction est ainsi constituée :

  • Directeur : Weniko Ihage (tribu de Luecilla, district de Wet, Lifou, langue drehu), écrivain (coauteur avec Déwé Gorodey d'un recueil de nouvelles, Le vol de la parole en 2002), ancien chargé de mission des langues et des cultures régionales ainsi que de la communication auprès du vice-recteur de Nouvelle-Calédonie (chargé surtout du programme « 400 cadres ») et ancien conservateur du Musée de Nouvelle-Calédonie (dit « Musée territorial »).
  • Responsable administrative et financière : Erna Youale.
  • Responsable scientifique et technique et webmestre : Stéphanie Geneix-Rabault.
  • Secrétaire : Estelle Komedjie.
  • Comptable : Lesse Adjouhgniope.

Académiciens[modifier | modifier le code]

Les académiciens sont désignés par le Sénat coutumier sur proposition du conseil coutumier concerné pour une durée de cinq ans renouvelable. Ils doivent être locuteurs et maîtriser l’écriture d’une langue ou de l’un des dialectes de l’aire considérée et relever coutumièrement de celle-ci. Ils travaillent en étroite collaboration avec les chargés de mission sur les processus de normalisation graphique, de diffusion et de valorisation du patrimoine linguistique qu’ils examinent.

Conseil scientifique[modifier | modifier le code]

Un conseil scientifique (à l'origine dénommé comité de lecture), composé de 10 membres maximum nommés pour une durée de cinq ans (des linguistes, enseignants-chercheurs en la matière), assiste l'ALK dans ses missions. À ce titre, ils accompagnent et supervisent les travaux menés par l’ALK, les chargés de mission et les académiciens.

Les cinq linguistes de référence également membre du Comité scientifique sont :

Deux personnalités représentant l'université d'Auckland sont membres du comité scientifique sans être linguistes de référence :

  • Raylene Ramsay : professeure émérite de langue et littératures françaises de l'université d'Auckland, spécialisée dans la littérature métropolitaine et néo-calédonienne contemporaine.
  • Deborah Walker-Morrisson : professeure associée en langues et littératures françaises de l'université d'Auckland, spécialisée sur le cinéma français, maori et post-colonial.

Enfin, quatre linguistes de référence ne font pas partie du Comité scientifique :

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Le Conseil d'administration de l'ALK comprend 9 membres :

Des membres consultatifs assistent également aux séances du conseil d'administration :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]