Houaïlou

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Houaïlou
Waa Wi Lûû
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province Nord
Aire coutumière Ajië-Aro
Maire
Mandat
Pascal Sawa
2014-2020
Code postal 98816
Code commune 98808
Démographie
Population
municipale
4 240 hab. (2014)
Densité 4,5 hab./km2
Ethnie Kanak : 90,1 %
Métis : 3,5 %
Européens : 3 %
Tahitiens : 1,2 %
Ni-Vanuatu : 0,3 %
Asiatiques : 0,2 %
Wallisiens-Futuniens : 0,2 %
Autres : 0,9 %
Non déclarés : 0,6 %
Géographie
Coordonnées 21° 17′ 27″ Sud, 165° 37′ 18″ Est
Altitude Min. 0 m – Max. 1 444 m
Superficie 940,6 km2
Localisation

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Houaïlou
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Houaïlou
Waa Wi Lûû

Houaïlou (en ajië : Waa Wi Lûû[1]) est une commune française de Nouvelle-Calédonie dans la province Nord, sur la côte est, à 234 km de Nouméa, à 45 km de Ponerihouen (nord-ouest), à 55 km de Kouaoua, à 75 km de Poindimié, et à 71 km de Bourail (sud-ouest, côte ouest).

Elle est éponyme de la vallée.

La commune fait partie de l'aire coutumière Ajië-Aro.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située à environ 3 heures de Nouméa. Pour y accéder, il est possible de passer par le col des Roussettes, une route très sinueuse qui relie Bourail à Houaïlou, de passer par Kouaoua et donc d'arriver par Poro (village qui fait partie de la commune de Houaïlou) ou encore de passer par Ponérihouen au nord.

La vallée de Houaïlou a été, longtemps avant la construction de la route transversale Koné-Tiwaka, l'unique voie de passage pour se rendre de la côte est à la côte ouest par le col des Roussettes.

Lieux, monuments, activités[modifier | modifier le code]

Houaïlou compte

  • quatre supérettes dont le LBK (Libre service Kuter) et le Bweevara (anciennement Kavirhovo),
  • une pharmacie,
  • une boulangerie,
  • un dispensaire,
  • une brigade de gendarmerie composée d'un contingent de gendarmes mobiles,
  • une caserne de pompiers (au-dessus du lotissement du pont et du dock municipal),
  • un monument aux morts dédié aux combattants des deux grandes guerres, au milieu du village.
  • plusieurs établissements scolaires : collège et lycée agricole de Do Neva, collège de Wani, école catholique de Nindhia, et plusieurs écoles en tribu,
  • marché matinal : mardi et vendredi, bihebdomadaire à Poro, et quotidien à Coula,
  • grand marché annuel à Bâ,
  • fête du letchi, en décembre,

Points d'intérêt touristique et patrimonial[modifier | modifier le code]

À la tribu de Ba (à l'extrémité nord ouest de la commune) : cascade de Ba[2], temple protestant.

Il existe aussi de magnifiques sites à Houaïlou tant au bord de mer que dans les vallées et une diversité de paysages, du paysage minier en passant par la forêt humide.

Le barrage de la Néaoua (Né Awa), perchée dans la chaîne de montagnes, produit de l'électricité et alimente la côte Est de Thio à Hienghène.

Autres :

  • pétroglyphes, à 19 km en direction de Canala,
  • beaux panoramas
  • village minier de Poro, à 10 km au sud,
  • base nautique, plages,
  • randonnées pédestres et équestres,
  • accueil chez l'habitant,

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1849-1895 : désintérêt catholique (mariste) prolongé, par absence de port d'abord,
  • 1856 (mars) : meurtre et manducation de 6 chercheurs d'or venus de Canala
  • 1856 (juillet) : expédition punitive par le capitaine de frégate Le Bris,
  • 1866-1867 : révolte de Bondé/Gondé, lieu principal des Païac, avec Déou, Poindi et l'oncle de Gondou,
  • 1867 : Les colons présents à Houaïlou se réfugient à Canala, du fait de guerres kanak,
  • 1869 : Expédition du commandant Mathieu contre les Païac et les Maloum. Confiscations. Installation d'un poste militaire à Bondé/Gondé,
  • 1878 : grande révolte kanak de 1878, chef Dimagué, chef de guerre Peuh-Peuh, participation prévue, puis retournement, auxiliaires des Français, même avec l'accueil des résistants de Poya,
  • 1884 ou 1888 : le pasteur Mathaïa ou Maphaia est le premier pasteur répertorié (précurseur loyaltien ouvéen) à débarquer à Haouaïlou, avec 13 natas, évangélistes indigènes (le catéchumène kanak), formés à Lifou. Parcours ː Ouassé (Nakéty), Poro, Paraouyé. L'administration coloniale cantonne l'évangélisation aux seules îles Loyauté ː blocages administratifs, dénonciations, expulsions.
  • 1890 (?) : le nata Haxen, originaire de Lifou, anime le poste missionnaire de Bâ[3].
  • 1894 (?) : Ounou, natif de Nindhia, baptisé à l'île des Pins, résidant à Nouméa, propose à sa famille restée en tribu de se convertir,
  • 1895 : le chef de mission mariste envoie le père Hily et le catéchiste Léopold à Houaïlou en mars,
  • 1896 : seconde visite du père Hily (retard dû à un projet administratif de colonisation),
  • 1897 : fondation définitive de l'implantation mariste à Houaïlou (Moémo),
  • 1897-1898 : guerre religieuse larvée ː protestants, maristes, chef coutumier Mindia (Mèèja Néjâ 1825-1904, et Mèèja Néjâ jeune, 1856-1921), administration coloniale, colons libres, transportés,
  • 1898̠-1902 : cohabitation difficile, problème foncier, semi-disgrâce du chef Mindia, pasteur Langereau, pasteur Delord, premiers efforts des natas, poussée anti-catholique, pro-protestante, pro-anglaise, donc anti-française...
  • 1900 : conférence de Gondé, 25 km à l'ouest, les 15-20 septembre, de tous les natas (indigènes loyaltiens) de la Grande-Terre[4],
  • 1901 : seconde conférence de Gondé (Go Mö Dè), appel à la nomination d'un missionnaire blanc,
  • 1902, Maurice Leenhardt est nommé pasteur en Nouvelle-Calédonie. Dans la vallée de Houaïlou, il fonde la mission de « Dö nèvâ ». Ne se limitant pas à son rôle de pasteur, il s'attache à comprendre la mentalité du peuple Kanak et lutte contre les fléaux qui le déciment (alcool, maladies, impossibilité d'accès aux soins ou à l'éducation), du fait notamment de la colonisation. Les travaux de Maurice Leenhardt sont considérables pour l'étude ethnologique des Kanak et la défense de leurs intérêts.
  • 1914-1918 : première guerre mondiale,
  • 1917 : révolte kanak de 1917,
  • 1939-1945 : seconde guerre mondiale,

Économie[modifier | modifier le code]

Houaïlou est réputée pour ses letchis qu'elle produit en abondance, et sa fameuse Fête du letchi qui a lieu tous les ans en décembre. Le letchi avait été introduit par le colon réunionnais Jolimont Kabar. Il est d'ailleurs possible de visiter le plus vieux pieds de letchi à Waraï.

La municipalité de Houaïlou se fait une volonté de développer le tourisme dans sa région. Les quelques infrastructures touristiques sont pourtant délabrées. Cependant, on peut camper dans les tribus de Kaora et de Kua situés en bord de mer.

L'économie locale est centrée exclusivement sur la production de minerai, avec deux mines importantes dans le secteur, la mine de Maï à Poro et les mines Ballande à Bâ.

Un centre de formation aux métiers des mines fonctionne à Poro, centre de formation aux techniques de la mine et des carrières CFTMC.

La piste d'atterrissage, construite par les Américains pendant la guerre du Pacifique, près du littoral, est désaffectée, et parfois utilisée pour des courses de karting.

Les tribus[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de l'aire coutumière Ajië-Aro. Elle se subdivise en cinq districts coutumiers composés de 33 tribus.

Districts coutumiers Tribus
Néouyo Néouyo, Paraouyé, Gouareu, Kapoué, Oukaya, Néaoua, Kamoui, Néwa, Kua
Haut Nindien Oingo, Nessakoéa, Médaouya, Gondé, Nérin
Bas Nindien Nédivin, Boéareu, Ouessouin, Méareu, Mé, Gouaraoui, Nindiah, Roibahon
Waraï Ba, Kaora, Meomo, Neya, Nekoue, Thu, Nédiouen, Néaria,
Boréraré Boréaré, Karagreu, Coula

Les tribus se répartissent le long de la vallée ou sur le littoral, autour du village éponyme, centre administratif de la commune.

La langue kanak parlée à Houaïlou est l'ajië, langue que Maurice Leenhardt, qui a vécu de nombreuses années dans la vallée à Do Néva, a décrite au début du XXe siècle, et dans laquelle, aidé de ses catéchumènes kanak, il a traduit la Bible.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1961 1967 Denis Rousseau Union calédonienne  
1967 1971 Paul Malignon AC puis UD  
1971 1977 Auguste Parawi-Reybas UD puis EDS  
1977 1983 Alfred Wema UC puis FI-UC  
1983 1989 Éloi Boehe FI puis FLNKS-UC  
1989 1995 Michel Euribeari FLNKS-UC  
1995 2001 Ruffin Boehe Entente communale  
2001 2008 Lionel Weiri FLNKS-UNI-Palika  
2008 2014 Valentine Eurisouké FLNKS-UNI-Palika  
2014 en cours Pascal Sawa FLNKS-UC  

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1956 1963 1969 1976 1983 1989
2 241 2 808 3 475 3 853 3 995 3 671
1996 2004 2009 2014 - -
4 332 4 537 3 945 4 240 - -
(Source : Isee[5])

Personnalités[modifier | modifier le code]

Pratique[modifier | modifier le code]

  • 42 52 20 : Mairie, animateur culturel (mairie-houailou@lagoon.nc)
  • 44 87 90 : Gendarmerie
  • 47 75 40 : Dispensaire
  • Écoles[6]

Sud ː repères axe nord-sud, RPN3 entre Kouaoua et Houaïlou[modifier | modifier le code]

  • commune de Canala
  • commune de Kouaoua (Kaa Wi Paa)
    • vallée de la Koua,
    • vallée de la Kaviju,
    • vallée de la Kouaoua,
    • rive droite ː agglomération de Kouaoua,
    • vallée de la Kaviju,
    • vers Né-Awa,
    • Koh, vers le col d'Amieu,
    • col de Poro, RPN5,
  • commune de Houaïlou (Waa Wi Luu)
    • route de Kamoui,
    • cap des Trois Sapins,
    • Poro, ancienne mine de nickel, port minéralier, rond-point, mine actuelle CFTMC,
    • pont sur la Néaoua (Né Waa), route RM19, Détourné de Paraoué,
    • route vers Néaoua (Né Waa), Kamoui, Ouakaya,
    • route vers Ouakaya, à l'intérieur,
    • vallée de la Kaoua,
    • campement Pentecoste,
    • entre les deux vallées ː agglomération de Houaïlou, gendarmerie, église, centre administratif, marché, Méré,
    • vallée de la Houaïlou, rive droite,
      • RT3, Doneva, Ninidian, Nédivin, Bwenave, Gonde (rive gauche), Gondou (Godu), vers Boaré et Coula, vers Nérin et Poya, col des Roussettes,
    • vallée de la Houaïlou, vers la mer : Koua,
    • pont sur la (H)ouaïlou,
    • Nediouen,
    • Nekoue,
    • Méomo,
  • commune de Ponérihouen

Nord ː repères axe nord-sud, RT3, de Houaïlou à Ponerihouen[modifier | modifier le code]

  • commune de Kouaoua (Kaa Wi Paa)
  • commune de Houaïlou (Waa Wi Luu),
    • rivière Haouaïlou, pont,
    • bifurcation vers Bourail, par Doneva, Ninidian, Nédivin, Bwenave, Kouya, Cingo, Médaouya, Gondé, Coula, Boréaré, Godu, Karagreu, col des Roussettes...
    • Nédiouen, plage, ancien aérodrome, Néâria,
    • ouest, vers Thu (Tùù) ,
    • Nékoué (Né Kwé),
    • Méomo, Neya, Kaora (Kau'aa),
    • baie Lebris, plage, vers le cap Bocage, mines, île Agué,
    • Bâ, église,
    • pont sur la Bwééyouu,
    • courte route RM16 vers la cascade de Baa (Bwa),
    • route Salaun, mine, embarcadère,
    • pont sur la Hô,
    • route de la baie Ugué, plage,
    • col de Hô,
  • commune de Ponérihouen (Pwäräiriwâ)
    • vallée de la Néavin, vers Neavin,
    • Monéo, église, terminal minéralier, îlots d'Harcourt,
      • vallée de la Monéo, vers Po, rive droite, pont, rive gauche,
    • plage de Wémoru, cocoteraie,
    • Mou, baie, plage,
      • vallée de l'Urupomeu, pont,
    • cocoteraie,
    • route de l'ex-propriété Boullanger,
    • route de Goyéta, RM6,
    • vallée, Ponérihouen, gendarmerie, dispensaire,
      • rive droite, vers Grondu, Grochain, Saint-Yves, Napwepa (Nébouéba),
      • pont métallique,
      • rive gauche, vers Téouta, Gozetta, Goa,
    • vallées de la Tchamba et de l'Eewe,
  • commune de Poindimié (Pwäräiriwâ)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Dauphine, Houaïlou ː l'implantation du christianisme (1894-1902), CTRDP-NC, Nouméa, 1990, ISSN 0750-4276,
  • Michel Naepes, Histoires de terres kanakes (Conflts fonciers et rapports sociaux dans la région de Houaïlou), Paris, 1998, Belin,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]