Hienghène

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Hienghène
Hyehen
Le centre de Hienghène
Le centre de Hienghène
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province Nord
Aire coutumière Hoot Ma Waap
Maire
Mandat
Daniel Goa
2014-2020
Code postal 98815
Code commune 98807
Démographie
Population
municipale
2 483 hab. (2014)
Densité 2,3 hab./km2
Ethnie Kanak : 92,8 %
Métis : 3 %
Européens : 2,9 %
Asiatiques : 0,4 %
Wallisiens-Futuniens : 0,2 %
Ni-Vanuatu : 0,2 %
Tahitiens : 0,1 %
Autres : 0,2 %
Non déclarés : 0,3 %
Géographie
Coordonnées 20° 41′ 39″ S 164° 55′ 20″ E / -20.694119, 164.92219420° 41′ 39″ Sud 164° 55′ 20″ Est / -20.694119, 164.922194
Altitude Min. 0 m – Max. 1 628 m
Superficie 1 068,8 km2
Localisation

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Hienghène
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Liens
Site web www.commune-hienghene.com

Hienghène (Hyehen[1] en langue fwâi, signifiant « pleurer en marchant »[2]) est une commune française de Nouvelle-Calédonie, en Province Nord, située au nord-est de la Grande Terre, à environ 5 heures de route de Nouméa (375 km), à 63 km au sud-est de Pouébo, à 42 km au nord-ouest de Touho et à 70 km de Poindimié.

C'est un des endroits les plus touristiques de la Province Nord, avec un port de plaisance.

La commune fait partie de l'aire coutumière Hoot ma Waap.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bac sur la Ouaième

Cette commune est réputée pour ses falaises de calcaire noir aux formes spécifiques, dont les plus célèbres rappellent une « poule couveuse » (ou les « tours de Notre-Dame », selon l'angle d'observation) et un « sphinx ».

La côte, en remontant vers le nord-ouest, est à flanc de montagne. Le paysage alterne cascades, embouchures de rivières, cocoteraies et végétation luxuriante, près d'une centaine de (petits) cours d'eau sur 60 km.

La rivière de la Ouaième ne possède pas de pont, et n'en a jamais possédé. Le seul moyen d'atteindre l'autre rive est d'embarquer sur le bac, avec d'autres véhicules, jour et nuit, gratuitement. Le bac de la Ouaième est d'autant plus célèbre et symbolique du fait qu'il est le dernier de ce genre en Nouvelle-Calédonie. Chaque traversée est assurée par un passeur expérimenté puisque ce métier se transmet de génération en génération. C'est un passage obligé pour quiconque se lance dans un tour de l'île.

La baie est relativement protégée (avec des holothuries), deux rivières sont présentes, les forêts sont importantes (avec du santal) : Hienghène est un port possible.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1841 : jeune chef Bouarate, environ 25 ans,
  • 1843 : commerce anglo-saxon ː santal (avec installation plus ou moins durable de santaliers, notamment Richards, puis James Paddon et Towns, jusqu'à extinction du santal), holothuries (biches de mer, trépangs),
  • 1843 : premier séjour de Bouarate offert à Sydney,
  • 1844 : premières tentatives des missionnaires maristes, probable responsabilité de Bouarate dans l'attitude anti-chrétienne à Balade et Pouébo, probablement pour non réciprocité d'un don (offrir une récolte d'ignames pour les missionnaires affamés, ne rien recevoir au premier arrivage de bateau) et épisode du bouledogue Rhin,
  • 1846 : premier fusil pour Bouarate,
  • 1846 : second séjour de Bouarate à Sydney ː cheval, porcs, accordéon pour le King of New-Caledonia,
  • 1849 : seconde tentative, infructueuse, d'installation d'une mission mariste par le vicaire apostolique Guillaume Douarre,
  • 1849 : tournée de l'évêque anglican George Augustus Selwyn, à qui Bouarate demande une mission, et qui rencontre Monseigneur Douarre,
  • 1853 : débuts de la présence française dans cette tribu redoutée, soumise, puis délaissée,
  • 1854-1863 : oppositions entre l'administration coloniale et les populations mélanésiennes.
  • 1855-1857 : reprise des guerres tribales Hienghène-Pouébo, Bouarate demande l'envoi de pasteur protestant,
  • 1855-1863 : le grand-chef Bwharat, accusé de sympathies pour l'Angleterre, à la suite de deux séjours à Sydney (Australie) en 1843 et 1848, est exilé à Tahiti en 1857, remplacé par son frère Mouéou,
  • 1859 : Jean-Marie Saisset, suppléant du gouverneur, mène la pacification (capitaine Tricot),
  • 1859 : 3 Anglais, conseillers de Bouarate, et combattants, après un jugement sommaire, sont exécutés,
  • 1855-1862 : tribu suspecte,
  • 1863 : Bouarate rappelé d'exil par le gouverneur en 1863 ː accueil convivial à Nouméa, et triomphal à Hienghène, réhabilitation,
  • 1863 : Un certain équilibre s'installe, à la suite d'un retournement d'alliance, le chef assure la prospérité de sa région. Repli de la mission mariste pour 30 ans,
  • 1865 : La zone est reconnue par les Français en 1865, Bouarate est réputé être le plus intelligent et le plus dévoué de nos chefs[3],
  • années 1870 : développement de la culture du café,
  • 1878 : grande révolte kanak de 1878,
  • 1887 : création d'une commission municipale de Hienghène, chargée de gérer les affaires de la communauté des colons européens,
  • 1894 : le gouverneur Paul Feillet ouvre la Grande-Terre au prosélytisme protestant,
  • 1894-1903 : installation de colons libres « Feillet » (familles Grassin et Lapetite, par exemple). Ils pratiquent essentiellement la culture du café, avec l'apport d'une main d'œuvre indonésienne. La superficie des terres attribuées à des Européens atteint à terme 1 234 ha (contre 469 ha en 1897),
  • 1897 : installation de la mission mariste de la tribu d'Ouaré,
  • 1917 : révolte kanak, initiée par la chefferie Bouarate de Hienghène,
  • années 1930 : ultime tentative de relancer la culture du café, qui avait décliné à Hienghène, notamment au sein de la population mélanésienne. Sans succès.
  • 1946 : abolition du code de l'indigénat.
  • 1961 : la commission municipale obtient un maire élu. Le premier est le gaulliste Yves de Villelongue, qui reste en place jusqu'en 1977.
  • 1965 : Jean-Marie Tjibaou est ordonné prêtre.
  • 1969 : Hienghène devient une commune de droit commun français.
  • 1977 : Jean-Marie Tjibaou est élu maire.
  • 1982-1983 : construction du Centre culturel Goa Ma Bwarhat.
  •  : des métis calédoniens tendent une embuscade près de la tribu de Tiendanite en représailles aux incendies et aux pillages répétés de maisons d'éleveurs « caldoches » par les militants indépendantistes du FLNKS. Une camionnette du FLNKS est attaquée à la dynamite et à la chevrotine. Dix Kanak sont tués (dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou, chef indépendantiste, qui réclame cependant la levée des barrages).
  •  : les sept auteurs de cette embuscade sont tous acquittés par la cour d'assises de Nouméa. Le jury était exclusivement composé d'Européens et cela provoque à nouveau la colère des indépendantistes. L'enregistrement sonore du procès est déposé aux Archives audiovisuelles de la justice.
  •  : le dirigeant indépendantiste et maire de la commune, Jean-Marie Tjibaou, est assassiné à Ouvéa par un Kanak indépendantiste radical qui lui reproche d'avoir signé avec les anti-indépendantistes et l'État les accords de Matignon-Oudinot en 1988.
  • 1992 : ouverture du « Koulnoué Village » du Club Med, qui l'abandonne.
  • 2012 : Inauguration de sa nouvelle structure de norme HQE [(Hautre Qualité Environnementale)].

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Portrait « graffiti » de Jean-Marie Tjibaou sur un mur à Hienghène

Hienghène est, depuis 1977, l'un des bastions de l'Union calédonienne (UC), l'une des principales composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Elle était le fief du chef historique du camp indépendantiste, Jean-Marie Tjibaou. L'actuel maire depuis 1995, Daniel Fisdiepas, est issu de ce même parti. Il a été réélu en 2008 avec 87,05 % des suffrages (901 votes), contre 12,95 % (134 voix) à la liste anti-indépendantiste du Rassemblement-UMP menée par Bertin Boya[4].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1961 1977 Yves de Villelongue Gaulliste  
1977 1989 Jean-Marie Tjibaou UC puis FI-UC puis FLNKS-UC Vice-président du Conseil de Gouvernement - Président de la Région Nord - Président du FLNKS
1989 1995 Joseph Karié Bwarhat FLNKS-UC  
1995 2012 Daniel Fisdiepas FLNKS-UC  
2012 2014 Jean-Pierre Djaïwé FLNKS-UNI-Palika 1er vice-président de la Province Nord, déclaré inéligible en mai 2013
2014 en cours Daniel Goa FLNKS-UC Président de l'UC, élu de la Province Nord et du Congrès

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1956 1963 1969 1976 1983 1989
1 940 2 109 1 846 1 932 1 729 2 122
1996 2004 2009 2014 - -
2 208 2 627 2 399 2 483 - -
(Source : Isee[5])

Économie[modifier | modifier le code]

La Poule de Hienghène est l'un des sites naturels les plus touristiques de Nouvelle-Calédonie.

Hienghène s'est surtout développée depuis les années 1990 autour des activités touristiques.

Elle bénéficie en effet de plusieurs sites naturels parmi les plus visités :

  • la Poule couveuse,
  • le Sphinx,
  • la cascade de Tao,
  • la réserve botanique du mont Panié.

Certaines infrastructures culturelles ou ayant revêtu un aspect folklorique sont tout autant prisées :

  • le bac sur la Ouaieme,
  • le centre culturel.

Ainsi, pour bénéficier de ce potentiel, Hienghène est l'une des communes du Nord les mieux équipées en infrastructures touristiques :

  • le « Koulnoué Village », qui est l'un des quatre « 3 étoiles » de cette province (et l'un des deux plus anciens avec le Malabou Beach de Poum, construits en 1992),
  • le port de plaisance (depuis 2004),
  • la base nautique,
  • le centre de plongées
  • l'office du tourisme.

Hienghène est l'une des sept escales régulières des grands paquebots de croisière en Nouvelle-Calédonie.

Des activités écotouristiques se sont développées : randonnées pédestres ou équestres, canoë.

Une fête communale est organisée chaque année depuis 1999, en septembre.

Centres d'intérêt touristique[modifier | modifier le code]

  • Marché les mardi et vendredi, de 7h à 13h,
  • Messe le dimanche,
  • Centre Culturel Goa Ma Bwarhat, case de la chefferie, réouverture courant 2016,
  • Association Dayu Biik, randonnée pédestre autour du Mont Panié,
  • Initiation à la culture kanak,
  • Randonnées pédestres nombreuses, sentiers balisés,
  • Lagune, belvédère, falaises, récifs, plages,
  • Aires marines protégées, Hienga et Doïman, biotope d'un hippocampe nain et paradis des morts des clans de la région,
  • Îlot Hienga, sentier sous-marin,
  • Marina, sports nautiques, randonnée palmée, plongée,

Repères routiers[modifier | modifier le code]

  • Nord-ouest, RPN10, 65 km, vers Pouébo:
    • Hienghène nord-ouest, pont, le Sphinx,
    • vallée sud : Lé Warap (Wérap), qui rejoint plus loins l'autre rive,
    • vallée nord de la Hienghène : Pwiye-Beng (Tanghène), Ganen (Ganem), Pwéwéjap (Poinjap), Kaavac, Tendo, Wan-Dêuc, Wévia, Coulna, Hyédranit (Tiédanite)...
    • CR34 ː Ténen, Tilougne,
    • Ouaraï/Ouaré/Waré, mission, fondée en 1897, reconstruite en 1930,
    • Wan Pwêk (Ouenpouès),
    • Wen-Jik (Ouenghip), Wâjik,
    • îlots Hienghène, Ta BAp, Thigit, Yéragen,
    • rivière Wiyem (Ouaïème), bac (gratuit, permanent), vers Haut-Coulna, (et vallée du Diahot,)
    • Mont Panié (Panyé) (1 629 m), réserve botanique, accès interdit,
    • Tao, pont, camping, récif, cascade de 100 m (montée rapide des eaux), Galaruo,
    • plages, ponts, missions, églises, cimetières, ruines,
    • cap Colnett, cocoteraie, cascade du mont Colnett, Paalo, récif Colnett,
    • vallée de la Weina, relais de Ouané Batch, snack des cascades, magasin Hipolyte
    • Dia Houé,
    • pharmacie de Pouébo,
    • Yambé, cocoteraie,
    • Oubatche,, grand récif de la Seine,
    • Paalo,
    • Tchambouenne, cocoteraie,
    • pont métallique,
    • Pouébo est, mairie, bibliothèque, dispensaire, église, plage,
    • pont, RMP6 vers Saint-Denis,
  • Sud-est, RPN10, vers Touho :
    • Hienghene, le sphinx, sortie nord-ouest,
    • Hienghene centre, marina, dispensaire, gendarmerie, collège,
    • pont, vallée de la Kokingone, vers Tiédanite, Tendo, bas/Haut-Coulna,
    • Hienghene stade, centre culturel, cas de la chefferie Bwarhat,
    • Hienghene est, lagon, belvédère, Poule Couverte,
    • Lé Kuun-Wé (Koulnoué), Lé Daraalik (Lindéralique) : route RM5, plage, rocher, église Kuun We, camping, Pibit (billet de 500), grotte, hôtel (ex-club Méd),
    • îlots : Hiengabat, Hienga, Hiengu,
    • Pedaac (Pindache),
    • vallée de la Tipindjé : Opaik, Wélic,
    • rochers de Chester,
    • Téwadé (Tiouandè),
    • Téganpaik,
    • Kougomwa (Kongouma),
    • Paola,
    • ilot Ouao,
    • grottes(s) de Mangalia,
    • Tahapinyihî,
    • Vieux Touho, mission,
    • Touho.

Tribus[modifier | modifier le code]

  • Aire coutumière Hoot ma Waap
    • District Tendo : Caavatch, Yendo, Hyédranit (Tendianite)
    • District Hienghene : Ganem, Le Koulnoué, Lewarap, Lindératique, Ouaième, Ouare Ouen-Pouest, Ouenghip, Panié, Pindache, Poindjap, Pouyemben, Tiwamack
    • Tribus indépendantes : Wan-Dêuc (Bas-Coulna), Haut-Coulna, Wévia (Ouayaguette), Oné-Houra, Ouen-Kout
  • Tiendanite, Haut-Coulna, Bas-Coulna, Tendo, Ouayaguette, Poindjap, Werap : hébergement possible, via l'Office du Tourisme de Hienghene.

Célébrités[modifier | modifier le code]

  • Philippe Bwaarhat, grand chef (1870c-1890c)
  • Bwanjep, groupe kaneka

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Dauphiné, La résistance de Hienghène à la christianisation (1843-1863), CTRDP-NC, Nouméa, Point d'Histoire n°11, Bernheim D95-218-989-5,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]