Kaneka

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Le kaneka est un genre musical calédonien créé en 1984 lors de la préparation du 4e festival des arts du Pacifique.

Ce festival, devant se dérouler à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), est annulé à cause de la guerre civile qui commence à faire rage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Tjibaou, alors membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et Jacques Iekawé, premier préfet d'origine kanak, sollicitent les artistes kanaks dans le cadre d'un concours international, lancé par le conseil des arts du Pacifique, pour la composition d'un hymne.

Après délibération, c'est l'hymne composé par Warawi Wayenece (musicien de Maré) qui est adopté à l'unanimité par la commission d'écoute.

Le premier concert kaneka organisé par l'association Boenando se déroule le . Un extrait de ce concert est diffusé le sur la page facebook de la Fondation Ataï.

Origines[modifier | modifier le code]

L'origine du mot kaneka remonte à 1984, lors de la réunion de l'association Boenando, association pour la recherche musicale kanake, à l'office culturel scientifique et technique kanak ; réunion au cours de laquelle, il est question de donner une appellation à cette nouvelle musique.

Plusieurs noms sont alors proposés tels que Boenando, Djido ou kanaké. Pour clore la chapitre, le président de l'association Boenando propose de changer le terme « kanaké » en celui de « kaneka ».

Kanaké est le nom propre du guerrier héros du jeu scénique interprété lors du festival Mélanésia 2000 en 1975[1], un évènement consacré aux arts mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, organisé par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Iékawé et rassemblant plusieurs milliers de kanaks dans la périphérie de Nouméa (emplacement de l'actuel centre culturel Tjibaou).

Ce genre s'appuie sur une recherche en ethnomusicologie qui permet de distinguer les notes du Fehoa( chant kanak ancien) de celles de la fameuse gamme tempérée enseignée par les premiers missionnaires anglicans dès leur arrivée en 1841 à Maré.[pas clair] Ainsi, le féhoa a servi de base pour la composition de l'hymne du festival de 1984.

Le kaneka est créé, d'une part, pour se démarquer des influences musicales telles que le rock, le reggae, la soul très présentes à cette époque en Nouvelle-Calédonie et, d'autre part, pour mettre en avant et fédérer les différentes langues kanakes dans une seule et même entité musicale commune.

Premier concert[modifier | modifier le code]

Les musiciens composant le groupe Boenando, lors du premier concert kaneka du Liberty en , sont :

  • Warawi Wayenece (lead vocal et guitare)
  • Danielle Waéjuné Della-Santa (choriste)
  • Paul Zongo (choriste)
  • Jean Trabé (choriste et percussion)
  • Théophile Ménango (choriste et flûte de bambou)
  • Jacques Kiki karé (percussion)
  • Sylvie Poédi (choriste)
  • Laura Urégéi (choriste)
  • Henri Salomon (choriste)
  • Lionnel Wéiry (choriste)
  • Jojo Waikedre (affublé d'un masque kanak)
  • Jean-louis Hamou (guitare basse)
  • Joseph Iékawé (batterie)
  • Jean-jacques Waho (synthétiseur)
  • Antoine Martin (guitare solo)

En parallèle du groupe musical, une troupe kanake de danse contemporaine, composée de Richard Digoué, Jean Trabé ainsi que d'autres jeunes, est également constituée pour interpréter une chorégraphie spécialement conçue sur la musique de l'hymne[2].

Le concert du Liberty est organisé en préfiguration du spectacle musical qui va être présenté lors du festival des arts du Pacifique prévu courant . L'animateur de cette soirée mémorable[non neutre] est Thipine Kalis.

Mais le festival étant annulé, il faut attendre l'année 1985 pour que Warawi Wayenece puisse, avec une nouvelle équipe, interpréter à nouveau l'hymne durant le festival des arts dans la ville de Papeete à Tahiti (Polynésie française). À ce sujet, des extraits de ce concert ont été rediffusés récemment[Quand ?] sur RFO Nouvelle-Calédonie.

L'impact de la guerre civile a eu pour conséquence l'impossibilité pour les musiciens kanaks d'établir leur propre maison d'édition musicale. C'est ainsi que les studios d'enregistrement tenus par des européens aisés profitent de la situation pour récupérer et exploiter commercialement le kaneka dès les années 1990. Une exploitation musicale dont ils conservent jalousement le monopole des droits au sein de la sacenc, société de gestion créee par Déwé Gorodey, pour s'opposer à la création de la scacem en 1993.Depuis 2004, date de la création de la sacenc, à 2017( 13 ans), aucun groupe de kanéka n'a pu se produire au Zénith de Paris ou à l'Olympia . En 2018,lassé d'être exploité et marginalisé, Goulaan démissionne de la sacenc et se présente à titre personnel à l'émission THE VOICE, et décroche un BUZZ médiatique mondial. Par son talent exceptionnel et sans le soutien de la sacenc, Goulan a réussi la prouesse extraordinaire de faire entrer le kanéka par la grande porte au grand Palais de la musique que représente L'OLYMPIA.[réf. nécessaire].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Bonsignor, Kaneka : musique en mouvement, Paris, ADCK-CCT-Pomeart, , 227 p.
  • Stéphane Jarno, Kaneka : Le son kanak, Télérama, coll. « Hors-série "Le monde kanak" »
  • « Le kaneka : une cadence née des Kanak », Mwà Véê. Revue culturelle kanak, Nouméa, ADCK-CCT, no 53,‎
  • Revue Pacific 2000, n° 5, p. 4,
  • Revue Pacific 2000, n° 6, p. 15 et p. 37 à 39,
  • Revue Mwâ Véé, p. 16, 1993

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Tjibaou et Philippe Missote, Kanaké - Mélanésien de Nouvelle-Calédonie, Éditions du Pacifique, Nouméa, 1975.
  2. Revue Pacific 2000, n°6, pages 37,38,39 - octobre 1984