Marche sur le feu

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Marche sur le feu au Sri Lanka.

La marche sur le feu, appelée scientifiquement pyrobatie (du grec pyro, « feu » et batein, « marcher »), est une tradition qui consiste à marcher pieds nus sur des braises, sur des pierres chauffées au rouge, afin de montrer la suprématie de l'esprit sur le corps ainsi que la force qui peut jaillir d'une énergie collective. En effet, la marche sur le feu s'effectue le plus souvent en groupe et est accompagnée de nombreux chants et divers danses. Expérience communautaire de retour aux sources, c'est aussi une manière de montrer sa foi en les énergies et esprits de la nature, notamment pour les Hindouistes.

Historique[modifier | modifier le code]

La pratique de la marche sur le feu est attestée documentairement en Inde il y a 1200 av. J.-C.[1]. L'immunité au feu ou incombustibilité est évoquée dans le livre d'Isaïe[2] et le livre des Proverbes[3]. L'« escouvion », la danse par-dessus le feu en le frôlant, est une fête ancestrale dans les Balkans en Bulgarie et en Thrace dans les « Anastenaria (en) ».

Le docteur Bruno Blaive a réalisé sa thèse de médecine sur la marche dans le feu introduite à la Réunion par les premiers immigrants Tamouls du Sud de l'Inde et de Ceylan, et qui se perpétue depuis, chaque année, de la fin décembre au début janvier[4].

Tolly Burkan (en), fondateur du Firewalking Institute for Research and Education, prétend avoir introduit cette pratique dans les années 1970 en Amérique du Nord. Son disciple, le coach américain Anthony Robbins, la popularise aux États-Unis[5].

Explication scientifique[modifier | modifier le code]

Les scientifiques expliquent le phénomène par le fait que le bois et le charbon, contrairement aux métaux, ont une faible capacité calorifique et sont très mauvais conducteurs de la chaleur[6]. Si le marcheur ne s'arrête pas en route et que ses pieds sont secs, la braise à 700 °C n'a pas le temps de le brûler. Enfin l'isolation que constitue une peau fortement calleuse et les cendres à 55 °C, ainsi que l'état sphéroïdal sont d'autres facteurs expliquant ce phénomène[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ronald David Mann, The History of the Management of Pain, Parthenon Publishing Group, , p. 31
  2. Ésaïe 43,2
  3. Proverbes 6,28
  4. Bruno Blaive, « Réflexions ethnologiques sur l'île de la Réunion : la marche sur le feu », Thèse Université d'Aix Marseille, 1968, 66 p.
  5. (en) Dan Rubinstein, Born to Walk. The Transformative Power of a Pedestrian Act, ECW Press, , p. 74
  6. « Pourquoi ne se brûle-t-on pas forcément en marchant sur le feu? », sur slate.fr,‎ (consulté le 28 juillet 2012)
  7. Georges Charpak, Henri Broch, Devenez savant, devenez sorcier, Odile Jacob, , p. 72-75

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Loring M. Danforth, Firewalking and Religious Healing. The Anastenaria of Greece and the American Firewalking Movement, Princeton University Press, , 333 p.
  • (en) Tolly Burkan, Extreme Spirituality. The Secret Key to Empowerment, Simon and Schuster, , 208 p.
  • (en) Michael Sky, Dancing With the Fire. Transforming Limitation Through Firewalking, Bear & Co, , 188 p.
  • (en) Jonathan Sternfield, Firewalk. The Psychology of Physical Immunity, Berkshire House, , 236 p.
  • (en) Vilenskaya, Larissa, Joan Steffy, Firewalking. A New Look at an Old Enigma, The Bramble Company, , 253 p.
  • Jean Jordy, Apprendre à se dépasser. Les techniques de dépassement, De Vecchi, , 191 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]