Académie royale des beaux-arts de Liège

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L'Académie royale des beaux-arts de Liège fut créée en 1775 sous les auspices du prince-évêque de Liège François-Charles de Velbrück d'après une idée de Nicolas Henri Joseph de Fassin et Léonard Defrance.

Le bâtiment actuel, d'inspiration Renaissance italienne, sis rue des Anglais, date de 1895 et est l'œuvre de l'architecte municipal Joseph Lousberg.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Académie princière[modifier | modifier le code]

En 1772, François-Charles de Velbrück est désigné prince-évêque de Liège.

Jusqu’à sa mort en 1784, il dirige la principauté : considéré comme un « prince éclairé » et intéressé aux problèmes sociaux, fondateur d’écoles, il se veut aussi protecteur des arts. C’est en effet à lui que Liège doit la création de son académie des beaux-arts, qui fête 230e anniversaire en 2005.

En 1771, Desoer diffuse un « projet d’une association de citoyens » pour établir une école de dessin. Certains artistes le soutiennent financièrement. D’autres apportent leurs conseils. La ville met deux salles de son hôtel de ville à la disposition de l’association ; concrètement, rien ne se réalise.

Dans ses mémoires, le peintre Léonard Defrance nous apprend qu’en 1773, l’artiste Nicolas Fassin, rentrant de Rome, ouvre chez lui un atelier où les jeunes peuvent s’initier au dessin d’après le modèle vivant. Une certaine activité artistique règne à l’époque, mais, insensiblement, ce feu va s’éteindre…

À la fin du mois de décembre 1774, le prince, considérant que les pouvoirs publics se doivent de soutenir les initiatives privées précitées, fait paraître un avis : l’organisation d’un concours en vue du recrutement de professeurs.

Le concours est organisé le . Ensuite sera publié le « précis de l’établissement d’une Académie de peinture, de sculpture et de gravure, et d’une école de dessin, relative aux arts mécaniques ». Huit artistes, dont Léonard Defrance, qui remplit aussi les fonctions de secrétaire et de trésorier, sont désignés comme académiciens : le sculpteur Guillaume Évrard en est le doyen, et l’architecte Jacques-Barthélemy Renoz est choisi comme directeur de l’école de dessins mécaniques.

L’académie occupe tout d’abord deux salles de l’hôtel de ville ; celles-ci s’avèrent vite trop exigües, si bien que l’école s’installe alors dans la vieille cour de l’Official, jusqu'à la révolution en 1791. Les cours de mécanique sont transférés dans l’ancien couvent des Jésuites Wallons (Université de Liège actuelle).

Les directeurs se succèdent à l’Académie : Léonard Defrance en 1778, puis le graveur Joseph Dreppe à la mort du prince, qui en 1778 a doté l’Académie d’un règlement, renouvelé par son successeur, le prince-évêque César-Constantin-François de Hoensbroeck. En même temps, des reproductions de statues antiques, des gravures et des dessins de maîtres sont acquis par l’établissement.

L’école centrale française[modifier | modifier le code]

En 1797, Liège, devenue chef-lieu du département français de l’Ourthe, ouvre une École centrale. Léonard Defrance y enseigne le dessin : en 1801, le nombre de ces élèves dépasse la centaine, de sorte que François-Joseph Dewandre est nommé adjoint. François Dewandre sera le maître d’Henri Rutxhiel, qui connaîtra une brillante carrière de sculpteur officiel en France, sous l’Empire et la Restauration.

En 1808, les Écoles Centrales de l’Empire se transforment en lycées, et le cours de dessin n’est plus qu’un cours parmi d’autres.

Les Arts languissent de nouveau à Liège. En 1812, la Société d'Émulation, créée elle aussi par François-Charles de Velbrück, se souvient de l’Académie de 1775 et soutient un projet d’école gratuite de dessin, de peinture, de sculpture et d’architecture : l’Athénée des Arts. Le préfet Micoud d’Umons en présidera le conseil d’administration. Philippe-Auguste Hennequin en assurera la direction et les cours de dessin, tandis que Plon y enseignera l’architecture. De son côté, la ville accepte de subventionner l’école. Mais la disparition du régime français remettra à nouveau tout en question.

L'Académie à l'époque du Royaume uni des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

À l'époque du Royaume uni des Pays-Bas, c’est encore la Société d'Émulation qui, dès 1819, s’efforce de rétablir l’enseignement artistique. En 1820, enfin, une école gratuite de dessin, appelée aussi Académie royale de dessin, ouvre ses portes. Installée dans les locaux des ex-Jésuites Wallons (comme sous Velbrück et les Français), elle accueille une cinquantaine d’élèves. François-Joseph Dewandre, à la fois directeur et professeur est aidé par le sculpteur Lambert Salaie. En 1825, elle s’installe dans l’ancien hospice Saint-Abraham, récupère les collections de plâtres et de dessins des institutions précédentes et compte cent cinquante, puis deux cents élèves à la veille de la révolution belge.

Salaie, décédé en 1833, et Dewandre, en 1835, seront respectueusement remplacés par le sculpteur Decoux et par Lambert Herman.

L’Académie des Beaux-Arts[modifier | modifier le code]

Formé autour du bourgmestre Louis Jamme, un groupe de personnes désireuses de soutenir les arts, émet diverses propositions, qui, enfin aboutiront : en effet, le , le Conseil de Régence de la Ville décidera de maintenir l’école de dessin. Tout en la réorganisant sous le nom d’Académie des Beaux-arts.

Cinquante ans, jour pour jour, après sa création par Velbrück, l’Académie connaît donc une seconde jeunesse qui, sans interruption, la mènera jusqu’à nos jours.

Un nouveau directeur est nommé la même année : le peintre verviétois Barthélemy Vieillevoye. De même des professeurs pour les cours de dessin, sculpture, de ciselure et d’architecture : Lambert Herman (de l’école gratuite), Gilles-François Closson, Louis-Eugène Simonis et Remont.

Les cours, sous leur nouvelle mouture, sont organisés dès 1837 à Saint-Abraham, dont la totalité des bâtiments est occupée en 1842. La même année, d’autres professeurs sont désignés : Auguste Chauvin et Gaucet comme adjoints pour le dessin. Vottem et Renard respectivement pour les cours d’Anatomie et d’histoire de l’Art, désormais ouverts. Dès 1843, Distexhe prend en charge le cours de gravure et, l’année suivante, un cours de peinture est donné par le directeur.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1880, plus de 500 élèves sollicitent chaque année leur admission si bien que les locaux de l’hospice Saint-Abraham deviennent vite trop étroits, d’autant plus que le directeur Prosper Drion, sculpteur apprécié, vient de créer un nouveau cours spécial pour demoiselles.

Le bâtiment, mal aéré, mal éclairé, surchauffé par les becs de gaz, insalubre présente de réels danger, ce qui amène en 1890 l’échevin Auguste Kleyer à présenter au Conseil communal un projet de construction de nouveaux locaux sur le terrain occupé autrefois par le couvent Sainte-Claire et propriété communale depuis 1887.

Le projet de l’architecte de la Ville, Lousberg, est mis en œuvre. L’inauguration des locaux a lieu le en présence du roi Léopold II. Une grande exposition est organisée parallèlement au Cercle des Beaux-arts, où se côtoient professeurs et élèves, anciens et contemporains.

L’Académie et les arts à Liège[modifier | modifier le code]

L’histoire de la peinture, de la sculpture et de la gravure à Liège ne peut s’inscrire en dehors de celle de l’Académie des Beaux-arts : organiser une exposition de l’art liégeois de Léonard Defrance à nos jours, c’est surtout présenter les œuvres des directeurs, professeurs et anciens élèves qui s’y sont succédé depuis 1773.

C’est aussi montrer qu’en dépit de la vie agitée qu’a connu cet établissement -surtout en ces débuts - les points de vue et la pratique qui y ont été développés sont toujours en relation aux grands mouvements internationaux contemporains : particularisé cependant par l’esprit du lieu.

Léonard Defrance, l’un de premiers enseignants liégeois, devait d’ailleurs donner le ton par un propos qui, tant sur le plan éthique que plastique, nous fait passer en cette fin du XVIIIe siècle du rococo au néo-classicisme.

Henri-Joseph Ruxthiel appartiendra à ce mouvement. Élève, à ses débuts, de ce qu’on appelait alors l’École centrale du département de l’Ourthe, il sera l’un des sculpteurs célèbres de son temps et recevra de Napoléon le titre de « sculpteur des Enfants de France »

Mais aussi verra-t-on dans les murs de l’école le pré-romantique Joseph Dreppe puis Louis-Eugène Simonis vu par beaucoup comme étant le meilleur sculpteur belge de l’école romantique. Son Godefroid de Bouillon de la place Royale à Bruxelles est là pour en témoigner. En cette première moitié du XIXe siècle, nous citerons encore Gilles-François Closson dont les beaux paysages peints et dessinés en Italie se situent par le style entre ceux d’Ingres et de Corot.

Introducteur du réalisme dans la sculpture belge. Adolphe Fassin est justement apprécié pour son Acquajuolo napolitain. Plus reconnu est cependant ce réaliste épique qu’est Léon Mignon. Son Le Dompteur de taureaux des Terrasses est à Liège aussi célèbre que le Perron. Il est l’œuvre d’un excellent animalier.

Le Dompteur de taureaux sculpté par Léon Mignon

La fin du XIXe siècle voit s’élaborer l’art du XXe siècle avec Manet et les impressionnistes. Léon Philippet, que James Ensor considère comme l’un des créateurs de la peinture moderne en Belgique, en est le contemporain. Un peu plus tard, Adrien de Witte participera non seulement non seulement au renouveau de la peinture mais rendra ses lettres de noblesses à la gravure liégeoise si brillamment représentée du XVIe au XVIIe siècle par Suavius, de Bry, Varin, Natalis (hu), Duvivier et Demarteau notamment.

Au cours du XXe siècle, François Maréchal, Jean Donnay, Jean Dols, Georges Comhaire et Paul Franck, entre autres, enrichiront considérablement par leur vision personnelle l’histoire de la gravure liégeoise et internationale.

Enseignement actuel[modifier | modifier le code]

L’Académie royale des beaux-arts de Liège réuni trois types d’enseignement : l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur et l’enseignement à horaire réduit. Administrativement, l’enseignement secondaire Léonard Defrance, nom du créateur de l’Académie en 1775, réuni trois implantations : l’Académie secondaire, l’institut de Beauvoir et l’école d’horticulture.

À la sortie de l’enseignement primaire, l’élève est inscrit dans un premier degré commun. Les cours de l’option artistique sont donnés à l’Académie, tandis que les cours généraux ont lieu dans les locaux du boulevard Sainte-Beuve où se retrouvent, dans les classes spécifiques, tous les élèves du premier degré du Centre Léonard Defrance (groupant l’Académie royale des beaux-arts et l’École d’Horticulture).

Les humanités artistiques s’organisent sur les quatre dernières années du cycle secondaire en transition et en qualification.

Dans un écrin chargé d’histoires de chevalets, de tables de dessin, d’archelles de sculpteurs, un bâtiment plus que centenaire accueille les élèves pour qu’ils se préparent, à travers une formation complète au niveau des cours généraux, à donner naissance à l’histoire de l’écriture plastique des années à venir. Quant à la formation artistique de l’Académie, elle permet dans les sillages d’artistes professeurs, d’aspirants artistes élèves du supérieur de développer un œil, une main, un esprit et un cœur !

Fort de la formation des humanités artistiques à l’Académie royale des beaux-arts, l’élève pourra emprunter toutes les passerelles du métier d’artiste, de graphiste publicitaire et de plasticien et en faire un pont à la fois solide et léger, équilibré et équilibrant vers la vie active.

Le certificat d’enseignement artistique secondaire délivré à la fin de la 6e année donne accès à toutes les écoles supérieures d’art, de même qu’aux études supérieures de type court, de type long ou universitaire.

Élèves de l'Académie de Liège[modifier | modifier le code]

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Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Depaire, Académie royale des beaux-arts de Liège : 1775 - 1995, 220 ans d'histoire. Éditions Yellow now, 1995.
  • Alexandre Pinchart, Recherches sur l'histoire et les médailles des académies et des écoles de dessin, de peinture, de sculpture, d'architecture et de gravure en Belgique, Librairie scientifique et littéraire, ancienne et moderne, Bruxelles, , 96 p. (présentation en ligne)
  • « Enseignement communal liégeois - Académie royale des beaux-arts », sur ecl.be, Ville de Liège

Liens externes[modifier | modifier le code]