Georges Collignon

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Georges Collignon est un artiste belge, né le à Flémalle-Haute en Belgique et décédé en 2002 à Liège.

Présentation[modifier | modifier le code]

Dans sa première période, l'artiste à l'art nerveux et tonique, plus structuré qu'informel, plus lyrique que géométrique, est abstrait à part entière. Il entrelace des labyrinthes colorés qui dansent avec allégresse et qui font penser à des coupes microscopiques ou à des photographies aériennes. Dans le courant des années 1960, il renoue progressivement avec une imagerie néo-figurative, irréelle qui célèbre le mariage d'éléments figuratifs à des structures abstraites.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il suit les cours (classe d'Auguste Mambour) de l'académie des beaux-arts de Liège entre 1939 et 1945. Il travaille également aux Cristalleries du Val Saint-Lambert à Seraing.

Il débute comme peintre figuratif de formation académique, il peint sa première toile abstraite en 1946 suite à des recherches sur la couleur. Il participe aux activités du groupe Apport et devient membre de la Jeune Peinture Belge à partir de 1946.

Première période : Art abstrait : 1946-1967[modifier | modifier le code]

Collignon participe au mouvement Cobra et en 1950, il crée avec Pol Bury le groupe Réalité-Cobra, premier groupe belge pour la défense de l'art abstrait.

Il partage avec Pierre Alechinsky et Jean Dubosq le prix Jeune Peinture Belge décerné pour la première fois en 1950.

Boursier du Gouvernement français, il s'installe à Paris en 1951 et y séjourne jusqu'en 1968. Il est membre fondateur du groupe Art abstrait en 1952 et prix Hélène Jacquet.

Au départ, des petites taches de couleurs vives se juxtaposent et couvrent toute la surface de la toile sans se soucier d'y créer une structure apparente. Mais peu à peu, comme dans les œuvres d'Estève et de son ami Magnelli, elles s'élargissent et s'ordonnent selon des lignes de force au profit de rythmes fougueux, de mouvements curvilignes, de tourbillons galactiques qui dynamisent l'espace en des cloisonnements raffinés.

Les aplats, exécutés avec un métier nerveux et enlevé, rendent la surface picturale intense et vibrante. De longues courbures diagonales se coupent et se recoupent en traversant la toile. Collignon crée une peinture “topographique” en des œuvres qui semblent inspirées par des vues aériennes de jardins, de champs qui s'épanouissent et d'échangeurs, de routes qui se croisent.

Il participe au groupe d'architecture E.G.A.U. et réalise quelques bas-reliefs ou intégrations en béton pour l'Université de Liège (Belgique) au Sart-Timan où les immeubles de la plaine de Droixhe (Liège-Belgique).

Dès 1958, il s'adonne aux collages de papiers et de tissus, faits à la manière des papiers collés cubistes.

Obtient un des prix Marzotto en 1960. En 1961, il expose au Salon de Mai et au Salon des Réalités Nouvelles.

À partir de 1964, de plus en plus d'éléments figuratifs apparaissent dans son œuvre en s'intégrant aux formes abstraites qui s'estompent peu à peu.

Contribue activement à faire de Liège (Belgique) une ville ouverte à l'art le plus actuel à travers les activités de l' A.P.I.A.W.

Seconde période : Néo-figuration : 1968-2002[modifier | modifier le code]

Participe dans le pavillon belge, à la XXXVe Biennale de Venise.

Son œuvre néo-figurative, qui n'est pas étrangère au Pop-Art, a un caractère d'humour insolite, en mélangeant les objets et les corps, la réalité et l'abstraction. En des mosaïques chromatiques, l'or et l'argent à la feuille créent des icônes profanes.

Si la démarche picturale de cet artiste présente un profil à la Janus, l'artiste abstrait et le figuratif ont en commun un même élan irrépressible, une même fougue prolifique dans une explosion de couleurs et de rythmes curvilignes.

Georges Collignon est décédé à Liège en 2002.

En 2005, le Lions Club Liège Val Mosan a créé à la mémoire de son ancien membre le Prix Biennal Georges Collignon.

Citations[modifier | modifier le code]

« Mon vocabulaire visuel et formel a pu évoluer dès l'instant où j'ai pu me passer de ces grands aînés (Klee, Magnelli, Léger et Bonnard), mais j'ajouterai que Magnelli par sa rigueur d'esprit, m'a beaucoup appris.
Je n'ai pas de conception de l'abstraction, sinon rappeler cette définition de la peinture de Maurice Denis “un tableau est une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées” et qui me semble toujours d'actualité. Quand j'ai découvert la peinture abstraite en 1945-1946, après le trou noir de l'occupation, cela a été une véritable illumination et un passage obligé, enrichissant. Les conversions étaient nombreuses, c'était presque une religion, rapidement dogmatique et intolérante. En 1967, j'ai redécouvert la figuration, cela n'est pas très bien vu, ni toléré. On ne commet pas le crime d'hérétique, de lèse-abstrait sans impunité par le milieu orthodoxe, conformiste, conventionnel des bien-pensants de l'art. Aussi, aujourd'hui, comme hier, contre tout racisme esthétique, je revendique le droit à la différence. On n'avance qu'en changeant, c'est bien connu. »

Muséographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • F.-C. Legrand, G. Collignon, dans la revue Quadrum n° 9, Bruxelles (Belgique), 1960
  • F. Simone, G. Collignon, Paris, 1961
  • Georges Collignon, XXXVe Biennale de Venezia – Belgio, 1970
  • Collignon, catalogue exposition Musée de l'Art Wallon, Liège (Belgique), 1971
  • Collignon, catalogue exposition Musée de l'Art Wallon, Liège (Belgique), 1977
  • M. Hicter, Georges Collignon, Revue “Terre d'Europe”, n° 54, mai 1978
  • Collignon, catalogue exposition Galerie CGER, Bruxelles (Belgique), 1978
  • Collignon, catalogue exposition Musée Saint-Georges, Liège (Belgique), 1982
  • Collignon, catalogue exposition Centre de la Chataîgneraie, Flémalle (Liège) (Belgique), 1988
  • Collignon, catalogue exposition BP gallery, Bruxelles (Belgique), 1988
  • F. Bonneure, Collignon, Éditions Lannoo, 1990

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Jan Walravens, Peinture Contemporaine en Belgique, Hélios, Anvers (Belgique), 1961
  • L'art en Belgique, IX, Les peintures abstraites, Cultura, Bruxelles (Belgique), ???
  • Michel Seuphor, La peinture abstraite en Flandre, Arcade, Bruxelles (Belgique), 1963
  • M. Eemans, La peinture moderne en Belgique, Meddens, Bruxelles, 1969
  • M. Eemans, L'art vivant en Belgique, Meddens, Bruxelles, 1972
  • Phil Mertens, La Jeune Peinture Belge, Bruxelles, 1975
  • Jacques Parisse, Actuel XX, Éditions Mardaga, Liège, 1976
  • 150 ans d'art belge dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1980
  • Paul Caso, Un siècle de Peinture Wallonne – de Félicien Rops à Paul Delvaux, Rossel – Bruxelles – 1984
  • J. Stiennon, J.-P. Duchesne, Y. Randaxhe, de Roger de la Pasture à Paul Delvaux, Cinq siècles de peinture en Wallonie, Lefebvre & Gillet, Editions d'Art, Bruxelles (Belgique), 1988
  • M. van Jole, Confrontations, 111 artistes contemporain Belgique et Luxembourg, Lannoo, Tielt (Belgique), 1993
  • Sous le direction de Serge Goyens de Heusch, XXe siècle – L'Art en Wallonie, Dexia – La Renaissance du Livre – Bruxelles - Tournai (Belgique) - 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]