Léon Philippet

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Léon Philippet
Autoportrait à l'âge de dix-huit ans (vers 1861).jpg
Portrait du peintre à l'âge de dix-huit ans, 1861 (Huile sur toile ; 50 × 40,5 cm), Liège, La Boverie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean Léon Modeste PhilippetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Belge Drapeau de la Belgique
Activités
Formation
Maîtres
Lieux de travail
Mouvements
Distinctions
Bourse d'études ( et )
Prix de Rome belge ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
  • La Canzonetta (1870)
  • Michelina Gismondi (1876)
  • L’assassiné (1876)
  • Carnaval à Rome (1885)

Léon Philippet, né le à Liège et mort le à Bruxelles, est un peintre belge, qui réside à Rome de 1868 à 1887. Tenant du réalisme, précurseur de l'impressionnisme, il contribue de façon significative à la modernisation de la peinture liégeoise dans le dernier quart du xixe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Léon Modeste Philippet[1], fils de Jean Gérard Joseph Philippet et Catherine Gertrude Derichs[2], est né à Liège le 14 juin 1843[2],[3]. Bien que d'abord employé comme commis aux écritures chez un marchand de vins et destiné par son père au commerce, il suit des cours du soir à l'Académie des beaux-arts de Liège de 1856 jusqu'en 1861[4],[5]. Il s'inscrit ensuite à temps plein comme élève de la même institution, où il va étudier de 1862 à 1866, suivant, entre autres, les cours de Victor Chauvin, Prosper Drion, Jean-Mathieu Nisen et Charles Soubre[5],[6],[7],[8].

En 1866, il obtient une bourse de mille francs concédée par la conseil communal de la ville de Liège, qui lui permet de se rendre à Paris, où il va résider un peu plus d'un an[5],[6]. Il y étudie à l'atelier du peintre William Bouguereau [5],[6],[7] et entre en contact avec l'école de Barbizon et le peintre Jean-François Millet[5],[6].

Léon Philippet (à droite) travaillant dans son atelier de Liège, vers 1890 (Tirage photographique noir et blanc ; 13 × 18 cm), Liège, Musée de la Vie wallonne

À peine revenu à Liège, il obtient en 1868 la bourse de la fondation Lambert Darchis pour voyager en Italie, et bien que celle-ci ne lui est concédée que jusqu'en 1872, il reste à Rome pendant près de vingt ans, jusqu'en 1887[5],[6],[7],[8],[9]. Durant ce long séjour, il peint de nombreuses « scènes romaines »[5],[6] comme le décrit en 1930 Jules Bosmant[10] : « Toute la vie romaine d'il y a cinquante ans, avec ses bandits sympathiques, ses moines effrontés, ses adolescents violents, ses filles superbes, ses vieilles à la fois nobles et canailles, ses fêtes débridées, sa dévotion brutale, sa passion du jeu, son goût du plein air, ses gestes rudes et ses attitudes théâtrales, est enclose dans les œuvres de ce Wallon ultramontain [...] » De plus, il y fonde une famille avec Michelina Gismondi, qui lui sert de modèle pour plusieurs toiles, et, en 1877, il crée les « Ateliers belges » (future Académie belge de Rome, équivalent belge de l'Académie de France à Rome) qu'il va diriger jusqu'en 1884[5],[6],[7],[11].

Il rentre à Liège en 1887, installant son atelier chez son ami Henri Orban et centrant son œuvre davantage vers la réalisation de portraits et de paysages du littoral belge, des Ardennes, et des environs de Liège et de Bruxelles[6],[7],[8].

Il décède à Bruxelles le 2 novembre 1906[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Style et techniques artistiques[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit aussi dessinateur, Léon Philippet est surtout un peintre de scènes de genre, de portraits et de paysages[5],[6],[7].

Philippet est un réaliste,[5],[6],[7],[10] influencé par Carolus-Duran et Gustave Courbet[10],[12], dont les « œuvres, peintes avec fougue et saisissant le vif du sujet, font preuve d'un sens aigu de l'observation [...] »[7]. Jacques Parrise le présente en ces termes[13] : « Comme Courbet qui ne fut pas sans influence sur son art, Léon Philippet est enfin descendu dans la rue. C'est par lui que le réalisme a touché notre peinture, qu'en s'attachant à peindre la vie truculente, spumante, parfois dangereuse des quartiers populaires romains, il lui a rendu du nerf et fait perdre de cette mauvaise graisse qui lui donnait une allure vite essoufflée. Léon Philippet préfère la vie populaire à la vie des champs et aux ruines : il choisit la vie de ses contemporains, non des têtes célèbres, mais celle de la mère défendant le seuil de sa maison, celle des enfants à leur jeux, ou encore, scandaleux comme l'Olympia de Manet, le cadavre couché de L'assassiné. »

Durant sa période romaine, surtout à partir de 1880, il commence à utiliser une palette de couleurs plus claires et développe une vision de la lumière qui en fait un précurseur de l'impressionnisme en Belgique[4],[5],[7]. Jacques Goijen le décrit avec ces mots[5] : « Il fut un peintre de plein air peignant des scènes et des types locaux. C'est aussi un amoureux de la rue et du peuple qui déferle dans les ruelles où pendent des linges bariolés et sur les places éclaboussées de soleil. C'est un impressionniste avant la lettre ! »

Peintures[modifier | modifier le code]

Jules Bosmant voit en Philippet un « un peintre étonnant autant qu'un observateur scrupuleux de la nature [...] dont on put tout de suite affirmer qu'il apportait un aspect nouveau de la lumière »[10]. Il poursuit, indiquant que ses œuvres, « fortes, claires, chaudes »[10], sont remplies d'une « fougue admirable »[10] et d'un « tempérament généreux »[10].

Comme l'observe Jacques Goijen, la peinture de Philippet se transforme au contact de l'Italie, passant d'une « facture grasse et savoureuse »[5] vers 1870 que l'on retrouve dans La Canzonetta et Le Charlatan vers un certain luminisme, qui ne diminue pourtant en rien la force expressive de son art[5],[7]. « Cette lutte entre le brun et le blanc, entre l'obscurité et la lumière »[5] se poursuit jusqu'a la fin de la vie de l'artiste, mais lui permet de créer une manière fort personnelle de peindre[5],[7].

Jacques Parisse mentionne également ces deux composantes de la peinture de Philippet, mais se centre davantage sur l'évolution qu'a supposée l'arrivée du réalisme dans les arts plastiques et comment l'artiste l'incorpore dans ses « scènes romaines »[13]: « S'attachant à peindre sous le ciel et la lumière d'Italie la comédie vraie de la vie, Léon Philippet bon dessinateur atteste que la peinture wallonne a aussi le sens de la couleur. S'il nous paraît aujourd'hui que le peintre s'est parfois donné bien de la peine pour conserver les souvenirs de scènes folkloriques (Carnaval romain) ou anecdotiques (La fête de la grand-mère) que capte mécaniquement l'appareil photographique, il faut nous souvenir de la peinture qui se faisait à l'époque. Léon Philippet, il y a plus d'une siècle, découvrait dans l'éblouissement de la lumière ce qu'était la vraie vie, celle qui ne prend pas la pose, qui ne vise pas à l'immortalité mais qui, au contraire, dans les riches et vives couleurs, éclate en cris joyeux ou en imprécations en drames ou en fêtes. »

À titre d'exemple, les paragraphes suivants présentent trois des peintures les plus typiques du style de Léon Philippet : « La Canzonetta » de 1870, son portrait de « Michelina Gismondi » de 1876 et le « Carnaval à Rome » probablement réalisé en 1885.

La Canzonetta (1870)[modifier | modifier le code]

La Canzonetta, 1870 (Huile sur toile ; Inv. La Boverie BA.WAL.05b.1922.2674 ; 75 × 137 cm), Liège, La Boverie

Œuvre acquise en 1922 par le Musée des Beaux-Arts de Liège au fils de l'artiste, Léon Philippet fils.

Gaëtane Warzée décrit dans le catalogue des collections du Musée des beaux-arts de Liége de 2018 cette curieuse représentation d'un concert improvisé dans une ruelle des quartiers populaires de Rome[14] : « Ce concert de fortune au coin d'une rue est prétexte à montrer les personnages pittoresques qu'on croise dans l'Italie de la fin du XIXe siècle. Les zingari créent l'événement. Ces bohémiens chantent accompagnés d'une guitare et d'un violon, contant dans leur canzonetta l'histoire de deux amoureux comme l'indique le panonceau posé à leurs côtés. Un public bigarré leur prête l'oreille : hommes et femmes du peuple revenant du marchés, enfants, mendiants, jeune mère et son bébé sont arrêtés là. Seul à l'avant-plan, un moine franciscain tirant son âne traverse la composition sans se sancier des musiciens. ce qui n'est pas du goût du quadrupède, effrayé sans doute, qui renâcle à continuer sa route. Les visages des badauds représentés sont très individualisés. »

Michelina Gismondi (1876)[modifier | modifier le code]

Michelina Gismondi, 1876 (Huile sur toile ; Inv. La Boverie BA.WAL.05b.1922.2653 ; 81,5 × 61,5 cm), Liège, La Boverie

Comme l'œuvre précédente, la toile a été acquise en 1922 par le Musée des Beaux-Arts de Liège à Léon Philippet fils, et est considérée comme son chef-d’œuvre dans le genre artistique du portrait[11],[13]. Jacques Hendrick écrit d'ailleurs à son sujet[11] : « [...] On évoque Édouard Manet, surtout, dans ses meilleures pages. »

Vu qu'il s'agit d'un portrait de l'épouse de l'artiste, Gaëtane Warzée fournit des bribes d'informations biographiques de Michelina Gismondi en plus de commentaires concernant l'œuvre elle-même[11] : « La belle Michelina pose assise de trois-quarts, les bras croisés, le visage tourné vers le peintre. Léon Philippet l'a rencontrée à Rome où il a exécuté ce portrait ; c'est vraisemblablement là qu'il l'a épousée. Elle était originaire du village de Castel Madama, dans le Latium dont la population en mal d'argent venait se proposer comme modèle aux nombreux artistes établis dans la Ville Éternelle. Le couple aura plusieurs enfants. [...] Le jeune femme porte une robe claire au col plissé, sans doute son habit du dimanche. Sa lourde chevelure noire est retenue en arrière par un peigne de corail auquel fait écho la pendeloque accrochée à son oreille gauche. Le peintre a apporté un soin particulier à ce remarquable portrait, stimulé par la passion qu'il voue à sa jolie compagne. Celle-ci continuera à lui servir de modèle. [...] On perd sa trace ainsi que celles de ses enfants vers 1887, année durant laquelle l'artiste rentre au pays accompagné de son fils Léon. Michelina et le reste de la famille ont-ils péri dans une de ces terribles épidémies qui ravagent encore l'Italie à cette époque ? Le mystère reste entier. Toujours est-il que ce magnifique portrait de la bien-aimée est le chef-d'œuvre du genre dans la production de l'artiste. »

En 1975, Jacques Parisse se montrait déjà élogieux envers ce tableau[13] : « L'admirable portrait de Michelina Gismondi (Musée de l'Art Wallon) est bien plus que le portrait d'une belle inconnue dont le peintre a voulu garder le souvenir. La beauté un peu vulgaire de ce visage aux yeux charbonneux, aux lèvres sensuelles... »

Carnaval à Rome (vers 1885)[modifier | modifier le code]

Carnaval à Rome, vers 1885 (Huile sur papier marouflé ; Inv. La Boverie BA.WAL.05g.1926.2659 ; 75 × 100 cm), Liège, La Boverie

Cette peinture entre dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Liège en 1926, grâce au legs de Jules Reuleaux en faveur de la ville. Gaëtane Warzée dépeint d'abord l'ambiance de cet événement, qui est alors typique à Rome, et l'itinéraire qu'il y suit[14] : « Jusqu'a la fin du XIXe siècle, le carnaval de Rome est l'un des plus réputés au monde. Organisé durant le mois de février, il fait l'objet de plusieurs manifestations. La plus importante se déroule dans le Corso, rue principale de Rome qui relie la Piazza del Popolo à la Piazza Venezia. On y croise une joyeuse cohue, des personnages masqués dont les pierrots et les polichinelles de la commedia dell'arte, mais aussi des femmes vêtues du costume traditionnel. Malheur à celui qui pour l'occasion sort coiffé de son haut de forme ! Un des jeux favoris des fêtards est de s'emparer du couvre-chef et de le piétiner. Les plus fortunés louent les balcons des palais bordant l'artère. Les dames s'y voient offrir des bouquets de fleurs attachés sur des piques de bois. La tradition veut aussi qu'on lance des confettis, petites billes de plâtre enfarinées qui pleuvent de toute part. »

Elle poursuit en commentant l'œuvre elle-même et la date possible de sa réalisation[14] : « C'est un condensé de cette liesse populaire que nous donne à voir Léon Philippet. Cette œuvre à la palette éclatante pourrait avoir été peinte en 1885, année où il exécute un croquis sur le même sujet et surtout le tableau La course des barberi : une autre manifestation haute en couleurs du carnaval romain pour laquelle on organisait un lâcher de chevaux à travers les rues. »

Catalogue et musées[modifier | modifier le code]

Des œuvres de Léon Philippet sont présentes dans les collections de La Boverie[11],[14],[15],[16],[17], du Musée de la Vie wallonne[18], de l'université de Liège[15], de la commune de Seraing[15], du Conservatoire royal de Liège[15], de la commune de Verviers[15], de la commune de Knokke-Heist (Le vainqueur du match)[4] et des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique[15],[19].

Il est aussi l'un des principaux contributeurs au panorama géant Rome prise par Garibaldi le 3 juin 1849 (1883)[5],[6], comme décrit dans l'article Wikipédia sur l'artiste en néerlandais[4] : « Ce tableau de grandes dimensions est destiné à un rond-point où les visiteurs pouvaient le voir depuis une plate-forme centrale. De tels panoramas étaient très à la mode à l'époque. Philippet réalise d'abord des peintures à l'huile, qui ont ensuite été agrandies dix fois sur le panorama par lui-même et un certain nombre d'artistes. Ces esquisses se trouvent aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts et de la Céramique de Verviers. Le panorama est très réussi et fait un tour du monde de Milan à Turin, Londres, Bruxelles, Vienne puis à Buenos Aires et au Chili. Lorsqu'il a été transféré du Chili au Brésil, une maladie s'est déclarée à bord du navire. Ce panorama a été fortement endommagé lors de la désulfuration du navire. Onze grandes photographies contemporaines de cette œuvre ont été trouvées en 1967 au Museo Centrale del Risorgimento à Rome. Les peintures ont représenté les batailles du 3 juin 1849 avec une telle précision qu'on a d'abord pensé que ces photographies avaient été prises sur le champ de bataille. » Plusieurs des peintures à l'huile qui servent d'esquisses sont présentes dans les collections de la commune de Seraing[15].

Expositions[modifier | modifier le code]

Il expose au Cercle royal des Beaux-Arts de Liège de 1887 à 1898[5],[6].

  • 1903 : Rétrospective Léon Philippet, Société d'Émulation , Liège[7].
  • 1926 : Rétrospective Léon Philippet, Cercle royal des Beaux-Arts, Liège[5].
  • 1933 : Le Visage de Liège, du 23 septembre au 23 octobre, Palais des Beaux-Arts, Liège[20].
  • 1939 : Exposition de la gravure liégeoise, Musée des Beaux-Arts, Liège[21].
  • 1952 : Salon 1952, du 4 octobre au 11 novembre, Musée des Beaux-Arts, Liège[21].
  • 1964 : 125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux‑Arts, du 11 avril au 10 mai, Musée des Beaux-Arts, Liège[21].
  • 1966 : Hommage à de Witte Adrien, Donnay Auguste, Heintz Richard, Mataive Alphonse, Maréchal François, Philippet Léon, Rassenfosse Armand, du 3 au 14 janvier, Cercle royal des Beaux-Arts, Liège[21].
  • 1984 : du 26 juin au 19 août, Cabinet des Estampes et des Dessins, Liège[21].
  • 1985 : Autoportraits, du 11 mai au 1er juin, Galerie l'A., Liège[21].
  • 1987 : Le Symbolisme - Le Réalisme, du 16 octobre au 10 janvier 1988, Centre Wallonie‑Bruxelles, Paris[21].
  • 1989 : Carte blanche à Jacques Parisse, 25 ans de critique d'Art, du 11 novembre au 10 décembre, Centre wallon d'art contemporain - La Châtaigneraie, Flémalle, Liège[21].
  • 1992 : Le Cercle royal des Beaux-Arts de Liège 1892-1992, du 18 septembre au 20 avril 1993, Cercle royal des Beaux-Arts, Liège[6].
  • 1996 : 125 ans d'art liégeois - peinture, sculpture, gravure en province de Liège 1870‑1995, du 27 novembre au 31 janvier 1997, ING Espace Culturel, Liège[21].
  • 1997 : Choix de dessins par Jacques Parisse, du 22 mars au 20 avril, Galerie Liehrmann, Liège[21].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Malgré le rôle prépondérant qu'il joue dans la modernisation de la peinture liégeoise dans le dernier quart du xixe siècle, Léon Philippet est, comme le dit Jules Bosmant dès 1930, « un maître, mais un maître incompris, et il n'y a pas longtemps que nous avons mesuré son rôle précurseur et la qualité de son exemple »[10]. En 1975, Jacques Parisse ne peut que constater, dans un commentaire qui est toujours d'actualité et reprend plusieurs réflexions de Jules Bosmant[12],[24], que l'artiste reste bien méconnu[13] : « Cet observateur implacable, ce dessinateur agile, ce coloriste vraiment latin fut raillé ou embrigadés par la critique étrangère dans les rangs des "vrais Flamands, épais, crus et carrés [...] qui tirent exclusivement la force et la beauté de leurs œuvres de la terre grasse des Flandres". On ne peut être plus bête ! Aujourd'hui encore, 70 ans après sa mort (1906), Léon Philippet est un peintre mal connu. Mais il a été le "père de la peinture liégeoise contemporaine". »

Ce rôle de « rénovateur de la peinture liégeoise » allié à la maîtrise technique et la force expressive de son art sont aussi mis en avant par Jules Bosmant et Jacques Goijen :

« [...] il nous convient d'inaugurer les temps nouveaux, ceux où la peinture liégeoise va retrouver quelque honneur, par Léon Philippet. Il en fut véritablement le restaurateur. C'est le premier de nos peintres que l'on puisse enfin comparer aux maîtres de jadis. [...] Le Musée de Liège est riche en Philippet : 27 peintures à l'huile, puis des dessins, des lavis, des esquisses, permettent de se faire une idée complète et juste de ce beau talent, dont en son temps, sauf peut-être à Bruxelles et à l'étranger, on ne mesura pas toute la valeur novatrice. [...] En vérité ce Wallon, formé à l'Académie de Liège, dont les maîtres d'élection furent Français et dont l'œuvre entier dédia à la campagne romaine et à ses habitants des tableaux clairs, personnels et définitifs, est trop magnifiquement, trop uniquement latin pour que nos cœurs émus ne le remercient pas des certitudes qu'il nous apporte ! »

— Jules Bosmant[25]

« James Ensor a toujours professé la plus vive admiration pour l'œuvre de Léon Philippet en le saluant comme le maître de la peinture de l'époque. [...] Philippet peint à sa façon, réalisant une œuvre qui s'imposera à la postérité. Ce sont des œuvres hardies, gardant encore, à certains aspects, une allure révolutionnaire. Il a devancé son époque, il est le maître d'un art nouveau, en quoi, il est précurseur. Il possède un art puissament expressif. Composition, expression, vie, Philippet en maître incontesté, surmonte avec aisance toutes les difficultés, la technique n'ayant plus de secret pour lui. »

— Jacques Goijen[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Philippet, Jean Léon Modeste », sur Benezit Dictionary of Artists (consulté le )
  2. a et b openarchives, « Jean Léon Modeste Philippet, born on June 14, 1843 in Liège », sur https://www.openarch.nl/
  3. a et b (en) « Discover painter Léon Philippet », sur rkd.nl (consulté le )
  4. a b c et d (nl) « Léon Philippet », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  5. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u et v Goijen 2014, p. 496-497.
  6. a b c d e f g h i j k l m n o et p Somville, Depouhon et Depouhon 1992, p. 79.
  7. a b c d e f g h i j k l m et n V. Coomans - Cardon de Lichtbuer 1995, p. PHILIPPET, Léon.
  8. a b et c « Léon Philippet (Les collections du Musée de la Vie wallonne) », sur collections.viewallonne.be (consulté le )
  9. a et b Fondation Darchis, « Anciens boursiers - Léon Philippet (1843 - 1906) », sur https://www.darchis.org/page_darchis.asp (consulté le )
  10. a b c d e f g et h Bosmant 1930, p. 144-145.
  11. a b c d et e Warzée 2016, p. 154-155.
  12. a et b Bosmant 1978, p. 520-521.
  13. a b c d et e Parisse 1975, p. 31-32.
  14. a b c et d Warzée 2018, p. 104-107.
  15. a b c d e f et g « Philippet, Léon - See Photo Library results (BALaT KIK-IRPA) », sur balat.kikirpa.be (consulté le )
  16. Ville de Liège, Musée des beaux-arts : catalogue, Liège, Imprimerie Bénard, , 137 p. (OCLC 27249817, lire en ligne), p. 60-62 (Philippet, Léon)
  17. Ville de Liège, Musée des beaux-arts : Supplément au catalogue, Liège, Imprimerie Bénard, , 12 p. (OCLC 27249817, lire en ligne), p. 7-8 (Philippet, Léon)
  18. Léon Philippet, « Procida (Les collections du Musée de la Vie wallonne) », sur collections.viewallonne.be (consulté le )
  19. « La collection - Résultats pour l’artiste « Léon PHILIPPET » – Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique », sur fine-arts-museum.be (consulté le )
  20. Art-info.be, « Biographie développée d'Edmond Delsa », sur https://art-info.be/bd/artistes/delsa-edmond, p. 7
  21. a b c d e f g h i et j Marc Renwart (Art-info.be), « Biographie développée d'Adrien de Witte », sur https://art-info.be/bd/artistes/de-witte-adrien, p. 14, 16-18, 23-25
  22. (en-US) Oscar Berchmans, « Buste de Léon Philippet, artiste-peintre », sur BALaT KIK-IRPA (consulté le )
  23. Oscar Berchmans, « Buste de Léon Philippet – Parc de La Boverie – Liège | BE-monumen », sur be-monumen.be, (consulté le )
  24. Bosmant 1930, p. 143.
  25. Bosmant 1930, p. 142-146.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Puraye, La Fondation Lambert Darchis à Rome, Rome-Liège, Fondation Lambert Darchis, , 424 p. (OCLC 315768224)
  • Régine Rémon (direction) et Alain Delaunois (conseil éditorial), Catalogue du Musée des beaux-arts de Liége, vol. 1, Liège, Raymond Vervinckt & Fils, , 408 p. (ISBN 978-90-8252-100-9, OCLC 972161089). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Gaëtane Warzée (rédaction de l'article), « Léon Philippet : Michelina Gismondi 1876 », Catalogue du Musée des beaux-arts de Liége, op. cit.,‎ . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Régine Rémon (direction) et Alain Delaunois (conseil éditorial), Catalogue du Musée des beaux-arts de Liége, vol. 2, Gand, Éditions Snoeck, , 296 p. (ISBN 978-94-6161-532-9, OCLC 972161089). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Gaëtane Warzée (rédaction de l'article), « Léon Philippet : L'assasiné - 1876, La Canzonetta - 1870, Carnaval à Rome - 1885 (?) », Catalogue du Musée des beaux-arts de Liége, op. cit.,‎ . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Somville, Marie-Christine Depouhon et Gilbert Depouhon, Le Cercle royal des Beaux Arts de Liège 1892-1992, Bruxelles, Crédit Communal, , 128 p. (OCLC 35121530). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes[modifier | modifier le code]

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