Auguste Mambour

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Auguste Mambour
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Auguste Mambour est un peintre belge, né le 13 mai 1896 à Liège où il meurt le 30 octobre 1968. Son œuvre des années 1920 et 1930 est d'un style très personnel, marqué par une influence de l'art africain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Auguste Mambour étudie à l'académie des beaux-arts de Liège de 1913 à 1919. Son style sera influencé par Évariste Carpentier, Auguste Donnay et Adrien de Witte avant de découvrir l'art nègre. Il passe en effet 6 mois au Congo belge après avoir reçu le second prix de Rome en 1922. Il adhère au surréalisme entre 1926 et 1929[1].

Il fonde une agence de publicité à la fin des années 1930 et c'est ainsi qu'il réalisera des affiches publicitaires. Il sera également professeur à l'académie des beaux-arts de Liège.

Mambour fut aussi un zélateur du Nazisme et collabora activement avec l'ennemi. Arrêté en novembre 1944; il comparait devant le Conseil de Guerre le 22 novembre 1944 qui le condamne à 5 ans de prison avec perte à perpétuité des droits civils et politiques. Il rejoint sa cellule affublé d'un écriteau pendu à son cou où il est écrit : " Je peins comme mon führer ". Cette condamnation fut confirmée en degré d'appel par la Cour Militaire le 13 octobre 1945. Le jugement était motivé par le fait que Mambour avait à Liège, en 1940 et postérieurement à cette date :

n° 1. participé à la transformation par l'ennemi d'institutions légales, ébranlé en temps de guerre la fidélité des citoyens envers l'Etat et sciemment servi la politique ou les desseins de l'ennemi ainsi que sciemment dirigé et pratiqué par quelque moyen que ce soit, provoqué, aidé ou favorisé une propagande dirigée contre la résistance à l'ennemi ou ses alliés.

n° 2. Créé un groupement, une association ou une organisation poursuivant la destruction de l'indépendance de la Belgique, des libertés ou des institutions constitutionnelles du peuple belge.

n° 3. Dirigé ou exercé une fonction quelconque et sciemment en favoriser la constitution ou l'activité.

Dès 1939 Mambour était convaincu de la victoire nazie et défendait les idées racistes de ceux-ci. Il fut accusé de les avoir concrétisées en contribuant à l'arrestation de Jacque Ochs, Directeur de l'Académie des Beaux Arts (dénoncé au motif qu'il était "Juif" mais aussi sans doute parce que Mambour ambitionnait d'occuper sa place de directeur de l'Académie des Beaux Arts). Il fréquentait les autorités nazies qu'il recevait à sa table et il n'y a donc rien d'étonnant dans ce contexte familial qu'un de ses fils ait rejoint les rangs de la légion SS " Viking ".

A la suite de la condamnation de Mambour, le Conseil Communal de Liège prononce sa révocation du poste de professeur à l'Académie des Beaux-Arts avec perte définitive du droit à la pension de retraite.

Auguste Mambour bénéficia d'une succession d'allégements de sa peine et fut finalement réhabilité - grâce semble-t-il à l'intervention d'amis influents - en 1964[2],[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

La broyeuse de manioc , conservé au BAL
  • 1922 : Couple assis (Alphèdre), collection de la Communauté française de Belgique[4].
  • 1923 : La broyeuse de manioc, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1924 : Femme en buste, collection privée.
  • 1926 : La ronde, collection de la Communauté française de Belgique[5].
  • 1929 : Portrait de femme Mambole, collection privée.
  • 1932 : Négresse Bambole, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1933 : Nu de fer, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1933 : Les masques, collection de la Communauté française de Belgique[5].

Élèves[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Auguste Mambour, texte extrait de Cent Wallons du siècle, Institut Jules Destrée, Charleroi, 1995
  2. « Les Territoires de la Mémoire - Auguste Mambour : artiste engagé ? Oui ! », sur www.territoires-memoire.be (consulté le 19 novembre 2018)
  3. « Restaurer une fresque de Mambour? Pas sans rappeler son passé d'extrême-droite... », RTBF Info,‎ (lire en ligne)
  4. Fernand Graindorge 1903-1985. Collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique, catalogue d'exposition, Liège, Musée de l'Art wallon, 2009, p. 92-93
  5. a et b Fernand Graindorge 1903-1985. Collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique, catalogue d'exposition, Liège, Musée de l'Art wallon, 2009, p. 94

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pirotte, Jean Guy Gilles, Auguste Mambour : L'odyssée d'une œuvre en trois dimensions, Tournai : La Renaissance du Livre (coll. Références), 2003
  • Jacques Parisse, Auguste Mambour. Une œuvre, un destin, Paris : Fernand Nathan, 1984
  • Jacques Stiennon, Jean-Patrick Duchesne, Yves Randaxhe (dir.), De Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie, Bruxelles : Lefebvre & Gillet, Les Éditeurs d'Art Associés, Art&Fact, 1988, 336 p.
  • Jacques Goijen, Dictionnaire des peintres de l'école liégeoise du paysage, Liège : École liégeoise du Paysage Éditions, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]