Église des Cordeliers de Paris

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Église des Cordeliers
Image illustrative de l’article Église des Cordeliers de Paris
Présentation
Culte Catholique romain
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Arrondissement 6e arrondissement
Coordonnées 48° 51′ 02″ nord, 2° 20′ 29″ est

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église des Cordeliers

Église conventuelle construite au XIIIe siècle, l'une des plus vastes du vieux Paris faisait partie de l'ensemble du grand couvent des Cordeliers de Paris avec un cloître et un collège. Les Cordeliers est le nom que prirent les Franciscains installés en France. Elle a été le siège pendant la Révolution du Club des Cordeliers. Elle a été rasée au cours du XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation dédiée à Sainte Madeleine[modifier | modifier le code]

Tombe de Charles, comte d'Étampes, petit-fils de Philippe le Hardi, qui était placée dans l'église des Cordeliers de Paris, derrière le grand autel. Ce comte d'Étampes mourut en 1336, d'après Eugène Viollet le Duc.
  • Les Cordeliers occupaient au début un modeste logis qu'ils tenaient de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés. Saint Louis leur fournit des ressources nécessaires pour construire leur église[1]. La construction débuta vers 1230. Elle a été édifiée sous la direction de l'architecte du roi, Eudes de Montreuil. Il avait sculpté son propre tombeau (qui disparut dans l'incendie de l'église des Cordeliers de Paris le 15 novembre 1580)[2]. L'église fut dédiée le 6 juin 1262, sous le titre de Sainte-Madeleine. La nef ne fut terminée que vers 1269. L'église s'élevait parallèlement à la rue des Cordeliers (actuelle rue de l’École de Médecine), sur l'emplacement qu'occupe actuellement la Faculté de Médecine (site des Cordeliers). L'édifice avait 95 mètres de long. Son chœur était orienté vers l'Est comme on peut le voir sur un plan montrant le Couvent, le réfectoire et l’Église des Cordeliers, au milieu du XVIe siècle[3].

Un grand lieu de rayonnement des Franciscains[modifier | modifier le code]

Tombeau d'Albert Pie de Savoie, Comte de Carpi, +1531- Musée du Louvre
Réfectoire des Cordeliers, 1360
  • Le couvent des Cordeliers possédait de nombreux manuscrits, en particulier une Chronique dite Chronique des Cordeliers de Paris. Le manuscrit est aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Cette Chronique s'étend de la création du monde à l'année 1434. Certaines informations sur la cour de Charles VII et la vie de Jeanne d'Arc ont été publiées par l'historien Jules Quicherat.

L'éclat du XVIe siècle et le grand incendie[modifier | modifier le code]

  • Le tombeau d’Albert-Pie de Savoie, comte de Carpi (+1531) est exposé au Musée du Louvre.
  • À la Renaissance le collège des Cordeliers ouvre une salle d'anatomie pour les chirurgiens, située dans l’amphithéâtre Saint-Côme. Voir le plan de Paris de 1550.
Plan de Paris vers 1550, sur la droite de l'image, le collège des Cordeliers jouxte les remparts de Paris.
  • L'église possédait une importante collection de vitraux représentant de nombreuses personnalités illustres tels que Jacques Amyot[8], Catherine de Médicis, le Duc de Guise, le Duc de Mayenne[9].
  • Le tombeau de Guillaume Froelich (1492 ou 1505-1562)[10] qui fut colonel général des gardes suisses y fut inhumé. Son tombeau avec son buste attribué à Pierre Bontemps est exposé au Musée du Louvre[11],[12]
  • Un incendie en novembre 1580 détruit une partie importante de l'église et du cloître.

Les restaurations du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Claude de Bullion, ancien Surintendant des Finances, puis Garde des Sceaux de Louis XIII, donna des libéralités pour que le maître-autel soit refait "à la moderne" (en marbre blanc) flanqué de quatre colonnes en marbre d'Italie, avec bases et chapiteaux de bois doré, et accompagné sur les côtés de deux grandes statues de pierre, celles de saint François et celle de sainte Madeleine[13], fait en 1634 [14]. La chapelle du crucifix concédée à Jean de Besançon devint par alliance la propriété des familles Bullion et Lamoignon[15]. Claude de Bullion fut inhumé en décembre 1640 en la chapelle de la maison Besançon, laquelle il avoit fait orner de riches peintures comme y ayant destiné sa sépulture avec ses ancestres maternels[16], nuitamment en raison de son impopularité. Son corps reposait dans l'angle de la chapelle. Son mausolée se trouvait appliqué au mur de la dite chapelle face à l'autel. Il se composait d'un sarcophage en marbre noir orné de fleurs et de trois appliques en bronze et soutenu par quatre consoles de marbre blanc, dont deux figuraient des têtes de femmes voilées, avec un chérubin au milieu[17]. Son fils, Noël de Bullion, et de son petit-fils, Armand-Claude de Bullion, y possèderont leurs mausolées.
  • La reconstruction du cloître ne commença que vers 1674.
  • Le Nôtre réaménage le jardin derrière la nef.
  • La reconstruction du cloître fut achevée vers 1683 par une vaste galerie au-dessus.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • De nouveaux statuts sont donnés au grand couvent (1733)[18].
  • C'est dans la galerie au-dessus du cloître qu'Edme Verniquet fit exécuter par cinquante ingénieurs ou dessinateurs l'immense plan de Paris que le roi avait commandé le 10 avril 1783. Cela se concrétisa par un plan de poche de Paris (papier sur toile) par l'ingénieur géographe du roi, Louis Brion de la Tour en 1783[19].

La Révolution sonne le glas du monastère[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raunié, Émile. Épitaphier du vieux Paris, recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Tome I-III.(1854-1911) Impr. nationale (Paris) 1890-1901, p. 232
  2. M. Héber Dictionnaire pittoresque et historique, ou Description d'architecture, peinture, sculpture, gravure... histoire naturelle, antiquités et dates des établissemens et monumens de Paris, Versailles, Marly, Trianon, Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne, autres maisons royales et châteaux à environ quinze lieues autour de la capitale... avec le catalogue des plus célèbres artistes anciens et modernes et leurs vies., Éd C. Hérissant (Paris) 1766
  3. BERTY, A. / TISSERAND, L.M. / PLATON, Camille Histoire générale de Paris. Topographie historique du vieux Paris Édition : Impr. Nationale, 1887, p. 340
  4. Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France Titre : Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France Auteur : Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France Éditeur : H. Champion (Paris) 1875-1930 ; p. 290-291
  5. Louis Moreri. Le grand dictionnaire historique ou mélange curieux de l'histoire ..., Vol. 2 Paris (1683)
  6. Amédée Hellot (éditeur scientifique), Chronique parisienne anonyme du XIVe siècle, Nogent-le-Rotrou, Impr. de Daupeley-Gouverneur, (notice BnF no FRBNF33301352, lire en ligne), p. 39-40, no 30
  7. Moreri L., Gouget. Le Grand dictionnaire historique ou le Mélange curieux de l'histoire sacrée, 1759, p. 273.
  8. Agenda P.L.M. Auteur : P.L.M. Éditeur : [s.n.?] (Paris) Date d'édition : 1924 Type : texte,publication en série imprimée
  9. Gaignières, 1035. - "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 1
  10. Notice no 1642, base Atlas, musée du Louvre
  11. L'Univers illustré (Paris), journal hebdomadaire Éditeur : Levy (Paris) Date d'édition : 1858-1900p 786
  12. Études d'histoire de l'art offertes à Jacques Thirion : des premiers temps chrétiens au XXe siècle .. Par Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Xavier Dectot, École des Chartes, (2001), p. 153
  13. Raunié, Émile Épitaphier du vieux Paris, recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Tome I-III.(1854-1911) Impr. nationale (Paris) 1890-1901, p. 260
  14. BEAUMONT-MAILLET (Laure) Le Grand Couvent des Cordeliers de Paris : Études historiques et archéologiques de XIIIe siècle à nos jours. (1985), p. 271.
  15. Robert Le Blant Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 12, no 1, 1958, p. 112-125.
  16. Raunié, Émile Épitaphier du vieux Paris, recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Tome I-III.(1854-1911) Impr. nationale (Paris) 1890-1901, p. 354
  17. Raunié, Émile Épitaphier du vieux Paris, recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Tome I-III.(1854-1911) Impr. nationale (Paris) 1890-1901, p. 353
  18. Arrêt du conseil d’État qui ordonne que les statuts du grand couvent des Cordeliers de Paris y seront observés Auteur : France. Conseil d’État (13..-1791) Imp. royale (Paris) 1727
  19. LEFEUVRE (Charles )Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III « rue de l’École de Médecine » Vol 3, (1873)p. 109

Liens externes[modifier | modifier le code]