Ordre du Verbe incarné

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Religieuse du Verbe incarné au XVIIIe siècle

L'ordre du Verbe incarné et du Très-Saint-Sacrement est un ordre monastique féminin de droit pontifical fondé en France au XVIIe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines de l'ordre remontent en 1625 quand Jeanne Chézard de Matel née à Roanne au Château de Matel (1596-1670) ouvre, avec l'aide de Mgr de Marquemont, archevêque de Lyon, une maison d'éducation pour jeunes filles à Roanne et fonde une communauté religieuse pour s'en occuper. Deux ans plus tard, la communauté déménage à Lyon, mais Mgr de Richelieu le nouvel archevêque refuse son soutien à la fondatrice qui s'installe donc à Avignon en 1639, où elle est soutenue par les jésuites.

Elle ouvre deux nouvelles maisons ; l'une à Grenoble en 1643 et une autre à Paris en 1644. Les constitutions définitives de l'ordre, basées sur la règle de saint Augustin, sont publiées en 1662. Les religieuses sont vouées à l'instruction des fillettes et des jeunes filles et leurs communautés jouissent chacune de leur autonomie.

En 1668, la fondatrice, qui n'était pas encore religieuse et qui était placée dans un certain isolement par la supérieure de la congrégation, obtient le droit du légat pontifical, le cardinal de Vendôme, de prononcer ses vœux sans avoir effectué de noviciat.

L'habit des religieuses à cette époque était constitué d'une tunique blanche, d'une ceinture, d'un manteau et de chaussures rouges, ainsi que d'un scapulaire rouge avec au milieu l'emblème de l'ordre : le monogramme du Christ et le Sacré-Cœur entourés d'une couronne d'épines brodés en soie bleue.

Les années suivant la mort de la fondatrice, d'autres maisons sont ouvertes à Sarrians en 1683, à Orange en 1687, à Roquemaure et Anduze en 1697.

Diffusion et activité[modifier | modifier le code]

Les religieuses sont dispersées pendant la Révolution française qui interdit les ordres religieux, puis finit par bannir le culte catholique pendant la Terreur, le remplaçant par celui de l'Être suprême. Plusieurs religieuses du couvent d'Avignon subissent le martyre.

Une religieuse de l'ordre, Mère Chinard-Durieux, en exil à Ravenne, y fait la connaissance d'un abbé français émigré, l'abbé Étienne Denis qui, rentré en France après le Concordat de 1801, restaure l'ordre à Azerables dans le midi de la France en 1806[1] et 1817 (après que les constitutions eurent été retrouvées). Une religieuse rescapée d'Avignon rejoint la communauté en 1818 en apportant les écrits autobiographiques de la révérende Mère de Matel. L'ordre ouvre en 1853 une filiale aux États-Unis à Brownsville au Texas, inaugurant une ère d'expansion dans ce pays lui-même ouvert à d'immenses vagues d'immigration européenne. Sept couvents sont fondés au Texas.

Cependant les lois anti-congrégationnistes du petit père Combes suppriment de nouveau les maisons d'éducation de l'ordre en France en 1902. Ne subsistent que trois monastères strictement contemplatifs, celui de Lyon, celui d'Azerables et celui d'Evaux-les-Bains, puis l'ordre décline.

Aux États-Unis en revanche les maisons se consolident. Les religieuses s'agrègent à des congrégations à régime centralisé, afin de mieux gérer les écoles paroissiales qui leur sont confiées et l'apostolat missionnaire qu'elles souhaitent réaliser. Le premier institut de nouvelle manière à voir le jour, les religieuses du Verbe incarné, est celui de Mexico fondé en 1929.

À la fin de l'année 2008, les monastères sui juris de l'ordre étaient au nombre de six, avec 126 religieuses.

Elles ne doivent pas être confondues avec les Sœurs de la Charité du Verbe incarné issues de cette famille au milieu du XIXe siècle.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mère Chinard-Durieux ne rentre qu'en 1814 en France et y apprend alors l'existence de la nouvelle communauté. Elle y apporte les constitutions et devient la première supérieure générale.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]