Économie de la Bolivie

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Bolivie
Indicateurs économiques
image illustrative de l’article Économie de la Bolivie
La Paz, capitale administrative de la Bolivie et centre financier du pays.

Monnaie Boliviano

1$ USD = 6,91889 BOB (1 avril 2018)

Année fiscale Année calendaire
Organisations internationales UNASUR
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) en augmentation 37,78 milliards de $ (2017)
Produit intérieur brut en PPA en augmentation 83,5 milliards de $ (2017)
Croissance du PIB en diminution 4,2 % (2017)
PIB par habitant en PPA en augmentation 7 500 $ (2017)
PIB par secteur agriculture : 13 %
industrie : 37,4 %
services : 54,1 % (2017)
Inflation (IPC) 3,2 % (2017)
Pop. sous le seuil de pauvreté Decrease Positive.svg 38,6 % (2011)
Indice de développement humain (IDH) en augmentation 0,674 (2015)
Population active en augmentation 5,07 millions (2017)
Population active par secteur agriculture : 29,4 %
industrie : 22 %
services : 48,6 % (2015)
Taux de chômage Increase Negative.svg 3,5 % (2017)
Commerce extérieur
Exportations en augmentation 7,541 milliards de $ (2017)
Biens exportés gaz naturels, argent, zinc, plomb, étain, or, quinoa, soja et produit a base de soja
Principaux clients 2016 :

Drapeau du BrésilBrésil (19,3%)
Drapeau des États-UnisÉtats-Unis (13,6%)
Drapeau de l'ArgentineArgentine (11,4%)
Drapeau de la ColombieColombie (8,8%)
Drapeau de la République populaire de ChineChine (6,8%)

Importations Increase Negative.svg 8,239 milliards de $ (2017)
Biens importés machines, produits pétroliers, véhicules, fer et acier, plastique
Principaux fournisseurs 2016 :

Drapeau de la République populaire de ChineChine (19,9%)
Drapeau du BrésilBrésil (17,5%)
Drapeau de l'ArgentineArgentine (10,5%)
Drapeau des États-UnisÉtats-Unis (9,8%)
Drapeau du PérouPérou (6,9%)

Finances publiques
Dette publique Increase Negative.svg 19,45 milliards de $

51,5 % du PIB (2017)

Dette extérieure Increase Negative.svg 14,81 milliards de $ (2017)

La Bolivie est un des pays les plus pauvres d'Amérique du Sud, avec un PIB de 37,78 milliards de dollars USD en 2017[1], cependant il est également l'un des pays les plus dynamique du sous-continent avec une croissance du PIB de l'ordre de 4,2 % en 2017.

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

En 2016 :

  • Lignes de téléphone : 867 302
  • Téléphones portables : 10 165 308
  • Utilisateurs d'Internet : 4 354 678
  • Routes : 90 568 km (dont 9 792 km goudronnés)
  • Voies ferrées : 3 504 km
  • Voies navigables : 10 000 km (2012)
  • Nombre d'aéroports : 855 (dont 21 ayant des pistes goudronnées)
  • Population urbaine : 69,3 % (2017)

La moitié de la population n'avait pas accès à l'eau potable en 2015, cette fracture est d'autant plus visible dans les campagne avec 72,5 % des ruraux qui n'ont pas accès a une eau de qualité contre "seulement" 40 % des urbains.

Dans une moindre mesure, il y a un inégal accès a l'électricité, en 2013, 90 % des urbains y avaient accès, contre 72 % des ruraux.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Près d'un tiers de la population travaille dans l'agriculture, laquelle représente 10 % du PIB national. Les paysans, ou petits agriculteurs, sont majoritaires: près de 770 000 unités productives sont de petites fermes familiales, d’une dimension moyenne de cinq acres[2]. Tel n'a pas toujours été le cas: avant la réforme agraire de 1953, initiée par le Movimiento Nacionalista Revolucionario (MNR) à la suite de la révolution de 1952, 82 % des terres appartenaient à 4 % des propriétaires[3].

Les exploitations mécanisées (tracteurs, etc.) se concentrent dans la région de Santa Cruz, à l'est du pays. Ainsi, Santa Cruz représente plus de 45 % de la production agricole du pays, voire beaucoup plus pour certains produits. Ainsi, sa contribution atteint 97 % pour les fibres (coton, 95 % pour les oléagineux (soja en particulier), 84 % pour le tabac et 78 % pour la canne à sucre. Au nord, le département de Beni est un important producteur de bétail, bénéficiant de grands pâturages naturels.

Au niveau national, pomme de terre et le maïs sont parmi les premières plantes cultivées, avec un nouveau-venu, le riz. L'orge est également plantée, étant adaptée au plateau andin. Le pays est importateur net en blé: de façon générale, l'intégration de la Bolivie au Mercosur en 2012 a conduit à augmenter de façon importante les importations de produits agro-alimentaires. La culture du soja a décollé dans les années 1970-1980.

La Bolivie est présente sur le marché de l'agriculture biologique, spécialisée dans le quinoa, le café et le cacao, qui représentent ensemble les 3/4 de la production bio.

La coca[modifier | modifier le code]

Article connexe : Présidence d'Evo Morales.

La coca est une culture traditionnelle chez les populations pré-colombiennes, remontant à plus de 5 000 ans[4]. Du fait de ses différentes vertus, c'est une plante sacrée pour les Aymaras, pour qui Mama Coca est la fille de Pachamama. Elle est ainsi utilisée traditionnellement de la Colombie jusqu'au Chili aussi bien pour ses vertus stimulantes que dans le cadre de cérémonies religieuses, et aurait même servi de taxe d'imposition[5].

En Bolivie, le coup d'État du général Hugo Banzer, dans les années 1970, est financé par la bourgeoisie rurale de Santa Cruz qu'il remerciera via diverses subventions gouvernementales qui serviront à développer la production de coca et sa transformation en cocaïne. Cette politique est poursuivie par le général Luis García Meza Tejada jusqu'en 1981 laissant un pays corrompu qui malgré les gouvernements démocratiques suivants n'arrive pas à enrayer l'expansion de la culture de coca[4].

Hugo Banzer accède de nouveau au pouvoir par les urnes en 1997 et lance cette fois de grandes campagnes d'éradication dont les bons résultats sont largement attribués à la violente répression qui l'accompagne. Cette répression engendre un mouvement populaire, partiellement à l'origine de l'élection d'Evo Morales[4], lequel tente une nouvelle politique de lutte antidrogue visant à réhabiliter l'usage traditionnel de la coca afin de trouver des débouchés locaux à la production et détourner les paysans des trafiquants.

Le , le président Morales expulse l'ambassadeur des États-Unis Philip Goldberg (en) (qui avait précédemment travaillé en ex-Yougoslavie) qu'il accuse d'alimenter le séparatisme en Bolivie[6], alors que le gouvernement est confronté à une agitation venue de secteurs d'extrême-droite dans la province de Santa Cruz, la plus riche du pays.

Le , il rompt sa collaboration avec la Drug Enforcement Administration l'accusant « d'espionnage politique et de financer des groupes criminels pour qu'ils commettent des attentats contre les autorités, voire contre le président lui-même ». Le département d'État américain a de son côté déclaré que ces accusations étaient « fausses et absurdes »[7].

À la suite de cela, l'administration Bush a demandé au Congrès de retirer à la Bolivie le bénéfice de l'Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act[8], décision qui affecterait plus particulièrement le secteur textile bolivien[9].

En 2010, les États-Unis ont classé la Bolivie comme l'un des « mauvais élèves » de sa « guerre contre la drogue »[8]. Ils continuent cependant à subventionner certains efforts contre le trafic de stupéfiants : la section des stupéfiants du Département d'État alloue plus de 22 millions de dollars aux agences de maintien de l'ordre boliviennes à cet effet, tandis que l'USAID a investi 60 millions de dollars dans des programmes de santé et d'agriculture visant à promouvoir des cultures substitutives[8].

49 000 acres (près de 20 000 hectares) de plantations de coca, dans les Yungas et le Chapare, sont légalement cultivées à des fins de consommation traditionnelles en Bolivie[8]. En 2009, la Bolivie a détruit 16 000 acres (environ 6 500 ha) de plantations illégales, sur un total de plantations illégales, estimé par les États-Unis, à 37 000 acres (près de 15 000 ha)[8].

La Bolivie, qui tente de préserver les cultures traditionnelle en s'attaquant au trafic de cocaïne, dépense plus de 20 millions de dollars de ses fonds dans la lutte contre le trafic de stupéfiants[8]. Par ailleurs, elle a investi 5 millions dans le dollars dans le programme Coca Yes, Cocaine No, visant à industrialiser la coca à des fins de consommation légales (maté de coca, applications médicinales, etc.)[8]. Mais toute exportation de produits alcaloïdes est banni par la Convention de l'ONU de 1961 sur les stupéfiants, menant Morales à tenter de faire retirer la coca de cette liste[8]. Ainsi, le il mâcha une feuille de coca lors d'une réunion de la Commission des stupéfiants de l'ONU à Vienne, avant de demander le retrait de la plante de la liste noire.

Les estimations des États-Unis concordent rarement avec celles de l'ONU[8].

Par ailleurs, ni le Pérou ni l'Équateur, qui produisent plus de coca que la Bolivie, n'ont été inclus sur cette liste[8].

La production d'une boisson énergisante appelée Coca Colla vise notamment à réhabiliter l'image internationale de la feuille de coca, et de ses dérivés[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bolivia-excepcion.com/guide-voyage/politique-economie-bolivie/economie
  2. L’agriculture familiale communautaire: une alliée pour garantir la souveraineté alimentaire et lutter contre la faim, FAO, 27 janvier 2014
  3. Hudson, Rex A.; Hanratty, Dennis M. (1989). "Bolivia: A Country Study:Land Tenure". Library of Congress, Washington, D.C.
  4. a, b et c Alain Labrousse, Géopolitique des drogues, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », (ISBN 2-13-054186-0)
  5. Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, (ISBN 2-03-505431-1)
  6. Le Soir, 11 septembre 2008, p. 17.
  7. « Evo Morales suspend les activités de l'Agence antidrogue américaine », Le Monde, 4 novembre 2008, p. 10.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Bolivia walks thin line as it struggles to battle coca production, Washington Post, 13 novembre 2010
  9. "US Trades Move Shakes Bolivia", Washington Post, 19 octobre 2008]
  10. (en) "Coca Colla hopes to create a buzz in Bolivia", British Broadcasting Corporation, 21 avril 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]