Hugo Banzer Suárez

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Hugo Banzer Suárez
Illustration.
Hugo Banzer Suárez en 1975.
Fonctions
Président de la République de Bolivie

(4 ans et 1 jour)
Prédécesseur Gonzalo Sánchez de Lozada
Successeur Jorge Quiroga Ramírez

(6 ans, 10 mois et 29 jours)
Prédécesseur Juan José Torres Gonzáles
Successeur Juan Pereda Asbún
Biographie
Nom de naissance Hugo Banzer Suárez
Date de naissance
Lieu de naissance Santa Cruz (Bolivie)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Santa Cruz (Bolivie)
Nationalité bolivienne
Parti politique Action démocratique nationaliste

Hugo Banzer Suárez
Liste des présidents de Bolivie

Hugo Banzer Suárez () fut un général et homme d'État conservateur bolivien. Il occupa la présidence bolivienne à deux reprises : du au , comme dictateur militaire, et du au , comme président constitutionnel. Sous cette fonction, il a notamment privatisé l'eau à Cochabamba, avec le maire Manfred Reyes, ce qui a suscité plus tard la « guerre de l'eau ».

Origines[modifier | modifier le code]

Il est né dans le village de Concepción, dans la province de Ñuflo de Chávez, département de Santa Cruz. Il était le fils de César Banzer et Luisa Suárez. Très jeune, il s'est enrôlé dans l'armée et fut rapidement nommé à de hauts grades militaires, grâce à la formation qu'il avait suivi dans différents pays, en particulier à l’Escuela de las Américas à Panama.

Premier gouvernement[modifier | modifier le code]

Durant le gouvernement militaire du général René Barrientos, il est nommé Ministre de l'Éducation.

Après un premier essai raté de coup d’État qu'il dirige contre le président Juan José Torres, il est chassé de l’armée et se réfugie au Paraguay où il obtient l'asile du dictateur Alfredo Stroessner. Il dirige un nouveau coup d’État le avec l'aide du régime militaire brésilien et des États-Unis[1]. Il occupe alors le poste de « président de facto » et instaure une dictature. Il interdit les partis politiques (y compris ceux de ses alliés) et reçoit l'appui des États-Unis en raison de son anticommunisme. Dictateur durant sept ans, il est responsable de très nombreuses atteintes aux droits de l'homme, laisse une des plus importantes dettes extérieures de la Bolivie (notamment en raison d'accords commerciaux très favorables au Brésil en échange du soutien au coup d’État), et son gouvernement devient l'un des plus corrompus de l'histoire bolivienne.

Son gouvernement participe à l'Opération Condor (répression contre les opposants), avec les gouvernements militaires de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay, de l'Uruguay, et du Chili des années 1970. Durant le gouvernement de Banzer, le trafic de drogue connut une expansion sans précédent qui dura jusqu'aux années 1980. Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, et intégré dans les services spéciaux afin de « rénover » les techniques de répression et reçoit la nationalité bolivienne. Entre 1971 et 1978, plusieurs centaines de personnes sont assassinées par son régime, quatorze mille cinq cents sont incarcérées pour raisons politiques et des dizaines de milliers sont contraintes de s'exiler[1].

Il fut renversé en 1978, après une longue grève de la faim de femmes qui dirigeaient et participaient à des organisations sociales qui obtinrent qu'il organise des élections. Des fraudes entrainant la victoire de son candidat furent mises en évidence, ce qui poussa le militaire Juan Pereda Asbún, Ministre de l'Intérieur durant une partie du gouvernement de Banzer, à déclencher un coup d’État qui força Banzer à s'exiler.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 67-68

Liens externes[modifier | modifier le code]