Économie d'Haïti

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Haïti
Indicateurs économiques
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Comparaison du PNB par habitant en dollars constants de plusieurs pays des Caraïbes. Haïti est le seul à n'avoir pas vu celui-ci augmenter depuis 1945.

Monnaie Gourde
Année fiscale 1er octobre – 30 septembre
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 8,715 milliards de dollars (2014)[1]
Croissance du PIB 1,3 % (2012)
PIB par habitant en PPA 1 900 $ (2007)
Inflation (IPC) 5,7 % (2010)
Pop. sous le seuil de pauvreté 69 % (2012)
Population active 3,6 millions
Taux de chômage 40,6 % (2010)[2]
Commerce extérieur
Principaux clients États-Unis (86,2 %) Canada (5 %) France (2,5 %) (2010)
Principaux fournisseurs États-Unis (51 %) République Dominicaine (19 %) Chine (11 %) (2010)
Finances publiques
Recettes publiques 820,6 millions $ (2008)
Dépenses publiques 965,2 millions $ (2008)
Sources :
The World Factbook

L'économie d'Haïti est la plus pauvre de l'Amérique. Sa monnaie est la gourde haïtienne. Son revenu par habitant est même comparable à celui de certains pays d'Afrique. L'économie d'Haïti est une économie de marché avec un coût du travail faible et un partenaire commercial majeur que sont les États-Unis. Haïti a un accès préférentiel au marché américain grâce au partenariat HOPE (Hemispheric Opportunity though Partnership) et la loi d'incitation HELP (les Economic Lift Program Encouragement Acts), qui permet une exonération de droits de douanes pour une série de produits textiles vers le marché des États-Unis.

L'économie du pays est principalement agricole. Plus de la moitié de la production mondiale d'huile de vétiver (une huile essentielle utilisée en parfumerie) vient d'Haïti et celles de banane, cacao, et mangue constituent d'importantes cultures d'exportation. Haïti a également évolué pour étendre sa fabrication de produits finis, en produisant des tablettes tactiles tournant sur Android[3] et des détecteurs et transformateurs électriques[4].

La vulnérabilité aux désastres naturels, mais aussi la pauvreté et l'accès limité à l'éducation sont les inconvénients les plus sérieux pour ce pays caribéen[5]. Deux cinquièmes des Haïtiens dépendent du secteur agricole, principalement des petites exploitations agricoles vivrières, et restent vulnérables aux fréquentes catastrophes naturelles exacerbées par la déforestation répandue à l'échelle du pays[5]. Haïti souffre d'un sévère déficit commercial contre lequel elle lutte en développant davantage de produits finis et avec plus de valeur ajoutée dans le secteur agricole. Les envois de fonds sont le premier poste sur le marché des changes équivalant à 20 % du PIB[5]. L'économie d'Haïti a été durement touchée par le séïsme du 12 janvier 2010[5].

Histoire économique[modifier | modifier le code]

Avant qu'Haïti ne déclare son indépendance du consulat français en 1804, l'île était l'une des colonies les plus riches et les plus rentables[6]. Dans les premières années de l'indépendance, Haïti a souffert d'une isolation au niveau international notamment à la suite du massacre des Créoles et Français ordonné par le général Dessalines le 22 février 1804, créoles et français qui ont du se réfugier aux États-Unis pour échapper à la mort. Ceci eu un impact négatif pour attirer des investisseurs et entraîna le paiement de dédommagements à la France en 1825 pour 150 millions de francs ramenés par Louis-Philipe à 60 millions de francs en 1838 remboursables sur trente ans[7]. En 1883 Haïti solda sa dette à la France[7]. Depuis lors, et même ces dernières années, aussi bien les hommes politiques haïtiens que des intellectuels et des hommes d'État ont dénoncé ce paiement en le qualifiant de « dette odieuse », et dans de nombreux cas en appelant le gouvernement français à la rembourser (le gouvernement français n'a jamais voulu malgré les rumeurs sur internet lors du seïsme de 2010[8]). Depuis la fin de la dictature Duvalier en 1986, des économistes internationaux ont demandé à Haïti de réformer et moderniser son économie. Sous le Président René Préval (Président de 1996 à 2001 et de 2006 au 14 mai 2011), l'agenda économique du pays incluait la libéralisation du commerce et des droits de douane, des mesures pour contrôler les dépenses gouvernementales et accroître les revenus des impôts, la réduction de l'administration, une réforme du secteur financier et la modernisation des entreprises publiques à travers leur privatisation, la condition des contrats de gestion du secteur privé, ou les partenariats public-privé. Les accords d'ajustement structurel avec le Fonds monétaire international, la Banque Mondiale et la Banque interaméricaine de développement, et d'autres institutions financières internationales visant à créer les conditions nécessaires à la croissance du secteur privé se sont avérés seulement partiellement réussis.

À la suite de la restauration de la gouvernance constitutionnelle de 1994, les officiels haïtiens ont indiqué leur engagement pour les réformes économiques à travers des politiques fiscales et monétaires saines et la promulgation d'une législation sur la modernisation des entreprises détenues par l'État. Un Conseil de modernisation des entreprises publiques (CMEP) a été instauré et un calendrier établi pour moderniser neuf organismes clefs parapublics. Bien que les usines publiques de moulins à farine aient été transférées à des propriétaires privés, les sept autres entreprises parapubliques n'ont pas été privatisées. La modernisation des entreprises haïtiennes publiques reste un sujet politique controversé.

L'aide extérieure est essentielle pour le futur développement économique du pays, le moins développé dans les Amériques. Les indicateurs sociaux et économiques comparatifs montre qu'Haïti traîne derrière d'autres pays en développement à faible revenus (en particulier dans l'hémisphère ouest) depuis les années 1980. La stagnation économique provient de mauvaises politiques économiques, de l'instabilité politique, une pénurie de bonnes terres arables, une détérioration environnementale, l'utilisation continue de technologies obsolètes, la sous-capitalisation et le manque d'investissement public dans les ressources humaines, l'émigration de grosses portions de la main d'œuvre qualifiée, et un taux d'épargne national faible.

Haïti continue de souffrir des conséquences du coup d'état de 1991. Les politiques économiques et financières irresponsables des autorités de facto ont grandement accéléré le déclin économique. À la suite du coup d'État, les États-Unis ont adopté des sanctions et l'Organisation des États américains a institué des sanctions volontaires visant à restaurer le gouvernement de droit. Les sanctions internationales ont culminé avec l'embargo des Nations unies sur les biens, excepté l'aide humanitaire, en mai 1994. Le secteur manufacturier, grandement dépendant des marchés américains pour leurs produits employaient environ 80 000 salariés dans le milieu des années 1980. Pendant l'embargo, l'emploi manufacturier diminuera de 33 000 salariés en 1991 à 400 en octobre 1994. L'investissement privé, domestique et étranger, a été lent à revenir. Après le retour des règles constitutionnelles, le secteur a regagné 20 000 emplois mais la croissance ultérieure a été stoppée en raison d'incertitudes concernant la sécurité et la confiance des marchés.

En 2001 le PIB a été négatif après six années de croissance. Le PIB réel a diminué de 1,1 % en 2001 et de 0,9 % en 2002. La stabilité macro-économique a été affectée de manière adverse par les incertitudes politiques, l'effondrement des coopératives bancaires informelles, un déficit budgétaire élevé, un faible investissement et une reduction des flux de capitaux internationaux y compris une suspension des prêts des institutions financières internationales alors qu'Haïti échoue à payer ses arriérés envers la Banque interaméricaine de développement et la Banque Mondiale.

En 2003 l'économie se stabilise. Bien que la Gourde se déprécie en raison de rumeurs selon lesquelles les comptes en dollar seraient nationalisés, le gouvernement stabilise la monnaie en la laissant flotter librement sur le marché et en augmentant les taux d'intérêt. L'accord avec le Fonds monétaire international sur un programme de référence, suivi par le paiement de 32 millions de dollars d'arriérés à la Banque interaméricaine de développement en juillet, a permis de renouveler un prêt avec cette dernière institution. La BID a ainsi déboursé 35 milliards de dollars sur un prêt de 50 millions en juillet et commença à débourser quatre prêts approuvés auparavant pour la somme totale de 146 millions de dollars. La BID, le FMI et la Banque Mondiale discutèrent alors de nouveaux prêts avec le gouvernement haïtien. Ceux-ci seraient conditionnés à l'adhérence du gouvernement aux cibles fiscales et monétaires ainsi qu'aux réformes politiques, comme celles démarrées sous le programme de référence du FMI, et le paiement à la Banque Mondiale de ses arriérés de paiement (trente millions de dollars au 30 septembre 2003).

Le FMI a estimé que l'évolution du PIB réel a été nulle en 2003 et a projeté 1 % de croissance en 2004. Cependant le PIB par habitant continue de diminuer puisque l'augmentation de la population est de 1,3 % par an.

Le taux de chômage varie de 50 à 70 %. L'IDH est de 0,532.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Données Haïti - Banque mondiale
  2. Haïti Taux de chômage - IndexMundi.com
  3. (en) About us - Surtab
  4. (en) Manutech Inc.
  5. a, b, c et d (en) Fiche Haiti - The World Factbook
  6. (en) James E. McLellan, Colonialism and Science: Saint Domingue and the Old Regime, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-51467-3, lire en ligne), p. 63 :

    « [...] French Saint Domingue at its height in the 1780s had become the single richest and most productive colony in the world. »

  7. a et b (en) Impoverished Haiti Pins Hopes for Future On a Very Old Debt - Jose de Cordoba, The Wall Street Journal, 2 janvier 2004
  8. (en) France Will Not Repay Haiti Reparations - Robert Mackey, Blog The Lede, The New York Times, 15 juillet 2010