Heimdall

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Heimdall
Dieu de la mythologie nordique
Heimdall sonnant du cor, représentation sur un manuscrit du XVIIIe siècle.
Heimdall sonnant du cor, représentation sur un manuscrit du XVIIIe siècle.
Caractéristiques
Nom Norrois Heimdallr
Résidence Himinbjorg
Associé(s) Höd
Monture Gulltoppr
Culte
Mentionné dans Edda poétique

Edda de Snorri

Poèmes scaldiques

Sagas

Symboles
Attribut(s) La corne Gjallarhorn

Heimdall (de Heimdallr en vieux norrois qui signifie peut-être « pôle du monde ») est un dieu de la mythologie nordique. Il est le gardien du pont Bifröst (l'arc-en-ciel qui sépare Ásgard des mondes inférieurs) et a pour charge de souffler dans Gjallarhorn si un danger menace Ásgard. Pendant le Ragnarök, Heimdall est destiné à tuer Loki et à être tué par lui. Il est également le dieu de la lumière et de la lune, fils des neuf mères appelées les vierges ou filles de Geirrendour ou d'Ægir.

Le Heimdallargaldr, un poème attribué à Snorri Sturluson, a été perdu.

Noms[modifier | modifier le code]

Il est aussi appelé Hallinskidi, ou encore Rigg.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom d'Heimdall, issu du vieux norrois « Heimdallr », évoquerait originellement le bienfaisant feu domestique « qui prospère (-dall) dans sa maison (heim) »[1].

Une autre étymologie évoquée serait « pilier du monde »[2].

Surnoms et kenningar[modifier | modifier le code]

Un kenning est une figure de style propre à la poésie scandinave, qui consiste à remplacer un mot par une périphrase à valeur métaphorique. Un kenning pour Heimdall est « le dieu blanc ».

L'Edda en prose de Snorri Sturluson relate qu'un kenning pour « épée » est « tête d'Heimdall », car Heimdall fut frappé par la tête d'un homme. De manière similaire, un kenning pour « tête » est « épée d'Heimdall ». L'origine de ce dernier kenning peut se trouver dans un autre surnom d'Heimdall, « le Bélier ». Georges Dumézil a suggéré en 1959 que c'est en raison de ce surnom de Bélier qu'Heimdall serait appelé « dieu blanc ». D'après les sources folkloriques galloises de Dumézil, les vagues de l'océan se brisent par séries de neuf ; la neuvième et dernière vague est appelée « le bélier ». L'ancien gallois, le français moderne et le basque moderne appellent par ailleurs les vagues couronnées d'écume « moutons ».

Un autre surnom d'Heimdall, « Hallinskíði » (litt. « bâton courbé ») est un kenning pour « bélier », peut-être en référence aux cornes courbes de l'animal. « Gullintanni » (litt. « dents d'or ») serait en rapport avec la couleur jaune des dents des vieux béliers.

Parenté et filiation[modifier | modifier le code]

Heimdal et ses neuf mères (1908) par W. G. Collingwood

Heimdall est décrit comme étant le fils de neuf mères différentes, peut-être les neuf filles d'Ægir (même si ce n'est pas certain car aucun des noms ne correspond avec ceux des filles d'Ægir), appelées les « demoiselles des vagues ». Les noms de ses neuf mères sont, par ordre alphabétique : Angeyja, Atla, Eistla, Eyrgjafa, Gjalp, Greip, Imd, Jarnsaxa et Ulfrun[3].

Il est dit être un fils, probablement adoptif, d'Odin.

Fonctions et interprétations[modifier | modifier le code]

Heimdall est probablement originellement un dieu du feu et « un dieu de la colonne du monde, c'est-à-dire le dieu du centre du monde et de l'ordre sacré »[1].

De manière comparable au dieu latin Janus, il est un dieu des commencements. Il engendre la société avec ses trois classes différenciées. Il est le dieu de l'ordre primordial[4].

L'opposition de nature qui existe entre Heimdall et Loki est révélatrice de leur profond antagonisme. Il n'est pas étonnant qu'ils se disputent le collier des Brisingar et qu'ils s'affrontent lors du Ragnarök. Heimdall est le dieu d'un âge d'or.

« Face à lui, Loki incarne la subversion sous toutes ses formes, destructrice de cet ordre, et cause de la décadence qui conduit à la catastrophe cosmique »[5]. C'est la raison pour laquelle les destins de Heimdall et de Loki sont étroitement liés et qu'ils sont appelés à se combattre durant le Ragnarök.

Dans son livre Gods and Myths of Northern Europe, Hilda R. Ellis Davidson voit un lien entre Heimdall et les Vanes, notamment dans une strophe du poème Þrymskviða.

Mythes[modifier | modifier le code]

Heimdall est le gardien de l'Ásgard. Sa demeure, Himinbjorg (litt. « le château du ciel »), est située en dehors des murailles d'Asgard, à proximité du pont de Bifrost, qui relie l'Asgard au Midgard. Capable d'entendre l'herbe pousser et une seule feuille tomber, ainsi que de voir jusqu'aux confins du monde, Heimdall n'a pas non plus besoin de dormir.

Son cheval est nommé Gulltopp.

Paternité des trois classes de la société scandinave[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rígsþula.

Sous le nom de Ríg, Heimdall voyagea par trois fois dans le Midgard, profitant à chaque fois de l'hospitalité d'un couple de classe sociale différente. Dans une métaphore de l'organisation de la société scandinave médiévale, il donna ainsi naissance au premier esclave (Thrall), au premier homme libre (Karl) et au premier noble (Jarl).

Ragnarök[modifier | modifier le code]

Lorsque le Ragnarök commencera et que les Jötun approcheront du pont de Bifrost, il sonnera de son cor, appelé Gjallarhorn, dont l'appel, entendu dans les neuf mondes, marquera le début des combats.

Heimdall est destiné à être le dernier à périr lors du Ragnarök. Il affrontera Loki et chacun mourra des mains de l'autre.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Otto Huth, Vesta. Untersuchungen zum indogermanischen Feuerkult, Leipzig Berlin : Teubner, (Beiheft zum Archiv für Religionswissenschaft, Heft 2), 1943, p. 82
  2. Régis Boyer, Les Vikings, 800-1050, Hachette Littératures, 2003, p. 270
  3. C. Lecouteux, Dictionnaire de mythologie germanique
  4. Georges Dumézil, Remarques comparatives sur le dieux scandinave Heimdall, Études Celtiques, 8, 1959, p. 263-283
  5. Jean Haudry, Loki, Naramsama, Nairyo.Sanha, le feu de la « parole-qualifiante » , Etudes Indo-européennes, p.99-130, 1988

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]