Judas Priest

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Judas Priest

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Judas Priest au Sauna Open Air de 2011.

Informations générales
Pays d'origine Birmingham, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Heavy metal, speed metal
Années actives Depuis 1969
Labels Sony, Epic, Columbia/CBS, SPV, CMC, Atlantic, Gull
Site officiel judaspriest.com
Composition du groupe
Membres Ian Hill
Rob Halford
Glenn Tipton
Scott Travis
Richie Faulkner
Anciens membres K. K. Downing
Al Atkins
John Ellis
Alan Moore
Chris « Congo » Campbell
John Hinch
Les Binks
Dave Holland
Tim « Ripper » Owens
Logo

Judas Priest est un groupe de heavy metal traditionnel britannique, originaire de Birmingham. Fondé en 1968 par le guitariste K. K. Downing et le bassiste Ian Hill, Judas Priest est l'un des groupes les plus influents de la scène heavy metal[1],[2],[3], notamment grâce à la voix du chanteur Rob Halford, qui peut couvrir plusieurs octaves, pour son style musical caractérisé par l'utilisation de deux guitaristes solistes, et pour ses performances hautes en pyrotechnie.

Judas Priest mettra également au monde le look « heavy metal biker », avec ses habits de cuir et ses bracelets métalliques à clous. Dans son parcours, le groupe connait beaucoup de changements de batteurs pendant son existence. Le chanteur Rob Halford quitte le groupe en 1991 pour mener une carrière solo, remplacé par Tim « Ripper » Owens à partir de l'album Jugulator. Halford est depuis revenu au sein du groupe en juillet 2003. En 2007, le groupe recense plus de 50 millions d'albums vendus à travers le monde[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts (1969–1974)[modifier | modifier le code]

C’est l’amitié liant Kenneth Downing et Ian Hill qui est à l’origine du groupe. Les deux hommes se connaissent presque depuis leur naissance, ont été dans les mêmes crèche et école à West Bromwich. À l’adolescence, ils manifestèrent un intérêt commun pour la musique et en particulier Jimi Hendrix, The Who, Cream et the Yardbirds. C’est alors qu’ils décidèrent d’apprendre la musique : Downing choisit la guitare, Hill, quant à lui opta pour la basse. En 1970, un groupe local à peine connu nommé Judas Priest (en référence à la chanson de Bob Dylan : The Ballad of Frankie Lee and Judas Priest[5], tirée de l’album John Wesley Harding) se sépare. Alan Atkins, le chanteur de cette formation contacte Hill et Downing dans l’espoir de rejoindre leur groupe, ces derniers acceptent et adoptent même le nom de Judas Priest. Sous l’influence de Downing, le groupe a évolué de leurs influences blues originelles au hard rock pour ensuite jouer ce qui allait s'appeler le heavy metal.

Jusqu’en 1974, cette formation (encore sans batteur attitré), joue à Birmingham et dans les environs, en première partie de Budgie, Thin Lizzy ou encore Trapeze. Des problèmes financiers et des tensions avec leur management (IMA, la compagnie de Tony Iommi) ont entraîné le départ d'Alan Atkins et d'Alan Moore (assurant alors le poste de batteur). À cette époque, Hill fréquentait une jeune fille de la ville voisine (Walsall). Celle-ci leur suggéra pour remplacer Atkins au chant d’engager son frère, chanteur d'Hiroshima : Robert Halford. Il fut engagé ainsi que John Hinch, son batteur. Le groupe, désormais plus stable, se mit à donner des concerts à un rythme de plus en plus soutenu à travers le Royaume-Uni (souvent en première partie de Budgie), et assura même des concerts en tant que tête d’affiche en Allemagne et en Norvège.

Premiers succès (1974–1979)[modifier | modifier le code]

Glenn Tipton, ayant intégré le groupe en 1974.

Avant que le groupe n’entre en studio pour enregistrer leur tout premier opus, leur maison de disques suggère d’engager un autre musicien. Réticent à engager un organiste ou un trompettiste, Downing engage un second guitariste nommé Glenn Tipton, d’un groupe de Stafford : Flying Hat Band. Selon les membres de Judas Priest eux-mêmes, il y eut des difficultés techniques durant l’enregistrement, et leur premier album Rocka Rolla souffre d’une qualité de son horrible. Le management a eu aussi son importance : selon le groupe, le producteur Rodger Bain, (un professionnel dont la réputation n’était plus à faire, ayant déjà produit des albums pour de nombreux groupes tels que Black Sabbath) prend trop d’importance dans la conception de l’album. Il évince des classiques tels que Tyrant, Genocide, et The Ripper, et réduit des morceaux comme Caviar and Meths le faisant passer d'une chanson de dix minutes à un morceau instrumental de deux minutes).

Avec leur deuxième album, le groupe acquiert expérience et confiance en soi. Ils participent désormais à la production, et choisissent eux-mêmes leurs producteurs. Le résultat fut Sad Wings of Destiny en 1976. Sur cet album figurent surtout des anciens morceaux, y compris le fameux Victim of Changes une chanson combinant Whiskey Woman, un de leurs classiques de scène depuis les tout débuts de Judas Priest (le premier groupe de Al Atkins) et Red Light Lady un morceau composé par le premier groupe de Halford, Hiroshima. Ces premiers succès et un concert de légende donné au festival de Reading en 1975 leur ont assuré leurs tout premiers fans. Les trois albums suivants, Sin After Sin en 1977, Stained Class et Killing Machine (aussi connu sous le titre de Hell Bent for Leather) en 1978, explorèrent le genre heavy metal, faisant intervenir de talentueux musiciens de session tel que le batteur Simon Phillips ou encore Les (James Leslie) Binks. Killing Machine marqua un tournant dans la carrière du groupe : les chansons étaient désormais plus courtes et plus accessibles. Néanmoins les rythmes implacables et puissants qui devaient être joués sur scène avec la même puissance que sur l'album ont amené Les Binks (qui avait composé Beyond the Realms of Death), un batteur au genre plutôt jazzy, à quitter le groupe pour laisser sa place à Dave Holland (ex-Trapeze).

Avec ce line-up, Judas Priest enregistre douze albums et deux lives, avec des succès différents. Au total, le groupe recense plus de 50 millions d'albums vendus à l'international[4].

Pic de popularité (1979–1991)[modifier | modifier le code]

K.K Downing et Glenn Tipton en concert à Saint-Sébastien (Espagne), en 1984.

Après la sortie de Hell Bent for Leather, la tournée de cet album a fait l'objet d'un live : Unleashed in the East enregistré en 1979. L'album est certifié disque de platine[6] en novembre 1989 (le premier du groupe), et il est considéré comme l'un des plus grands albums live de heavy metal des années 1970. À cette période, un grand nombre de fans a surnommé l'album Unleashed in the Studio car le live était considéré comme étant un album studio avec des samples de foules pour faire croire à un live[7]. Néanmoins, de nombreux classiques de Judas Priest sont présents sur cet enregistrement comme par exemple Diamonds and Rusts et The Ripper.

Au printemps 1980 sort un des albums de métal les plus importants de l'époque : British Steel. Étant données les capacités du nouveau batteur, Dave Holland, les chansons devinrent plus courtes et furent plus populaires : des chansons telles que United, Breaking the Law et Living After Midnight passent régulièrement à la radio, et connurent un succès immédiat. L'album suivant, Point of Entry en 1981, est fait de la même façon, mais la critique ne l'accueillit pas aussi bien que son prédécesseur. Cependant, la tournée suivant cet album est un grand succès, notamment avec de nouvelles chansons comme Solar Angels et Heading Out to the Highway. Screaming for Vengeance est commercialisé en 1982 ; l'une de leurs chansons les plus populaires : You've Got Another Thing Coming était régulièrement diffusée sur les radios américaines, acquérant ainsi un énorme succès aux États-Unis. Des compositions comme Electric Eye et Riding on the Wind sont désormais des grands classiques de scène. De plus cet album devint double disque de platine[8]. Defenders of the Faith, sorti en 1984, est appelé Screaming for Vengeance II par les fans (mais malgré cela, l'accueil fut globalement favorable) du fait des ressemblances avec l'album précédent[9]. La tournée fut un succès et malgré l’absence notoire de single l’album fut quand même disque de platine.

Rob Halford en 1988. La scénographie du groupe comprenait fréquemment des arrivées du chanteur en moto.

Turbo sort en 1986 ; il s'agit de la grande époque du glam metal et, afin de rester dans l’air du temps, Priest adopta un look plus « coloré ». Les sonorités changèrent aussi, avec notamment l’utilisation de guitares-synthétiseurs. L’album fut aussi disque de platine et la tournée suivante se fit à guichets fermés. Cette tournée fit l’objet d’un album live : Priest... Live!. En 1988, c'est la sortie de Ram it Down, avec des chansons ré-enregistrées datant de l’époque Turbo. Mais pour certains, cet album a surtout montré leur incapacité à rester éloigné du thrash metal. Cet album marque aussi la fin de la collaboration avec Dave Holland.

En 1990, tout change avec la sortie de Painkiller, où un nouveau batteur est à l’œuvre : Scott Travis (précédemment dans Racer X). Bien que n’ayant pas eu autant de succès que certains de leurs précédents albums, celui-ci fut très bien accueilli par les fans et la critique, le considérant comme le come-back du groupe. Les synthétiseurs furent abandonnés (sauf pour la chanson A Touch of Evil). Une fois n'est pas coutume, la tournée suivant la sortie de l’album remporta un franc succès, avec des groupes tels que Pantera, Megadeth et Sepultura en première partie ; le point d’orgue de la tournée fut leur concert au Rock in Rio.

Durant un concert donné à Toronto, au Canada, en 1991, Rob Halford est assez gravement blessé tandis qu’il arrive sur scène à moto : ne voyant rien à cause de la neige carbonique, il heurte même un technicien. Le spectacle est retardé et il chante malgré tout toutes les chansons qui étaient prévues (Hill dira plus tard « il devait être à l'agonie »), et est amené à l’hôpital seulement après. Par la suite, il déclare que l’accident était l’un des facteurs décisifs de son départ[10],[11]. Pendant presque cinq années, le groupe reste dans l’ombre, ne sortant aucun album depuis le grand succès Painkiller.

Procès des messages subliminaux[modifier | modifier le code]

Durant l’été 1990, le groupe est inquiété dans l’affaire du suicide de deux jeunes américains de Reno (survenu en 1985) : James Vance (20 ans) et Raymond Belknap (19 ans)[12]. Le 23 décembre, Vance et Belknap sont allés dans la cour d’une église de Reno. Belknap s’est tiré un coup de fusil sous le menton et est mort sur le coup, Vance fit de même mais a survécu au coup de feu avec un visage mutilé. Il est mort trois ans plus tard, visiblement à cause des trop fortes doses d’analgésiques qu’il prenait[13]. Les parents des deux garçons accusent donc le groupe d’avoir inséré des messages subliminaux inversés (des paroles en écoutant les chansons à l'envers) dans le morceau Better by you, Better than Me figurant sur l’album Stained Class. Ils prétendaient que l’on pouvait y entendre les mots do it (en fait une reprise de Spooky Tooth), qui leur ont commandé de se suicider[12]. Le groupe est relaxé[12]. Un des témoins de la défense, le docteur Timothy E. Moore, a écrit un article sur le procès dans le Skeptical Inquirer[12].

« Ce procès nous a complètement épuisés, se rappelle Halford, car nous luttions sans cesse contre des accusations qui ne relevaient que de purs mensonges. Aller au tribunal tous les jours et entendre des âneries fut une rude épreuve pour tous les membres du groupe. Les parents des victimes mentaient de même que leurs avocats, et tout ça pour obtenir de l'argent ! C’était presque irréel ! Nous sommes heureux d'être sortis blanchis de ce procès, mais il nous aura quand même coûté près de 400 000 dollars, alors que nous n'avions rien à nous reprocher. Nous avons vraiment sauvé la réputation du heavy metal, car si nous avions été reconnus coupables, la face de cette musique aurait dramatiquement changé. Je peux jurer qu'il n'y a jamais eu de messages diaboliques dans nos chansons, mais l'accusation a tout fait pour démontrer le contraire. Ce qui me dégoûte, c'est que tout fut dirigé contre le heavy metal, car il est évident que la musique country n'aurait jamais été la cible des censeurs ! En fait, c'est tout le heavy metal qui fut vraiment en danger de mort, et Judas Priest constituait une cible idéale, surtout en raison de son image. Ce n'était ni plus, ni moins une chasse aux sorcières. […] L'accusation ne cessait de répéter que nos chansons étaient truffées de messages diaboliques. Elle voulait nous faire croire qu'elle entendait des bêtises comme « Suck the Lord » (« Suce le seigneur ») ou « commit suicide » (« mets fin à tes jours ») ! Ken et moi [étions] horrifiés par tant de mauvaise foi […][14]. »

Le procès fait l’objet d’un documentaire sorti en 1991[15]. Halford y dit que s’ils avaient voulu dire à leurs fans de se suicider, cela aurait été contre-productif, et ils auraient préféré insérer l’ordre « Achetez plus de nos disques ». Halford a également soulevé un problème d’importance : on entend do it (« fais-le ») dans la chanson, mais ce n’est pas un message : Halford dit « Oui… fais-le, mais faire quoi ? Tondre la pelouse ? Boire un coup ? Regarder la télévision... Faire quoi[16]? » Il est aussi fait mention de ce procès dans un documentaire sur la censure aux États-Unis sorti en 1990 (traduit en français sous le titre de Danse avec le diable). Downing et Tipton sont interviewés, et Tipton dit « Vous vous rendez compte, à l’époque on avait à peine de quoi se payer à manger, alors assumer le coût de la technologie que nous sommes supposés avoir utilisée, c’est irréaliste. »

Le groupe américain de thrash metal Sacred Reich abordera cette affaire sur le disque The American Way avec le morceau Who's to Blame. Loin d'incriminer les groupes de heavy metal, ils mettent l'accent sur l'absence de perspectives pour la jeunesse et incriminent les parents trop occupés pour se rendre compte des problèmes de leurs enfants.

Départ d'Halford[modifier | modifier le code]

En 1991, après la triomphale tournée de l’album Painkiller, Halford quitta le groupe. Des rumeurs quant à d’éventuelles tensions au sein du groupe et à l’homosexualité de Halford commencèrent à circuler dès la fin de l’année 1991. Halford quitte Judas Priest à l’été 1993 pour former un groupe de thrash metal du nom de Fight (dans lequel Scott Travis fut musicien de session). Il forme ce groupe pour pouvoir composer dans des genres musicaux qu’il avait moins l’habitude d’explorer mais, à cause de ses obligations envers sa maison de disques, il ne put quitter Judas Priest qu’en 1993.

En dépit de tout cela, Halford collabore avec le groupe pour la sortie de la compilation Metal Works '73–'93 pour célébrer les vingt ans du groupe. Il figure aussi dans la vidéo du même nom, un documentaire sur l’histoire du groupe. En 1995, après seulement deux albums (War of Words en 1993 et A Small Deadly Space en 1995), le groupe Fight se sépare, après leur annulation de contrat par leur maison de disques Epic Records, du fait de leur trop faible nombre de ventes. C’est à cette période que Halford s’associe avec Trent Reznor de Nine Inch Nails et John Lowery pour créer un nouvel album solo sous le nom de 2wo (metal industriel). C’est également à cette époque, dans une interview de 1998 diffusée sur MTV, que Halford reconnut son homosexualité. Du fait des nombreuses rumeurs ayant circulé à ce sujet, ce ne fut qu’une demi-surprise pour le public ; quant aux membres de Judas Priest, ils étaient au courant depuis longtemps.

Ripper Owens (1996–2003)[modifier | modifier le code]

Tim « Ripper » Owens, qui avait déjà chanté dans un groupe hommage à Judas Priest, British Steel, est engagé en 1996 comme nouveau chanteur. De plus Scott Travis put rejoindre le groupe, du fait de la séparation de Fight. Sous cette forme, le groupe fait paraître deux albums : Jugulator et Demolition ainsi que deux double-albums live : '98 Live Meltdown et Live in London (ce dernier étant même sorti en DVD). Jugulator s’est relativement bien vendu, mais Demolition est quant à lui un échec. Selon beaucoup, en effet, Tim Owens était certes capable d'égaler, voire de dépasser les capacités vocales d'Halford, mais était très loin de montrer autant de charisme et de magnétisme que celui-ci.

La situation de Owens, passé du statut de simple fan à celui de frontman, inspire le film Rock Star, sorti en 2001, bien qu’il ne participa pas à l’élaboration de ce film. Le film ne contient que de simples ressemblances avec la situation de Owens dans le groupe, mais Judas Priest se désolidarise quand même de ce film. Le film (avec Mark Wahlberg) est un échec total, tant du point de vue commercial que pour la critique, bien que le groupe de fiction dont il est question dans le film, Steel Dragon, soit devenu culte pour les fans de heavy metal en général et de Judas Priest en particulier. En décembre 2006, Steel Dragon faisait partie du top 20 des groupes les plus regardés dans la base de données Rock Detector.[réf. nécessaire]

À cause du désir d'Halford de revenir à un heavy metal plus traditionnel, et de ses demandes restées vaines pour rejoindre Judas Priest, il quitta 2wo (après seulement un album Voyeurs) pour entamer un troisième projet solo pour la première fois en son nom : Halford. Il s'agit d'une petite vengeance pour Halford, car son premier album (Resurrection) montre aux fans qu’il pouvait toujours composer du heavy metal traditionnel de grande qualité. La tournée suivant l’album est elle aussi un franc succès, et Halford, ainsi que Queensrÿche, assurent les premières parties pour Iron Maiden. En 2001, Live Insurrection est sorti, et en 2002, le groupe Halford sort son deuxième album studio : Crucible.

Renouveau (2003–2006)[modifier | modifier le code]

Après presque douze ans de séparation et une demande de plus en plus forte des fans en faveur d’un retour d'Halford, ce dernier et Judas Priest ont annoncé, en juillet 2003, qu’ils allaient à nouveau collaborer (cela coïncide avec la sortie de Metalogy, un best-of rassemblant plusieurs disques). Ils ont immédiatement entamé une tournée en Europe en 2004 et ont été une des têtes d’affiche du Ozzfest. Ces deux tournées rencontrèrent un immense succès. L'album, Angel of Retribution, est commercialisé le 1er mars 2005 chez Sony Music/Epic Records, et fut un important succès commercial et critique. Une tournée suit la sortie de cet album, et est un succès encore plus grand que les précédentes. Judas Priest et Tim Owens se séparent en bons termes, Owens ayant rejoint Iced Earth pour l’enregistrement de l’album The Glorious Burden, sorti en 2004 chez SPV Records. Ripper est aussi à l’origine d’un projet parallèle nommé Beyond Fear, dont le premier album éponyme est sorti en mai 2006, toujours chez SPV.

Quant au groupe Halford, l’écriture du quatrième album s'arrête. Cependant, après la tournée Retribution Tour, Halford annonce la fondation de sa propre maison de disques, Metal God Entertainment, avec laquelle il sortirait entre autres ses propres albums. En novembre, par le biais du iTunes Store de Apple, il distribue entièrement son répertoire remasterisé avec deux nouvelles chansons qui étaient semble-t-il déjà écrites pour le quatrième album de Halford : Forgotten Generation, et Drop Out.

Nostradamus (2006–2010)[modifier | modifier le code]

Entre le 13 et le 17 juin 2008 sort mondialement le nouvel album tant attendu, Nostradamus, dont les textes sont basés sur la vie et les prédictions du célèbre astrologue. Cet album, un opéra-metal, est un changement de cap car assez expérimental : la voix d'Halford se fait plus lyrique et moins agressive que dans les albums précédents et des parties d'orchestre symphonique sont intégrées dans une grande majorité des chansons.

Le 7 décembre 2010, Judas Priest annonce une tournée d'adieu, l'Epitaph World Tour qui devait commencer en 2011[17].

Redeemer of Souls et projets à venir (depuis 2011)[modifier | modifier le code]

Judas Priest au concert Redeemer of Souls, le 9 octobre 2014 au Barclay Center, Brooklyn, New York.

Le 27 janvier 2011, Judas Priest annonce l'écriture de nouvelles compositions ; le groupe clarifie également ses plans pour le futur, déclarant que ce n'est pas la fin du groupe mais qu'ils prévoient que cette tournée soit leur dernière tournée majeure[18]. Le 20 avril 2011, Judas Priest annonce officiellement le départ de K. K. Downing sur son site officiel, il sera remplacé par Richie Faulkner pour leur Epitaph World Tour. Le 19 juin 2011, le groupe se produit en tête d'affiche au Hellfest dans le cadre de leur tournée d'adieu. Le 13 septembre 2011, Priest annonce ses plans pour la parution d'un nouvelle compilation, The Chosen Few, regroupant les chansons de Priest choisies par leurs musiciens heavy metal[19]. Le 5 juin 2013, Rob Halford confirme que l'Epitaph World Tour ne sera pas la dernière tournée auquel le groupe participera[20]. Le 22 décembre 2013, Judas Priest met en ligne une message sur leur site officiel, confirmant la sortie d'un nouvel album en 2014[21].

Le 5 janvier 2014, le groupe apparaît dans l'épisode Steal This Episode de la série Les Simpson jouant la chanson Breaking the Law. Leur musique est décrite comme du death metal[22] ; les producteurs se sont excusé pour avoir écrit, lors du gag du tableau avec Bart Simpson, « Judas Priest n'est pas du 'Death Metal'[23]. » Le 17 mars 2014 aux Ronnie James Dio Awards de Los Angeles, en Californie, Rob Halford annonce la fin de l'enregistrement de l'album[24]. Le 28 avril 2014, le groupe met en ligne sur YouTube son nouveau single Redeemer of Souls[25]. Il se vend à environ 32 000 exemplaires aux États-Unis une semaine après parution, et atteint la 6e place du Billboard 200[26].

Influence[modifier | modifier le code]

Look « cuir et clous » de Halford.

Judas Priest est l'un des premiers groupes à moderniser le duo de lead guitar, avec K. K. Downing et Glenn Tipton. Ils l'ont combiné avec la voix aigüe de Rob Halford, qui pousse ses cris de colère et de mélancolie, pour créer leur propre style. Ils sont souvent cités pour leur influence sur le heavy metal et le travail des deux guitaristes, qui a inspiré les groupes de speed metal et de thrash metal. Un autre trait célèbre du groupe est le jeu complémentaire des guitares rythmiques qui ont un rôle essentiel dans les genres spécialisé du heavy metal. Bien que Wishbone Ash ait déjà utilisé un style similaire au « duel de guitares » avant Judas Priest, cette technique fait partie intégrante de Judas Priest. Depuis que Judas Priest commence à incorporer cette nouvelle technique, elle est devenue un trait standard du heavy metal.

Le groupe joue souvent plus rapidement que les autres groupes de leur époque, et apportent un son plus « métallique » à leurs guitares. Les chansons varient du simple air tout de suite mémorisable (Starbreaker, The Ripper, White Heat, Red Hot) aux pièces plus sophistiquées, au tempo varié (Victim of Changes, Run of The Mill, Beyond the Realms of Death). Quelques compositions, comme Exciter en 1978, sortent du lot par leur férocité brute et leur vitesse ; d'autres, comme Dissident Aggressor, Sinner ou Tyrant sont considérées comme les chansons les plus heavy de leur époque, et encore aujourd'hui comme des classiques du style.

Killing Machine voit un léger changement de direction au niveau de la production, plus lisse, influencé par les chansons américaines. L'album suivant accentue ce changement plus nettement encore, et est peut-être le premier disque de heavy metal enregistré pour la radio, avec de très légères influences pop par le format, plus concis. Point of Entry est plus dur à définir : le son était vraiment cru, car les manipulations sonores furent minimes, et les chansons furent quelque peu maussade. Comme l'admet plus tard Glenn Tipton, Point of Entry a la dure tâche de succéder à des standards du métal, mais échoue. Screaming for Vengeance (17 juillet 1982) et Defenders of the Faith (4 janvier 1984) offrent une nouvelle intensité combinée à une production parfaite pour continuer de façonner le heavy metal. Turbo (15 avril 1986) introduit les synthétiseurs dans un metal traditionnel. Ram It Down (1988), à l'origine en partie la seconde moitié de Turbo, génère une faible attention au niveau commercial. Le style y est plus heavy que celui de Turbo, mais contient toujours les synthétiseurs.

Pour Painkiller (1990), Judas Priest retourne à un style plus direct avec plus de techniques et l'utilisation quasi permanente de la double grosse caisse de batterie. Ce disque représente le côté le plus lourd et intense du groupe, avec une multiplication des cris sur-aigus et déchirants sur certains morceaux. Judas Priest sort, par la suite, deux albums avec Tim « Ripper » Owens, après le départ de Rob Halford. Jugulator (1997), aux critiques mitigées contient le morceau épique Cathedral Spires, qui est devenu l'une des chansons les plus populaires de Tim Owens. Demolition (2001) génère une nouvelle désillusion, même s’il constituait un autre retour aux albums basiques.

Angel of Retribution est le premier album avec Rob Halford au sein de Judas Priest depuis 1990 et contribue au renouveau actuel du heavy metal classique. Il contient des chansons dans le style classique du groupe, comme Judas Rising et Lochness, une ballade, et la plus longue composition du groupe (treize minutes épiques). Judas Priest influence de nombreux musiciens de heavy metal sur trois générations, tant au niveau du son que de la technique. Leur influence est si importante que MTV.com a nommé Judas Priest comme le deuxième groupe de heavy métal le plus influent, juste derrière Black Sabbath.

L'influence du groupe n'est pas que musicale : Judas Priest est aussi connu pour avoir révolutionné la mode vestimentaire du heavy metal. Rob Halford commence à incorporer un mélange des genres macho/biker/sado-masochiste dans son look dès 1978 (année de sortie de Killing Machine) et le reste du groupe l'a suivi. C'est ensuite devenu une attitude courante dans le style et bientôt, le chanteur d'Iron Maiden, Paul Di'Anno commence à porter des vestes de cuir et des bracelets à clou, Saxon s'habilla de vêtements moulants, plusieurs autres groupes, en particulier ceux de la NWOBHM et plus tard du mouvement black metal, intègrent dans leur look des éléments du style d'Halford. Cela conduit à un renouveau du métal au début des années 1980, et les a conduit à la célébrité, aux yeux du grand public, comme à celui des scènes underground. Encore, il n'est pas rare de trouver des fans de métal qui ont ce look.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Judas Priest.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • En 1999, You've Got Another Thing Comin' est reprise dans l'épisode 13 de la saison 2 de Sex and the City[réf. nécessaire].
  • En 2014, le groupe apparaît dans l'épisode Steal This Episode de la série Les Simpson jouant la chanson Breaking the Law[22].

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • À sa sortie en 2002, leur chanson You've Got Another Thing Comin' apparaît dans le jeu Grand Theft Auto: Vice City sur les chaînes de radio du jeu (Vrock)[27].
  • À sa sortie en 2006, le jeu Prey reprend Living After Midnight dans le jukebox d'un bar.
  • À sa sortie en 2007, leur chanson Electric Eye apparaît dans le jeu Grand Theft Auto: Vice City Stories sur les chaînes de radio du jeu (Vrock).
  • À sa sortie en mai 2009, leur chanson Hell Bent for Leather fait partie du jeu vidéo Guitar Hero: Metallica.
  • À leur sortie en 2009, leur chanson Painkiller fait partie du jeu vidéo Guitar Hero: Van Halen et Rock Band Unplugged sorti sur PlayStation Portable.
  • À sa sortie en octobre 2009, plusieurs chansons se trouvent dans le jeu Brütal Legend : Leather Rebel, One Shot at Glory, Painkiller, et The Hellion/Electric Eye.
  • À la sortie du Judas Priest Song Pack, DLC du jeu Rocksmith, les chansons Breaking The Law, Painkiller, Living After Midnight, et You've Got Another Thing Comin' sont jouables.

Autres[modifier | modifier le code]

  • En 2010, leur chanson Love Bites fait une apparition dans le DVD de BMX Anthem II (avec Mike Aitken).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tree Riddle, « Original Singer: Judas Priest Would’ve Sounded ‘More Like AC/DC’ If I’d Stayed in Band », Loudwire (consulté le 27 mars 2012).
  2. « Judas Priest Confirm UK Dates As Part of Epitaph World Tour », Caught Offside,‎ 28 février 2011 (consulté le 10 juillet 2011).
  3. Glasgowvant, « Glasgow SECC | Judas Priest Epitaph Tour 2011 », Glasgowvant,‎ 22 février 1999 (consulté le 10 juillet 2011).
  4. a et b (en) « Judas Priest CD & DVD release on Sony BMG », sur judaspriest.com (consulté le 23 avril 2007).
  5. « AL ATKINS EX-SINGER IN JUDAS PRIEST – JUDAS PRIEST 1969 -1973 », Allanatkins.pwp.blueyonder.co.uk,‎ 19 janvier 1973 (consulté le 7 novembre 2010).
  6. (en) « Judas Priest Info Pages »,‎ 3 mai 2004 (consulté le 12 novembre 2014).
  7. (en) « Unleashed in the East », sur Allmusic (consulté le 23 avril 2007).
  8. (en) « Screaming for Vengeance Info Page », sur judaspriest.com,‎ 11 octobre 2003 (consulté le 12 novembre 2014).
  9. (en) « Defenders of the Faith Info Page », sur judaspriest.com,‎ 6 septembre 2003 (consulté le 12 novembre 2014).
  10. Émission de télévision Behind The Music - Judas Priest par la chaîne VH1.
  11. (en) « Painkiller Info Page », sur judaspriest.com,‎ 19 janvier 2004 (consulté le 12 novembre 2014).
  12. a, b, c et d (en) Timoth Moore, « Scientific Consensus and Expert Testimony: Lessons from the Judas Priest Trial », sur Skeptical Inquirer,‎ Novembre/décembre 1996 (consulté le 25 novembre 2009).
  13. (en) Cooper Candyconsulté le=25 novembre 2009, « The Judas Priest Trial: 15 Years Later », sur Blabbermouth,‎ 1er juillet 2005.
  14. Yann Le Goff, Julien Capraro, Isabelle Maître, Henry Dumatray et Christian Lamet, Le péril Metal dans Hard Force, n° 50, octobre 1999, pages 46-57.
  15. (en) « Dream Deceivers: The Story Behind James Vance vs. Judas Priest », sur Live Leak (consulté le 17 décembre 2009).
  16. Justin Cord Hayes et Glenn Busch, 101 Things You Didn't Know About Judas: Traitor Or Hero? Villain Or ...,‎ 2006 (ISBN 1598692801, lire en ligne), p. 182.
  17. « Judas Priest annonce sa tournée d'adieu », sur Showbizz (consulté le 12 novembre 2014).
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  19. « Judas Priest Announce New Compilation Album – Lars Ulrich, Ozzy Osbourne, Alice Cooper and more chose their favorite Priest songs for The Chosen Few », Rolling Stone,‎ 13 septembre 2011 (consulté le 13 septembre 2011).
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