Flamme olympique

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La flamme olympique (en grec : Ολυμπιακή Φλόγα / Olympiakí Flóga), appelée aussi torche olympique ou flambeau olympique bien que le Comité international olympique fasse une distinction entre ces termes, est un symbole de l’idéal olympique. Elle fait partie du cérémonial des Jeux olympiques.

Salt Lake City

Cérémonie actuelle[modifier | modifier le code]

Cérémonie de l'allumage de la flamme olympique aux Jeux olympiques d'été de 2004 à Athènes.

La chorégraphie et les costumes de la cérémonie actuelle s’inspirent de l’Antiquité. Dans la Grèce antique, le feu sacré brûlait en permanence dans les sanctuaires, son allumage étant réalisé par un miroir parabolique, le skaphia, qui concentrait les rayons du soleil. Au sanctuaire d’Olympie qui accueillait les Jeux olympiques antiques, une flamme brûlait en permanence sur l’autel de l’Héraion, temple d'Héra. De même une flamme était placée au milieu des sites sportifs et du banquet offert dans le Prytanée aux vainqueurs des Jeux[1].

La flamme olympique des Jeux olympiques modernes est allumée au cours d'une cérémonie par des femmes, jouant le rôle de prêtresses d'Héra, vêtues de tuniques similaires à celles portées par les Grecs de l'Antiquité. La cérémonie se déroule, plusieurs mois avant le début des Jeux[2], sur les ruines du temple d'Héra à Olympie, en Grèce, à l'aide de rayons du soleil concentrés par un miroir parabolique (par précaution, s'il n'y a pas de soleil le jour de cette cérémonie officielle, la flamme est allumée selon le procédé antique du miroir, plusieurs jours avant, un jour de soleil). Les prêtresses, autour de l'autel, invoquent Apollon. La flamme sacrée est alors placée dans une urne en céramique qui est transportée dans l'ancien stade d'Olympie au cours d'une procession qui passe devant un olivier sauvage dont un rameau, symbole de paix et récompense du vainqueur des Jeux, est coupé. La grande prêtresse allume la torche et la remet au premier relayeur. Plusieurs autres relayeurs la transportent jusqu'au Stade panathénaïque qui a accueilli les Jeux olympiques d'été de 1896. Le Comité olympique hellénique qui avait la responsabilité des relais jusqu'à ce stade passe lui-même le relais au Comité d'Organisation des Jeux Olympiques (COJO) du pays hôte[3].

Chaque participant (sélectionné en raison de son « accomplissement personnel » ou de sa contribution à la vie locale) porte ensuite le plus souvent à pied la torche ou le flambeau olympiques (ou leurs répliques) sur une courte distance et la remet à un autre porteur. Le relais de la flamme olympique prend fin lors de la cérémonie d'ouverture des jeux au cours de laquelle traditionnellement le dernier porteur, généralement un champion ou un jeune sportif du pays organisateur des jeux, allume de façon spectaculaire et originale avec sa torche une vasque ou un chaudron monumentaux, lesquels brûlent pendant toute la durée des jeux.

La flamme est finalement éteinte lors de la cérémonie de clôture finale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Torches olympiques exposées au Musée olympique à Lausanne en Suisse.
La torche des Jeux Olympiques de Nagano s'inspirait du taimatsu, torche traditionnelle japonaise.

La flamme olympique a brûlé pour la première fois le 28 juillet 1928 lors des Jeux olympiques d'été de 1928, à Amsterdam. Il n'y avait pas encore de relais pour porter la torche.

Sur une idée de Carl Diem, retenue par Joseph Goebbels et reprenant les lampadédromies antiques, le premier relais avec la torche a eu lieu lors des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin. Ce fait historique entraîne occasionnellement des controverses sur le bien-fondé de cette pratique, car elle fut décidée à l'origine pour participer à la glorification du Troisième Reich[4]. Depuis, le relais et l'allumage de la flamme ont eu lieu à chaque Jeux olympiques.

Le long passage de la flamme olympique est parfois l'occasion de manifestations politiques ou sociales dirigées contre le pays organisateur. Ainsi, le passage de la flamme en 2008 à Istanbul, Londres, Paris, San Francisco, etc. fut le prétexte de manifestations pour les droits de la personne concernant la controverse tibétaine. Similairement, le passage de la flamme olympique des jeux de 2010 à Vancouver fut le prétexte de manifestations pour les droits de la personne concernant la situation des peuples autochtones au Canada.

La flamme des Jeux olympiques d'hiver a été allumée pour la première fois pour les Jeux olympiques d'hiver de 1952. À cette occasion, la flamme a été allumée dans la maison de Sondre Norheim, pionnier norvégien des sports d'hiver.

Ainsi, depuis 1952, tous les 4 ans, puis tous les 2 ans, la flamme est allumée à Olympie grâce à l'énergie solaire puis transportée de ville en ville jusqu'à la cérémonie d'ouverture.

Parfois les torches sont fabriquées pour chacun des relayeurs qui peuvent ensuite les racheter et les revendre[5].

Extinctions[modifier | modifier le code]

À quelques rares occasions, la flamme olympique s'est éteinte de façon fortuite ou provoquée. Elle fut à chaque fois rallumée par une des lanternes contenant la « flamme-mère », flamme de secours règlementaire issue d'Olympie :

  • En 1976, à Montréal, un orage violent éteignit la flamme pendant le déroulement des jeux, quelques jours après l'ouverture. La flamme fut d'abord rallumée par un organisateur présent, à l'aide d'un simple briquet. Elle fut ensuite éteinte volontairement afin d'être correctement rallumée par la flamme de secours règlementaire.
  • En 2004, au Stade panathénaïque un vent violent éteignit la flamme alors que Yánna Angelopoúlou-Daskaláki membre du Comité d'organisation, tentait de l'allumer pour le départ nocturne d'un grand relais de 78 000 kilomètres.
  • En 2008, à Pékin, la torche fut volontairement éteinte à trois ou cinq[6] reprises par les organisateurs chinois des Jeux olympiques, à cause de manifestations de protestation pour les droits de l'Homme en Chine. Par contre, la flamme est restée allumée à l'abri dans sa cage transportée par bus. Le relais de la flamme dut être écourté, plusieurs relayeurs délaissés et son transport vers le stade Charléty s'acheva en autobus, avant son départ pour San Francisco, l'étape suivante.
  • Aux Jeux olympiques d'été de 2012, elle s'est éteinte accidentellement pendant l'un des relais qui la menaient à Londres[5]. Lors de ces mêmes Jeux, elle a été éteinte de façon volontaire le lendemain de la cérémonie d'ouverture afin de transporter la vasque du centre du stade jusqu'à son emplacement définitif, au pied de l'un des virages où elle a été rallumée de façon réglementaire[7].

Transports remarquables[modifier | modifier le code]

Depuis l'origine du parcours de la flamme, certains pays organisateurs et participants ont innové en matière de moyen de transport :

  • En 1976, la flamme olympique a été transformée en signal radio. Le signal a été transmis depuis Athènes jusqu'au Canada où il a servi à rallumer une autre flamme au moyen d'un rayon laser.
  • En 2000, la torche olympique a été transportée sous l'eau par des plongeurs, au voisinage de la Grande barrière de corail.
La même année, d'autres étapes de transport originales ont été réalisées à l'aide d'un canoë amérindien, d'un chameau et d'un avion Concorde.
  • En 2004, une course par relais de 78 jours fut organisée. La torche a parcouru 78 000 kilomètres, en passant entre les mains de 11 300 porteurs de torche.
  • En 2008, la flamme olympique a été emmenée jusqu'au sommet de l'Everest, à 8 848 m d'altitude [8], protégée du manque d'oxygène par une lampe de mineur spéciale.
  • En 2013, la flamme a fait un voyage à bord d'une fusée Soyouz jusqu'à la Station Spatiale Internationale (ISS).

Allumeurs[modifier | modifier le code]

Flamme olympique
Jeux Allumeur
Jeux olympiques d'été de 1936 Fritz Schilgen
Jeux olympiques d'été de 1948 John Mark
Jeux olympiques d'hiver de 1952 Eigil Nansen
Jeux olympiques d'été de 1952 Paavo Nurmi et Hannes Kolehmainen
Jeux olympiques d'hiver de 1956 Guido Caroli
Jeux olympiques d'été de 1956
(spectacle équestre)
Ron Clarke
Hans Wikne
Jeux olympiques d'hiver de 1960 Ken Henry
Jeux olympiques d'été de 1960 Giancarlo Peris
Jeux olympiques d'hiver de 1964 Joseph Rieder
Jeux olympiques d'été de 1964 Yoshinori Sakai
Jeux olympiques d'hiver de 1968 Alain Calmat
Jeux olympiques d'été de 1968 Norma Enriqueta Basilio de Sotelo
Jeux olympiques d'hiver de 1972 Hideki Takada
Jeux olympiques d'été de 1972 Günter Zahn
Jeux olympiques d'hiver de 1976 Christl Haas et Josef Feistmantl
Jeux olympiques d'été de 1976 Stéphane Préfontaine et Sandra Henderson
Jeux olympiques d'hiver de 1980 Charles Kerr
Jeux olympiques d'été de 1980 Sergei Belov
Jeux olympiques d'hiver de 1984 Sandra Dubravcic
Jeux olympiques d'été de 1984 Rafer Johnson
Jeux olympiques d'hiver de 1988 Robyn Perry
Jeux olympiques d'été de 1988 Chung Sun-Man, Kim Won-Tak et Sohn Mi-Chung
Jeux olympiques d'hiver de 1992 Michel Platini et François-Cyrille Grange
Jeux olympiques d'été de 1992 Antonio Rebollo
Jeux olympiques d'hiver de 1994 Prince Haakon de Norvège
Jeux olympiques d'été de 1996 Mohamed Ali
Jeux olympiques d'hiver de 1998 Midori Ito
Jeux olympiques d'été de 2000 Cathy Freeman
Jeux olympiques d'hiver de 2002 Équipe américaine 1980 de hockey sur glace
Jeux olympiques d'été de 2004 Níkos Kaklamanákis
Jeux olympiques d'hiver de 2006 Stefania Belmondo
Jeux olympiques d'été de 2008 Li Ning
Jeux olympiques d'hiver de 2010 Wayne Gretzky
Jeux olympiques d'été de 2012 Callum Airlie, Jordan Duckitt, Desiree Henry, Katie Kirk, Cameron MacRitchie, Aidan Reynolds et Adelle Tracey
Jeux olympiques d'hiver de 2014 Vladislaw Tretiak, Irina Rodnina

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Vasques ou chaudrons des Jeux d'été[modifier | modifier le code]

Vasques ou chaudrons des Jeux d'hiver[modifier | modifier le code]

Torches des Jeux d'été[modifier | modifier le code]

La torche de 2012 créée par Edward Barber et Jay Osgerby, designers britanniques, présente « des lignes moyenâgeuses sous un alliance d’aluminium doré criblé de 8000 cercles découpés au laser, symbolisant à la fois les anneaux olympiques et les 8000 relayeurs qui se [succédèrent] feu au poing jusqu'à l'ouverture officielle des Jeux le 27 juillet ». La géométrie trilatérale anguleuse rappelle que la ville de Londres a organisé trois fois les Jeux (1908, 1948 et 2012). Elle a été testée dans la soufflerie d'usine BMW pour s'assurer qu'elle ne s'éteindra pas, et cela à des conditions extrêmes : « douches d'eau et trombes de neige, amplitudes insolentes de températures (entre - 5 et + 30 °C), tourbillons de vents à 8 kilomètres à l'heure… La flamme a tenu bon, mais néanmoins montré quelques faiblesses en début de parcours, dans le Devon, en raison d'un brûleur défectueux ». Quoi qu'il en soit, il existe une « flamme mère » conservée à Athènes, et qui est transportée dans des lanternes désignées au cas où il faudrait rallumer la torche[9].

Torches des Jeux d'hiver[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. « JO : d'où vient la flamme olympique ? », sur www.ladepeche.fr,‎ 20 juillet 2012 (consulté le 24 novembre 2012)
  2. Selon le temps du parcours de la flamme jusqu'au pays organisateur
  3. [PDF] La flamme olympique et le relais, Musée et centre d'études olympiques, Lausanne 2002
  4. (en) Hitler's Berlin Games Helped Make Some Emblems Popular
  5. a et b « JO-2012 : la flamme olympique s'est éteinte pendant un relais », sur Le Parisien,‎ 21 mai 2012
  6. La torche éteinte, une fois pour défaillance technique et 4 fois pour une mise à l'abri
  7. « La vasque olympique rallumée », sur Le Dauphiné,‎ 30 juillet 2012
  8. Vidéo de la flamme olympique au sommet de l'Everest
  9. Florence Halimi, « La flamme - une forme olympique », in Le Figaro Magazine, 15 juin 2012, p. 110.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]