Jean Dréjac

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean Dréjac

Nom de naissance Jean André Jacques Brun
Naissance 3 juin 1921
Grenoble, Drapeau de la France France
Décès 11 août 2003 (à 82 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Parolier-poète, compositeur, chanteur
Genre musical Chanson française
Années actives 19402003
Site officiel Jean Dréjac

Jean Dréjac, nom de plume de Jean André Jacques Brun, né à Grenoble le 3 juin 1921 et mort à Paris le 11 août 2003 (à 82 ans), est un parolier, et parfois compositeur et interprète de chansons françaises.

Il est notamment le parolier de Ah ! Le petit vin blanc, Sous le ciel de Paris et La Chansonnette (pour Yves Montand), d'adaptations françaises comme L'Homme à la moto pour Édith Piaf ou Bleu, blanc, blond pour Marcel Amont, ainsi que de nombreuses chansons pour Serge Reggiani (avec Michel Legrand comme compositeur).

Il fut secrétaire adjoint de la SACEM de 1967 à 1969, avant d'en être alternativement administrateur et vice-président du conseil d'administration entre 1977 et 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Dréjac est issu d'une famille de gantiers. Après des études au lycée et dans une école privée, il s’implique très jeune dans la chanson comme interprète et fait partie, à 17 ans, du groupe amateur « Cinfonia ». Son répertoire est composé de ses propres chansons et d'autres empruntées à Charles Trenet et à Paul Misraki. Lauréat d'un concours de la chanson alors en vogue à l’époque, il part tenter sa chance à Paris. Il joue successivement dans les revues des Folies-Belleville, du Petit-Casino, du Concert Pacra, du Théâtre de l'Abri, puis il s'inscrit aux Cours Simon avant d’être engagé au Concert Mayol.

Mais en période de guerre, Jean Dréjac doit cesser toute activité publique en raison de son refus de participer au service du travail obligatoire (STO) institué par les Allemands. Il profite de son inactivité pour écrire des textes de chansons qu’il a l’occasion de présenter au compositeur Charles Borel-Clerc. Celui-ci est déjà célèbre grâce à ses chansons à succès interprétées par Félix Mayol (La Mattchiche, 1903), Dranem et par Maurice Chevalier à la fin des années 1930 (Le Chapeau de Zozo, Ma pomme, etc.)

Les années quarante[modifier | modifier le code]

En 1943, il écrit avec le compositeur Charles Borel-Clerc une chanson qui s’inscrit immédiatement dans le patrimoine français, Ah ! Le petit vin blanc, interprétée par Lina Margy. Plus d’un million de partitions en seront vendues, ce qui constitue en ces temps-là un record. Ils enchaînent avec des succès pour Georges Guétary (Le P’tit bal du samedi soir, 1946), pour Jean Lumière (Maman vous êtes la plus belle et Je parle à la nuit), et pour Alibert (C'est un petit square).

En 1947 il écrit Les Quais de la seine interprété par Lucienne Delyle, Lina Margy et Danièle Darrieux.

Les années cinquante[modifier | modifier le code]

Mais à l'orée des années 1950, Jean Dréjac va confirmer sa renommée grâce à une autre chanson mythique. Remarqué par le scénariste Henri Jeanson au cours de l'émission Télé-Paris, durant laquelle il interprète La Chanson de Paris, Dréjac est alors convoqué avec le compositeur Hubert Giraud par le réalisateur Julien Duvivier, qui recherche la chanson-thème pour son film en cours, Sous le ciel de Paris. Dans les jours qui suivent, ils lui apportent au Jardin des Tuileries — où Duvivier est en plein tournage — leur chanson Sous le ciel de Paris, qui est immédiatement acceptée par le réalisateur.

D'abord créée dans le film par Jean Bretonnière, puis reprise par Anny Gould, la romance devient internationale grâce à des interprètes prestigieux qui la portent sur les scènes du monde entier : Les Compagnons de la chanson, Jacqueline François, Juliette Gréco, Yves Montand et Édith Piaf. Le style « Dréjac » est né : des rimes poétiques dotées d’une veine populaire. Il va s'imposer grâce à une multitude d'interprètes les plus divers durant les décennies à venir.

Sous le ciel de Paris est adapté en anglais sous le titre Under Paris Skies. La chanson est notamment interprétée par Andy Williams et Paul Anka et remporte un grand succès aux États-Unis. De nombreux jazzmen comme Duke Ellington, Toots Thielemans et Coleman Hawkins enregistrent sa version instrumentale.

Jean Dréjac poursuit sa collaboration avec Hubert Giraud, ils écrivent La Dame en gris pour Jean Sablon, Une petite île et Le Petit Remorqueur pour le trio Do ré mi, et, pour Jacques Hélian et son orchestre, Musique en tête, L'amour vient de naître, L'amour se joue, Tambour battant et Dites-nous monsieur Jacques.

Pour Édith Piaf, il écrit Le Chemin des forains sur une musique de Henri Sauguet et les adaptations françaises de deux chansons américaines, L'Homme à la moto et Soudain une vallée.

Avec Jean Constantin, il écrit Fleur de Papillon pour Annie Cordy et Ma petite rime interprété par le compositeur lui-même.

Les années soixante[modifier | modifier le code]

Parallèlement, Jean Dréjac passe par la télévision où il anime, en 1961, les émissions Rendez-vous avec Jean Dréjac et Carte Blanche en compagnie de Jacqueline Joubert.

Pour Yves Montand, il écrit avec le compositeur Philippe-Gérard, La Chansonnette, Rengaine ta rengaine et La Musique.

Pour Marcel Amont, il écrit Le Bal de ma banlieue, Il a le maillot jaune, Flamenco Rock et Bleu, blanc, blond, un grand succès de 1960.

Pour Dalida, il écrit avec Hubert Giraud L'Arlequin de Tolède.

Il signe les paroles et la musique de La Cuisine pour Juliette Gréco, de Ma muse pour Jean-Claude Pascal et Faut pas gamberger pour Patachou.

Les années soixante-dix[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1960, Jean Dréjac entame une longue collaboration avec Michel Legrand. Ils écrivent pour Serge Reggiani (Rupture, Édith, C’est comme quand la mer se retire, Contre vents et marées, Le Vieux Costume, Les Vieux Gamins)'. Ils écrivent également pour Dalida, Mireille Mathieu, Jean-Claude Pascal. Avec Henri Salvador, il écrit plusieurs titres, Un air de France, Comme un Prince et Quand un artiste.

Jean Dréjac enregistre ponctuellement des disques avec quelques-unes de ses œuvres, notamment à l’occasion des festivités organisées pour ses 30 ans de chanson à Bobino en 1976.

Les années quatre-vingt-dix[modifier | modifier le code]

Jean Dréjac fête ses cinquante ans de chansons à l’Olympia en 1994.

Les années deux mille[modifier | modifier le code]

Jean Dréjac écrit tous les textes du dernier album inédit de Serge Reggiani "Enfants Soyez meilleurs que nous" sur des musiques de Michel Legrand

Distinctions[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1950 : Grand Prix de la chanson française à l'ABC pour La Chanson de Paris (musique de Jean Dréjac et André Lodge).
  • 1967 : Prix des Komsomols soviétiques pour la chanson Octobre (musique de Philippe-Gérard).
  • 2002 : Grand prix SACEM de la chanson française pour l’ensemble de son œuvre.

Pérennité et hommages[modifier | modifier le code]

  • Mario Pelchat et Michel Legrand enregistrent et reprennent en 2009 sur scène Comme elle est longue à mourir ma jeunesse, Rupture, L'Été 42 et Un ami s'en est allé.
  • 1994 : « Les cinquante printemps du petit vin blanc – Hommage à Jean Dréjac » à la Salle des Congrès de Nanterre avec Michel Legrand, Marcel Amont, Romain Didier, Les Enfants de la Contemporaine, les Jean Dubois, Moïna Erichson, Laurent Malot, Véronique Gain, Pascale Vyvère, Tamara, Benjamin Legrand, Muriel et Jo Privat, Karim Kacel et les Stylomaniaques.
  • 2006 : création du square du Petit-Vin-Blanc et de l’allée Jean-Dréjac à Nogent-sur-Marne.
  • 2008 : Café musique à la Médiathèque de la Filature à Mulhouse.
  • 2009 : Hommage de la classe chanson du Conservatoire Hector-Berlioz à Bourgoin-Jallieu (Isère).
  • 2009 : pose d’une plaque commémorative à l'emplacement de sa maison natale aujourd'hui disparue, devant l'immeuble sis au 42 bis, quai de France à Grenoble[1].

Citations[2][modifier | modifier le code]

  • À propos de l’arrivée de Charles Trenet dans la chanson : « Ça m'a tout de suite impressionné. C'était complètement nouveau, en contradiction avec ce qui se chantait à ce moment-là… Pour nous, c'était un peu comme de nos jours quand les jeunes préfèrent le rock… »
  • À propos d’Édith Piaf : « Ce fut une grande amitié. Je garde le souvenir de quelqu'un de formidable, de très gaie, et non pas une droguée, une poivrote, comme certains l'ont décrite… »
  • L’Homme à la moto : « C'est le film L'Équipée sauvage avec Brando qui m'a inspiré ainsi que tous ces jeunes en blouson de cuir qui apparaissaient dans les banlieues. »
  • En tant qu’interprète : « J'ai quand même continué à chanter de temps en temps. Mais progressivement ça s'est espacé. Je n'aimais pas la répétition… »

Sa discographie[modifier | modifier le code]

Anthologies / Compilations

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Ses interprètes[modifier | modifier le code]

1943
1946
1947
  • Lucienne Delyle, Les Quais de la Seine, musique de Jean Dréjac et André Lodge.
1950
  • Eddie Constantine, La Plus Belle Nuit, adaptation par Jean Dréjac de The Loveliest Night of the Year, d’après les paroles américaines de Paul Francis Webster, musique de Juventino Rosas.
  • Anny Gould reprend La Plus Belle Nuit.
  • Jacques Hélian et son orchestre, reprennent La Plus Belle Nuit.
  • Lina Margy, Sur la côte d’Azur, musique de Jean Bouly.
  • Jean Sablon, La Chanson de Paris, musique de Jean Dréjac et André Lodge, Grand Prix de la chanson de l'ABC 1950.
1951
1952
1954
1955
1956
1957
1959
  • Marcel Amont :
    • Bleu, blanc, blond, adaptation de True true Happiness de Hal Greene et Dick Wols.
    • Il a le maillot jaune, musique de Claude Romat.
    • Quand on est amoureux, adaptation de Il piccolo montanaro de Frontini.
    • Y'en avait pas beaucoup, paroles et musique de Jean Dréjac.
1960
1961
1962
  • Marcel Amont :
    • Au bal de ma banlieue, musique de Calfati et Georges Ulmer.
    • Françoise aux bas bleus, musique de Philippe-Gérard.
    • Les Filles de Copenhague, adaptation d'après R. Hopkins et P. Mynte.
    • Mon cœur fait des bonds, adaptation d'après E. Sinks et B. Mongomery.
    • Percolateur, adaptation d'après L. Biden et E. Freeman.
    • Pigalle… Pigalle, adaptation d'après H. Bradtke et H. Gietz.
  • Sacha Distel, Bon vent ma jolie.
1963
1965
1966
1967
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1975
1978
1981
  • Renaud reprend Le P'tit Bal du samedi soir, paroles de Jean Dréjac et Jean Delettre, musique de Charles Borel-Clerc et Jean Delettre.
1987
1998
2000
2001
2003
2011
2012
2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article sur Le Dauphiné.com
  2. Les Nouvelles de Grenoble, e-journal de la ville de Grenoble, mai 1996.