Le Bateau ivre
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Le Bateau ivre est un poème écrit par Arthur Rimbaud à la fin de l'été 1871, alors qu'il était âgé de 16 ans. Il est constitué de 25 quatrains d'alexandrins. Il raconte, à la première personne, un bateau sans maître, chahuté par les flots, qui finit par couler.
Sommaire |
Historique [modifier]
Arthur Rimbaud a envoyé ce poème à Paul Verlaine avant de le rejoindre à Paris[1]. Une caricature d'André Gill dans l’Album zutique représente Rimbaud dans une frêle embarcation. Le premier groupe zutique, qui comprenait André Gill et Arthur Rimbaud, a transcrit poèmes et dessins de l’Album zutique de la mi-octobre 1871 à la mi-novembre 1871 à peine. Ainsi, selon toute vraisemblance, le poème Le Bateau ivre est antérieur à cette date-butoir pour l’Album zutique. De deux choses l'une : ou Rimbaud a composé son poème peu avant sa montée à Paris autour du 15 septembre 1871, ou il l'a composé dès son arrivée à Paris, pourquoi pas chez les Mauté eux-mêmes[2] ? Ernest Delahaye a régulièrement essayé de se faire passer pour le premier témoin de la composition des poèmes de Rimbaud. Or il prétend que Le Bateau ivre a été composé expressément pour se présenter à Paris[3]. Le témoignage semble pour une fois conserver sa vraisemblance malgré l'épreuve du temps, sauf sur un point : le 30 septembre 1871, Rimbaud a probablement lu un ancien poème de 1870, Les Effarés. Verlaine a par ailleurs toujours cité Les Premières communions et Les Effarés comme les deux premiers poèmes qui lui furent envoyés par lettres[4]. Qui plus est, personne ne s'est empressé de publier ce poème à l'époque, malgré la forte impression produite par Rimbaud lors de sa présentation par Verlaine au dîner des Vilains Bonshommes. Bref, Rimbaud n'a fait la publicité de son chef-d'œuvre qu'à un petit nombre de privilégiés. Verlaine le considérait comme son plus beau poème en vers connu, à défaut d'avoir retrouvé Les Veilleurs.
Héritage [modifier]
Samuel Beckett a édité une traduction en anglais, Drunken Boat[5].
Léo Ferré a mis en musique et dit ce poème dans son album Ludwig – L'Imaginaire – Le Bateau ivre (1982), considéré comme un des meilleurs de sa discographie[6]. Il prend la liberté de transformer les deux premiers quatrains en refrain, répété sept fois.
Une reproduction intégrale du Bateau ivre, inaugurée le 14 juin 2012[7], occupe un long mur de la rue Férou à Paris, non loin de l'endroit[8] où Rimbaud aurait présenté le poème pour la première fois le 30 septembre 1871 lors d'une réunion des Vilains Bonshommes. Elle a été réalisée par l'artiste néerlandais Jan Willem Bruins.
Annexes [modifier]
Voir aussi [modifier]
Les poètes chantés par Léo Ferré
Notes et références [modifier]
- Voir les notes du poème établies par Antoine Adam pour Rimbaud, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 915.
- Rue Nicolet, chez les parents de la femme de Verlaine où Rimbaud restera quelques jours avant d'être renvoyé pour mauvaise conduite.
- Voir Rimbaud Souvenirs D'Ernest Delahaye.
- Voir Verlaine par Ernest Delahaye 1919.
- Samuel Beckett, Collected Poems 1930-1978, éd. John Calder, Londres.
- Nathalie Dray, Richard Robert, Les Inrocks hors-série, Pop en France vol. 2 : Les années 50, 60 & 70.
- Inauguration d'un poème mural "Le Bateau ivre" d'Arthur Rimbaud (ambassade des Pays-Bas).
- Une plaque commémorant l'évènement a été apposée à cet endroit le 16 juin 2010, au coin des rues du Vieux-Colombier et Bonaparte, au restaurant du premier étage du marchand de vin Ferdinand Denogeant.
Bibliographie [modifier]
- Arthur Rimbaud, Œuvres complètes, Paris, Flammarion, 2010 (ISBN 978-2-08-121962-5)
