Secrétairerie d'État

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Dans l'aile gauche du palais apostolique, au troisième et dernier étage, les bureaux de la secrétairerie d’État. Dans l'aile droite, au premier étage, les bureaux et le logement du Cardinal secrétaire d'État.

La secrétairerie d'État (en latin : Secretaria Status) est le premier et le plus important dicastère de la Curie romaine (près de 200 personnes y travaillent[1]). Le Cardinal secrétaire d'État est le premier collaborateur du pape dans sa mission de gouvernement de l’Église catholique.

Historique[modifier | modifier le code]

Par la Constitution apostolique Non debet reprehensibile du 31 décembre 1487, le pape Innocent VIII institue la Secrétairerie apostolique, qui regroupe plusieurs secrétaires assurant le suivi des affaires du Saint-Siège.

Le pape Pie VII, le 19 juillet 1814, fonde la Sacrée Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Une réforme importante survient quand, par la Constitution apostolique Sapienti Consilio du 29 juin 1908, le pape Pie X divise la congrégation en trois sections. Cette situation demeure jusqu'à la création, par le pape Paul VI, de la secrétairerie d’État ou papale[2], par démembrement de la congrégation précédente, afin de mettre en application le décret du concile Vatican II Christus Dominus. Ainsi, par la Constitution apostolique Regimini Ecclesiæ Universæ du 15 août 1967, la seconde section de la Sacrée Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires devient la secrétairerie d’État ou papale ; la première section devient le Sacré Conseil pour les Affaires Publiques de l’Église ; la troisième section, Chancellerie des brefs apostoliques, est supprimée. Le pape Paul VI complète cette réforme en supprimant la chancellerie apostolique dont toutes les attributions sont transférées à la secrétairerie d’État ou papale[3] par le motu proprio Quo Aptius du 27 février 1973.

Par la Constitution apostolique Pastor Bonus du 29 juin 1988, le pape Jean-Paul II réforme l'ensemble de la Curie romaine et il réunifie la secrétairerie d’État ou papale avec le Sacré Conseil pour les Affaires Publiques de l’Église. La Secrétairerie d'État est alors divisée en deux sections[4].

Organisation[modifier | modifier le code]

Dans son bureau, le Cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone rencontre le président russe Dmitri Medvedev, au cours d'une visite officielle au Vatican, en février 2011.

La secrétairerie d’État est dirigée par le cardinal secrétaire d'État, « premier collaborateur du pape dans le gouvernement de l’Église universelle »[5]. Le cardinal secrétaire d'État travaille et habite dans la même aile du palais apostolique que le pape (au premier étage de l'aile orientale de la cour Saint-Damase). En raison de la très grande proximité qu'il entretient avec le pape, le cardinal secrétaire d'État est seul chef de dicastère de la curie romaine à ne pas être nommé pour cinq ans mais « ad nutum Summi Pontificis » (selon la volonté du Souverain Pontife)[6]. Cela signifie qu'il est révocable à tout moment. Puisqu'il met en œuvre la diplomatie pontificale, le cardinal secrétaire d'État, accompagné du secrétaire pour les relations avec les États, rencontre les Chefs d’État ou de Gouvernement, à l'issue de leur audience avec le pape, lorsqu'ils sont en visite officielle au Saint-Siège.

Depuis le 15 octobre 2013, le Cardinal secrétaire d'État est Mgr Pietro Parolin.

Article détaillé : cardinal secrétaire d'État.

La secrétairerie d’État est divisée en deux sections.

Première section ou « Section pour les affaires générales »[modifier | modifier le code]

La première section assiste le pape dans son travail quotidien[7]. Elle est notamment chargée de toute la correspondance reçue par le pape, de la préparation de ses interventions, de l'instruction des dossiers de nomination au sein de la Curie romaine. Elle rédige en son nom les constitutions apostoliques, les lettres décrétales, les lettres apostoliques et garde l'anneau du pêcheur[8]. Elle dirige les relations des nonces avec les évêques dans le monde. Elle exerce la tutelle des médias du Saint-Siège : salle de presse, journal l'Osservatore Romano, Radio Vatican et le Centre de télévision du Vatican[9]. Elle recueille et publie toutes les statistiques concernant l’Église catholique[10].

La section pour les affaires générales est organisée, d'une part, en sections de langue (allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais, portugais) pour ce qui est du secrétariat du pape et, d'autre part, en divers services : « Affaires internationales, le chiffre, les constitutions et les lettres apostoliques, les rapports avec les dicastères de la curie, les distinctions honorifiques et le cérémonial, l'administration, la chancellerie des lettres apostoliques, les services généraux du protocole, de l'expédition du courrier diplomatique et des télégrammes[11]. » Les passeports sont aussi délivrés par la section des affaires générales.

Le substitut pour les affaires générales[modifier | modifier le code]

La première section est dirigée par un archevêque, le substitut pour les affaires générales, qui est un personnage central de la Curie romaine : "Avec le préfet de la Maison pontificale, il est l'intermédiaire habituel entre le Saint-Père et ceux qui désirent s'adresser à lui. [...] En cas de vacance du siège apostolique, il dirige la secrétairerie d’État et doit en répondre devant le collège des cardinaux[12]." Comme le cardinal secrétaire d'État, le substitut pour les affaires générales a son logement au sein même du palais apostolique.

L'actuel substitut pour les affaires générales est Mgr Giovanni Angelo Becciu (depuis le 10 mai 2011). Anciens substituts pour les affaires générales (tous sont devenus cardinaux après leur passage à la secrétairerie d’État) :

L'assesseur pour les Affaires Générales[modifier | modifier le code]

Le substitut est secondé par un prélat, l'assesseur pour les Affaires Générales qui est actuellement Mgr Peter Brian Wells (depuis le 16 juillet 2009). Anciens assesseurs pour les Affaires Générales :

Seconde section ou « Section pour les relations avec les États »[modifier | modifier le code]

Le Cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone, accompagné du secrétaire pour les Relations avec les États, rencontre, au cours d'un sommet de l'OSCE en 2010, le Premier ministre grec George Papandreou accompagné de son ministre des affaires étrangères Dimítris Droútsas.

La seconde section est chargée de la diplomatie pontificale. Ainsi, elle assure les relations avec les gouvernements civils[13]. Elle négocie les concordats et autres conventions semblables[14]. Elle représente le Saint-Siège auprès des organisations internationales et lors des conférences internationales[15]. Depuis le 22 février 2013 et l'établissement de relations diplomatiques avec le Soudan du Sud, le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec 180 pays[16] sur les 196 reconnus par l'ONU. Parmi les États n'ayant pas de telles relations diplomatiques figurent essentiellement des pays strictement islamiques (Afghanistan, Arabie Saoudite, Oman, Maldives, Mauritanie, Somalie, ...), communistes (Laos, Vietnam, Corée du Nord) ou repliés sur eux-mêmes (Birmanie). Il entretient aussi des relations diplomatiques avec l'Union européenne et l'Ordre souverain militaire hospitalier de Malte. Il est membre ou observateur de nombreuses organisations internationales, parmi lesquelles on peut citer l'ONU, l'UNHCR, l'IAEA, la FAO, l'OMS, l'UNESCO, l'OMC, le PAM, l'OSCE, le Conseil de l'Europe, l'OEA[17].

Article détaillé : Politique étrangère du Vatican.

Le secrétaire pour les relations avec les États[modifier | modifier le code]

La seconde section est dirigée par un archevêque, le secrétaire pour les Relations avec les États. L'actuel secrétaire pour les relations avec les États est Mgr Dominique Mamberti (depuis le 15 septembre 2006). Anciens secrétaires pour les relations avec les États (tous sont devenus cardinaux après leur passage à la secrétairerie d’État) :

Le sous-secrétaire pour les relations avec les États[modifier | modifier le code]

Le secrétaire est secondé par un prélat, le sous-secrétaire pour les relations avec les États qui est actuellement Mgr Antoine Camilleri (depuis le 22 février 2013). Anciens sous-secrétaires pour les relations avec les États :

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Article « Secrétairerie d'État », Dictionnaire historique de la papauté, s. dir. Philippe Levillain, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2213618577)
  • Paul Poupard, Le Vatican, Paris, Parole et Silence,‎ mars 2004, 148 p. (ISBN 978-2-84573-217-9)
  • Joël-Benoît d'Onorio, Le Pape et le gouvernement de l'Église, Paris, Fleurus-Tardy,‎ 1992, 616 p. (ISBN 978-2-7105-0320-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]