Progress

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Véhicule spatial Progress
Progress en approche de la station spatiale internationale
Progress
Premier 20 janvier 1978
Longueur de 7,2 m à 7,48 m
Diamètre 2,72 m
Masse totale 7 020 kg à 7 450 kg
Masse du Module Orbital 2,280 T à 2,480 T
Charge utile 2,230 T à 2,350 T
Charge utile pressurisée 1,800 T
Eau 220 Kg à 440 Kg
Air 40 Kg à 50 Kg
Carburant pour l'ISS 1,700 T à 1,950 T

Le Progress est un vaisseau cargo spatial développé en 1978 dans le cadre du programme spatial soviétique et qui est depuis, utilisé pour ravitailler les stations spatiales situées en orbite basse. Déployé initialement pour le ravitaillement des stations spatiales soviétiques puis russes, comme Mir, il assure désormais le même service pour la Station spatiale internationale à raison de 3 à 4 vols par an [1]. Entre le 1er février 2003 et le , à la suite de l'accident de la navette Columbia au cours de la mission STS-107, les vaisseaux Progress étaient les seuls à assurer le ravitaillement de la station spatiale internationale. Plusieurs variantes du vaisseau Progress ont été utilisées (Progress M, Progress M1) avec des capacités croissantes. D'une masse de 7 tonnes pour une longueur de 7,9 mètres, sa capacité d'emport est d'environ 2,5 tonnes dont une partie est réservée au combustible..

Historique et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le vaisseau Progress est dérivé du vaisseau spatial habité Soyouz : celui-ci était dès le départ conçu pour réaliser de manière automatique des manœuvres de rendez-vous et d'amarrage grâce au système Kours. Le séjour prolongé de l'équipage dans une station spatiale nécessite le transport de consommables que le vaisseau Soyouz faute de capacité, ne peut prendre en charge. Les ingénieurs soviétiques déterminèrent à l'époque qu'en supprimant les composants du vaisseau Soyouz liés à la présence d'un équipage humain (tour de sauvetage, bouclier thermique, système de support de vie), on pouvait obtenir une capacité de transport significative.

Sa structure est donc proche de celle du vaisseau Soyouz[2]: le module orbital devenu module cargo est rempli de fret en vrac (nourriture, bouteilles d'eau ou d'oxygène, pièces détachées, expériences scientifiques) qui est rangé dans des casiers ou solidement arrimé aux cloisons ; le module de descente est transformé en réservoir et permet de transporter du carburant qui est transféré à la station spatiale via une tuyauterie qui passe à l'extérieur du module cargo pour éviter toute contamination. Le module de service est prolongé pour recevoir l'électronique qui, dans la version Soyouz, est installée dans le module de descente. Une fois le transfert du ravitaillement dans la station effectué, l'équipage charge le vaisseau Progress de déchets, puis celui-ci manœuvre de manière à effectuer une rentrée atmosphérique au cours de laquelle il se désintègre [3].

Le vaisseau Progress ne permet pas de ramener du matériel à Terre. Entre 1990 et 1993, les vaisseaux Progress ont été lancés à 9 reprises équipés avec une capsule VBK-Raduga : celle-ci permet de ramener jusqu'à 150 kg de fret à Terre. Le matériel à ramener à Terre est chargé dans la capsule lorsque le vaisseau Progress est amarré à la station spatiale. La capsule est éjectée au cours de la rentrée atmosphérique du vaisseau Progress et utilise un parachute pour effectuer un atterrissage en douceur. La capsule Raduga mesure environ 1,5 m de long, 60 cm de diamètre, et a une masse d'environ 350 kg à vide.

Les versions du vaisseau Progress[modifier | modifier le code]

Progress 7K-TG (1978-1990)[modifier | modifier le code]

Dessin d'un Progress 7K-TG.

La première version du cargo de ravitaillement automatique Progress, le Progress 7K-TG, aussi appelé simplement Progress (désignation 11F615A15), était destinée à ravitailler les stations orbitales soviétiques Saliout 6, Saliout 7 puis Mir. Son développement débuta en 1973 et le premier lancement, Progress 1, eut lieu le 20 janvier 1978 à bord d'une fusée Soyouz. Cette version était dérivée du vaisseau Soyouz 7K-T conçu pour le programme Saliout. Le module de descente contenant normalement les cosmonautes a été remplacé par un module nommé Otsek Komponentov Dozapravki, ou OKD, qui contenait le carburant utilisé pour ravitailler la station spatiale auquel il était amarré. Cette variante se caractérisait des autres par l'absence de panneaux solaires, le cargo étant alimenté en électricité par des batteries.

Cette première version du cargo Progress possédait une masse de 7 020 kg et pouvait transporter jusqu'à 2 300 kg, il mesurait le même diamètre que les vaisseaux Soyouz, soit 2,2 m, mais était plus long, 8 m. Le vol autonome depuis le sol jusqu'à la station durait 3 jours. Les premiers Progress 7K-TG pouvait rester jusqu'à 30 jours ammarés et les derniers (à partir de Progress 38) pouvaient rester jusqu'à 75 jours. Au total, 43 Progress 7K-TG furent fabriqués et lancés[4].

Progress M (1989-)[modifier | modifier le code]

Dessin d'un Progress M.

La version améliorée Progress M (désignation 11F615A55) fut lancée pour la première en août 1989. Les 43 premiers vols de cette version était destinés à ravitailler la station Mir. À la suite de la désorbitation de cette dernière (désorbitation réalisée par le Progress M1-5), les vaisseaux Progress furent chargés de ravitailler la Station Spatiale Internationale. En janvier 2013, plus de 40 vols à destination de l'ISS furent accomplis.

Le Progress M est, pour résumer, une version modernisée du Progress dotée des caractéristiques des versions T et TM du vaisseau Soyouz. Ces changements ont notamment lieu au niveau du système propulsif et des dispositifs de télécommunication. Cette version est reconnaissable à ses deux panneaux solaires et est capable de passer jusqu'à 30 jours en vol autonome et est capable de transporter 100 kg de plus. Contrairement à la première version Progress, Progress M peut retourner du fret (150 kg) sur Terre en utilisant la capsule Raduga. Cette capsule fut employée à 10 reprises entre 1990 et 1994. Il utilise le système de rendez-vous et d'amarrage automatique Kours, le même que les vaisseaux Soyouz.

Une nouvelle variante du Progress M, dotée d'un ordinateur de vol digital TsVM-101 et d'un système de télémétrie digitale MBITS a été lancée pour la première fois le 26 Novembre 2008[5]. Cette variante est désignée 11F615A60. Le premier vaisseau de cette variante est le Progress M-01M. 16 Progress de cette version furent lancés avec succès et 1 Progress (Progress M-12M) ne parvint pas à atteindre son orbite à cause d'une défaillance du lanceur Soyouz U. Il s'agit du premier et du seul échec d'un vaisseau Soyouz depuis le début du programme en 1978. Les améliorations apportés avec cette variante furent utilisés dans la conception du véhicule spatial habité Soyouz TMA-M[6].

Progress M1 (2000-2004)[modifier | modifier le code]

Le Progress M1 (désignation 11F615A55) est une version modifiée du Progress M dans le but de transporter plus de carburant pour ravitailler la Station Spatiale Internationale au détriment d'autres ressources, comme l'eau. Un Progress M1 peut transporter 1 700 kg de carburant[7] à comparer avec les 850 kg de carburant que peut transporter un Progress M. Cette variante effectua son premier vol, Progress M1-1, le 26 avril 2000 et son dernier vol, Progress M1-11, fut désorbité en Juin 2004. Une seconde variante du Progress M1, designée 11F615A70, dotée de contrôles de vols digitaux et destinée à être lancée par une fusée Soyuz-2, a été conçue mais n'a pour l'instant effectué aucune mission.

Le Progress et les autres vaisseaux cargo[modifier | modifier le code]

De nouveaux vaisseaux cargo ont effectué leur premier vol ou le feront prochainement : ce sont le vaisseau cargo automatique (ATV) européen lancé pour la première fois en 2008 et l'H-II Transfer Vehicle (HTV) japonais qui a effectué son vol inaugural en 2009. Ces vaisseaux ont des capacités supérieures au Progress mais sont nettement plus coûteux. De nouveaux vaisseaux américains d'une capacité proche de celle du Progress doivent faire leur apparition en 2010-2011. Tous ces vaisseaux doivent remplacer la navette spatiale américaine qui n'assurera plus le ravitaillement de la station spatiale à compter de fin 2010. Les cargos Progress continueront par ailleurs à assurer le transport du ravitaillement de la partie russe de la station.


Comparaison des capacités et prix des engins de ravitaillement de la station spatiale
Vaisseau Fret total Fret pressurisé
(m3)
Liquides et gaz Fret non
pressurisé
Retour à
Terre
Remorquage
ergols
Type
écoutille
Lancements prévus Coût
(cargo/lanceur)
ATV Drapeau de l’Union européenne 7,7 tonnes 5,5 t (46,5 m3) 840 L eau
100 kg air ou oxygène
860 kg carburant
non non 4 700 kg Russe 5 lancements
(1 tous les 18 mois)
retiré en 2014
150 M€/180 M€
Navette spatiale Drapeau des États-Unis 16,4 tonnes 9,4 t (31 m3)
16 × racks ISPR
- 16 tonnes (300 m3) oui non APAS &
CBM
4 à 6 vols par an
retirée en 2011
312 M€
Progress Drapeau de la Russie 2,2 t-3,2 t 1,1 t (6,6 m3) 300 L eau
47 kg air ou oxygène
870 kg carburant
non non 250 kg Russe 4 par an 13 M€ /13 M€
HTV Drapeau du Japon 5,5 tonnes 4,5 t (14 m3)
8 × racks ISPR
300 L eau 1,5 tonne (16 m3) non non CBM 7 lancements
(1 par an)
92 M€/90 M€
SpaceX Dragon Drapeau des États-Unis 6 tonnes 2,5 t (10 m3) - 3,5 t (14 m3) oui non CBM 12 lancements
(3 par an)
133 M$
En cours de développement en 2012
Cygnus Drapeau des États-Unis 2 t-2,7 t 2 t (18,7 m3) - 2 t (18,1 m3) non non CBM 8 d'ici 2016
à partir de 2013
190 M$

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Rex D. Hall et David J. Shayler, Soyuz A universal Spacecraft, Springer Praxis,‎ 2003 (ISBN 1-85233-657-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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