Yakoute (cheval)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Poney yakoute)
Aller à : navigation, rechercher
Yakoute
{{#if:
Poney yakoute sur un timbre d'Azerbaïdjan
Poney yakoute sur un timbre d'Azerbaïdjan

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Drapeau de la Russie Russie
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,37 m à 1,40 m en moyenne

Le Yakoute (Саха ата, Saxa ata à Sakha, Yakutskaya en russe), également appelé cheval yakoute ou poney yakoute, est une race chevaline assez commune et très rustique provenant de la république sibérienne de Sakha, ou Yakoutie, en Sibérie. Il est élevé principalement pour l'hippophagie et tient une grande place dans la vie et l'économie des sibériens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ses ancêtres vivaient probablement dans la toundra. Une étude sur la population chevaline de Yakoutie est effectuée en 1944[1].

Description[modifier | modifier le code]

Types[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs types[2]. Celui du nord est le Yakoute original. C'est le plus recherché, plus grand, il est aussi le plus homogène. Il est nommé Kolyma ou Verkhoyansk. Le « petit type du sud » est considéré comme de race pure mais moins recherché. Le « grand type du sud » est influencé par des croisements avec les chevaux trotteurs et des traits du centre de la Yakoutie[3], il a absorbé trois autres races locales, le Suntar, le Megezh et l'Olekminsk[1].

Morphologie[modifier | modifier le code]

Il est plus massif que le cheval mongol et le cheval de Przewalski[4], la race toise 1,37 à 1,40 m au garrot en moyenne[1]. Elle montre des caractéristiques physiques qui la rapprochent du poney Shetland, dont la stature robuste, l'épaisse crinière et le poil fourni.

La tête est assez grossière, l'encolure droite et d'une longueur moyenne, la poitrine large et profonde, le garrot peu saillant, le dos long et large, la croupe tombante. Les jambes, plutôt courtes, sont terminées par de solides sabots[1]. Les crins de la crinière et de la queue sont exceptionnellement longs et fournis[1] offrant une protection très efficace contre les températures glaciales. En hiver, le poil pousse d'ailleurs jusqu'à une longueur de quatre pouces.

Robes[modifier | modifier le code]

Il est habituellement bai, gris, rouan ou porteur du gène dun, avec des marques primitives incluant la raie de mulet et les zébrures sur les jambes. Dans le nord de la région, il est typiquement gris et prend une apparence presque blanche à l'âge de trois ou quatre ans[1].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Le biotope a forgé un poney très résistant au froid, le Yakoute est en effet, de toutes les races chevalines du monde, la plus septentrionale, et la seule qui puisse supporter des descentes de températures allant jusqu'à - 70°, en climat hypercontinental[1]. De plus, il est élevé à l'extérieur toute l'année, sans protection contre les intempéries[5]. Il est remarqué pour son habilité à localiser et brouter la végétation cachée sous la neige, même à 50 centimètres de profondeur[6]. Comme la plupart des chevaux à sang froid, sa maturité est lente et il n'est pas adulte avant l'âge de cinq ou six ans. En contrepartie, il est d'une grande longévité[5].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Ce poney est polyvalent, il est monté aussi bien qu'attelé ou employé comme cheval de bât, et les juments donnent leur lait. Il fait partie de la vie quotidienne de la population sibérienne. Il fournit également de la viande et de la fourrure[1], une lignée à viande a été croisée afin d'atteindre plus rapidement sa maturité[5]. Les Yakoute n'ont, contrairement aux français, aucun tabou sur la viande de cheval, et l'élevage à cette fin constitue leur principale activité[7].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

La race est surtout présente au haras national de Leninski et à la ferme collective Karl Marx, en Yakoutie[5].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le Yakoute est mis en scène dans Chamane, le second film de Bartabas. Il raconte, à l'occasion du tournage en Sibérie, que les habitants lui ont offert de la viande de cheval Yakoute, qu'il a avalée à contrecoeur[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Hendricks et Dent 2007, p. 443
  2. (en) N.D. Alexeev, N.P. Stepanov [n.d.] Yakut Horse: Breed Types, Economical and Biological Features NGO “Sakha – World XXI Century”
  3. Hendricks 1995
  4. (en) « Breeds of Livestock - Yakut Horse », Department of Animal Science, Oklahoma State University (consulté le 20 avril 2009)
  5. a, b, c et d Hendricks et Dent 2007, p. 444
  6. (en) Anatoly Mikhailovich Khazanov, After the USSR: ethnicity, nationalism and politics in the Commonwealth of Independent States, University of Wisconsin Press,‎ 1995 (ISBN 0-299-14894-7, lire en ligne)
  7. Ferret 2010, p. résumé
  8. Jérôme Garcin, « Bartabas, retour de Sibérie », L'Express,‎ 7 mars 1996 (consulté le 18 février 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Bonnie Lou Hendricks, International encyclopedia of horse breeds, University of Oklahoma Press,‎ 1995 (ISBN 0-8061-2753-8, lire en ligne)
  • (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Yakut », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Carole Ferret, « Hippophiles et hippophages », Anthropozoologica, Paris, Muséum national d'Histoire naturelle, Publications scientifiques, vol. 45, no 1,‎ 2010, p. 115-135 (ISSN 0761-3032, présentation en ligne)