Personnalité encline à l'imagination

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La personnalité encline à l'imagination (anglais : fantasy-prone personality) a été définie par Wilson & Barber[1] au début des années 1980, en travaillant sur des sujets très faciles à hypnotiser. Ils ont remarqué que ces sujets faciles à hypnotiser rapportaient en moyenne beaucoup plus d'expériences inhabituelles que des sujets ordinaires.

Les personnes ayant une personnalité encline à l'imagination ont un investissement important dans leur vie imaginaire, et tendance à la projeter dans la réalité extérieure. Cependant, cette structure de personnalité n'est pas pathologique, ces personnes n'en souffrant pas et ayant une bonne intégration sociale.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La personnalité encline à l'imagination est corrélée avec la schizotypie, au point que certains auteurs se demandent si les deux types de personnalité sont vraiment distincts l'un de l'autre.[réf. nécessaire]

Des études ultérieures[2] démontrent un certain biais méthodologique dans l'étude de la capacité à être hypnotisé et réfutent le caractère pathologique de ce type de personnalité.

Les sceptiques suggèrent parfois que parmi ceux qu'ils surnomment les vrais croyants, il y aurait en moyenne un pourcentage plus important de personnalités enclines à l'imagination que dans la population générale.[réf. nécessaire]

Les caractéristiques de la personnalité encline à l'imagination sont les suivantes :

  1. le sujet passe le plus clair de son temps d’éveil à imaginer,
  2. il a la capacité d'halluciner des objets et d’éprouver pleinement ce qu’il imagine « aussi réel que le réel »,
  3. il rapporte des « vécus » tels que des expériences de voyances ou de sorties hors du corps,
  4. il a du mal à différencier les événements imaginaires des événements réels,
  5. mais il possède cependant une conscience sociale qui fait qu’il garde sa vie imaginaire plutôt secrète.

Les sujets rapporteraient aussi plus facilement des rêves extrêmement vivaces, voire des expériences de paralysie du sommeil : ce faisant, ils pourraient en conséquence avoir plus facilement des confusions de sources[3].

Applications dans le cadre du phénomène ovni[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du phénomène ovni[4], les sceptiques et les démystificateurs considèrent qu'un nombre non négligeable d'enlèvements par les extraterrestres s'expliquerait par le fait que les sujets qui témoignent ont une personnalité encline à l'imagination. Deux exemples célèbres en ufologie de personnalité encline à l'imagination seraient Betty Hill et Whitley Strieber (lire également modèle sociopsychologique du phénomène ovni).


Selon le philosophe allemand Günter Frings les personnalités enclines à l'imagination seraient de nature pathologique et se retrouveraient essentiellement chez les individus ayant eu une enfance difficile. Il évoque notamment à titre d'exemple le fait que Whitley Strieber avait été battu par ses parents lors de son enfance [5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wilson, S. C., & Barber, T.X. (1983). « The fantasy-prone personality : Implications for understanding imagery, hypnosis, and parapsychological phenomena ». Dans Sheikh, A. A. (éd.). Imagery : Current theory, research, and application. New York : Wiley.
  2. Marie Claire Gay (2005) Y a-t-il un lien entre hypnotisabilité et psychopathologie ? Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique Volume 163, Issue 2, March 2005, Pages 127-131
  3. Frings, G. (2010). Le concept de Phantasie geneigte Persönlichkeité en psychologie, Psychologie et société, n°99, p. 117-128.
  4. Abrassart, J.-M. (2006). La personnalité encline à la fantaisie et son implication en ufologie, Inforespace, n°112, p. 27-36.
  5. Frings, G. (2006). Le concept de Phantasie geneigte Persönlichkeité en psychologie, Revue Française de Psychologie Sommaire, n°112, p. 88-212.