Paul Prosper Henrys

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Paul Henrys
Image illustrative de l'article Paul Prosper Henrys

Naissance 13 mars 1862
Neufchateau
Décès 6 novembre 1943 (à 81 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service – 1924
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement 59e Division d'Infanterie de Réserve
17e Corps d'Armée
33e Corps d'Armée
Distinctions Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
Médaille interalliée 1914-1918
Médaille Commémorative du Maroc
Médaille commémorative de la Grande Guerre
Médaille coloniale

Paul Prosper Henrys ou Henrÿs (13 mars 1862-6 novembre 1943) est un général de division français dont le nom est associé à la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Paul Prosper Henrys est né le 13 mars 1862 de François Nicolas Henrys et de Caroline de Baudel, au 19 rue des Vosges à Neufchâteau[1] Né à Bourmont, son père était avocat et avait été juge suppléant du tribunal de première instance de la ville[A 1]. La lignée paternelle était d'ailleurs de robe depuis longtemps. Sa mère était fille d'un juge de paix de La Marche avec une ascendance de parlementaires et de magistrats tant du côté maternel que paternel[2].

Suivant les déplacements professionnels de son père, juge à Commercy, Verdun, puis conseiller à la Courd d'appel de Nancy, le jeune Paul Henrys fréquente les établissements scolaires de ces villes jusqu'à la classe préparatoire à l'École spéciale militaire, au lycée de Nancy[A 1]. Le 27 octobre 1882, il fait sa rentrée à Saint-Cyr, dont il ressort avec le numéro 71 sur 406 élèves et le 1er octobre 1884, il intégre l'École de cavalerie de Saumur, comme sous-lieutenant élève et en sort le 31 août 1885, avec le numéro 22 sur 78 élèves et la note générale « Bien », pour être affecté, dès le 6 décembre 1885, au 1er régiment de Cuirassiers à Lunéville[3]

Il connaît alors la vie de garnison dans la « cité cavalière », comme on appelait alors Lunéville. Le nom de Henrys apparaît souvent avec celui de son cheval « Congallus » sur les programmes des manifestations équestres, notamment des courses à l'hippodrome de Jolivet (Lunéville) ou à Nancy, à Auxonne, etc.[4]

L'Afrique[modifier | modifier le code]

Service en Algérie et formation[modifier | modifier le code]

Le 7 octobre 1887, toujours sous-lieutenant, il est nommé au 6e régiment de Chasseurs d'Afrique en garnison à Saïda, puis à Mascara (Algérie). Nommé lieutenant en octobre de l'année suivante, il est en 1889, détaché pour servir en qualité d'officier d'ordonnance du général Plessis, commandant la subdivision d'Oran et commandant de la cavalerie de la division. En septembre 1890, il est désigné pour suivre les cours d'Instructeur à l'École d'application de cavalerie de Saumur. Il revient en septembre 1891 au 6e régiment de Chasseurs d'Afrique, comme officier instructeur[5].

Affecté au 5e régiment de Chasseurs d'Afrique, et promu capitaine en 1894, il est admis à l'École supérieure de guerre et accomplit les stages classiques inhérents à cette formation dans les différents services de l'état major général de l'Armée jusqu'à la fin de 1897. Il rejoint alors le 2e régiment de Chasseurs d'Afrique en avril 1898[6].

Soudan[modifier | modifier le code]

Sur les confins algéro-marocains aux côtés de Lyautey[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Maroc[modifier | modifier le code]

Fronts lorrains et champenois[modifier | modifier le code]

En 1916, la situation au Maroc se trouvant partout consolidée, Henrys obtient donc du Résident général de se rendre en France visiter le front, puis d'être remis à la disposition du général en chef. Il est alors affecté au commandement de la 59e division d'infanterie et tient successivement entre avril 1916 et avril 1917, les secteurs de Lenoncourt, enavant de Nancy, des Chambrettes en avant de Verdun et de Troyon[7]. Le 20 mai 1917, il est nommé commandant du 17e Corps d'Armée tenant les secteurs de Bovey en Champagne, de Pierrefitte devant Saint-Mihiel et du Faubourg-Pavé devant Verdun[6]

Commandant de l'Armée française d'Orient[modifier | modifier le code]

Le 31 décembre 1917, le général prend le commandement de l'Armée française d'Orient et il prend une part considérable aux succès définitifs des Alliés en Orient. Pendant les mois de juillet et d'août 1918, il organise et dirige les opérations victorieuses en Albanie obligeant les Autrichiens à dégarnir la Piave et à ramener vers ce front secondaire deux et même trois bonnes divisions, selon le général Franchet d'Espérey[6]. S'ensuit en septembre, au moment de l'offensive générale, un appui efficace avec ses deux divisions d'infanterie des armées serbes et force à la capitulation à Uskub de 75 000 soldats bulgares. Cela mène à la capitulation de la Bulgarie qui signe l'armistice avec les alliés dès le 29 septembre 1918. La Hongrie cesse les hostilités quelques jours après le 11 novembre, ce sont les général Henrys pour la France et le voïvode Michitcht pour la Serbie qui signent l'armistice au noms des alliés. Le 28 décembre 1918, le général Henrys est fait Grand-croix de la Légion d'honneur[A 2].

La fin de carrière et les honneurs[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

En 1919, il est nommé chef de la mission militaire française en Pologne. Cette mission était destinée à aider les autorités de la Pologne reconstituée (Polonia Restituta) à mettre en place leurs structures propres après la si longue période de division et d'annexion par l'Allemagne, l'Autriche et la Russie. La situation politique complexe de ce pays renaissant ne permit pas à Henrys d'utiliser les capacités diplomatiques et politiques dont il avait fait preuve en d'autres circonstances. Il fut rappelé en France et reçut le commandement du 33e corps d'armée en Rhénanie[A 3].

La retraite et la mort[modifier | modifier le code]

Il est admis, le 13 mars 1924, dans la deuxième section de l'État major de l'armée, c'est-à-dire qu'il est mis en retraite. Il se retire à Paris, rue de Suffren, et a, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, une intense activité dans les milieux d'anciens combattants : anciens Chasseurs d'Afrique, anciens de la Rhénanie, et surtout anciens combattants de l'Armée d'Orient, les « Poilus d'Orient ». Pendant cette période, les Vosges eurent à plusieurs reprises l'occasion de le voir participer à des manifestations officielles à Neufchâteau, Épinal et Domremy[A 4].

Il décède à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, le 6 novembre 1943. Le 11 novembre, il est honoré, privilège assez rare, de l'inhumation aux Invalides, dans le caveau des maréchaux et généraux en chef[A 5].

Grades[modifier | modifier le code]

  • 04/07/1913: général de brigade
  • 24/11/1914: général de division

Décorations[modifier | modifier le code]

Françaises[modifier | modifier le code]

Étrangères[modifier | modifier le code]

Postes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Francis-Henri Courroy, « Le général Paul Henrÿs 1862-1943, de la rue des Vosges à la crypte des invalides, itinéraire d'un Néocastrien », Patrimoine et culture du pays de Neufchâteau, Actes des 10e Journées d'Études Vosgiennes, 2009, pp. 383-398

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Francis-Henri Courroy, « Le général Paul Henrÿs 1862-1943, de la rue des Vosges à la crypte des invalides, itinéraire d'un Néocastrien », Patrimoine et culture du pays de Neufchâteau, Actes des 10e Journées d'Études Vosgiennes,‎ 2009 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  1. a et b p.  384
  2. p.  394
  3. p.  395
  4. p.  396
  5. p.  397
  • Autres références :
  1. Arch. dép. Vosges, Edpt 326/GG1L.
  2. Charles Germain, Histoire de La Marche, Épinal, Éditions du sapin d'or, 1981
  3. Archives Francis-Henri Courroy (désormais arch. FHC), livret matricule d'officier de Paul Henrys.
  4. Arch. FHC, Programmes des réunions hippiques.
  5. Arch. FHC, livret matricule d'officier de Paul Henrys
  6. a, b et c Ibidem
  7. Service historique des armées, dossier personnel du général Henrys

Côtes S.H.A.T.: 9 Yd 603

Liens externes[modifier | modifier le code]