Parti de gauche (Suède)

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Vänsterpartiet
Image illustrative de l'article Parti de gauche (Suède)
Logo officiel
Présentation
Président Jonas Sjöstedt
Fondation 1917
Siège Kungsgatan 84, Stockholm
Président du groupe au Riksdag Alice Åström
Idéologie Socialisme, écologisme, féminisme, anticapitalisme
Affiliation internationale Alliance de la Gauche verte nordique
Affiliation européenne Forum de la nouvelle gauche européenne
Couleurs rouge
Site web www.vansterpartiet.se
Présidents de groupe
Riksdag Jonas Sjöstedt
Parlement européen Gabriele Zimmer
Représentation
Députés
19 / 349
Députés européens
1 / 20
Conseillers de comté
98 / 1 662
Conseillers municipaux
703 / 12 978

Le Parti de gauche (Vänsterpartiet), connu par son initiale « V », est un parti socialiste et écologiste de gauche suédois fondé en 1917, membre de l’Alliance de la Gauche verte nordique. Le parti s'est appelé successivement Parti social-démocrate de gauche de Suède (1917-1921), puis Parti communiste de Suède (1921-1967), puis Parti de gauche – Les communistes 1967-1990).

Histoire[modifier | modifier le code]

La scission sociale-démocrate : le Parti social-démocrate de gauche de Suède[modifier | modifier le code]

Le Parti social-démocrate de gauche de Suède (Sveriges socialdemokratiska vänsterparti, SVV) fut fondé le 14 mai 1917 par des dissidents de l'aile gauche du Parti social-démocrate, menés par Zeth Höglund et opposés à la participation du social-démocrate Hjalmar Branting au gouvernement du libéral Nils Edén[1]. Deux mois plus tard le parti annonce rejoindre le Komintern et ainsi son soutien à la révolution bolchévique[1].

L'alignement sur Moscou : le Parti communiste de Suède[modifier | modifier le code]

Premier groupe parlementaire communiste au Riksdag

Lors de son quatrième congrès en 1921, le Parti social-démocrate de gauche se transforma en Parti communiste de Suède (Sveriges kommunistiska parti, SKP), conformément à la dix-septième condition d'admission à la IIIe Internationale[1].

En 1924, Zeth Höglund, suivi de 5 000 militants, quitta le Parti communiste, étant opposé à l'influence de Moscou sur l'Internationale communiste, pour fonder un parti du même nom, qui se fondit dans le Parti social-démocrate deux ans plus tard.

En 1929 la plus important scission dans l'histoire du parti intervint. Les députés Nils Flyg, Karl Kilbom, Ture Nerman, ainsi que la majorité des membres du parti furent exclus du Komintern. Sur les 17 300 membres que comptaient alors le parti 4 000 demeurèrent loyaux à la ligne originelle. Les militants expulsés créèrent le Parti communiste de Suède (Kilbommare) (également connu sous le nom de Parti socialiste). Ces derniers récoltèrent 5,32% des suffrages exprimés lors de élections législatives de 1932 contre seulement 2,98% pour le SKP.

Malgré la politique de neutralité de la Suède durant la Seconde Guerre mondiale, le SKP fut menacé d'interdiction en 1940[2]. Au lendemain de la guerre, bien qu'une circulaire gouvernementale établissait que l'expression d'opinions communistes ou la lecture de la presse communiste ne pouvaient constituer des motifs d'enregistrement dans les fichiers de la Police de sécurité, un recensement de l'ensemble des militants communistes fut organisé à partir d'avril 1948 pour des raisons de sécurité intérieure[2].

Les années 1960 représentèrent pour le SKP des années de divisions entre les partisans d'une ligne rénovatrice, favorable à un changement de nom du parti et à l'abandon de la mention "communiste" et les partisans d'une ligne plus traditionnelle. Entre 1964 et 1967, les membres du SKP discutèrent de la ligne à adopter, notamment en matière de politique internationale, ainsi que quant à la place du parti dans la société. Au terme de ces trois années, le secrétaire générale du parti, Carl Henrik Hermansson rappela l'attachement du parti à la démocratie parlementaire et se refusa à prendre position dans le conflit entre l'URSS et la République populaire de Chine, déniant par la même occasion au PCUS et au PCC un quelconque rôle dirigeant dans le bloc communiste[1].

Le virage eurocommuniste : le Parti de gauche – Les communistes[modifier | modifier le code]

Le virage programmatique de 1967 s'accompagna d'un changement de nom du parti, dès lors nommé Parti de gauche – Les communistes (Vänsterpartiet Kommunisterna, VPK). Le Printemps de Prague constitua un catalyseur des divisions au sein du VPK, ceux-ci se divisant en deux grands courants : une majorité condamnant l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie et une minorité orthodoxe et fidèle à Moscou; auxquels s'ajoutaient deux petits courants : des ultra-réformistes qui allaient rejoindre les sociaux-démocrates et un courant pro-chinois, qui quitta le VPK pour fonder leur propre formation, également nommée Parti communiste de Suède[3].

Les députés communistes commencèrent alors vers la fin des années 1960 à apporter leur soutien aux gouvernements dirigés par le Parti social-démocrate, remplaçant à ce rôle le Parti du Centre. Les sociaux-démocrates bénéficiaient alors du maintien du VPK au-dessus des 5% des suffrages exprimés, le parti représentant toute à la fois l'assurance d'une majorité parlementaire que le réceptacle du vote contestataire. Ce dernier point s'incarnait parfaitement dans les grandes campagnes menées par le parti en faveur de la Palestine et de Cuba ou encore contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud, au nom de l'internationalisme prolétarien[1].

En 1977, face à la ligne réformiste et eurocommuniste adoptée par le le VKP, les partisans d'une ligne plus orthodoxe fondèrent le Parti de travailleurs - Les communistes, parti qui également le nom de Parti communiste de Suède en 1995[2].

Le renouveau idéologique et électorale : le Parti de gauche[modifier | modifier le code]

Lors de son 29e congrès en mai 1990, le parti décida par un vote serré (136 voix pour, 133 contre) de changer son nom et d'abandonner le terme "communiste", pour devenir simplement le Parti de gauche (Vänsterpartiet)[1].

En 1998, le Parti de gauche obtient le meilleur score de son histoire lors d’élections générales, avec 12 % des suffrages exprimés au niveau national. Après les élections, le parti a passé un accord avec les sociaux-démocrates, leur apportant son soutien sans participer au gouvernement. Lors des élections de 2002, le Parti de gauche recule de 3 points au profit des sociaux-démocrates, les rapports de force entre droite et gauche demeurant quasi-identiques. Le congrès de 2004 voit l’élection de Lars Ohly en tant que président du parti. À la fin de l’année, une de ses prédécesseurs, Gudrun Schyman quitte le parti, devant parlementaire indépendant. S’étant lui-même qualifié de communiste, M. Ohly est plus tard revenu sur ces déclarations. Lors de son congrès de 1996, le parti se présente comme féministe. Lors des élections générales suédoises de 2006, le Parti de gauche subit un recul important. Avec 5,8 % des suffrages exprimés et 22 sièges au Riksdag (− 8), il retrouve son niveau d'avant 1998. Ajoutée à la régression électorale de son allié social-démocrate au sein de la coalition rouge-verte sortante, cette perte de terrain aura permis à la droite d'opposition, rassemblée au sein de l'Alliance pour la Suède d'emporter une courte victoire.

Crédité d'intentions de vote peu encourageantes[4], alors que le gouvernement bat des records d’impopularité et que le Parti social-démocrate côtoie les 40 % d’intentions de vote dans les sondages, le Parti de gauche, par l’intermédiaire de Lars Ohly, annonce qu’il rejette catégoriquement toute idée de formation d’une nouvelle coalition rouge-verte en vue des prochaines élections générales. Reconnaissant que les compromis sont nécessaires mais qu’il souhaite aussi marquer sa différence et proposer aux Suédois une « alternative claire à gauche », M. Ohly souhaite tout de même maintenir les pourparlers avec les sociaux-démocrates et les verts, en précisant qu’il attend un geste de la part de ces deux partis. Cette nouvelle stratégie est justifiée par un désir de se différencier des autres partis traditionnels[5]. Après des tractations laborieuses, les trois partis de gauche annoncent finalement le 7 décembre 2008 la formation de leur première véritable coalition, baptisée « Les Rouges-verts », en vue des élections générales de 2010.

Aux élections européennes de 2009, le Parti de gauche perd l’un de ses deux sièges d’eurodéputé avec un score de 5,7 % des suffrages exprimés. Ce score équivalent à celui obtenu par le parti aux élections générales de 2006 est en revanche nettement inférieur à celui des élections européennes précédentes (moins 7 points). Son élue, Eva-Britt Svensson, est la dernière représentante de l’Alliance de la gauche verte nordique parmi les 35 eurodéputés du groupe GUE/NGL. Candidate au poste de présidente du Parlement européen, elle recueillera 89 voix, contre 555 à son seul adversaire, le conservateur polonais Jerzy Buzek[6].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Présidents du parti[modifier | modifier le code]

Dates Nom
1917 Carl Winberg et Zeth Höglund Zethh1953.jpg
1918 Ernst Åström et Karl Kilbom
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1919–1920 Zeth Höglund
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1921–1923[7] Zeth Höglund et Karl Kilbom[8] Zethh1953.jpg
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1923–1924 Zeth Höglund
Zethh1953.jpg
1924–1929 Karl Kilbom[7][9] et Nils Flyg[8]
Karl Kilbom - Sveriges styresmän.jpg
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1929–1951 Sven Linderot
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1951–1964 Hilding Hagberg
Hilding Hagberg.jpg
1964–1975 Carl-Henrik Hermansson
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1975–1993 Lars Werner
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1993–2003 Gudrun Schyman
Gudrun Schyman - 16 April 2009 - 1 cropped.jpg
2003–2004 Ulla Hoffmann (intérim)
2004–2012 Lars Ohly
Lars Ohly 2.jpg
2012– Jonas Sjöstedt
Jonas Sjöstedt 02.JPG

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats au Riksdag

Élections européennes
Année Députés Votes  % rang
1995
3 / 22
346 764 12,9 % #4
1999
3 / 22
400 073 15,8 % #3
2004
2 / 19
321 344 12,8 % #4
2009
1 / 18
179 182 5,7 % #6
2014
1 / 20
234 272 6,3 % #7

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f José Gotovitch, Pascal Delwit, Jean-Michel de Waele, L'Europe des communistes, Paris, Complexe Eds, 1999
  2. a, b et c Cyril Coulet, « Suède. Quel espace politique pour la gauche radicale ? », Grande Europe no 16, janvier 2010 – La Documentation française © DILA
  3. Stéphane Courtois, "La crise des identités communistes en Europe Occidentale", Communisme, no 17, 1988
  4. (en), The Local, Opposition extends poll lead, 25 Apr 08 07:51 CET : 6 % pour le Parti de gauche alors que l’opposition se trouve être largement majoritaire parmi les sondés
  5. (en), The Local, Left Party leader rejects common election platform, 12 Feb 08 07:13 CET
  6. « Un homme de l'Est pour la première fois à la tête du Parlement européen », AFP, 14/07/2009
  7. a et b Nationalencyklopedin, på internet, besökt 19 juli 2011, uppslagsord: Vänsterpartiet
  8. a et b Nationalencyklopedin (inloggad). Läst 12 juni 2014.
  9. vansterpartiet.se - Partiets historia