Parti social-démocrate suédois des travailleurs

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Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti
Présentation
Premier secrétaire Stefan Löfven
Fondation 23 avril 1889
Siège Sveavägen 68, Stockholm
Président du groupe au Riksdag Britt Bohlin Olsson
Députés
113 / 349
Députés européens
5 / 20
Idéologie social-démocratie

socialisme démocratique

Affiliation internationale Internationale socialiste
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Couleurs rouge
Site web www.socialdemokraterna.se

Le Parti social-démocrate suédois des travailleurs (en suédois Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti ou SAP), communément appelé « Les sociaux-démocrates » (Socialdemokraterna) est un parti politique suédois de type social-démocrate fondé en 1889. C’est le plus ancien et, de manière systématique depuis 1917, le premier parti politique en Suède. Son symbole traditionnel est une rose rouge, une idée qu’on pense de Fredrik Ström.

L’idéologie du SAP est, en théorie, une révision du marxisme orthodoxe. Son programme a été très tôt qualifié de social-démocrate ou relevant du socialisme démocratique. Ses membres soutiennent une vaste politique sociale fondée sur la fiscalité. Ces derniers temps, ils sont devenus de fervents partisans du féminisme, de diverses formes d’égalité et d’équité, et dénoncent fermement toutes les formes de discrimination et de racisme.

Le SAP était au pouvoir presque sans discontinuité entre 1928 et 1996. Göran Persson était son premier secrétaire, et en même temps le premier ministre du pays, du 22 mars 1996 jusqu’à sa défaite aux élections générales du 17 septembre 2006. Membre de l’opposition, il est aujourd’hui dirigé par Håkan Juholt.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Actuellement, le Parti social-démocrate compte environ 125 000 membres, dont environ 2 540 associations locales et environ 500 autres associations diverses. Les origines sociales des membres sont diverses, mais les ouvriers et les employés du secteur public sont les plus nombreux. Le parti entretient des rapports historiques avec la Confédération suédoise des syndicats (Landsorganisationen i Sverige communément appelé LO), mais en tant qu’organe corporatiste, le Parti social-démocrate a formé un compromis politique dans la médiation avec les fédérations patronales (en particulier la Confédération des entreprises suédoises et de ses prédécesseurs), ainsi qu’avec les fédérations syndicales. Le parti est membre de l’Internationale socialiste, du Parti des socialistes européens et du SAMAK (Arbettarrörelsens nordiske samarbejdskommitté, une association de partis sociaux-démocrates nord-européens).

Les organisations au sein du mouvement social-démocrate suédois sont :

  • la Fédération nationale des femmes social-démocrates en Suède (S-kvinnor).
  • la ligue des jeunes sociaux-démocrates suédois (Sveriges Socialdemokratiska Ungdomsförbund ou SSU).
  • les étudiants sociaux-démocrates de Suède (Socialdemokratiska Studentförbundet) organisme universitaire.
  • l’Association suédoise des chrétiens sociaux-démocrates (Broderskap).

Le 7 décembre 2008, le Parti social-démocrate et les deux autres partis de la gauche parlementaire suédoise, le Parti de gauche et les Verts, ont formé leur propre coalition, baptisée « Les Rouges-verts », en vue des élections générales de 2010.

Base électorale[modifier | modifier le code]

Le Parti social-démocrate suédois a obtenu des scores compris entre 40 % et plus de 50 % des suffrages exprimés lors de toutes les élections générales ayant eu lieu entre 1940 et 1988, ce qui fait de lui un Parti politique national parmi les plus populaires ayant jamais existé dans le monde. L’électeur social-démocrate de base est issu de divers milieux, mais le parti est particulièrement puissant et organisé parmi les ouvriers.

Résultats aux élections de 2006[modifier | modifier le code]

À l’issue des élections générales suédoises de 2006, le SAP a obtenu le plus mauvais score de son histoire au niveau national depuis l’instauration du suffrage universel. Avec seulement 35 % des voix, il reste le premier parti mais perd le scrutin face à l’opposition de centre-droit, coalisée au sein de l’Alliance pour la Suède. Les voix ayant manqué aux sociaux-démocrate lors de ces élections ont été celles des retraités (en baisse de 10 % par rapport aux élections de 2002) et des ouvriers (en baisse de 5 %). Le résultat de l’addition des suffrages obtenus par le SAP et son allié historique, le Parti de la gauche parmi les Suédois d’origine étrangère s’est effondré de 73 % en 2002 à 48 % en 2006. Dans le comté de Stockholm, fief historique de la bourgeoisie, seuls 23 % des habitants ont voté social-démocrate. C’est un facteur très important à prendre en compte, le comté de Stockholm étant le plus peuplé et le plus dynamique du pays.

Origines de l’idéologie sociale-démocrate suédoise[modifier | modifier le code]

Depuis son arrivée au pouvoir, l’idéologie et les politiques menées par le Parti social-démocrate ont eu une forte influence sur la politique suédoise[1]. L’idéologie sociale-démocrate suédoise est en partie une conséquence de la forte et bien organisée émancipation de la classe ouvrière dans les années 1880 et 1890, de la tempérance et des mouvements religieux, par le biais desquels les paysans et les organisations de travailleurs ont pénétré très tôt les structures étatiques et ouvert la voie à la mise en place de politiques électorales. Ces mouvements ont fortement influencé la formation des fondamentaux du système partisan suédois, au moins en partie, la classe ouvrière et ses organisations ayant beaucoup moins connu la répression que d’autres pays, comme aux États-Unis. Ainsi, l’idéologie sociale-démocrate suédoise est fortement influencée par une longue tradition socialiste et par le désir d’épanouissement individuel[2]. Cela a amené Gunnar Adler-Karlsson (1967) à affirmer que la réussite du Parti social-démocrate est liée aux efforts de ses membres pour priver le roi de tout pouvoir tout en lui accordant un rôle politique honorifique : « Sans dangereuses et néfastes luttes internes […] Au bout de quelques décennies, ils (les capitalistes) deviendront, peut-être comme les rois, des symboles d’un développement étatique inférieur passé[3] ». Cependant, jusqu’à présent, cette ambition ne s’est pas matérialisée.

Le libéralisme a aussi fortement imprégné l’idéologie sociale-démocrate. Il a notamment orienté les objectifs sociaux-démocrates vers la question de la sécurité, lorsque Tage Erlander, Premier ministre de 1946 à 1969, a décrit la sécurité comme étant « un problème trop grave pour que l’individu puisse le résoudre seulement avec son propre pouvoir[4],[5] ». Durant les années 1980, quand le néo-libéralisme et le néo-conservatisme ont commencé à offrir une alternative, prônant des politiques farouchement pro-capitalistes, le SAP s’est résolu à accepter le capitalisme, en acceptant de partager les objectifs d’augmentation de la croissance économique et de limitation des frictions sociales avec les partis de droite. Pour de nombreux sociaux-démocrates, le marxisme avait de toute manière échoué à garantir la possibilité de changer le monde pour le rendre plus juste et garantir un avenir meilleur[6]. En 1889, Hjalmar Branting, Premier secrétaire du SAP depuis sa création jusqu’à sa mort en 1925, affirmait : « Je crois que les travailleurs ont plus intérêt […] à faire pression pour l’obtention de réformes permettant un renforcement de leur position, plutôt que de dire que seule une révolution peut les aider »[7]. Certains observateurs ont fait valoir que cette libéralisation du parti a contribué à renforcer l’orientation néolibérale des politiques et des idéologies, renforçant de fait le pouvoir des plus puissants acteurs du marché[8]. Dans cette logique, les économistes néoclassiques ont fermement encouragé le Parti social-démocrate à capituler devant le capital et la plupart de ses préférences traditionnelles et prérogatives, avec leur terme de « relations industrielles modernes »[9]. Les deux aspects socialiste et libéral du parti ont été influencés par la double adhésion à ces idéologies d’un des premiers chefs du parti, Hjalmar Branting, et se manifestèrent dans les premières résolutions du SAP après son accession au pouvoir : réduction de la journée de travail à huit heures et instauration d’une franchise pour la classe ouvrière.

Historique électoral[modifier | modifier le code]

Élections européennes

Année Députés Votes  % Rang
1995
7 / 22
752 817 26,08 % #1
1999
6 / 22
657 497 25,99 % #1
2004
5 / 19
616 963 24,56 % #1
2009
5 / 18
773 513 24,41 % #1
2014
5 / 20
899 074 24,19 % #1

Dirigeants du Parti social-démocrate[modifier | modifier le code]

Nom Mandat
direction collégiale 1889–1896
Claes Tholin 1896–1907
Hjalmar Branting 1907–1925
Per Albin Hansson 1925–1946
Tage Erlander 1946–1969
Olof Palme 1969–1986
Ingvar Carlsson 1986–1996
Göran Persson 1996–2007
Mona Sahlin 2007–2011
Håkan Juholt 2011–2012
Stefan Löfven 2012 -

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kurt Samuelsson, From great power to welfare state : 300 years of Swedish social development, Londres, George Allen & Unwin,‎ 1968.
  • (en) Risto Alapuro, On the repertoires of collective action in France and the Nordic countries, TBD,‎ 1999.
  • (en) Sheri Berman, The Primacy of Politics : Social Democracy and the Making of Europe’s Twentieth Century, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2006.
  • (en) Gunnar Adler-Karlsson, Functional Socialism, Stockholm, Prisma,‎ 1967.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Samuelsson 1968.
  2. Alapuro 1999.
  3. Adler-Karlsson 1967, p. 101–102 ; cité par Berman 2006, p. 196.
  4. (sv) Tage Erlander « SAP Congress Protokoll », dans Från Palm to Palme: Den Svenska Socialdemokratins Program, Stockholm, Rabén & Sjögren, 1956, p. 258–259 ; cité par Berman 2006, p. 196.
  5. Peter Abrahamson, Le modèle scandinave de protection sociale, TBD.
  6. Berman 2006, p. 153.
  7. Dans une lettre adressée à Axel Danielsson en prison (1889), réimprimé en p. 189 de Från Palm to Palme: Den Svenska Socialdemokratins Program, Stockholm, Rabén & Sjögren ; cité par Berman 2006, p. 156.
  8. « Undermining the Welfare State in Sweden »
  9. (en) Juhana Vartiainen, « Understanding Swedish Social Democracy: Victims of Success? », dans Andrew Glyn, Social Democracy in Neoliberal Times, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 21–52.