Observatoire astronomique de Strasbourg

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Observatoire astronomique de Strasbourg
Nom original Observatoire astronomique de Strasbourg
Informations
Type Université publique
Régime linguistique français
Localisation
Coordonnées 48° 35′ 00″ N 7° 46′ 05″ E / 48.583333, 7.76805648° 35′ 00″ Nord 7° 46′ 05″ Est / 48.583333, 7.768056  
Ville Strasbourg
Pays France
Région Alsace
Campus Campus Central de Strasbourg
Divers
Site web astro.u-strasbg.fr/

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Observatoire astronomique de Strasbourg

L'Observatoire astronomique de Strasbourg est situé sur le campus historique de l'Université de Strasbourg. Il a été fondé en 1881. C'est un établissement de recherche et d'enseignement, qui contient également le Centre de données astronomiques de Strasbourg. Le planétarium faisait partie de l'Observatoire jusqu'en 2008.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'observatoire de Strasbourg vu depuis la tour de chimie
La lunette de l'observatoire de Strasbourg
Schéma, coupe et plan sur une planche du Meyers Konversations-Lexikon (1885-1890)

Cet observatoire est en réalité le troisième observatoire de Strasbourg : le premier avait été construit en 1673 sur une des tours d'enceinte de la ville (l'astronome Julius Reichelt a notamment joué un rôle dans sa mise en place), et le second en 1828 sur le toit des bâtiments de l'Académie[1].

Sur son emplacement actuel, à 1 km à l'est de la cathédrale, l'existence de l'observatoire de Strasbourg procède d'une forte décision politique : lorsque l'Alsace-Moselle est cédée à l'Allemagne après la guerre franco-prussienne de 1870, l'empereur Guillaume Ie d'Allemagne décide de faire de Strasbourg une vitrine : triplant la superficie de la ville, il y installe une université comprenant un jardin botanique et un observatoire astronomique.

Édifice de style néorenaissance, construit entre 1876 et 1880 sur les plans de l'astronome allemand August Winnecke[2], l'observatoire est inauguré le 22 septembre 1881. Il est constitué de trois bâtiments : une Grande Coupole, un bâtiment des salles méridiennes avec deux coupoles, et un bâtiment à usage de bureau et de résidence. Ils sont curieusement reliés entre eux par un couloir en forme de « Y », couloir couvert pour se protéger des intempéries.

Le bâtiment est doté de quatre frontons sur lesquels sont figurés l'Aurore, le Soleil, la Lune et l'Aurore boréale.

Lunette astronomique sous la Grande Coupole

La Grande Coupole en fer, de 9,2 mètres de diamètre et pesant 34 tonnes[2], contient le Grand Réfracteur, une lunette de 48,7 cm d'ouverture et 7 m de focale, construite en 1877, la plus grande d'Europe[2] au moment de son installation et aujourd'hui (2008) la troisième de France en taille, après celles de Meudon et Nice. Un rail permet de faire le tour de la grande coupole à une plus petite lunette permettant la découverte de comètes. Après avoir été équipée d'une lunette de 13,6 cm construite en 1879, puis d'un télescope de 60 cm jusqu'en janvier 2012, la coupole nord du bâtiment des salles méridiennes sera dotée de deux télescopes de 35 cm d'ici fin 2012. Quant à la coupole sud, elle abrite une lunette de 21 cm après avoir eu une lunette de 16,2 cm construite en 1876.

L’Observatoire a subi, tout comme la région dans son ensemble, les vicissitudes de l'Histoire, changeant plusieurs fois de nationalité. Durant la Seconde Guerre mondiale, il eut même un directeur de chaque nationalité, l'un à Strasbourg, l'autre à Clermont-Ferrand où l'université de Strasbourg s'était exilée. Les directeurs (Esclangon, Danjon, Egret) furent également par la suite directeurs de l'observatoire de Paris.

En 1981[2] l'observatoire est doté d'un planétarium, aménagé dans une ancienne salle méridienne.

Évolution scientifique[modifier | modifier le code]

La vocation initiale concerne pour partie l'astronomie de position, et l'observation de comètes, de météorites, d'étoiles variables. Vint ensuite la photométrie de nébuleuses, l'observation d'étoiles doubles.

Lors du retour de Strasbourg à la France, Esclangon maintient le haut niveau de l'observatoire. Installant électricité, téléphone et TSF, machines-outils, il s'intéresse à la chronométrie (il sera ultérieurement l'initiateur de l'horloge parlante). Son successeur Danjon perfectionne l'instrumentation (photomètre, lunette méridienne, astrolabe).

Pierre Lacroute prend néanmoins acte que l'observation astrométrique au sol a atteint ses limites instrumentales. À partir de 1965 il songe à l'observation satellitaire et propose le concept du satellite Hipparcos en 1973 à l'Agence spatiale européenne (l'European Space Research Organization, à cette époque). Dans le même temps, il développe l'archivage informatique, qui contribuera à donner naissance au centre de données stellaires, qui deviendra ensuite le centre de données astronomiques de Strasbourg.

Activités[modifier | modifier le code]

Directeurs de l'Observatoire
Nom Dates Notes
August Winnecke 1872-1886
Wilhem Schur 1882-1886 intérim
Hermann Kobold 1886-1887 intérim
Ernst Becker 1887-1909
Julius Bauschinger 1909-1919
Albert Baldit 1919 intérim
Ernest Esclangon 1919-1929
André Danjon 1929-1945 1939-1945: Clermont-Ferrand
Johannes Hellerich 1941-1944 à Strasbourg
Pierre Lacroute 1946-1976
Alphonse Florsch 1976-1987
Daniel Egret 1987-1988 administrateur provisoire
André Heck 1988-1990
Michel Crézé 1990-1995
Daniel Egret 1995-2000
Jean-Marie Hameury 2000-2006
Olivier Bienaymé 2007-2008 administrateur provisoire
Hervé Wozniak 2009-

L'observatoire est un observatoire des sciences de l'Univers de l'Institut national des sciences de l'univers (INSU), et une unité mixte de recherche (UMR 7550) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l'Université de Strasbourg. Comme pour tout observatoire des sciences de l'Univers, plusieurs missions doivent être remplies : recherche, enseignement, services d'observation et diffusion des connaissances.

Recherche[modifier | modifier le code]

Les activités de recherche sont organisées autour de trois équipes scientifiques :

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'observatoire délivre la spécialité astrophysique de la mention physique du Master. Il participe également aux enseignements des licences et Master Sciences, préparation à l'agrégation et au CAPES, à la direction de stage, la formation continue, etc.

Services d'Observatoire[modifier | modifier le code]

L'observatoire est membre du consortium Survey Science Center de la mission XMM-Newton, mais c'est probablement le Centre de données astronomiques de Strasbourg (CDS) qui contribue le plus à la renommée de l'établissement. Le CDS offre comme service : Simbad (identification, bibliographie de 3 millions d'objets, hors système solaire), VizieR (service de catalogues), Aladin (atlas du ciel donnant accès à plus de 5 téraoctet d'images et servant de portail à l'observatoire virtuel, et service de bibliographie des journaux astronomiques de référence.

Diffusion des connaissances[modifier | modifier le code]

C'est essentiellement le planétarium qui a pour vocation la vulgarisation et la diffusion des connaissances. Depuis 2008, il appartient à l'Université. L’Observatoire maintient cependant une forte activité de diffusion de la culture scientifique et technique lors de divers évènements, comme les journées du patrimoine.

Personnel[modifier | modifier le code]

En 2009, le personnel comprenait 18 enseignants-chercheurs, 10 chercheurs CNRS, 26 ingénieurs, techniciens ou administratifs (dont 16 CNRS), 10 étudiants. Avec le personnel temporaire, c'est en moyenne 75 personnes qui travaillent sur le site.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Observatoire astronomique de l'Académie de Strasbourg (XIXe siècle)
  2. a, b, c et d « Un peu plus près des étoiles », in Bernard Vogler et Elizabeth Loeb-Darcagne, Strasbourg secret, Les Beaux Jours, Paris, 2008, p. 129 (ISBN 978-2-35179-012-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) André Heck (dir.), The Multinational History of Strasbourg Astronomical Observatory, Springer, Dordrecht, 2005, 310 p. (ISBN 1-4020-3643-4)
  • (fr) Agnès Acker, « 450 ans d’astronomie en Alsace », Les sciences en Alsace : 1538-1988, Éd. Oberlin, 1989, p. 49-75
  • (fr) Alphonse Florsch, « Très brève histoire de l’observatoire de Strasbourg », L’Astronomie, 1983, p. 55-63.
  • (fr) André Heck, « L’observatoire astronomique de Strasbourg et son histoire multinationale », Orion, no 319, 6-2003, p. 16-19 ; no 320, 1-2004, p. 11-15 ; no 321, 2-2004, p. 4-9, ; no 322, 3-2004, p. 21-26
  • (fr) « L'Observatoire astronomique de Strasbourg », Parcours du patrimoine, Éditions Lieux Dits, (ISBN 978-2-91452-873-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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